‹ Mater admirabilisChapitre 24 sur 44 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

nous aimons, nous nous rapprocherons de Notre- Seigneur, qui viendra et demeurera en nous d'autant mieux, que nous serons d'abord allés vers sa Mère, et que nous aurons médité les vertus de son Cœur immaculé.

Afin de suivre plus facilement notre très-pure Adolescente, nous avons pensé que la connaissance des lieux sacrés, où nous allons vivre à ses côtés, était nécessaire, et qu'elle deviendrait un puissant moyen de nous concentrer, pour ainsi dire, dans l'étude de notre beau modèle. Nous ferons donc une description succincte du Temple de Jérusalem, et, dans les traits qui suivront les premières méditations de cette seconde partie, nous trouverons le prélude ou la construction des lieux de toutes nos contemplations sur Mater-Admira blis .

Avant de reprendre, dans nos traits historiques, le récit des grâces particulières de Mater-Admirabilis^ nous donnerons aussi ce qui a été dit, dans les légendes, sur le sujet que nous traitons, prévenant d'ailleurs les amis de Mater-Admirabilis que nous n'attachons d'importance qu'à ce qu'il y a, dans ces récits, de pieux et d'édifiant.

MÉDITATION

Marie Admirable , parce qu'elle mène une vie régulière duna le Temple de Jérusalem.

PREMIER PRÉLUDE. — Se représenter Marie parcourant modestement les appartements réservés aux vierges de Sion, et se rendant avec diligence où le devoir du moment l'appelle *.

DEUXIÈME PRÉLUDE. — Demander à Mater-Admirabilis la grâce, si fondamentale dans la vie chrétienne, de savoir se soumettre, corps et âme, à un sage règlement, prudemment choisi et ponctuellement suivi.

PREMIER POINT

Marie avait un règlement pendant les années qu'elle passa dans le Temple.

Avant d'appliquer notre esprit et notre cœur à la

* Pour faire plus facilement la construction du lieu de ce premier

méditation des vertus particulières de la très-sainte Adolescente, considérons-les dans l'ensemble, en disant sans crainte de nous tromper : Marie pratiqua toutes les vertus, en s'imposant dès sa plus tendre jeunesse un règlement, et elle le suivit si fidèlement que l'harmonie qui résultait de toutes ses actions, faites avec ordre et précision, la rendait semblable aux astres, qui accomplissent leurs mouvements selon la volonté de leur Créateur et sous l'impulsion qu'il leur donne.

Dieu est une harmonie infinie ; il est vraiment l'ordre môme. « Tout ce qui est de Dieu est en ordre, » dit saint Paul aux Romains. Marie était toute de Dieu ; elle était sa très-pure image, formée à sa ressemblance, réfléchissant ses perfections, exhalant ses parfums; c'est pourquoi, merveilleusement ordonnée dans tout son être, elle ne pouvait manquer d'ordonner toute sa vie. Elle s'imposa donc à ellemême certaines lois, afin de tenir en ordre les dons sacrés, qui lui avaient été faits, et d'assurer par là leur divin développement. Elle éprouvait un besoin incessant de faire passer dans ses actes l'ordre essentiel et divin, qu'au moyen de la méditation elle voyait dans son Créateur et Seigneur.

Quoi de plus digne du regard de Dieu qu'une Ame qui, en vue de ses destinées éternelles et pour l'amour de Celui qui a daigné les lui faire, règle

prélude, on doit lire allPiilivciiiriil les Iruils liisloritiiios dos xv", XVI*' ft surtout XVII' jour, et se. los rendre trcs-fainilicrs pour toutes les méditations de cette II' partie.

librement et avec sagesse ses journées, ses heures et tous les instants de son existence, afin de pouvoir en offrir au Seigneur le sacrifice continuel; chacun des devoirs accomplis étant comme une hostie présentée à Dieu sans intermittence?

Un règlement! signe de faiblesse, disent un grand nombre ; entrave du cœur qui l'empêche de battre comme il voudrait. Un règlement ! disons-nous ici, signe de haute intelligence; chaîne d'or qui conduit et ordonne le saint amour : il est facile de le prouver.

Dieu est essentiellement libre, parce qu'il est le Maître absolu de lui-même et de ses actes; plus l'homme, aidé de la grâce, arrive à se dominer, à se rendre maître de ses passions, de ses goûts, de ses désirs, plus il se rend semblable à Dieu, et plus il acquiert de liberté. Une règle de vie est un des plus puissants moyens d'atteindre ce but, puisqu'elle renferme toutes les vertus et suppose toutes les victoires.

Que mettons-nous, le plus souvent, à la place de ce doux et constiuit assujettissement au devoir? L'inspiration ! Mais, l'inspiration qui vient de Dieu n'illumine d'ordinaire que les âmes habituées aux glorieuses conquêtes de la vertu, c'est-à-dire celles qui, par un travail constant sur elles-mêmes et par des actes réitérés à chaque instant, sont entrées dans la voie véritable du renoncement et de l'abnégation chrétienne. Hors cette voie, qui est celle du ciel, l'inspiration est toujours à craindre, et l'on ne voit pas que Marie, la Vierge très-prudente, ait jamais allégué l'inspiration

pour se dispenser d'obéir aux moindres observances de la loi, ni, sans doute, aux règles plus particulières que, dans la lumière divine, elle s'était tracées à ellemême.

Si Marie adolescente se soumet dans le Temple à la règle sainte, qu'elle y trouve établie pour les vierges, imitons son exemple et ne mettons jamais à la place du saint assujettissement de la règle, les caprices et les impressions du moment. Ayons notre règlement et ne quittons pas cette méditation sans l'avoir fait ou relu aux pieds de Mater- Amirahilis.

Marie suivait son règlement de point en point.

Saint Jérôme nous apprend, dans une de ses épîtres, comment les exercices de Marie, dans le Temple, étaient réglés :

« Depuis le commencement du jour jusque vers le milieu de la matinée, elle vaquait à la prière vocale et à l'oraison; le reste de la matinée jusqu'à midi, elle travaillait et servait en son emploi; dans les autres heures do la journée, elle lisait les saintes Écritures, les commentant en son cœur : exercice qu'elle n'interrompait pas quand elle reprenait le fuseau, la navette ou raiguillc; et lorsque le soir était arrivé, Marie priait encore plus solitaire et plus silencieuse. »

Vie de recueillement et d'amour! vie laborieuse, vie vraiment cachée et inconnue, vie qui n'a pour témoins intimes que Dieu et les anges, parce que

QUINZIÈME JOUR. 2i1

seuls ils peuvent découvrir le mystère et les mérites qu'elle renferme ! « Bienheureux les cœurs purs , parce qu'ils voient Dieu ! » Ah 1 bienheureux sont-ils aussi, parce qu'ils voient Marie !... c'est-à-dire qu'ils voient en elle les ressorts divins qui lui faisaient produire tous les actes de sa glorieuse vie, avec une telle rectitude et dans une ordonnance si harmonieuse, qu'il n'y a pas un détail où ne brille une beauté céleste.

