‹ Mater admirabilisChapitre 27 sur 44 · P8. XV · texte numérisé non relu

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par préférence, cette récréation supérieure que donne la vue des beautés de la nature. Elle devait aimer à s'en servir comme de degrés pour monter jusqu'au sein de Dieu, d'où émane tout don parfait.

Plus l'homme recouvre d'innocence, plus il rentre en possession de son domaine sur la nature.

Le Créateur a investi l'imagination , comme la science, comme le travail, d'un empire souverain sur le monde qui nous entoure. 11 a ordonné entre la nature et nous un mystérieux échange pour enrichir du même coup celui qui reçoit et celle qui donne. Notre âme entière, par des affinités merveilleuses, participe à ce commerce de vie, d'intelligence et d'amour. Elle se répand sur les ohjets sensibles, et ces objets lui rendent une abondante récolte d'idées et d'inspirations mystiques. Mais pour que le fruit soit sain, il faut que le germe soit pur. Il importe d'entrer dans le champ de la contemplation avec un cœur chaste, d'interroger la nature avec une volonté inclinée au bien et de déposer en elle un ferment de bonnes pensées ; la nature rend alors au centuple cette semence de sagesse et d'amuur. Si l'intimité avec elle affaiblit les âmes déjà faibles, il est certain qu'elle fortifie les âmes fortes. Les nobles sentiments, les grandes aspiratioi>3 s'exaltent encore dans les colloques de l'àme avec l'œuvre de Dieu.

Avant le péché le Seigneur avait dit à l'homme : « Dominez sur les poissons des mers, les volatiles de « l'air, les animaux qui se meuvent sur la terre. Voici <( que je vous donne toute plante, tout arbre pour

(i qu'ils vous deviennent nourriture *. » La grande subversion de la faute originelle en faisant du souverain de la terre un sujet et un esclave, ne pouvait atteindre la Mère immaculée , et elle reste à jamais l'exemplaire divin des droits et des privilèges primitifs. La nature extérieure n'était pour notre trèssainte Enfant qu'un voile transparent, sous lequel elle contemplait les pensées de Dieu, ses attributs, ses perfections, Dieu lui-même. Qu'on juge par là de l'état d'adoration et d'amour dans lequel elle vivait !

Tout lui était parole de Dieu, don de Dieu, sacrement de Dieu. Elle entendait Dieu partout; elle l'aspirait sans cesse et communiait à Lui sous d'innombrables formes.

Entraînée par la beauté des éléments, elle apprenait combien est mille fois plus beau Celui qui les domine, puisque, source de toutes les beautés, il les a créées toutes! En admirant la force, le pouvoir, les propriétés des créatures, elle comprenait combien est plus fort, plus puissant Celui qui les a faites *; et par la grandeur, par la beauté de la nature, le Créateur (levenaitvisible pour la Vierge sans tache!

De l'adoration elle passait à la louange, et du cœur de la très-pure Enfant s'exhalait un hymne digne de .léhovah. En écoutant cette voix innocente, le Seigneur semblait oublier que depuis quatre mille ans il prodiguait l'être aux éléments, aux plantes la végétation, aux animaux le sentiment, aux hommes l'intelligen-

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