‹ Mater admirabilisChapitre 15 sur 44 · PRIÈRE · texte numérisé non relu

PRIÈRE

Composée en 1819 îi la Trinité-du-Mont.

0 Marie, Mère vraiment admirable ! admirable par les grâces et les privilèges dont Dieu vous a comblée, admirable par vos vertus et vos mérites ; admirable dans le ciel par la gloire qui vous environne ; admirable sur la terre par les grâces sans nombre que vous nous obtenez ; admirable par la protection maternelle dont vous ne cessez de couvrir ceux qui vous sont particulièrement dévoués, daignez manifester en ma faveur le pouvoir que vous avez reçu du Cœur sacré de votre divin Fils ! Exaucez ma prière , admirable Marie 1 je m'adresse à vous avec la plus entière confiance, et je promets à vos pieds , qu'en retour de vos bienfaits, le reste de ma vie sera employé à vous gagner des cœurs et à publier partout combien vous êtes admirable !

Montrez-vous surtout admirable dans ce moment de lutte où l'enfer semble épuiser sa rage cQntre les enfants de Dieu. Protégez l'Église, veillez sur son premier pasteur, excitez l'amour el le zèle dans l'âme de ses ministres. Prenez pitié de cette foule innombrable d'âmes qui courent à leur perte : Sauvez-les, ô Marie, et reconduisez au bercail ces brebis égarées. Jetez aussi sur moi un regard de bonté ; guidez-moi dans

les jours de mon pèlerinage, et qu'assisté par \ous à mon heure dernière, je meure en répétant Yotre admirable nom. Ainsi soit-il.

Àve, Maria, Mater Admirabilis, ora pro nobis. (3 fois.)

Les Archives de Mater-Admirabilis.

Mater-Admirabilis a ses archives où on trouve ses titres d'iionncur, j'ose dire les monuments de sa gloire; car elles renferment, en premier lieu, les brefs et les décrets par lesquels Sa Sainteté Pic IX a daigné enrichir l'image bénie de ce sanctuaire, et de plus toutes les copies de cet original qui portent au loin la dévotion de la Mère Admirable.

Dans ces archives sont constatés aussi les principaux traits de grâces particulières, obtenues par l'intercession de Mater-Admirabilis. Tantôt ce sont des écrits h sa louange, tantôt des récils de conversions, de vocations, de guérisons, signés par les reconnaissants protégés de la très-sainte Vierge. C'est à cette source aullienti(iue que nous aurons recours pour tous les faits liistori(iues (jui se trouveront îi la suite de chacpie méditation.

La première page des archives est le récit de la manière dont la fresque a été exécutée; nous pensons intéresser nos lecteurs en donnant ici ([uelqucs fragments de cette simple histoire.

Dans le courant du mois de mai 1844, les fortes chaleurs se faisant déjà sentir à Rome, les religieuses du Sacré- Cœur, du couvent de laTriiiité-dn-Mont, (piillèrenl, selon leur usage, la salle couiniunc pour occuper, pendant les

récréations (rété, un vaste corridor, situé au premier étage, sur le cloître contigu à l'église du monastère.

A une récréation de midi, la communauté s'entretenait du beau mois consacré à la très-sainte Vierge, et l'on relevait avec bonheur la pompe avec laquelle il est solennisé à Rome, lorsqu'une portière vint avertir la Révérende Mère Supérieure qu'on la demandait au parloir... A la vue de sa place restée vacante, une religieuse s'écria : « Ah! si la sainte Vierge daignait venir » elle-même prendre la place de notre Mère, et présider » notre récréation!... »