Mais comment la très-sainte Vierge coordonnaitelle les vertus diverses dont elle produisait momentanément, et toujours avec une merveilleuse facilité, les actes particuliers ? Cet harmonieux équilibre et cette ravissante symétrie étaient en elle le fruit de l'observation fidèle de son règlement. L'Église l'appelle la Vierge fidèle : Virgo fidelis... Ce qui nous amène à dire avec Salomon : « Le commencement de la sagesse est le vrai désir de la règle ; le soin de la règle, c'est son amour ; l'amour de la sagesse, c'est l'exacte observation de ses lois. L'observation des lois consomme la pureté de l'àme ; et cette pureté parfaite rend proche de Dieu * . »

On comprend que la distribution régulière et le rigoureux accomplissement des devoirs de l'état, eu vue de Dieu, importe grandement à la perfection : hors de cet ordre qui, moyennant la lutte, nous conduit à notre fin dernière, on doit craindre de faire fausse route. Mais cet ordre essentiel, c'est surtout le règle-

* Sag.,vi, 18, 19,20.

ment qui l'assure. « Il est bon pour l'homme de porter le joug du Seigneur dès sa jeunesse. L'homme s'asseoira solitaire et il se taira parce qu'il s'est imposé cette loi * . »

Il est salutaire de se donner une loi à soi-même : c'est le triomphe de la volonté sur l'humeur, de la raison sur la passion mobile et inconsistante; c'est l'âme s'afTranchissant d'une certaine fascination d'indépendance, qui ne la charme que pour la perdre. Et lorsque le joug d'une règle sage a été porté dès la jeunesse, ce joug devient doux et léger, parce qu'il a donné de bonne heure l'habitude de s'asseoir solilaire et de se taire...

La solitude et le silence, deux moyens très-puissants pour goûter les joies de l'esprit et du cœur! La solitude est bonne, à moins qu'on ne soit mauvais soi-même. Pour les cœurs sainement religieux, elle n'entraîne pas l'inertie, elle n'isole pas l'homme dans une égoïste contemplation, loin du travail et du devoir. Sur les hauteurs, en l'ace de l'infini, on n'oublie que les petitesses de la vie vulgaire et les exemples mauvais, mais aucun des grands souvenirs et des nobles sentiments ne s'elface. La religion est assez large pour comprendre toutes les alFections légitimes, assez forte pour les régler, assez divine pour les sanctifier.

Quiconque a su rester en repos dans la solitude et le silence pour y mieux travailler, étudier et prier,

• Jdrt'inio, m, 28.

a dû se convaincre qu'il avait trouvé la source des jouissances les plus douces et les plus pures que l'on puisse savourer ici-bas. Mater-Admirabilis nous offre vraiment l'image de ce bonheur, cherché et trouvé dans l'ordre et dans l'isolement. Elle est si bien assise solitaire! et elle se tait si complètement!

Mère du bel amour ! ordonnez en moi la charité. Qu'elle s'écoule, dans mon âme, pure, limpide et toujours égale ! Que mon règlement soit comme une digue qui me retienne en de sages et parfaites limites !

COLLOQUE

Demander à la très-sainte Adolescente l'amour de l'ordre et de la régularité.

La prier de nous donner le courage de soumettre notre vie tout entière à une règle sagement délibérée et invariablement suivie.

PRATIQUE

Revoir son règlement aux pieds de Mater-Admirabilis; foire à ce règlement les modifications qu'aura inspirées la méditation.

S'efforcer, par la fidélité que l'on mettra à suivre cet ordre de vie, de goûter les joies si intimes et si vives qui sont attachées à toute règle constamment et cordialement gardée... Les barrières sont des appuis.

BOUQUET SPIRITUEL

La sagesse est le très-ardent désir de la règle.

L'obserYance des lois donne l'incorruptibilité qui fait être très-près de Dieu'.

L'ordre conduit à Dieu ; et tout ce qui est de Dieu reflète l'ordre ^.

Pour celui qui est soumis à une règle, la vie est plus pure, les chutes sont plus rares, la réhabilitation est plus prompte, la marche est plus assurée, la rosée du ciel descend plus abondante, le repos est plus tranquille, le sommeil plus calme, la mort plus douce, le purgatoire plus court, la récompense plus belle '....

Historique du Temple de Jérusalem.

Le mont Moriali s'élève dans la partie orientale de la ville de Jérusalem, au bord de la vallée de Josaplial. La tradition rapporte que c'est sur cette montagne ou sur celle du Calvaire, (|ui selon bien des auteurs n'en est que la continuation, (ju'Abraham voulut immoler son fds Isaac*. Les Juifs croient, en outre, que c'est sur le mont Moriali qu'Adam a offert son premier sacrifice, après son

• Sag., VI, i8. 19, 10.

• s. Augustin. , ' 8. Homard.

• l.ci Lieux sainlit, de M^v Mislin.

péché, et que là pareillement était l'autel de Caïn et d'Abel.

Nous lisons, dans la sainte Écriture, que pendant que l'Ange exterminateur frappait le peuple d'Israël, le prophète Gad ordonna à David de dresser un autel dans l'aire d'Oornan le Jébuséen, David obéit; il offrit là des holocaustes, et Jéhovah accepta le sacrifice de David. Sur l'ordre du Seigneur, l'Ange remit son glaive dans le fourreau, et le fléau cessa '.

Or cette aire, où les quatre fils d'Oornan battaient le blé, était sur le mont Moriah. David y avait rassemblé les matériaux pour bâtir un temple au Seigneur; mais Dieu lui avait dit : « Tu ne bâtiras point une maison à mon « nom, parce que tu es un homme do guerre et que tu as « répandu le sang.» Il avait réservé cette œuvre à Salomon Ce prince commença à élever le Temple la quatrième année de son règne, au second mois (avril), <0<3 avant Jésus- Christ. Salomon avait écrit à Iliram, roi de Tyr, pour avoir des cèdres du Liban, des architectes phéniciens et un artiste pour diriger les travaux.

Dix mille hommes étaient occupés à couper des bois, soixante-dix mille portaient les fardeaux, et quatre-vingt mille taillaient les pierres. Le roi leur commanda de prendre de grandes pierres pour les fondements du Temple ; elles avaient soixante-dix pieds de long.

Les matériaux arrivaient tout préparés sur l'emplacement du Temple, où l'on n'entendait ni le marteau, ni la scie, ni la hache, ni aucun outil en fer. Ceux qui présidaient les travaux étaient au nombre de trois mille trois cents*.

' I Parai., xxi.

- Rois, IV, 14.

La plate-forme sur laquelle le Temple lut bâti avait 600 coudées carrées (1,025 pieds). Après sept années de travaux, Salomon fit la dédicace de cet édifice, une des sept merveilles du monde. Dieu y fut adoré pendant quatre cent soixante-dix ans; mais les rois de Juda, eux-mêmes, abandonnèrent le culte du vrai Dieu pour y substituer l'idolâtrie. Alors, Jérémie fît entendre ces paroles menaçantes : « Écoutez la parole de Jéhovah : Je vais amener « sur ce lieu des maux affreux, parce qu'ils m'ont aban- « donné et qu'ils ont été jusqu'à brûler de l'encens à des « dieux étrangers. Je ferai de cette ville un sujet de stupeur « et de sifflement*. »

Nabucbodonosor prit d'assaut Jérusalem, dépouilla le. Temple de tous ses ornements, emporta à Babylone toutes les richesses dont Salomon avait orné avec tant de magnificence la maison de Dieu, puis il brûla la ville. Pendant soixante-dix ans le Temple demeura désert. Après cette période, Zorobabel, de retour de la captivité de Babylone, entreprit de le reconstruire. L'ouvrage fut plusieui's fois repris et interrompu; malgré les ordres que Cyrus avait donnés pour édifier de nouveau la maison de Dieu â Jérusalem, la malveillance arrêtait souvent les Lsraélites dans leurs travaux, et le Temple ne recouvra sa splendeur qu'un demi-siècle après, vers l'année 316 avant Jésus-Christ, dans la 60*^ année du règne de Darius.

