‹ Mater admirabilisChapitre 11 sur 44 · XXVI PRÉFACE · texte numérisé non relu

XXVI PRÉFACE

ainsi que le prophète a dû la voir toute rayonnante de grâce et d'innocence avec la candeur de l'éternelle lumière et la splendeur de l'éternelle virginité !

Le calme ineffable qui s'empara alors de moi m'exDliqua ce que saint Thomas a dit de la beauté dont la vue purifiait les sens...

Mater-Admirabilis aide surtout à comprendre que la piété est une espèce de pudeur, qui fait baisser la pensée devant tout ce qui n'est pas Dieu, comme la pudeur fait baisser le regard devant tout ce qui n'est pas pur ; et que l'àme et le corps à la fois reçoivent de ce sentiment suprême une telle modification, qu'ils ont par lui toute la perfection dont leur nature est capable.

Je ne m'étonne pas que la modeste Vierge de la Trinité- du-Mont ail parlé un langage doux et pénétrant à plus d'un cœur assez pur ou assez sensible pour reiitcndre. Le véritable triomphe et le véritable but de l'art consiste à produire l'effet que l'idée comporte. Il faut qu'une Nativité fasse adorer, une Pielà pleurer, un Jugement dernier trembler, une scène du Paradis espérer ; une figure de Marie adolescente doit faire sentir tous les parfums do la bonne odeur de Jésus-Christ. Pour moi, en regardant la Santissima \W(jinella del Tenipio, devant ce

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miroir sans lâche, qui retlète si bien la blancheur <le réternelle lumière % j'ai mieux compris le sens des mystérieux passages de la Bible que la s.rmic Église applique à la Mère de Dieu.

« Moi qui suis la sagesse, j'habite dans le conseil, et je pénètre dans les profondeurs de l'intelligence ^

« Je suis la fleur des champs elle lys des vallées... Comme le lys au milieu des épines, mabien-aimée s'élève au dessus des jeunes filles.

« N'inquiétez pas le sommeil de ma bien-aimée ; ne la troublez pas jusqu'à ce qu'elle s'éveille... Je dors et mon cœur veille.

« Je suis à mon bien-aimé ; mon bien-aimé est à moi. Il repose dans les lis ; il demeure en son jardin, aux lieux où il cultive l'encens... Sa main gauche est sur ma tète, et il m'embrasse de sa droite '.

« Ecoutez, ô ma fille, voyez et prêtez une oreille attentive, et oubliez votre peuple et la maison de votre père, et le Roi sera épris de votre beauté... Toute la gloire de la Fille du Roi vient de son

* Candor est liicis seternœ, spéculum sine macula. [Off. de l'Immac. -Concept.)

* Prov., viii, 12.

^ Cant., II, 1, 2. — 1(1., m, 5. — Iil.,v,2. - Id., vi, l,^. - Id., XI, 6.

xxviii PRÉFACE.

cœur... A sa suite paraîtront une multitude de

vierges ; ô Roi, les compagnes de l'Epouse vous

seront présentées. On les amènera avec joie et

avec allégresse. On les introduira dans le palais du

Roi\

Dans le courant de ce livre, je reviendrai sur celte lumière des saintes Ecritures, qui éclaira mon esprit d'un jour nouveau, la première fois qu'il me fut donné de prier aux pieds de la Madone du Lis. En cet instant j'ai mieux compris ce que j'avais entendu dire, avec ravissement, à mon bon Curé d'Ars : Quil ny avait quela très sainte Vierge qui eût accompli^ dans son entier^ le premier commandement de Dieu...

Avec quel bonheur n'at-je pas retrouvé mes propres pensées et comme un écho de mon âme dans ces méditations, gerbes charmantes, fleurs embaumées presque spontanément écloscs sous la paupière voilée de la très-sainte Adolescente du Temple !

A peine ai-je aspiré ces parfums d\i jardin fermé, que j'ai pensé à faire participer à cette délicate el pieuse jouissance ma chère France catholique, et surtout les jeunes cœurs qui , dans le monde ou dans le cloître, ont i)esoin de donner une règle en

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