Il y avait alors à la réunion commune une jeune postulante, venue à Rome pour y terminer (jnelques études de peinture. Au moment où ses sœurs évoquaient la présence de la sainte Vierge, ses yeux se fixèrent instantanément sur une niche cintrée, restée vide, et placée en lace du siège de la Supérieure. Représenter, dans cette niche, Marie occupée à filer; mettre près d'elle une quenouille et de l'autre côté un lis; laissera ses pieds la corbeille à ouvrage de la Supérieure, ainsi que son tabouret; ouvrir sur le fond une belle perspective de la campagne de Rome, tout cela passa dans l'imagination de la postulante comme un trait de lumière. Répondant alors au pieux désir qui venait d'être exprimé : « Voulez-vous, dit-elle, que je « fasse venir la très-sainte Vierge à la place de notre Ré- « vérende Mère?... — Oui, oui, faites venir au milieu de « nous notre Mère du ciel!... fut le cri général. Mais, '( comment ferez-vous? — C'est mon secret, » répondit la postulante... Et le projet en resta \h pour le moment. Cependant celle qui s'était ainsi avancée ne le perdait pas de vue : sa composition se représentait sans cesse à son esprit ; c'est qu'elle lui remettait au -cœur, plus vif que jamais, un pieux souvenir d'enfance. Dès ses plus

tendres années, on lui avait appris h. vénérer Marie adolescente, filant dans les parvis du Temple de Jérusalem ; souvent on la lui proposait pour modèle, surtout quand, toute petite fille, elle devait, à l'exemple de la très-sainte Vierge, couvrir aussi son fuseau.

Mais une grande difficulté s'élevait d'abord contre l'exécution de ce dessein : le fond de la niche ne pouvait être couvert que par une fresque, genre de peinture audessus du talent de la postulante ; un simple essai lui était possible. Elle hésita pendant quelques jours, puis elle abandonna sa première idée. Marie en avait décidé autrement; car elle donna un tel remords à son peintre futur, que la jeune religieuse crut plus sûr de remettre la conclusion de ses débats intérieurs h sa Supérieure. Celle-ci, après avoir balancé, permit enfin, ordonna môme de commencer la fresque pour arriver uniquement , pensait-elle, à un grattage évidemment nécessaire ; mais elle voulait, ainsi qu'elle l'a déclaré depuis, donner l'occasion de faire abnégation d'elle-même à celle qui, bientôt, allait se mettre à la suite de Jésus-Christ pauvre et humilié.

Le l*"" juin 1844, le travail fut entrepris. Le 22, fête de Noire-Dame de la Paix, la tête si pure de la Madone vint animer le tableau déji'i fort avancé ; dans les premiers jours de juillet il était aciievé. Mais, hélas! le désir de la Supérieure était aussi pleinement exaucé ; car l'épreuve pour la postulante était complète... La fresque qui s'exécute sur chaux fraîche lient le ton des couleurs si foncé, qu'à la place de la fleur des champs annoncée cl promise, on vit avec effroi une figure enluminée, revêtue d'une robe ponceau et d'un voile jaune orange se détaclianl sur un fond noir et orageux !...

Toutes les personnes de la maison et le peintre lui-

même, qui ipriiorait les effets éli-anj,'es de la fresque humide, reculaient d'horreur devant ce travail dont on laisait l'existence aux élèves et aux étrangers.

Le ^'rattage devint donc une question sérieuse ; mais le maçon, ouvrier en fresque, seul artiste expérimenté qui pénétrât dans le corridor, transformé en atelier, répétait magistralement ces paroles : « È un delicatissimo fiore « visto alCaurora e ricopertoancora di rugiadal... C'est « une très-délicate fleur vue à l'aurore et recouverte en- « core de rosée. »

On souriait à ce langage du maçon, et lui, suppliait d'attendre que l'humidité se fût retirée des murs. Il obtint ce qu'il demandait : on tenta le séchage... Lorsqu'on enleva la draperie qui, pendant trois semaines, avait caché l'ouvrage à tous les yeux, et que l'on aperçut, en effet, «une très-délicate fleur, vue îi l'aurore el recouverte encore de rosée, » la joie fut à son comble. Les Enfants de Mario, convoquées, ornèrent le corridor béni et chantèrent devant leur Admirable Mère le i)Vçm\cT Magnificat qui ait retenti sous les voûtes silencieuses du cloître où la modeste iVesque devait recevoir un culte si solennel.