Les objets sacrés, l'autel des parfums, le chandelier d'or ii sept branches, qui avaient été enlevés par Nabucbodonosor, furent picusenuMil renvoyés de Babylone par Cyrus. Mais le saint des saints possédait-il l'arche d'aillance? Rien ne le prouve, et nous voyons par les auteurs pro-

• Ji<réin., XXV, 9.

QUINZIÈME JOUIl. 217

fanes, qu'à la prise de Jérusalem par Titus, il n'y avait rien dans le saint des saints*.

Alexandre le Grand visita le second Temple et y offrit des sacrifices au vrai Dieu.

Les Juifs se rendant de plus en plus indignes de la protection du ciel furent encore abandonnés à leurs ennemis, et Joiiîitlian en étant venu jusqu'à tuer son propre frère dans le Temple, Anliochus I-^piphane fut chargé d'exercer le ministère des vengeances du Seigneur.

Le roi de Syrie vint à Jérusalem ; il y fit périr une multitude d'hommes, enleva tous les trésors du Temjjle et y plaça la statue de Jupiter Olympien '. L'illustre guerrier Judas Machabée chassa les Syriens, renversa les idoles qui, pendant trois ans, avaient souillé la maison sainte, fit rendre au Temple ses trésors et rétablit le culte du vrai Dieu ; et pour qu'à l'avenir les Gentils ne pussent le profaner de nouveau, il entoura le Temple de hautes et solides murailles.

Cependant, cent ans après. Pompée, général romain, l'assiégea et l'emporta d'assaut, puis il osa entrer dans le saint des saints II y vit tous les vases d'or et 2,000 talents d'argent auxquels il ne toucha pas. Crassus n'agit pas avec autant de géncrosilé. en passant à Jérusalem pour aller faire la guerre aux Parlhes, il emporta du Temple tout l'or qui s'y trouvait. On évalue à 50 millions les richesses qu'il y enleva'.

Hérode Ascalonite entreprit d'effacer les traces de la dévastation romaine et de rendre au Temple son ancienne splendeur ; c'était dix-neuf ans avant la venue de N.-S. J.-C.

' Josèphc, Guerre, liv. IV, ch. cxiv (Mgr Mislin?. * Matxh., I.

' Id., m, 12.

Il lui fallut pour cela neuf ans et demi. L'esplanade du Temple lut encore aj,n'andie; les pierres employées h cet ouvrage avaient quarante coudées de long : ce sont les pierres dont il est question dans le saint Évangile. « Comme Jésus sortait du Temple, un des disciples lui dit : « Maître, « regardez ces pierres et quelle structure ! » Or, Jésus répondit : « Vous voyez ces grands bâtiments? il n'en « restera pas pierre sur pierre'. »

llérode, malgré ses crimes, semble avoir été désigné par une puissance supérieure à sa volonté pour préparer la maison que devait habiter la Mère de Dieu; car César- Auguste même n'était pas d'avis (juc Ton fit ces immenses réparations, et il écrivit à llérode : « Situ n'as pas encore abattu l'ancien temple, nele démolis pas; si lu l'asdémoli, ne le relève pas; si tu l'as abattu et déjà rétabli, tu es un méchant serviteur*! >^ Ce fut dans ce temple nouvellement et richement orné, que Marie, ûgée de trois ans, fut admise parmi les lillcs de Sion attachées au service du Seigneur. Quelques années après, l'humble Vierge d'Israël y présentait son premier-né, qu'elle rachetait par deux tourterelles, et le saint vieillard Siméon, le prenant dans ses bras, le proclamait le Sauveur, la lumière du monde. Oh! que la gloire de ce dernier Temple l'emporte sur celle du premier, puis^iu'il a reçu dans son enceinte le Désiré des nations'!

En effet, ce Temple eut toutes les gloires évangéli(|ues : Noire-Seigneur le visita tous les ans avec ses parents pour y célébrer la pûque, et il y enseigna pendant trois jours, à l'âge de douze ans, les docteurs assemblés. Le dialile

• s. JInrc, XIII, i.i.

1 » Talmud, ISnvii, llullira.

le porta, plus tard, sur le pinacle du Temple pour le tenter. Les Juifs voulurent Py lapider. Ce fut dans ses parvis que Jésus remit les péchés à la femme coupable; qu'il chassa les vendeurs qui profanaient la maison de son Père; qu'il confondit les pharisiens au sujet du tribut de César, et qu'il vit la pauvre veuve donner ses deux deniers. Ce fut là qu'il enseigna souvent; qu'il fit plusieurs miracles. Enfin, ce fut dans ce Temple qu'il entra triomphalement, quehiues jours avant sa mort.

Jérusalem déicide ne mérita pas de garder dans son sein un monument si vénérable : quatre-vingt-neuf ans après sa dernière reconstruction, cinq cent quatre-vingtsix après avoir été relevé par Zorobabei, il fut détruit par les Romains. Titus s'avanga vers Jérusalem; les chrétiens se réfugièrent avec leur évèque, S. Siméon, cousin de Jésus-Christ, dans les montagnes, au delà du Jourdain, à Pella. Titus respecta le Temple, afin d'en faire un trophée k la gloire de Rome. Mais un soldat, poussé sans doute par une inspiration divine, se fit soulever par un de ses compagnons, et jeta un morceau de bois embrasé dans le lieu qui communiciuait aux bâtiments adossés au Temple'. C'était le 10 août, l'an 77 do Jésus-Christ, au même mois et au même jour que Nabuchodonosor l'avait autrefois brûlé.

Titus accourut sur sou char pour voir une dernière fois le Temple du vrai Dieu-; il entra avec les chefs de l'armée dans le sanctuaire, et trouva que sa magnificence et sa richesse surpassaient de beaucoup ce que la renommée en publiait parmi les nations étrangères; mais voyant, qu'en haine des Juifs, les soldats brûlaient même ce que

' Josèphc, liv. vu, ih. x.

- Josèphc, Cuerrc, liv. VII, ch. i.

les flammes respectaient, Titus et sa suite se retirèrent. Alors rien n'arrêta plus les progrès de rincendie, qui consuma presque entièrement rédificc sanctifié par la présence de Marie et de Jésus.

Quelques-unes de ces pierres énormes, dont N. -S. avait admiré la structure, avaient cependant résisté aux fureurs des flammes. Le Fils de Dieu avait dit : « Il n'en restera pas pierre sur pierre... » Deux cents ans après l'incendie du Temple, Julien l'Apostat voulut donner un démenti h Jésus-Christ; il fournit aux Juifs de l'argent du trésor public, leur ordonnant de relever le Temple et d'y sacrifier. Un miracle éclatant ne permit pas d'exécuter cette entreprise; tout fut détruit jusqu'à la dernière pierre.

MÉDITATION

Marîe Admirable à son réveil.

PREMIER PRÉLUDE. — Se représenter la cellule de la très-sainte Adolescente : tout y respire l'ordre et une certaine pauvreté; on n'y voit qu'un petit nombre d'objets à l'usage de Marie.

DEUXIÈME PRÉLUDE. — Demander la grâce précieuse de savoir donner à la foi et à l'amour de Dieu les premières impressions de chaque matin.

PREMIER POINT

Marie s'éveille: elle cherche, elle aspire Dieu.

