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Les fiançailles de la très sainte Vierge * .
Noire très-sainte Princesse étant arrivée ù sa quatorzième année, Dieu lui commanda de se fiancer ù son plus proche parent. La très-prudente Vierge suspendit son jugement à un commandement si surprenant, et ne l'appliqua, comme Abraham, qu'à espérer contre toute espérance.
Dieu commanda au Souverain-Prêtre de se disposer h marier Marie, fille de Joachim et d'Anne de Nazareth. Le ministre du Seigneur, pour découvrir la volonté divine, détermina le jour auquel tous les hommes de la lignée de David, qui étaient à Jérusalem, se devaient rassembler dans le Temple, et ce fut justement le jour où notre Princesse achevait sa treizième année. Joseph, originaire de Nazareth, et habitant la cité sainte, reçut l'ordre de se trouver au Temple, étant de la race royale de David. Tous unirent leurs prières à celles des prêtres et deuiandèrent au Seigneur qu'il leur inspirftt ce ([u'ils devaient faire. Le Très-ÎTaut parla au cœur du Souvorain-Prèlrc, lui inspirant de faire prendre h chacun des jeunes hommes une baguette sèche, et qu'ils demandassent tous, avec une vive foi, à sa divine Majesté qu'elle découvrît, par ce moyen, celui qui serait choisi pour être l'époux de Marie. Et comme personne n'ignorait la vertu et rhonnêtelé de celte très-sainte jeune fille, chacun souhaitait de mériter le bonheur de l'avoir pour épouse. Il n'y eut que le très-humble et très-juste Joseph (jui se crut indigue d'un si grand bien, et se souvenant du vœu de chasteté
' Extrait dp» écrits de In mhcc Mnric île Jéstis d'Agrc'dn,
VINGT-CINQLUÉME JOUR. 87!
qu'il avait fait, il le renouvela et se résigna à la volonté divine.
Tous ceux qui étaient assemblés faisant leur prière, on vit lleurir la seule baguette que Joseph portait et l'on vit descendre une très-belle colombe, d'une splendeur admirable, qui se mil sur la tête du Saint même.
Par la déclaration et le signe du ciel, les prêtres se déterminèrent de donner Marie à saint Joseph, comme celui que Dieu lui avait choisi; et appelée par eux pour les saintes épousailles, Marie parut avec une majesté plus qu'angélique et une beauté, une honnêteté et une grâce incomparables. Le Souverain-Prêtre la maria avec Joseph, le plus chaste et le plus saint des hommes.
L'auguste Marie, avec un air modeste et attendri, et comme une Reine d'une majesté trés-humble, prit congé des prêtres et de ses maîtresses et les remercia des bienfaits qu'elle en avait reçus.
Elle sortit du Temple avec une sensible douleur de le quitter contre toutes ses inclinations et contre ses désirs, et étant accompagnée par quel([ups ministres qui servaient au Temple dans les choses temporelles, elle s'en alla avec saint Joseph à Nazareth, pallie des nouveaux époux, pour y attendre, dans les desseins de Dieu, l'ambassade de l'archange Gabriel.
Même sujet'.
La très-sainte Vierge a quatorze ans; elle doit bientôt sortir du Temple, avec sept autres jeunes filles. Joachim ne vit plus.
* Extrait des Mt'ditations de sœur Aniic-Catlierine Enimcricb.
Quand on annonce h Marie qu'elle va quitter le Temple et se fiancer, profondément émue, elle déclare au prêtre qu'elle s'est consacrée h Dieu seul et qu'elle n'a pas de goût pour le mariage ; mais on lui répond qu'elle doit prendre un époux. Marie va ensuite dans son oratoire prier Dieu avec ferveur, puis elle descend avec une petite cruche pour puiser de l'eau à une fontaine, et là, sans apparition visible, elle entend une voix qui la fortifie et lui fait connaître qu'elle doit consentira se marier.
Le Grand-Prêtre, déjà vieux, ne pouvant marcher, se fait porter par d'autres prêtres devant le saint des saints. Il lit un rouleau de parchemin placé sur une espèce de pupitre. Ravi en esprit, il a une apparition, et son doigt est placé sur le passage du prophète Isaïe qui se trouve écrit sur le rouleau : « Une brandie sortira de la racine de Jessé, et une fleur montera de sa racine. »
On envoie des messagers de tous les côtés dans le pays, on convoque au Temple tous les hommes de la race de David qui ne sont pas mariés. Plusieurs d'entre eux sont rassemblés dans le Temple en habits de fête.
Alors le Grand-Prêtre obéissant à une impulsion intérieure, présente des branches à chacun des assistants, et leur enjoint de marquer une de ces branches de leur nom et do l;i tenir à la main pendant le sacrifice. On reprend ces branches qui sont mises sur un autel, devant le saint des saints. Le Grand-Prêtre a annoncé que celui dont la branche ileurirait serait désigné, par le Seigneur, pour devenir l'époux de Marie de Nazareth. Pendant que les branches sont devant le .'^ainl des saints, on continue le sacrifice et la prière. Après le temps fixé, on rend les branches aux jeunes gens, mais aucun d'eux n'a été désigné par Dieu comme devant être le fiancé de la vierge Marie de Nazareth.
Les prêtres cherchent de nouveau dans les registres des familles s'il n'existe pas quelque descendant de David qui soit oublié. Ils trouvent l'indication de ses frères de Bethléem dont l'un est inconnu et absent depuis longtemps. On s'enquiertdu séjour de Joseph; on le découvre à peu de distance de Samarie, dans un lieu solitaire ; il habite au bord de l'eau, travaillant pour un maître charpentier. Sur l'ordre du Grand-Prêtre, Joseph vient à Jérusalem et se présente au Temple. On lui dit aussi de tenir une branche h la main pendant qu'on offre un sacrifice et qu'on prie. Comme il se disposait à la poser sur l'autel, devant le saint des saints, il en sort une fleur blanche semblable h un lis, et une apparition lumineuse descend sur lui.
On connaît donc que Joseph est désigné par Dieu pour être le fiancé de la sainte Vierge, et les prêtres le présentent à Marie qui, résignée h la volonté divine, l'accepte humblement, car elle sait que tout est possible à Dieu. Les fiançailles de Marie et de Joseph durent sept jours et sont célébrées près de la montagne de Sure. Outre les maîtresses, et quelques compagnes de Marie à l'école du Temple, il y a des parents d'Anne et de Joachim. Les vierges du Temple arrangent la chevelure de Marie; on lui met un voile qui pend jusqu'au-dessous des épaules, et la couronne est placée sur ce voile.
La très-sainte Vierge a une chevelure abondante d'un blond doré, des sourcils noirs et élevés, de grands yeux habituellement baissés avec de larges cils, un nez d'une belle forme un peu allongé, une bouche noble et gracieuse, un menton effilé. Sa taille est celle qui plaît dans une femme ; elle marche revêtue de son beau costume avec beaucoup de grAce, de décence et de gravité. L'anneau nuptial de la sainte Vierge n'est ni d'argent, ni d'or,
ni diantre mêlai; il est de couleur à reflets changeants; ce n'est pas un petit cercle mince, il est assez épais et large d'un doigt.
Quand les noces sont terminées, Marie part en compagnie de plusieurs vierges, qui ont quitté le Temple en même temps qu'elle. Marie fait le voyage à pied.
.Toseph, après la fête des fiançailles, esl allé à Bethléem pour régler quelques affaires de famille. Ce n'est que plus tard qu'il se rendra à Nazareth.