I-a loi mosaïque avait interdit aux femmes toutes les
fonctions sacerdotales ou lévitiques ; mais elle les admettait à assister aux sacrifices, aux prières solennelles et aux lectures publiques de la loi. Nous en trouvons mille exemples dans l'histoire juive. Judith, dans la retraite où elle se tint enfennée pondant son veuva{?e, prenait part aux prières publiques et nous la voyons conl'èrer avec les prêtres. Nous sommes donc autorisés à croire que les jeunes filles avaient les moyens d'exercer leurs emplois intérieurs sans être vues et rencontrées. Obli{,'ées de communiquer avec les prêtres qui leur confiaient divers travaux, elles devaient pouvoir s'entretenir avec eux sans sortir de leur sainte réclusion.
Toutes ces exigences se trouvent conciliées, en supposant que rhabitalion des vierges était telle que nous l'avons dit plus haut, et telle que l'indiquent les plans du Temple dans l'atlas de Vence.
Mais dans cette clôture sacrée, on ne voit aucun emplacement destiné à des jardins. Tout ce que l'on peut penser, c'est, qu'à la mode juive, il se trouvait des cours intérieures, où de belles fontaines, entourées de fleurs, récréaient la vue et rafraîchissaient l'air. Si les jardins faisaient défaut, l'horizon offrait du moins les perspectives les plus variées et les plus étendues : à l'exlrémité des galeries, l'élévation du mont Moriah, sur lequel était bAti le Temple, permettait de découvrir, d'un côté, la ville de .lérusalem, et de l'autre, toute la vallée de Josaphat, le lit du Cédron, et la belle colline où s'élève encore le mont des Olives.
C'est un vaste horizon offert aux préludes de nos méditations de penser que Marie, pendant les années qu'elle passa à l'ombre du sanctuaire, avait sans cesse sous les yeux les lieux où devaient s'accomplir les plus grands mystères de la vie de Jésus-Christ. Sur le côté oriental de
248 DEl)X;iÉME PARTIE.
la vallée de Josaphat, en face du Temple, son regard pouvait embrasser du même coup d'œil le jardin de Getlisémani, le Cédron et le Calvaire, dont elle distinguait le sommet, au versant occidental du mont Moriali.
Il nous reste à fixer notre opinion sur le lieu même où Marie adolescente avait Tliabitudede prier. Ici, nous restons encore dans le domaine des conjectures Au moyen âge, plusieurs représentations artistiques empruntèrent des légendes admises alors une charmante composition reproduite sous toutes les formes, mais qui n'offre rien de vraisemblable : c'est Marie dans le saint des saints, priant devant l'arche d'alliance sous les ailes d'or des chérubins.
Cette hypothèse ne supporte pas la critique. D'abord il est plus (}ue douteux que l'arche d'alliance fût sous le propitiatoire dans l'oracle, à l'époque où la très-sainte Vierge habitait le Temple? L'arche sainte, faite au désert par Béséléel, dut être la proie de la dévastation, lors de la ruine du Temple de Salomon par Nabuchodonosor. Au moment où Cyrus rendit, pour orner la maison du vrai Dieu, tous les trésors du Tejnple, que le roi babylonien avait enlevés de Jérusalem, pour les mettre dans les temples de ses faux dieux, dans Ténuméralion de ce ([ui fut remis à Zorobabel, il n'est nullement mention de l'arche d'alliance. Or, eùt-on omis de parler nommément du trésor insigne pour lequel les Juifs eussent donné toutes leurs richesses?
Lorsque Pompée entra dans le saint des saints, il n'y vil, au rapport des aiiunirs profanes, (|U(! l'or étincelant (les murailles et l'admirable ornenKîulation des décors'.