Tout en étant un objet de tendre dévotion pour les religieuses et pour leurs élèves , la Madone du Lis resta dans l'ombre jnstiu'au jour où un premier miracle appela sur elle l'attention et la piété des fidèles. Il eut lieu, en 4846, par la guérison de M. l'abbé Blampin, dont nous donnerons la relation. Dès lors, le cloître solitaire devint chapelle, ensuite pèlerinage, et, au modeste nom délia Madima dcl Giglio, la vénération publique substitua celui de Mater-Admirabilis, nom consacré par les décrets et par les brefs de Sa Sainteté Pie IX.

Ce litre béni nous rappelle un trait intéressant, rarement cité, que nous nous souvenons d'avoir lu dans un livre

intitulé: Decœlesti conversât ione^ auctore P. Antonio Natal, Soc. Jesu, et (lu'oii aimera à trouver ici.

Il y a près de trois siècles, vivait en Allemagne, dans rUniversité d'Ingolstadt, dirigée par la Compagnie de Jésus, un religieux, appelé Jacques Rhem', illustre par d'éminentes vertus, par des faveurs extraordinaires reçues du ciel, et surtout par sa grande dévotion à Marie et son zèle à procurer sa gloire. Dans ce dessein, il avait établi une congrégation de jeunes gens, qu'il avait nommée colloquium Marianum, littéralement colloque Marien ou entretien sur Marie, parce que tous les associés s'obligeaient, en y entrant, à toujoui's dire ({uelques mois sur Marie dans leui's conversations. Le nom avait porté bonheur à l'œuvre : la ferveur y régnait, et ces jeunes gens réjouissaient leurs maîtres et édifiaient leurs condisciples par leur régularité et leur vertu. Or, leur instituteur et leur guide entretenait en soi un vif désir, une pieuse curiosité. L'amour filial est souvent jaloux de pénétrer le secret d'une mère pour lui plaire davantage, et les saints sont des hommes de désirs, comme l'archange en louait Daniel. La curiosité, le désir du P. Rhem était de connaître, parmi les titres que, dans les litanies de Lorctte, l'Église décerne à Marie, celui qui agréait principalement à la Mère de Jésus.

Or, voici qu'un jour où, réunis dans leur chapelle, lex congréganistes à\\ colloquium Marianum chantaient, suivant l'usage, les litanies de la très-sainte Vierge, un louchant prodige s'accomplit, à l'invocation : Mater Admirabilis, orapronobis! La Reinedu ciel apparut à huirs yeux dans une vive et douce lumière, et, d'une voix divinement maternelle : « Le litre, dit-elle, qui me plaît entre tous,

* Nd en 1546 et mort en 1618.

« c'est Mater Admirabilis. — Mater Admirabilis! s'écrie « le Père, pénétré de reconnaissance et d'amour, et comme « plongé dansl'extase; Mater Admirabilis!... Mes enfants, « répétez cette invocation trois fois. » Et tous de chanter avec transport : Mater Admirabilia., ora pro nobis! Mater Admirabilis^ ora pro nobis! Mater Admirabilis, ora pro nobis!

Dieu sait les grâces de choix qui inondèrent alors ces jeunes ûmes; mais sous le charme prolongé de cette apparition merveilleuse et de celte précieuse révélation, le colloquium Marianum se mit à produire de nouveaux fruits de sanctification et de zèle; et le souvenir de ce fait s'est conservé, dit-on, avec gratitude et bonheur dans les annales de la Compagnie de Jésus.

MEDITATION

Marie préparée à devenir la Mère Admirable

de Notre-Seigneur Jésus-Chriat

par «on Inantaculée Conception.

Premier prélude. — Contempler l'adorable Trinité -créant l'âme de la très-sainte Vierge.

Second prélude. — Demander la grâce de revenir, par Marie, à une justice intérieure qui corresponde à la grâce originelle que nous voyons briller en elle, dès le premier moment de son existence.

premier point.

Marie immaculée nous montre ce qu'était la grâce originelle.