Aussitôt que, par le réveil, la créature raisonnable reprend la conscience de son existence, elle doit en offrir les prémices au Créateur et Seigneur universel. r/est cet acte majeur que, dès l'enfance chrétienne.

on appelle si justement : donner son cœur à Dieu. Ah ! pourquoi notre cœur si souvent offert à Dieu reste-t-il si peu élevé? Pourquoi les impressions inférieures et sensibles reprennent-elles si vite leur empire tyrannique? C'est que nous ne savons pas, chaque matin, recommencer notre vie , après l'avoir renouvelée, en remontant ù Dieu pour nous reposer en Lui.

Notre vie se compose de deux mouvements alternatifs : d'un mouvement d'aspiration et d'un mouvement de respiration. Nous devons aller chercher Dieu et le répandre ensuite autour de nous par nos actes extérieurs, tout en le gardant avec une vigilance pleine d'amour : nous devons l'aspirer et le respirer. Il faut respirer Dieu si nous sommes chrétiens : il faut qu'il y ait de Dieu dans nos pensées, dans nos sentiments, dans nos affections, dans nos œuvi'es; c'est la vie chrétienne : mettre Dieu partout, faire que l'esprit de Dieu pénètre tout. Souvent Dieu s'épuise en nous; alors n(»tre vie redevient toute naturelle et toute humaine : nous vivons par les sens, par l'imagination, par le cœur; nous ne vivons plus par l'ûme. Nous ne pouvons plus dire avec saint Paul : « Je vis, non plus moi; » car, c'est au contraire le moi avec toutes ses misères et toutes ses faiblesses, qui vit et domine en nous. Quand Dieu s'épuise en nous, ce qui ai'rive, hélas! trop souvent, remontons [»ai' l'asiiii'ation de rànK',par les elfortsde la xilontéqui cheiclieà s'unii' à Kou bien suprême, à sou unique centre, à son unique amour; remoutons au ciel; là, purifions-nous,

SEIZIÈME JOUK. 223

retrempons-nous, puisons !... et revenons ensuite travailler et souffrir.

Ce devoir est peu compris; il est négligé, peutêtre souvent omis. Venons apprendre près de la Vierge du Temple à unir, dès le réveil , notre chétive et impuissante vie à la vie divine, pour en tirer force, chaleur et lumière. Contemplons la très-sainte Enfant: elle dort modestement sur des couvertures roulées, à la façon des Juifs. Marie dort, mais son cœur ne dort pas; il veille, il est devant Dieu. Pour elle, dormir n'était point interrompre entièrement les communications de son Ame avec Dieu. Dans cet instant qui suit immédiatement notre sommeil, moment où Dieu nous rend vraiment à nous-mêmes, Marie ne faisait que recevoir du ciel une perception plus vive de ce que son âme voyait encore, pendant que ses membres et ses puissances étaient dans le repos de la nuit. Elle revenait au sentiment de la vie qu'elle retrouvait en elle plus vif et plus pur, et elle i»roduisait aussitôt un acte analogue à celui qui suivit son immaculée Conception. Cet acte consistait à adorer sou Créateur, à se perdre tout entière dans la volonté divine.

« Mon Dieu, mon Dieu, je vous cherche dès Taurore; mon âme a soif de vous!... Ma chair se consume pour vous -sur cette terre inculte, déserte et aride... jusqu'à ce que je vous contemple dans le sanctuaire de votre puissance *. » Tels étaient les

* Ps, Lxxn. 1.

iU DEUXIÈME PARTIE.

sentiments dans lesquels la très-pure Marie accomplissait, avec modestie et diligence, les préliminaires matériels de la vie de chaque jour, afin de faire régner, sur elle et autour d'elle, un ordre qui lui permît de commencer, en toute liberté et dans le repos le plus absolu, les exercices de la prière. Ainsi à chaque aurore qui revenait, elle offrait d'avance tous ses actes avec une religion, une pureté et un amour qui ravissaient le cœur de Dieu et lui ftiisaient déjà abaisser vers la terre son regard plein d'une complaisance infinie.

C'est de cette manière que, dans une solitaire cellule du Temple, une jeune et immaculée Vierge offrait à Jéhovah le vrai sacrifice du malin, dont les prêtres, au môme moment, n'offraient que la figure incomplète sur l'autel des holocaustes, dans les parvis extérieurs.

Quelle devait être la fraîcheur de l'ûme de Marie quand l'aube matinale éveillait en elle les sentiments d'adoration et d'amour pour son Dieu !...

Très-sainte Enfant, le sommeil des fleurs et leur réveil ne présentent pas autant de grâce et de beauté que la vue de votre îlme, reposant à l'ombre des ailes du Seigneur et s'éveillant sous son œil divin. Gomme à ceux qui sont sur la mer, le soleil paraît sortir des flots, vous aussi, ù Mère Adiiiir-ibie, vous vous leviez

pour ainsi dire du sein de l'océan inlini N'est-ce

pas là que vous donniez? Comment un sommeil pris ailleurs aurait-il été un repos? (Vest de là que vous vous élanciez chaque jour pour courir on votre voie

immacultH', et du haut du ciel, où la main de Dieu l'a tracée, répf>ndre sur notre pauvre terre les clartés de vos exemples, les influences de vos mérites. Astre du matin, je vous salue et je vous vénère !

Mai'ie savait assurer la sainteté de son réveil en s'endormant dans de saintes pensées.

Il ne nous est pas permis de prétendre à la sainteté d'un sommeil et d'un réveil qui, par l'abondance des grâces faites à cette Enfant immaculée , tenaient plus du ciel que de la terre ; pour nous, qui succombons sous le poids des labeurs de chaque jour, et qu'appesantit la chair du péché, tout change ici.

Notre sommeil est l'image de la mort : il est lourd ; l'âme y est engourdie. On se demande : que fait-elle? On pourrait ajouter : où est-elle ? On revient souvent de si loin quand on sort du sommeil, qu'il semble que pour nous réveiller. Dieu, comme au premier jour, ait besoin de souiller sur notre face et de nous rendre la vie. Le prophète lui dit : « Seigneur, vous « avez connu oA mon repos et ma résurrection ' . » Ce qu'il appelle sa résurrection, c'est son réveil.

Mais si la profondeur humiliante de nos assoupissements rend plus diflicile pour nous cet acte vit et saint qui doit marquer le moment où nous y échappons, c'est aussi une raison qui le rend d'autant plus nécessaire. Il faut compter sur Dieu et

' Ps. CXXXVIII, 2.

s'exercer courageusement à cette sanctification du réveil. Ordinairement la journée en dépend ; Dieu la bénit en proportion de l'hommage qui la commence. La moisson répond aux prémices. Mille lâchetés, qui nous désolent et qui oircnsent Dieu, ont leui* source première dans la lâcheté de nos réveils. Les enfants surtout doivent s'habituer de bonne heure à cet acte matinal de vertu. On ne saurait dire la force qu'une telle pratique donne à l'âme.

Mais il convient d'imiter Marie qui, devant nous servir de modèle, prenait, en vue de nous, les moyens d'assurer le succès de sa résolution. Que faisait-elle donc pour obtenir constamment un réveil qui répondît à son respect et à son amour pour Dieu ? L'humble Enfant tendait toujours au plus sûr de la vertu ; dès lors elle prenait toujouis aussi les armes qui assurent la meilleure victoire.