Mais si i'archc vénérable, celle où Moïse déposa lui-
• Titc.
môme les tables de la loi, la manne, la verge d'Aaron cl le livre sacré du Deutéronome, fut détruite dans la fureur sacriléffe des Syriens, on croit qu'en mémoire de celle qu' avait été l'objet de la vénération pendant six siècles, de. puis la législation du mont Sinaï jusqu'à l'impiété de Nabuchodonosor, Zorobabel en fit faire une semblable ; ce qui le prouverait, c'est qu'au retour de Titus à Rome, on lui éleva au milieu de la voie sacrée, près du temple de la Paix, un arc de triomphe où l'on voit encore Titus sur son char, se faisant précéder, en forme de trophées, par ^'arche d'alliance, le chandelier d'or à sept branches et les vases du Temple. Vespasien fit déposer ces objets dans le temple delà Paix, en se réservant les magnifiques tapisseries juives et babyloniennes, enlevées au Temple de Jérusalem',
Quoi «ju'il en soit, l'opinion que Marie adolescente priait dans le saint des saints a été contestée par les Pères. En effet, Marie n'aurait pu être introduite dans l'asile sacré et impénétrable qu'en vertu d'une révélation publique de ses hautes destinées et d'une dérogation solennelle à la loi. Telle était, sur ce point, la sévérité des ordonnances mosaïques, que Zacliarie. père de Jean-Bapliste, étant entré dans le sanctuaire, pour y offrir des parfums, pendant que la foule priait au dehors, et y demeurant plus de temps qu'à l'ordinaire, n'en resta pas moins seul dans ce lieu sacré, sans qu'un peuple impatient et dans l'attente osât violer la loi*. Et le Sanctuaire, où pria /acharie, n'était pas le saint des saints dont le voile n'était soulevé (pi'une fois l'an, au jour de la kHe de l'expiation générale.
' Suelon. In vita Vespusiani.
• S. Luc, I, 10 et 21.
Comment penser qu'une jeune fille cachée, ignorée de tous, fût l'objet d'une exception inouïe jusqu'alors, sans supposer que Jéhovah en eût donné l'ordre positif? Tout ce que peut faire imaginer l'amour envers la très-sainte Enfant, c'est que, par une permission delà divine Providence, sa cellule étant du nombre de celles qui s'élevaient au-dessus des chambres adossées au saint des saints, la petite Marie était rapprochée autant -que possible du mystérieux habitacle de la Majesté du Très-Haut.
MÉDITATION
Marie Admirable dans son oraison du matin.
PREMIER PRÉLUDE. — Le même qu'à la méditation précédente. Nous devons avec Marie rester dans l'oratoire qui donne sur le Temple, où elle vient de terminer sa prière du matip.
DEUXIÈME PRÉLUDE. — Demandons simplement et avec une confiance sans bornes, le don de l'oraison. Supplions Marie de nous le communiquer, là, à ses pieds, devant l'image bénie où semble surtout exprimée la vie intérieure de cette admirable Vierge.
PREMIER POINT
Quelle était la nature de l'oraison de Marie.
Dire qu'on va rechercher la nature de l'oraison de Marie, c'est sembler entreprendre de sonder des abîmes sans fond. Cependant saint Paul le déclare : nous
avons reçu un esprit si filial que, sans témérité, sinon toujours avec un plein succès, il scrute Dieu jusqu'en ses profondeurs. « Qui d'entre les hommes connaît ce qui est dans l'homme , sinon l'esprit de l'homme qui est en lui? De même, personne ne connaît ce qui est en Dieu, sinon l'esprit de Dieu; or, nous avons reçu l'esprit de Dieu pour savoir les dons qu'il nous a faits. Et cet esprit pénètre tout, môme les profondeurs de Dieu*.»
Cet esprit filial nous met en communication avec la Mère aussi bien qu'avec le Père : et d'ailleurs, le moindre degré de connaissance d'un si bel objet a plus de prix et d'avantage que la science parfaite d'objets inférieurs. Nous sentons nous-mêmes qu'après une prière vocale, où le cœur s'est vraiment élevé vers Dieu , et où l'entendement s'est occupé des propres paroles du Saint-Esprit, notre âme est mieux préparée à s'unir à Dieu dans une méditation qui nous arrache subitement à nos actions journalières et à nos sollicitudes terrestres.