Le grand mystère de l'Incarnation commence à s'accomplir au moment de la Conception Immaculée de la bienheureuse Vierge Marie. Dieu, à de rares époques, en avait donné connaissance au monde;

des miracles étaient venus, de siècle en siècle , redire à l'homme que le Seigneur n'oubliait pas sa promesse ; mais la grande œuvre de l'Esprit-Saint ne commence réellement à s'accomplir qu'au moment où l'inimitié prédite entre la femme et le démon se déclare en des faits sensibles. Alors la solennelle promesse du paradis terrestre devient effective : c'est le moment de l'Immaculée Conception de Marie. Voici une âme créée , et , pour la première fois , depuis la chute d'Adam, le démon ne voit pas cette âme souillée du venin qui circule depuis quarante siècles dans les veines de l'humanité. Devant quelle puissance s'arrête ici l'esprit infernal ! 11 trouve une barrière infranchissable, et cette barrière est posée par l'eflicacité préservatrice des mérites futurs de Jésus-Christ. Avec quel bonheur ne vénérons-nous pas en Marie sans tache les prémices du sang divin de notre Rédempteur 1... Il nous délivre du mal, il en préserve sa Mère. « Il était de la gloire du Verbe éternel de préserver de la tache originelle la Mère qu'il s'était choisie*. »

u Ainsi, s'écrie Bossuet, c'est de l'Immaculée Conception de Marie que le lleuve du sang de Jésus-Christ commence à se répandre, ce fleuve de grâce qui coule dans mes veines par les sacrements et qui i>orte l'esprit de vie dans toute l'Église. Et de même (jue les fontaines, se souvenant de leurs sources, portent leurs eaux en rejaillissant jiis(iirà leur hauteur, qu'elles vont chercher au milieu de l'air, ainsi ne craignons

* Petit office de l'Immaculée-Conception. Hymne de Tierce.

pas d'assurer que le sang de Notre-Seigneur Jésus- Christ a fait remonter sa vertu jusqu'à la Conception Immaculée de sa Mère. »

(( Oui, Marie est immaculée très-pure et sans tache, entièrement intacte, et il le fallait bien pour être le siège de la majesté divine , la nouvelle Eve , la fontaine de grâce et d'immortalité *. »

« Brebis immaculée, Mère de l'Agneau sans tache, elle est plus belle que toute l'armée des anges*. »

Élevons nos cœurs, franchissons la distance qui nous sépare de notre Mère Admirable ; montons jusqu'à Dieu, et contemplons l'âme de Marie au moment où la sainte Trinité la fait éclore. Elle est pure plus qu'aucun être créé jusque-là ; elle réfléchit l'essence divine dont elle restera, après Jésus, l'image la plus vive et la plus auguste ressemblance.

Que vois-je? Un ciel nouveau, une terre nouvelle. Je vois descendre du ciel la cité sainte, la nouvelle Jérusalem, venant de Dieu, parée comme une épouse pour son époux*. Je vois l'âme très-pieuse et trèssainte de la Mère du Verbe plongée encore dans la splendeur des idées divines ; elle se dégage de ce foyer lumineux et descend comme un astre bienfaisant qui s'incline vers les régions ténébreuses de la terre. Voici donc un cœur sans souillure au milieu de la corruption universelle 1 voici une âme restée belle et calme comme le souffle divin qui l'anima ! Ame vrai-

' Saint Ephiem.

* Saint Epiphane.

• Apoc.,xxi.

ment spirituelle, reflet des perfections infinies de Dieu, vous faites passer celui qui vous contemple de clarté en clarté, de repos en repos... 0 mon âme, entre dans ce repos ; avance dans cette voie de solitude... Dilate-toi pour y demeurer, pour y contempler cette clarté plus que céleste : dégage-toi, simplifie-toi, tais-toi!... Et, abîmée dans ton silence, reste unie à Marie immaculée 1