Pour ne penser qu'à Dieu, au réveil, Marie ne pensait qu'à lui avant de permettre à ses paupières de voiler entièrement ses yeux. Recueillie dans une conversation intérieure avec son Seigneur et Maître avant son sommeil, quand elle reprenait, au réveil, le cours de ses sentiments, son cœur s'élançait naturellement vers Lui : elle renouait avec son Dieu une (•(•nversation qu'elle avait à peine interi'ompue. Ne l 'avons-nous pas expérimenté? en s'éveillant, on pense à ce que l'on préfère, à ce que l'on appréhende, à ce que l'on aimait encore la veille. Nous devrions (Idiic penser à Dieu qu'il faut aimer, au péché qu'il liiiit fuir.

SEIZIÈME JOlK. m

L'ii autre moyen que prenait Marie, c'était de faire régner l'ordre le plus parfait dans le lieu de son repos. L'appartement où un chrétien se livre au sommeil devrait toujours oflrir l'aspect d'un pavillon de guerre, où tout est rangé pour un prochain départ : rien n'y est superflu ; tout y est net et dans l'ordre. On aime à se figurer ainsi la petite cellule de Marie. Au milieu d'une telle symétrie, d'une si simple et si belle ordonnance, il semble qu'on se réveille soi-même en ordre ; et, parce que l'ordre est pour l'Ame de tendre à sa fin, le cœur s'élève comme naturellement vers les cieux pour y respirer son air vital.

COLLOQUE

Demander à Mafer-Admirabilis de savoir nous endormir en dégageant notre cœur de toutes pensées terrestres, basses ou sensibles, afin de nous éveiller en nouveauté de vie, c'est-à-dire en aspirant l'amour divin pour vivre de lui tout le jour, ou du moins pour y revenir, si nous avions la faiblesse de nous laisser gagner par une impression naturelle.

PRATIQUE

Se faire à l'habitude de tout mettre en ordre daus la chambre où l'on doit prendre sou repos, et après avoir donné à Dieu les dernières pensées du jour, lui offrir, en forme d'acte d'adoration, le premier battement de son cœur au réveil.

BOUQUET SPIRITUEL

Seigneur, dès le matin, vous entendez ma voi\ ; dès lé matin, je me présente devant vous, et j'attends*...

Le matin, il faut faire comme l'enfant qui s'éveille. Dès qu'il ouvre les yeux , il regarde vite s'il voit sa mère : quand il la voit, il se met à sourire ; quand il ne la voit pas, il pleure.

Il faut le ciel pour comprendre l'amour 1... La prière aide un peu, parce que la prière, c'est l'élévation de l'àme jusqu'au ciel !

Nous avons un petit cœur, mais la prière l'élargit et le rend capable d'aimer Dieu. La prière est un écoulement du paradis; elle ne nous laisse jamais sans douceur. C'est un miel qui descend dans l'âme*...

Description du Temple.

Ainsi qu'on a pu le voir dans rhislon(|uc du Temple, la Irès-suiule Vier^je ne s'est prôsonléc que dîins le second Temple, (ju'on pourrait appeler le qualrième, puisque les grandes répai-alions (|u'y lircnlles Macliabrcs, apic's les déva-'talions de l'impie Antiucluis, et celles ((u'ilérode Ascalonito lit après le passage des généraux romains Pompée et Crassus, en chungC'renl autant de fois l'aspect

' Ps. V, 3, 4. i

* M. Viuniicy, Esprit du curé d'Ars.

inlèrieur, tout en conservant le plan du premier Temple bâti par Salomon. Comme il ne reste donc que très-peu de détails sur les modiiicalioDS apportées, liélas! par le temps et par les évéïiemenls, au Temple où Malcr-Admlrabilis passa sa jeunesse, pour donner une idée juste de ces lieux sacrés, nous avons recours aux descriptions bien connues du Temple de Salomon, nous réservantd'ajouter, dans un autre chapitre, les passages des écrits de Josèphe, historien de Titus, qui vit de ses propres yeux les lieux mêmes ([ue la très sainte Vierge avait habités, soixante ans environ auparavant.

a Les précieux débris de l'époque salomonienne, qui ont survécu à tant de révolutions et de bouleversements, pour apporter h notre siècle un témoignaj^'C de plus en laveur de la véracité des livres saints, faisaient partie d'un immense sysième de constructions entreprises par Salomon pour préparer remplacement du Temple. Le mont Moi iah, sur lequel 1 édilice s'élevait, n'était dans le principe qu'une colline étroite et irrégulière, insuflisanteaux vastes consiructious de l'édiiice sacré. Salomon lit élever, du fond de la vallée, un mur de (juatre cents coudées de haut et remplir de terre tout l'espace intérieur afin d'augmenter ainsi l aii'ede lai'olliiie.

« Pour alimenter d'une eau toujours pure et toujours abondante le Temple et ses dépendances, Salomon utilisa une source voisine, dont il réunit avec soin les eaux dans de vastes réservoirs. Par une ingénieuse di^tribution, des tubes, enfouis daus le sol, venaient verser l'eau par d'innombrables conduits sur toutes les parois latérales du Temple'. »

' ' Fragnicnis de VHistoire de l'Église, par M. l'abbé Darras, t. II. ]K 46.

;;i30 DEUXIÈME PARTIE.

« Quand tous ces travaux préliminaires lurent accomplis, Salomon posa la première pierre de rédilice sacre. Les fondations du Ten:ple avaient été creusées sur soixante coudées de long et vingt de large, dans la direction de l'orient à l'occident. En avant de l'édifice s'élevait un portique, puis le Temple lui-même, dont la hauteur était de trente coudées pour le saint des saints, et de vingt seulement pour le sanctuaire proprement dit. La disposition intérieure fut celle du Tabernacle de Moïse.

« Le saint des saints, désormais appelé Debir ou l'oracle, eut vingt coudées en tous sens; plus haut que le sanctuaire de dix coudées, on le voyait s'élever au-dessus du reste des bâtiments. Deux chérubins en bronze, recouverts de lames d'or , déployaient leurs immenses ailes au-dessus de l'oracle pour abriter l'arche d'alliance et les chérubins primitifs qui l'accompagnaient. Seule, dans ce mystérieux asile où le grand prêtre ne pénétrait qu'une fois l'année pour l'aspersion solennelle, l'arche de Jéhovali remplissait de majesté ce lieu redoutable.

a Le parquet, le plafond, les lambris de bois de cèdre, de genévrier et d'olivier, étaient recouverts de lames d'or. Et ce parquet lui-môme était posé sur des marbres précieux, tant étaient grandes les pieuses profusions de Salomon '. »

Des chérubins et des palmes sculi)tés par Hiram-Abi, se détachaient en relief sur les murailles étincelantes et formaient une décoration digne du Dieu des anges et du Dieu des victoires.

L'entrée du saint des saints était fermée par un voile d'hyacinthe, de pourpre, d'écarlate et de bysse, dont les

' De Saulcy.

' Note (II' Vi'iiio

broderies représentaient des chérubins. Ce voile était fixé sur une boiserie percée d'ouvertures praticjnées dans toute la largeur de Tédilice; il séparait ainsi le saint des saints du sanctuaire proprement dit. Cette paroi transparente était de bois d'olivier orné de sculpture, reproduisant lt\ décoration intérieure.

Le sanctuaire, appelé lléclial ou palais, avait le double de longueur que le saint des saints, qui le dominait eu hauteur d'une surélévation très-grande. Le parquet était en bois de cyprès; le lambris et le plafond en bois de cèdre comme ceux de l'oracle, et i)areillement recouverts de lames d'or, étaient de môme armés de sculptures représentant des chérubins, des palmes et des fleurs épanouies. La porte du sanctuaire ou Uéchal s'ouvrait à deux battants de bois de cyprès, roulant sur des gonds d'or massif.