Une des allaires les plus importantes, la plus grande affaire môme que nous ayons à traiter ici-bas, c'est l'oraison qui établit nos rapports d'àmc avec Dieu. De ces rapports dépendent notre bonheur dans le temps et notre gloire dans l'éternité. Savoir comment la Mère de Dieu se comporta en cet exercice sacré, est un des plus grands enseignements que nous puissions recevoir.
• il Cor, \o-\i.
Écoutons ce que le Saint-Esprit dit lui-même de la nature de l'oraison de Marie : « Marie conservait toutes ces choses et en conférait en son cœur*. »
Sans doute, ceci s'entend d'abord de tout ce qui s'est dit et fait au sujet de l'Enfant divin qu'elle venait de donner au monde. S'il était entré dans le dessein de Dieu qu'on racontât dans l'Évangile l'oraison habituelle de sa Mère, les écrivains sacrés auraient eu à nous décrire des actes et des états que ces quelques mots sont loin de nous exprimer. Cependant ces quelques mots sont dits ; ils sont à peu près les seuls qui aient été dits; et rien n'est sans raison dans la sainte Écriture, rien n'y est sans mystère. C'est donc là un jour très-important que Dieu nous ouvre sur la céleste oraison de Marie. Or, ce qui nous y est justement et exclusivement déclaré , c'est cet emploi régulier des puissances de l'âme qui constitue pour nous la méditation. Marie se souvient, elle raisonne, elle raisonne dans son cœur. Rien n'est moins vague, rien ne va plus directement contre la prétention qu'ont parfois les âmes qui commencent , de trouver Dieu sans préparation ni travail, et de le contempler en lui-même, abstraction faite des paroles, des actions, des mystères et de toute cette sainte vie humaine de Jésus-Christ par laquelle il s'est authentiquement révélé.
Marie conservait ces paroles. Quelles paroles? Pendant son adolescence, celles des Écritures sacrées, après sa di\ine maternité, celles de son Fils... paroles
' s. Luc, II, 29,
du Verbe éternel ! et elle en conférait en son cœur, c'est-à-dire qu'elle les comparait les unes avec les autres, et les méditait attentivement.
Apprenons du Cœur de Maier-Admirahilis^ cette arche vivante des deux Testaments, à garder dans notre cœur les trésors divins des deux alliances. Conservons en notre esprit la révélation des jours anciens et les merveilles des jours nouveaux. Unissons notre méditation à la sienne, réfléchissons avec elle, conterons comme elle , et peut-être qu'à de rapides instants, « la longueur d'un Gloria Patri seulement , » comme disait cette grande sainte dont le regard d'aigle semblait capable de soutenir l'éclat de la lumière divine*; peut-être que Mater-Admirabilis daignera nous faire entrevoir les clartés du monde intérieur di; l'oraison, où Dieu la transportait pendant qu'elle vivait dans la vallée des larmes... Il la récompensait ainsi de l'avoir cherché et de s'être élevée à lui par les degrés d'une prière humble et constante.
A notre tour, gardons dans notre cœur les enseignements de notre auguste Maîtresse. Repassons souvent en notre esprit les exemples de vie intérieure qu'elle nous a laissés. Ce sont les prières vocales et les oraisons de la Reine du ciel qui composent la plus grande partie de ces parfums que l'Ange met dans son encensoir d'or et qu'il présente sans cesse sur l'autel, devant le trône de Dieu ^
• Vie de sainte Térise, écrite par eUe-mtme, cliap. xxii.
• Apoc, viu, 3.
DIX-HUITIÈME JOUR. 2oo
On peut donc dire qu'unir nos faibles et languissantes prières à celles de Marie, mettre le recueillement de cette Vierge sainte à la place de la tluctuation de notre esprit, c'est assurer le fruit de notre oraison et lui donner un cachet divin qui provoque la surabondance de la grâce.
De l'excellence de Voraison de Marie.
Ce fut surtout dans les jours de sa sainte enfance que Marie assurait par toutes sortes de précautions le succès de son oraison. Nul ne peut dire ni concevoir l'honneur que cette oraison rendait à Dieu; elle lui était un sacrifice meilleur que tous ceux qu'on lui avait oiïerts jusque-là; elle commençait à acquitter cette dette sacrée et toujours urgente, pour laquelle la pauvre humanité pécheresse restait tout à fait insolvable : la dette d'une religion parfaite sortant d'un cœur immaculé et saint !