Sans atteindre le degré de grâce sanctifiante dont l'âme de Marie fut revêtue, celle d'Adam et d'Eve était aussi immaculée ; mais, de cette primitive parure, après la chute originelle, ils ne conservèrent plus que des lambeaux souillés. L'idéal de l'état d'innocence était perdu. Depuis lors nous portons, dans l'intime de notre être, le sentiment de cette justice originelle qui nous laisse d'indéfinissables désirs , d'incessantes aspirations vers une région supérieure, pour laquelle nous sommes faits, et dont nous sommes bannis. C'est ce qui faisait dire au Psalmiste : « Malheur à moi ! parce que mon exil est prolongé. Je vis au milieu des habitants de Cédar ; mon âme s'y trouve singulièrement étrangère * 1 »

La très-sainte Vierge, en nous montrant le bien suprême que nous avons perdu, explique ce fonds de soufirauce universelle ; mais en apportant aux pauvres exilés le sentiment plus vif de la patrie, elle leur offre le moyen d'y retourner.

' Pb. cxx, 8.

Par son Immaculée Conception^ Marie apporte aux hommes la grâce de recouvrer, dans le combat, la pureté qu'elle posséda tout d'abord et sans lutte.

Dieu semble avoir laissé , dans les êtres dont il fut l'auteur immédiat, quelques vestiges de l'éternel repos d'où il sortit pour les créer. Il est essentiellement ordre et silence ; aussi tous les êtres qui émanent de sa toute-puissance créatrice conservent-ils, quand ils ne sont pas dénaturés par le péché, quelque chose de cet ordre et de ce silence éternels. Tels les astres, qui accomplissent leur solennelle rotation en silence et dans un ordre si parfait , qu'on prend leure mouvements harmonieux pour le repos même ; telle la végétation, dans laquelle le mouvement incessant de la sève s'opère sans bruit. Patres inanimés , je sais de quelle hauteur je vous domine et combien je vaux mieux que vous ; cependant je vous envie une chose : c'est que, sortis immaculés du fiât de votre Créateur, vous n'avez pas dévié de l'impulsion qu'il vous donna !

Si cette pureté se retrouve dans la créature matérielle, à quel degré éminent ne la voyons-nous pas reluire dans l'Immaculée Conception de Marie 1.... Elle apporte à nos yeux, habitués aux ténèbres du péché, le libre rayonnement de la lumière incréée. Sortant pure et sans tache de l'amour trois fois saint qui lui donne la vie, elle reflète des splendeurs que nous ne pouvons regarder en elles-mêmes. Miroir où Dieu se contemple, elle met devant nous des spec-

tacles qui, sans elle, nous fussent restés à tout jamais inconnus et inaccessibles. Si l'âme les regarde longtemps, elle y trouve plus que de la joie ; elle en tire un pain spirituel dont elle aime à se nourrir. On no peut voir Marie un peu profondément sans ressentir un vif attrait d'imiter ce que l'on voit, et c'est ainsi qu'elle commence d'ouvrir à ses élus la voie du progrès intérieur.

Lorsque, en méditant l'Immaculée Conception delà Mère de Dieu, l'âme a reçu l'impression de repos, d'ordre et de paix qui accompagne l'état d'innocence originelle, elle sent le besoin de la perfection naître en elle et elle aspire à se dégager afin de se reposer, elle aussi, et de se pacifier en son Créateur et Seigneur. Rompre ses entraves, s'arracher à ses liens naturels et sensibles, lui paraît le seul moyen de correspondre dignement à la grâce qu'elle reçoit alors par Marie.

Cette grâce est essentiellement une grâce de séparation, et c'est, après la chute primitive, la grâce fondamentale, puisqu'elle combat les trois concupiscences, causes de tout péché. Dieu vit dans une solitude très-sublime et infiniment séparé de tout ce qui n'est pas lui : c'est là sa sainteté.

Ce caractère de séparation, qui est une des beautés et comme une des notes de son essence, Dieu le reproduit au dehors dans la sainteté et l'exquise pureté dont il dote l'âme de sa Mère. C'est ce qui peut expliquer comment tant de pensées saint(is, tant d'aspirations élevées naissent , pour ainsi parler, d'elles-

mêmes lorsque l'on considère cette Mère Admirable, dont la beauté fondamentale et la première parure est l'innocence originelle. Il semble qu'à ses pieds on en recouvre quelque chose.

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