On déposa dans le sanctuaire la table des parfums en bois de cèdre recouvert de lames d'or, le chandelier à sept branches et la table des pains de proposition, en lui conservant la même disposition que dans le tabernacle primitif. De plus, Salomon (it placer dans le pourtour du sanctuaire des chandeliers d'or cinq de chaque côté, et autant de tables de même métal supportant des coupes et des urnes d'une admirable perfection de travail.

Les portes du sanctuaire s'ouvraient sur le portique, ou vestibule, qui était fermé par un soubassement de trois marches ou assises de pierre, surmontées d'une balustrade en bois de cèdre.

A l'entrée de ce vestibule, Salomon ht placer deux colonnes d'airain, dont l'une reçut le nom dejakhn (stabilité), et l'autre fut appelée booz (force) : prière permanente qui rappelait à tous les (ils d'Israël, que Jéhovah était Tunique appui et la seule force de son peuple.

232 l)Ei;XlÈ.:\IE PARTIli.

L'aspect du Tomple présentait un vasleparallélogramnie. bâti de pierres de taille en assises, établies avee la solidité et les énormes dimensions dont les débris encore subsistants des constructions salomoiiiennes peuvent nous donner une idée. Ponr ménager l'air et la lumière dans réditice sacré, on avait pratiqué des fenêtres grillées en losanges. Au-dessous de ces fenêtres, sur le pourtour extérieur, et adossée aux murs du Temple, une construction c\ trois étages fut établie pour le logement des prêtres et des lévites, le dépôt de trésors, des instruments de musique et de tout ce qui était nécessaire au service du Temple '.

Une première enceinte murée formait, autour des bâtiments du Temple proprement dit, un premier parvis, ([ue l'on appelait parvis des prêtres, parce qu'il était réservé et aux sacri lices et aux diverses fonctions du ministère sacerdotal et lévitique. Comme dans le parvis du tabernacle de Moïse, on y plaça l'autel des holocaustes et le bassin réservé aux ablutions et aux puridcaiions des prêtres. Mais ces deux monuments furent construits sur des proportions colossales et avec une magnilicence incomparable.

Une seconde enceinte, ou parvis extérieur, était réservée aux Israélites et formait un immense pourtour au parvis des prêtres.

Enfin, une troisième enceinte, appelée parvis des gentils, était laissée aux prosélytes vivant parmi le peuple juif, et aux étrangers (jui venaient à Jéru.salem.

Ce troisième parvis environnait, comme une couronne, le saint des saints. Di's poiles placées en face les unes

' On croit qu'une |nirlit' n^scrvin- do ces uppiutcnionls étnil dcslini'e aux vierges consacrées au .service du Tcinple.

des autrrs, aux quatre points cardinaux, donnaient accès, par tous les côtés, aux diverses galeries des trois parvis, au centre desquels le T«'mple même apparaissait comme le monumentde la foi d'Israël et des espérances du monde.

D'après l'atlas de la Cible de Vence, on peut parfaitement se figurer le plan général du Temple qui, entouré de ses trois parvis, sans en être touclié, restait au centre de l'ensemble des bâtiments, ne perlant à ses flancs, au nord et au midi, que trente chambres, en forme de galeries, qui servaient au dehors, comme autant d'arcsboulanls, pour soutenir le bAliment appelé proprement le Temple.

11 n'y avait rien dans toute la façade, vue ii l'orient, qui ne frappât d'étonnement et ne ravît d'admiration ; car une partie ciait couverte de lames d'or si épaisses, (|ue dès le point du jour on était ébloui, comme par les rayons du soleil. Les pierres de l'autre partie étaient d'une telle blancheur, que cette superbe masse paraissait de loin une montagne couverte de neige. Toute la couverture du Temple était hérissée de broches ou pointes d'or fort aiguës, afin d'empêcher les oiseaux de s'y abattre.

L'architecture du portique du parvis était semblable au reste, et l'on voyait tendues, au-dessus, des tapisseries de diverses couleurs, embellies de fleurs de pourpre avec des colonnes entre deux, aux corniches destiuclles pendaient des branches de vigne d or avec leurs pampres et leurs grappes d'or excellemment travaillées.

Salomou acheva en sept ans ce somptueux édifice; mais ce qui peut paraître extraordinaire, c'est que pour construire ce temple, David avait laissé 42,000 millions à Solomon, et que Vence donnant le résultat des dépenses totales, faites pour bâtir, assure que la somme s'élevait à 12,405 millions 420,0u0 francs de notre monnaie.

DIX-SEPÏIÈME JOUR

MÉDITATION

Marie Admirable dans sa prière du matin.

PREMIER PRÉLUDE *. — Sc figurer la partie du Temple où les jeunes filles taisaient la prière du matin.

DEUXIÈME PRÉLUDE. — Demander à Mater-Admirabilis de savoir remplir, à son imitation, la noble et religieuse destination de notre être corporel, en le taisant servir habituellement d'instrument au culte extérieur, dû au Créateur et Seigneur de toutes choses.

PREMIER POINT

La prière était, pour Marie, Vaspiration matinale de son Cœur immaculé.

' Pour faciliter ce qu'où appelle la formation du lieu , uous avons fiiit suivre cette Méditation de quelques détails sur l intérieur des bâ-

Nous venons de contempler Marie à son réveil, suivons-la dans sa prière du matin. En ne la quittant pas, nous passerons, presque à notre insu, de vertu en vertu. Celui qui séjourne dans un lieu où se conservent des parfums, se trouve bientôt enveloppé d'une atmosphère balsamique, au point de parfumer ceux (|ui le touchent; de même, rame qui s'approche de Marie, de ce vase d'honneur, se sentira bientôt imprégnée de pureté, d'humilité, de douceur et d'innocence, au point de faire respirer aux autres l'arôme céleste de ces évangéliques vertus.

Dans la très-sainte Vierge, les moindres actions de la vie sont relevées par une essence virginale, qui nous apporte, à travers les siècles, les délicates senteurs de l'innocence et de l'incorruptibilité. Un cœur pur ne s'y trompe pas : « C'est Marie!... s'écrie-t-il, c'est mon Admirable Mère! » Et, en effet, c'est Elle....

Dès l'aurore, après avoir donné son cœur à Dieu, après avoir disposé en ses vêtements et autour d'elle l'ofdre le plus parfait, Marie se rend avec diligence et recueilleincnt an reiubv.-vous matinal (|ue Dieu, à chaque nnrore, donne à l'àme (iii'il aime, rendezvous (lue le langage religieux a apjielé : la prière du matin.

La prière du matin! lorsque W lardcau de l;i V(Mlle a été enlevé par le repos et (jutu-elui du jour n'a pas encore fatigué notre esprit, est -il, dans la journée,

timniits iiiijoints uu leini»!»! inèiiic, et nous coiiscilloiis trcn ])rcii(lir «•nnniiisHniK!!' iivnnl (IVntrer diins lo rorps do la Mi^diiiilion.