Le Verbe divin prononçait bien déjà cet EccE v^enio qui contenait , en substance , la religion absolue et universelle ; mais il le disait au sein même de l'adorable Trinité , sans manifestation hors de la divine essence. Jusqu'à ce qu'il le répète dans le sein de sa très-sainte Mère, Dieu ne recevra pas tout l'hommage qui lui est dû. Cependant on ne peut douter ici que cet EccE VENIO ne fût déjà le fond de l'oraison de Marie, ni que cette parole de sacrifice ne possédât tout entier le cœur de la jeune Vierge, donnant des
rafraîchissements, déjà très-suaves, à ces ardeurs inexprimables avec lesquelles Dieu désire et attend sa gloire.
L'oraison, de sa nature, est un sacrifice. Oui, Dieu exige le sacrifice, non-seulement parce que la prière est devenue trop souvent, hélas ! depuis le péché, un effort plutôt qu'un attrait, mais encore parce qu'une véritable oraison doit offrir les trois choses qui sont l'essence d'un sacrifice : la victime qu'on immole, le sacrificateur et la personne adorable qui reçoit la chose offerte ou détruite. <( In voce laudis immolabo Domino : Dans les accents de mes louanges, j'immolerai au Seigneur*. » Une âme qui prie s'immole ellemême. Prier, c'est se livrer à la lumière de ce Verbe que l'Écriture nomme justement un glaive , à cause de l'infaillible discernement qu'il fait des choses en les pénétrant, et des séparations qu'il tend à y opérer. Prier, c'est attirer en soi cet amour qui se nomme le Saint-Esprit, et qui est un feu véritable, consumant toute impureté, et ne laissant dans l'être qu'il dévore que ce que Dieu veut y voir et peut en agréer. L'ûme qui est ainsi livrée au glaive et au feu est manifestement une victime, et qui la livre est prêtre. L'oraison est un sacrifice.
Mais, comprise et pratiquée de la sorte, que l'oraison rend de gloire à Dieu ! qu'elle donne de liberté à l'Ame! Qui n'a éprouvé les saintes délices d'un cœur qui pour toujours, ou dans quelques circonstances,
• Jon., Il, iO.
DIX-HIJITIÉME JOUR. 257
voue au Seigneur ses forces, ses facultés, son amour, sa vie tout entière, et qui librement, dans l'oraison (lit à son Dieu : « Vous m'avez tout donné , je vous « donne tout! usez-en selon votre bon plaisir... Et si <( vous daignez me rendre quelque chose de mon sa- « crifice total, permettez-moi de ne m'en servir jamais « que pour votre gloire... »
0 parfum de la prière ! Ascension vers la patrie ! Pàque de l'âme! Passage à Dieu! C'est vous, ô divine oraison, qui consommez cette union tant souhaitée par Jésus et qu'il n'a pas cru acheter trop cher en la payant de tout son sang !... a Père saint, ftiites que « tous ils soient un, comme vous, Père, êtes en moi, « et moi en vous, qu'eux aussi soient un en nous!... (i qu'ils soient consommés en un' !... »
Fondée sur l'humilité , la prudence et le travail , l'oraison de Marie s'élevait sûrement et énergiquement à des hauteurs où nul , excepté elle , ne devait ;;mais parvenir.
« Marie, que voyez-vous? — car il doit être permis à des enfants d'interroger respectueusement leur mère, et surtout une mère telle que vous ! — que voyez-vous, (» quand emportée là-haut par une force qui vous « trouve toujours prête et amoureusement docile , « vous allez loin de la terre au pays de l'oraison? »
« Je vois comment les trois personnes divines se « connaissent, s'aiment, se possèdent et sont si inti- « mement unies, qu'elles ne font qu'une seule et
* s. Jean, xvii,ll, •il, -23.
