‹ Mater admirabilisChapitre 16 sur 44 · CONSÉCRATION A MARIE · texte numérisé non relu

CONSÉCRATION A MARIE

Je vous regarde, je vous révère en votre très-sainte enfance. Mère Admirable de Jésus-Christ. Je m'applique à vous connaître en cet état auquel je m'offre, me voue et me dédie, d'abord pour vous y rendre hommage, ensuite pour en retirer une grâce de direction et de protection , enfin pour qu'il devienne en moi comme un état fondamental. Je m'efforcerai désormais d'y puiser ma vie intérieure , d'en éclairer mes pas, d'y appuyer ma conduite ; fondé en votre très-pure enfance et tâchant d'en attirer incessamment en moi la sève immaculée, j'y chercherai, j'y trouverai, j'espère, le secret de vivre innocent et volontairement séparé de tout ce qui a déplu à Dieu dans ma première et coupable origine.

PRATIQUE

J'examinerai à la clarté de l'Immaculée Conception de la très-sainte Vierge ce qu'il y a en moi d'opposé à la pureté du cœur, afin de me purifier et de m'affermir de plus en plus dans la rectitude et dans la paix.

BOUQUET SPIRITUEL

Vous êtes toute belle, ma bien-aimée, et il n'y a pas de tache en vous*.

Brebis immaculée, Mère Admirable de l'Agneau sans tache, \ous êtes plus belle que l'armée des anges^

Mater- Admirabilis instruit les siens et les transforme.

Quelques traits pieux jettcroiil une lumière plus vive sur les effets de gn\ces que nous venons de décrire. Pour en donner un exenq^le et aussi pour rendre plus parfaitement ce qu'éprouvent certaines Ames, au moment où Mater-Admirabilis les force, en quelque sorte, de revenir à Dieu, nous citons les propres paroles de ces cliers convertis : il n'est tel (pi'un cœur touché par la grAce pour dire la vérité.

On lit dans les archives de Mater-Admirabilis : « Nous étions, mon frère et moi, deux jeunes gens ena tiôrcment livrés à une vie déplorable quand nous vîmes, « pour la première fois, Mater-AdmirahiUs. Sa tenue \Mm\ a cl modeste, son regard droit vers Dieu nous loucha si a profondément que là, à ses pieds, il nous prit horreur « de nos péchés, et sans hésiter, nous avons été en faire a l'aveu à un prêtre. Depuis ce temps, nous ne sommes

• Cont , IV, 7.

' S. Ë|>i|iiiaiic.

« jamais retournés en arrière ; elle nous a retenus dans le « devoir. »

Un autre s'exprime ainsi :

« Ennuyé de voir Home sans rien ressentir qu'indifféa rence, car ma vie mauvaise m'avait blasé totalement, « j'allai traîner mes pns vers le mont Pincio, où le grand a ail' du moins rafraîchirait ma poitrine oppressée.

« Je vois monter quelques personnes au couvent qui « domine la place d'Espagne, je monte après elles.... Elles « entrent, j'entre sur leurs pas.... Elles vont s'agenouiller « dans une petite chapelle intérieure, située au premier rf étage, je les suis.... Mais je reste debout, je regarde « nonchalamment ce qu'elles regardent.... 0 mon Dieu! « votre miséricordieux amour attendait mon âme coupa- « blc en ce lieu béni!... .Te regarde plus attentivement, et « je vois la très-sainte Vierge à deux pas de moi.... Et je « n'y croyais pas, malheureux que j'étais! Je frémis en « moi-même; car la pureté virginale qui brillait pour « ainsi dire sous mes yeux m'avait montré, comme un « éclair, dans un trait lumineux, la honte et la laideur de « mes fautes.... Je tombai à genoux. Hélas ! je ne savais « plus prier, je restai attendri.... Je contemplai la pure a Vierge Marie, et en même temps, et avec effroi, il me « semblait voir tous mes péchés se dresser dans mon soii- « venir. Enfin je m'écriai : Mais où suis-je?... El je reculai « devant ma propre existence, que je comparai à celle de « la chaste Enfant que j'avais devant moi.... J'étais une « autre personne ; je me sentais sortir de Fabîme où j'étais « englouti, je demandai à me confesser. »

Un jeune homme du peuple, en termes plus vulgaires, exprimait les mêmes sentiments à un de ses compagnons; c'était en 1850 :

« Viens avec moi dans cette maison, lui disait-il; riens.

« tu verras!... Viens là!... » Et il lui montrait, du Pincio, la fenêtre du corridor où se trouve la Madone. « Qu'on ait « la foi ou non, ajoutait-il, la Vierge qui est là commence t à vous donner des idées.... puis, peu à peu, on se sent « remué au dedans.... Si vous vous en allez, vous n'y « gagnez rien, il faudra revenir, car le souvenir de la « Vierge Marie, si tranquille devant le bon Dieu, vous « rattire à elle; et quand on est revenu, le cœur commence « à battre, à battre.... et tout est dit. Il faut rentrer dans « l'ordre el faire son devoir.... »

Quelle n'est pas l'abondance de la grâce qui, du Cœur Immaculé de Marie, découle sur le monde, puisque tout lui est bon pour se répandre, et qu'une pauvre fresque, cachée au fond d'un cloître, devient la source intarissable de ses faveurs!...

Le loisir dont jouissait l'armée française, après le siège de Rome, permit à nos soldats de visiter les églises et les couvents de la Ville Éternelle. Plusieurs trouvèrent, dans la chapelle de Mater-Adtnirabilis, la force de revenir aux pratiques de la religion. Ils ont eux-mêmes laissé aux pieds de leur divine bienfaitrice le témoignage de leur sincère conversion. Nous nous ferons un devoir de copier textuellement ces pieux écrits dont le style restera comme preuve certaine de leur authenticité.