DlX-SEPTlÉME JOIH. 237

un moment aussi précieux? L'âme, renouvelée dans toutes ses puissances, a déjà trouvé son Dieu dans la première aspiration de son amour ; elle lui a donné son cœur. Mais ce mot, jeté à la hâte, ne lui suffît pas : elle a besoin de Dieu ; elle a faim et soif de le voir, de converser avec lui, longuement et à l'aise. Deux amis ne se contentent pas de se serrer la main et de s'embrasser après l'absence ; ils s'assoient à côté l'un de l'autre, ils se regardent, ils se contemplent; ils se racontent leurs pensées, leurs chagrins depuis qu'ils se sont quittés; ils épanchent leurs sentiments dans des entretiens d'autant plus prolongés qu'ils s'aiment davantage. L'âme qui est touchée au cœur, dès son réveil, a besoin de chercher son Dieu, de l'arrêter, en quelque sorte, de lui parler, de causer intimement avec lui. Il y a si longtemps qu'elle ne Ini a dit : « 0 mon Dieu ! ô mon Père ! o mon Maître ! ô « mon Époux, je vous aime ; je ne veux aimer que « vous seul ! »

Telle est Marie à son réveil ; sa première pensée a été Dieu : la pensée de Dieu la poursuit. Où le trouvera-t-elle? Où lui sera-t-il permis de se prosterner à ses pieds, de lui offrir l'hommage de son cœur? Moment béni, vous êtes venu! Voici le signal qui amène les jeunes filles de Sion dans les sacrés portiques; elles vont chanter les louanges de Jéhovah !...

Mon Dieu! que n'imitons-nous Marie? Pourquoi faut-il que notre cœur, après s'être donné à son Souverain Maître, se voie sitôt rempli du souvenir des créatures? Hélas! quelques instants h peine se sont

écoulés depuis notre réveil, et déjà que de pensées étrangères se sont partagé notre âme 1 Quel bruit s'y est fait entendre, tandis que tout autour de nous est dans le silence!... Apprenons de l'auguste Enfant du Temple à prendre nos vêtements dans le recueillement, dans l'attente du Seigneur, a Laissez-moi, di- « rons-nous, à tous les souvenirs humains ; je n'ai « pas encore vu mon Père ; je ne lui ai pas encore « donné le baiser filial : voici qu'il vient! Il m'ap- <( pelle ! 0 mon Dieu ! je suis devant vous... Vous êtes « demeuré le même, aussi saint, aussi grand, aussi « bon Père! Me voilà à vos pieds aussi faible, aussi « misérable, aussi petit, aussi indigent ; mais tou- « jours aussi épris de vos bontés, aussi désireux de « vivre de Vous et pour Vous seul !... »

Fidèle observatrice des lois mosai^ics, Marie faisait, avec ses compagnes, la prière du matin. Quelle était cette prière? Les livres sacrés lui en fournissaient le texte. Ce sont les mêmes prières que, grâce à la tradition de l'Église, nous avons le bonheur de redire. Uion ne peut guère nous les r(>ndre plus douces et nous inspirer, quand nous les récitons, une piété plus tendre que de nous souvenir qu'elles sont souvent sorties des lèvres de notre immaculée Mère.

Chez les Hébreux, le commandement de la prière vocale était écrit à chaque ])age de la loi. Ce devoir essentiel à toute créature raisonnable s'accomplissait dnns le Temple avec une majesté digne des regards du Très-Haut.

Sous ses formes sacrées et multiples, ce grand culte

DIX-SEPTIÉiME JOUR. 239

du Temple contenait la substance de la religion primitive, pratiquée par les patriarches; car si la religion a varié dans les formes extérieures, selon la diversité des temps et le progrès que Dieu lui-même fait faire aux hommes et aux choses, cependant elle reste toujours essentiellement la même, et sera la même jusqu'à la fin. C'est comme un arbre unique qui, planté dans un terrain fertile, pousse des rameaux déplus en plus nombreux, vastes et fleuris : il y a i)lusieurs états de l'arbre; il n'y a pas plusieurs arbres.

En rendant à Dieu ses devoirs sous la forme mosaïque, consacrée pour son temps, non-sonlemont Marie résumait en les couronnant tous les actes, soit extérieurs, soit intérieurs, de la religion patriarcale, mais par la sublimité de ses dispositions, elle élevait le mosaïsme lui-même à sa perfection la plus haute.

L'humanité très-sainte de Notre-Seigueur Jésus^- Christ pouvait seule olVrir à Dieu un culte qui fût préférable au culle (lue lui rendait notre Admirable Enfant. Qu'il est touchant pour un cœur pieusement sensible au souvenir de ses ancêtres dans la foi, d'entendre prononcer, au milieu des prières liturgiques, les grands noms de Sion, de Jérusalem, d'Israël!... et de penser que, par les mômes psaumes, les mêmes cantiques, l'admirable Fille des rois de Juda louait son Seigneur et son Dieu! On devrait répéter chacune de ces paroles sacrées avec des transports d'amour, ou du moins s'efforcer de recueillir, à chacun des mots, les mérites inexprimables que la

i40 DEUXIÈME PARTIE.

Vierge des vierges y laissa pour ceux qui sauront s'unir à sa prière, dans toute la suite des âges.

Admirable prière vocale de Marie.

La divine Sagesse avait donné à Marie un goût exquis, une science exacte qui, dans tout ce qu'elle avait à faire, lui faisaierit atteindre la dernière perfection. Avait-elle à prier? elle unissait la prière vocale à la prière mentale. Comme une colombe qui étend ses blanches ailes, elle élevait les mains et les yeux vers le ciel ; elle s'excitait à franchir les horizons créés et visibles. Bientôt son âme perdait terre et planait devant Dieu.

Ne soyons pas de ceux qui dédaignent la prière vocale pour mieux prier do cœur et d'esprit. Composés d'un corps et d'une âme, consacrons l'un et l'autre, le serviteur et le maître, à Celui qui est le grand et seul Maître de l'âme et du corps, le Seigneur notre Dieu. La prière vocale nous est nécessaire ; aussi Jésus-Christ en a-t-il fait le commandement exprès quand il nous a donné la manière de prier : c'est inic prière vocale qu'il nous a indiquée. « Quand « vous prierez, vous prierez ainsi : « Notre Père qui tiêtes aux cieux, etc. » Quoi ! la belle formule du Pater, que nous pouvons répéter après Jésus Christ,

nous ne nous en servirions pas ? Cela n'est pas

possible à un cœur qui est dans le vrai de l'amour.

DIX-SEPTIÈME JOUU. 241

On aime tant à répéter ce qu'une bouche aimée a dit la première !

Et qui est plus parlait que la sainte Épouse des Cantiques? Qui est entré plus avant dans les secrets de l'Époux divin? Cette Épouse, c'est Marie elle-même; nul ne prie mentalement comme elle, et cependant Dieu lui dit : « Que ta voix résonne à

« mon oreille! Ta voix ravit mon cœur La voix

(( de la tourterelle a été entendue dans nos cam- « pagnes*. »

Mais, ne l'oublions pas, pour que la prière rafraîchisse, pour qu'elle éclaire, pour qu'elle repose, pour qu'elle lasse descendre l'espérance comme un rayon divin au milieu de l'inexorable ennui de la vie, elle doit être, avant tout, le besoin du cœur, l'occupation, le désir, le langage du cœur, le cri du cœur. Dès que

le cœur est absent, il n'y a plus de prière possible

Mettons donc tout notre cœur dans notre prière ; qu'elle ne se ressente pas des tiraillements, des sollicitations en sens divers, des impressions et des frivolités du monde; qu'elle nous rapproche de Dieu; qu'elle nous le rende présent, sensiblement et intimement présent ; qu'elle nous unisse à Dieu d'une union si ardente et si intime, qu'entre son cœur et le nôtre, il n'y ait plus de place pour aucune créature !