« même divinité. Je vois comment elles se répandent « librement au dehors en toutes sortes de communi- « cations bienfaisantes, déclarant, par cette création, « quelque chose de leur opulence et de leur félicité (c intérieures. Je les vois se pencher toutes trois sur « cette jeune création avec un amour plus tendre et « un sourire plus doux que ceux d'une mère pour (' son fils premier-né. Je les vois décidant l'incarna- « tion du Verbe et y trouvant, avec un remède radi- « cal au péché, le secret de déifier les créatures et de « donner au Créateur toute la gloire qui lui peut ve- « nir du dehors. Je les vois décrétant que le Verbe, « pour se faire homme, naîtra d'une femme comme « les autres enfants d'Adam. Je les vois enfin, cher- « chant, parmi les innombrables filles de ce père « coupable, une âme assez innocente pour en faire (( son tabernacle, et un corps assez pur pour en tirer « sa chair et son sang... »
Elle aussi, la sainte et humble Enfant, elle cherche ce cœur virginal ! Elle demande au Père éternel de la former et de Vimmaculer. Elle supplie le Verbe de se donner enfin une Mère Admirable et de descendre en son sein... Elle invoque le Saint-Esprit; elle le prie de communiquer la plénitude de ses dons à celle qu'il destine à être le foyer de ses opérations divines, afin de hâter la venue du Fils de Dieu.
Dans son oraison, Mario adolescente était déjà en communication avec ce Verbe qu'elle devait enianlei ; elle le concevait dans son âme par l'ardeur de sa foi. Elle goûtait cette béatitude d'entendre et de cojisorvei-
le Verbe do Dieu, dont [larlc Notrc-Seigiieur, et qu'il déclare supérieure à la maternité divine elle-même, envisagée comme l'envisageaient ceux qui louaient sa Mère au point de vue terrestre. Gomme Jésus s^ést préexisté dans les saints de l'ancienne alliance, il s'est préexisté et bien plus parîtiitement, dans sa Mère. Il ne serait [las né d'elle selon la chair, s'il n'était pas né d'abord en elle selon l'esprit. En un sens donc, cette admirable Enfant n'est pas seule : le juste ne l'est jamais; « malheur à l'homme seul! » dit l'Écriture ; on n'est juste que parce qu'on est uni à la justice, et la justice, c'est Jésus-Christ. « 11 a été fait, dit saint Paul, notre justice, notre sanctification et notre rédemption '. » Jésus-Christ n'était pas encore dans les bras do Marie, que déjà il était dans son cœur. L'ayant conçu de Dieu par la foi, elle le gardait par son amour, le nourrissait de ses vertus et le faisait croître incessamment par ses bonnes œuvres.
COLLOylE.
Demander à Maler-Admirabilis de nous faire comprendre le mystère de la naissance de Jésus-Christ dans les âmes, et comment, entre tant de moyens qui nous sont donnés de le former et de le faire croître en nous, jusqu'à la plénitude de son Age, l'oraison est un des plus sûrs et des plus efficaces.
« I Coi\,i, 30.
PRATIQUE
Baser son oraison sur les grands souvenirs de la révélation du saint Évangile, et si, de ce fondement solide, il plaît à l'Esprit-Saint de nous élever à des vues plus distinctes que celles d'une foi ordinaire, se souvenir que le progrès dans l'humilité est le signe et la garantie d'un vrai progrès dans l'oraison.
BOUQUET SPIRITUEL
Et il vint un autre ange qui se plaça devant l'autel, avec un encensoir d'or ; on lui donna plusieurs parfums, pour qu'avec les prières des saints, il les déposât sur l'autel qui est devant le trône de Dieu *.
0 Jésus! vous connaître c'est vous aimer!... Si nous savions comme Notre-Seigueur nous aime, nous mourrions de plaisir! Je ne crois pas qu'il y ait des cœurs assez durs pour ne pas aimer en se voyant tant aimés. 0 belle vie ! belle union de l'âme avec Jésus- Christ î L'éternité ne sera pas assez longue pour comprendre ce bonheur !
Dans l'oraison, l'âme est auprès de Dieu connue un enfant auprès de sa mère. Il la caresse, l'embrasse, et sa mère lui rend ses caresses et ses embras- .sements '.