« Mon cher oncle et ma chère tante,

« Je vais vous dire comment je me suis converti. Je monte à une petite chapelle de la Mère Admirable, au couvent de la Trinité-du-Mont. Je me mets à prier. Comme je n'étais pas encore rétabli de mes lièvres, il vient une sœur me chercher pour me faire prendre (luelque aliment. J'aurais préféré suivre celle bonne sœur, mais je sens comme

une main qui me l'clienl el j'enlends comme une voix qui me dil : « lU'sie l.'i et prie,... » et j(î prie.... Une sœur m'apporte un livre et je lis l'examen de conscienee. J'examine donc ma mauvaise conscience et je reviens ensuite au couvent pour réciter mes prières, que j'avais oubliées faute de les dire.

Quelque temps après, je me confesse et je me trouve mieux. C'était dèj;'» une toile ôlée de devant mes yeux. 0 mes chers parents, c'est là qu'on peut dire que la plaie du cœur est la plus sensible! Pour rentrer en grAce avec le grand Dieu qu'on a offensé, il faut «lu'on verse des larmes : voilà la conti'ition....

Mali'.r-AdmirubUis voulut aussi communitiuer h son nouveau converti un de ses dons particuliers : celui d'une médilalion très-élevée. Ce brave homme reçut, devant la pieuse fresque, une telle facilité pour méditer sur les mystères de la vie de Marie et sur ceux de son divin Fils, qu'entièrement étranger à ces lumières intérieures, il en était comme ébloui. 11 en rendait compte de la sorte :

« Celte nuit, je montais la garde au château Saint- Ange; j'étais de faction et je faisais ma méditation. J'étais seul : pas de bruit nulle part ! je pensais à la sainte Vierge.... El voilà que je vois l'intérieur de sou Cœur immaculé.... je vois ses pensées, et je me compare.... C'est laque je méjuge. La nuit était passée et je croyais (lu'elle commençait!!! Ah ! je n'ai plus de peine sur la terre, je n'ai que celle de voir pécher les hommes en présence de Dieu ! »

Le pieux jeune homme revint en France en 1850; le long de la route, ses camarades lui disaient : « Avec la « belle voix, chante-nous donc tes chansons qui nous « divertissaient si bien. » — Mais, répoiulait-il , « j'ai « perdu mon chansonnier; j'en ai acheté un autre.... »

3« PRE3IIÈRE PARTIE.

Et il chaulait des cantiques qu'on écoutait avec plaisir. Après son congé, il se fit Marisle, et il écrivait à Rome :

« Oh ! combien je me trouve h'eureux que le bon Dieu m'appelle à son service; il ne m'a donné aucun plaisir des vanités de ce monde depuis ma conversion. C'était bien la preuve q>i'il fallait que je quittasse le monde; et comme je ne voyais pas comment rembourser ce que j'ai dérobé à Dieu, je n'ai vu rien de mieux à faire que de me consacrer tout entier à son service, et de me donner tout à lui, puisqu'il s'était donné tout îi moi.... »

MÉDITATION

Marie prépa/ée à devenir la Mère Admirable

de N'otre - Seigneur Jésu8 - Christ

par sa très-xainte Nativi'.é.

Premier prélude. — Se représpnter une antique demeure juive où tout rappelle les mœurs pastorales et patriarcales des anrêtres du Messie; puis, dans cette paisible habitation , le saint berceau oîi repose la petite Marie qui vient de naître.

Deuxième prélude. — Demander à l'aimable Knfant la grâce de renaître de nouveau dans le Saint- Esprit, afin de vivre dans la sainte liberté des enfants de Dieu.

premier point.

Marie^ en naissant, nous découvre les voies de Dieu et les grandeurs de l'âme, cachées sous les voiles de la petitesse.

40 PRE3IIÈUE PARTIE.

Voici, dans le saint berceau que nous vénérons, le tabernacle vivant de Dieu parmi les hommes. «Gloire à Dieu, au plus haut des cicux!,.. Paix sur la terre aux hommes de bonne volonté ^ ! Nous célébrons la naissance de la bienheureuse Vierge Marie, dont la glorieuse vie honore toutes les Églises ^ »

La très-sainte Entant, que les phalanges angéliques environnent, est le sanctuaire qu'habite avec délices l'adorable Trinité. « La Sagesse s'est bâti une demeure, elle l'a posée sur sept colonnes '. Le Trcs-llaut a sanctifié son tabernacle. Dieu est dans son enceinte'!»

Mais, tandis que le ciel est dans l'allégresse ; tandi que Dieu commence à créer en Marie un monde si grand et déjà si complet, que fait-on sur la terre? A quoi songent les hommes? Que regardent-ils? Deux créatures seulement honorent la naissance de Marie. Devant l'enfant de bénédiction que Dieu leur donne dans leur vieillesse, sainte Anne et saint Joachim éprouvent un sentiment très-vif d'amour et île respect. Leurs cœurs illuminés \uu' la grâce comprennent que Dieu veut visiter son peui»le, et que la lille qui leur est née est une enfant choisie et privilégiée.

Le reste de l'univers, le peuple juif surtout, qui devrait s'écrier tout (Mitier : « Vous êtes la gloire de « Jérusalem! vous èles la joie d'Israëll vous ôtes l'hon-

' s. I.iic, II, II.

• I.iliirgic de la Nnlivilrf.

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