Mais si cet appel de la grâce trouve encore quelque résistance en nous, parce qu'il est opposé à nos goûts

' Gant., II, 12, 14.

et à nos habitudes de faux repos dans la prière, assistons à la prière du matin de Marie adolescente. Son exemple entraînera sans doute notre imitation, nonseulement pour accomplir avec ferveur un devoir que nous ne devons point omettre, mais encore pour faire précéder notre prière mentale de ces beaux élans d'amour, qui font des prières liturgiques une mine d'or où l'âme d'oraison puise toutes sortes de richesses.

La très-pure Adolescente s'est agenouillée dans un des portiques réservés ; il lui est permis de plonger son regard dans l'intérieur du Temple... Ses mains sont jointes, et tout son corps virginal, humblement abaissé devant la divine Majesté, rend au Très-Haut, dans une religion parfaite, l'hommage et le culte extérieur qui lui sont dus. Écoutons sa voix cnfontine, dont les accents rompent un instant le mystérieux silence de l'asile sacré.

« Dieu ! A mon Dieti îjc nré\cillt' eu Notre [Jivsence

« dès le point du jour.

(( Mon Ame et ma chair ont une égale soif

« de mon Dieu, dans cette terre aride, inculte et dé-

« scrte.

« J'y serai devant vous comme dans votre sanc-

« tuaire, alin d'y contempler votre puissance et votre

« gloire.

« Car votre miséricorde vaut mieux que cotle vie ter-

« restre, et mes lèvres ne cesseront de vous louer. (( Je vous bénirai pendant la durée de mes jours, et

« je lèverai mes mains en votre nom.

DIX-SEPTIÈME joui;. 243

« Que mon âme soit comme engraissée de vos bénédictions, et l'allégresse et la louange seront sur mes lèvres.

(( Je me suis souvenu de vous sur la couche de la nuit, et je méditerai en vous dès le malin. « Parce que vous avez été mon appui et que je me réjouirai à l'ombre de vos ailes, (i Mon âme s'est attachée à vous, et votre main m'a soutenue.

« C'est en vain que mes ennemis en veulent à ma vie ; ils descendront dans les profondeurs de la terre.

« Ils seront livrés au glaive ; ils seront la proie des bêtes dévorantes.

<( Mais le Roi se réjouira en son Dieu. <( Tous ceux qui jurent pour ce Dieu seront glorifiés en lui, parce qu'il a fermé la bouche de l'iniquité*. »

COLLOQUE

Demander à Marie adolescente le courage de la prière, et le courage de l'exécution, après la lumière reçue par la prière.

PRATIQUE

Faire avec exactitude et ferveur ses prières vocales d'obligation, n'oubliant jamais que la parole articulée n'est qu'un vain son si elle ne traduit pas une

' Ps. LXXIl.

prière intérieure, et que, quelque nécessaire et saint que soit le sacrifice des lèvres, s'il est fait sans celui du cœur, il n'honore pas Dieu qui est Esprit, et qui entend être adoré en esprit et en vérité.

BOUQUET SPIRITUEL

Je dirai au Roi mes œuvres *.

La prière est une rosée embaumée ; mais il faut prier avec un cœur pur pour sentir cette rosée.

Plus on prie, plus on veut prier. C'est comme un poisson qui nage d'abord à la surface de l'eau, qui plonge ensuite et qui va toujours plus avant... Il faut, quand on prie, ouvrir son cœur à Dieu, comme le poisson quand il voit venir la vague.

La prière est un bain d'amour dans lequel l'Ame se plonge... elle est comme noyée dans l'amour. Dieu tient l'homme intérieur, comme une mère tient la tôte de son enfant dans ses mains pour \c couvrir de baisers et de caresses.

11 y a deux cris dans l'homme : le cri de l'ange vX le cri de la bote. Le cri de l'ange, c'est la jjrière ; le cri de la bâte, c'est le péché *.

' l's. XI.IV, 1.

" lùpril (lu cuit' d'Ara, Cali'cli. sur In prirrc.

DIX-SEPTlÉME JOUR. -24:',

Quel était le lieu habituel de la prière de Marie ?

Nous ne saunons donner de réponse absolument précise à celle queslion; mais après quelques recherches faites sur ce sujet, on peut arriver cependant à des conjectures probables.

Le bâtiment du Temple proprement dit était entouré de trente chambres, en forme de galeries, dont chacune avait 2!i coudées de large sur autant de long et 20 coudées de liaut. Ces chambres communiquaient entre elles par d'immenses portiques, placés en face les uns des autres^ qui formaient d'admirables galeries intérieures. Elles furent l'objet dis munilicences de Salomon comme le Temple même. avec lequel elles avaient une muraille mitoyenne; car il les fil revêtir d'or'.

Josèphe dit qu'au-dessus de ces portiques, il y avait deux autres étages, ayant un nombre égal de chambres; seulement elles diminuaient de grandeur en s'élcvant. Les trois étages ensemble avaient GO coudées, depuis le sol jusqu'au bas des fenêtres d'or placées au haut du Déblr et de VlJéchal pour éclairer le saint des saints et le sanctuaiie. Ces trois étages servaient de renfort au temple dans sa longueur.

Les trente chambres, toujours répétées dans les étages supérieuis, étaientcouvertes de bois incorruptible, et cha cune avait sa couverture à part, en foi'me de pavillon; mais par leurs portiques intérieurs h chaque étage, elles ne faisaient toutes ensemble qu'un même corps de bâtiment. Leurs plafonds étaient en bois de genévrier et d'o-

' Bible de Vcnce, part. II, ch. m, 9.

livier, parfaitement poli et enrichi de feuillages dorés, taillés dans le bois. Les bâtiments du côté septentrional avaient chacun leur porte et leur escalier tournant, qui conduisait jusqu'au troisième étage, lequel n'était plus qu'un rang de cellules adossées au Temple, au-dessous des ouvertures ou fenêtres.

Ne pouvons-nous pas supposer que sur le nombre de ces chambres, plusieurs étaient réservées aux vierges? Elles se trouvaient alors entièrement séparées du parvis des prêtres, tout en pouvant communiquer avec l'intérieur du Temple, dont elles habitaient les dépendances extérieures, puisque leurs appartements étaient adossés au mur du saint des saints et à celui du sanctuaire.

Ces préliminaires établis , ouvrons Ji notre esprit le champ des pieuses conjectures.

Sans entrer dans le saint des saints ni dans le sanctuaire, les vierges du Temple ne pouvaient-elles pas, dans quelques tribunes pratiquées par l'ouverture des murs intérieurs, voir la partie des cérémonies sacrées, les fonctions sacerdotales que le peuple lui-même avait la faculté légale de contempler, par les portes ouvertes du premier sanctuaire? D'ailleurs, le sacrifice, cet acte principal du culte, était toujours public, et les vierges pouvaient y assister du haut des galeries extérieures qui entouraient le Temple.

Avant le sacrifice du soir, n'étaient-ce pas les vierges (|ni devaient être chargées du soin de préparer les parfums que le sacrificateur offrait à Jéhovah après chaque coucher du .soleil?

N'élaient-ce pas elles encore qui devaient remettre aux lévites l'huile pure, dont ceux-ci entretenaient les lampes (|ui brûlaient nuit cl jour en l'Iionneur du Très-Haut?

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