' Apoc, viii, 3.
• M. Vianncy, Espiil du Curé d'Ars.
QUELQUES DÉTAILS Sur les premières années de la sainte Vierge ' .
I... La bienheureuse et toujours très-glorieuse Vierge Marie est issue de race royale et de la famille de David. Elle naquit dans la ville de Nazareth et fut nourrie dans le Temple du Seigneur k Jérusalem. Son père s'appelait Joachim, et sa mère Anne. La maison (ou lignée paternelle^ était de la ville de Nazareth en Galilée, mais la lignée maternelle était de Bethléem.
11... Leur vie était simple etdroiteauxyeuxdu Seigneur, irréprochable et pieuse aux yeux des hommes; car ils avaient divisé leur avoir en trois parties : une était attribuée au Temple et aux serviteurs du Temple, l'autre aux voyageurs et aux pauvres, la troisième était réservée pour leur propre usage et celui de leur famille. Ainsi ils étaient chers h Dieu et charitables aux hommes.
m... Pendant environ vingt ans, ces saints Patriarches n'eurent point d'enfants. Cependant ils firent à Dieu des vœux ardents pour qu'il leur accordât une descendance qu'ils devaient consacrer au service du Seigneur. C'est à cause de cela que, chaque année, ils avaient coutume de suivre les fêtes du Temple de Jérusalem.
IV... Un jour qu'il était seul, un ange du Seigneur se présenta à Joachim au milieu d'une grande lumière. Cette vision l'ayant troublé, l'ange qui lui était apparu chassa cette crainte en lui disant : « Ne crains rien, Joachim, et « que ma vue ne te trouble pas. Je suis l'ange du Sei-
' Lettre attribuée à saint Jérôme. Patrologic, t. XXX, p. 297.
« gneur envoyé par lui, vers toi, pour l'annoncer que les « prières sont exaucées, que tes aumônes ont monlé jus- « qu'à lui ; il a vu la honte que tu éprouves au Temple.
« IV... Ton épouse Anne te rendra père d'une fille, et tu « l'appelleras du nom de Marie. Elle sera, comme vous en « avez fait le vœu, consacrée au Seigneur dès son ente lance, et elle sera remplie de l'Esprit-Saint dès le sein « de sa mère. Elle ne mangera, ni ne boira jamais rien « d'immonde; elle ne prendra pas part aux réunions po- « pulaires, ni à celles d'intérieur, mais à celles du Temple « de Dieu, afin que rien de malveillant ne puisse ni être « dit, ni même être soupçonné sur elle.
« C'est pourquoi, à l'âge venu, de même qu'elle sera née « miraculeusement, étant demeurée vierge, elle enfantera « le Fils du Très-Haut qu'on appellera Jésus, qui, suivant « l'étymologie de son nom, sera le Sauveur de toutes .les « nations. »
V... Ensuite il apparut à Aune son épouse, lui disant : « Ne crains pas, Anne, et ne pense pas que ce que tu « vois soit un fantôme; car je suis l'ange qui ai offert aux « regards de Dieu vos prières et vos aumônes, cl je suis « envoyé pour vous annoncer qu'il vous naîtra une « fille, appelée Marie, qui sera bénie entre toutes les « femmes. Dès sa naissance, elle sera pleine de la grAce « de Dieu; elle restera trois ans dans la maison paler- « nclle, ensuite elle sera vouée au service de Dieu el ne « quittera plus le Temple avant la fin de sou éducation « [inti'llUjlblles annos). Là, elle s'abstiendra de tout ce qui « est contraire aux lois du Seigneur, servant Dieu, jour el M nuit, par les jeûnes el par les prières et seule par e.\cep- « lion {xLne exemplu) sans tacho, sans corruption, Vierge " et servante du Seigneur. Eu son nom, jiar sa grAce et « son opération, elle engendrera un fils, Sauveur du
« monde. C'est pounjuoi, lève-toi, iiionte ù Jérusalem et « quand tu seras pai'venuo à la porte d'or, tu rencontreras « Joachim à qui ces choses ont été dites. »