‹ Mater admirabilisChapitre 35 sur 44 · PREMIER PRÉSENT DE MATER-ADMIRARILIS · texte numérisé non relu

PREMIER PRÉSENT DE MATER-ADMIRARILIS

Ii'ainour des saintes Écritures.

La Madone du Lis fut composée sous l'inspiration d'un texte sacré: « Ego flos campi et Uliuni conoal- /iu/H. Je suis la fleur des champs et le lis des vallées '. » Sortie, pour ainsi dire, des lettres saintes, elle ramène ceux qui la contemplent an Livre divin qui est comme sa source.

Les convertis de Mater- Admirabilis le savent par • 'xpérience. Souvent, en lisant à ses pieds quelque texte qui la concernait, la limiièro s'est faite en leur

• r.nnt., II, 1.

âme. Ils ont outrepassé le signe et pénétré, au delà de l'enveloppe, jusqu'au sens, commençant d'entrevoir l'intérieur du Livre sacré.

Combien en avons-nous vu rester des heures entières, presque des journées, occupés à lire la saint»' Écriture devant l'image de Marie ! VA Marie leur en révélait le sens, comme si c'était d'elle-même qu'il tilt écrit : « Ceux qui me découvriront auront la vie (i éternelle. Je suis le livre de vie, l'alliance du Très- (I Haut et la connaissance de la vérité *.

Elle aussi a parcouru et médité, dans une lumière à nulle autre comparable, les pages de cette sainte Bible que nous pouvons lire sous ses yeux. Depuis son enfance jusqu'à sa mort bénie, elle en a fait une lecture assidue : elleyapuisédeslumières, des secours, des consolations infinies. Qui peut penser, sans ôtnému et comme ébloui d'admiration, aux actes de foi, de religion et d'amour, aux actes sans nombre etpres- ([ue sans nom qui, à la rencontre de chacune des paroles sacrées, ont dii jaillir de cette âme si éclairée, si pure, si fidèle, et qui ne vivait que pour Dieu? De quels baisers brûlants elle a couvert ces pages ! Que de larmes elle a versées en lisant telle ou telle prophétie 1 Gomme l'enthousiasme de son adoration s'est emparé de ces formules de louange ! Gomme son cœur tout entier s'est exhalé en chantant ces cantiques ! Quelles entrées ce simple mot, qui parfois ne nous dit rien, lui adonnées dans le monde invisible!...

* Ecel., XXIV, 31.

C'étaient là les celliers dans lesquels le Roi des siècles introduisait cette humble Enfant, qu'il nommait déjà sa Sœur et son Épouse ; c'était le lieu sacré de leurs communications. L'auteur de la Bible en était ici l'interprète, et tout son commentaire allait à faire entendre que lui-même et lui seul en était encore le principal sujet. Quand Jésus fut avec Marie, ils durent lire l'Écriture ensemble. A le regarder ainsi devant leurs yeux, dans leurs mains, sous leurs lèvres, on se prend pour ce Livre divin d'un respect encore plus religieux et d'un amour plus tendre.

Puis il convient de penser à la part, certainement très-considérable, que Marie a dû avoir dans la composition du Nouveau Testament; non que jamais elle ait écrit elle-même, ce que son Fils n'a pas fait non plus ; mais, outre qu'elle a librement mis au monde Celui dont il est question, d'un bout à l'autre du Livre, et qui eu est vraiment la substance; outre qu'elle a dans ces récits sacrés sa part indispensable, qu'elle y est nommée, signalée, honorée, qu'elle y l)arle et qu'elle y agit ; outre que beaucoup de faits, qui lui sont personnels ou qui tiennent à l'enfance de Jésus, ont pu et probablement dû être d'abord racontés par elle aux apôtres et en particulier à saint Luc, il est impossible de ne pas lui assigner un rôle de premiei- ordre dans l'instruction et la formation surnaturcllode saint Jean, et partant, dans son incomparable Évangile.

Ces pensées viennent d'elles-mêmes aux jtieds de la Vierge du Temple ; il est du moins facile de les y ap-

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liorler: elles s'y revêtent d'une clarté ravissante et ouvrent, dans l'âme, des sources d'onction sainte et <le contemplation.

Mais ce n'est pas seulement une affection plus vive pour les Écritures qu'inspire cette divine Entant ; ii'esi quelque chose de l'intelligence qu'elle en avait elle-même : c'est tout un monde de grâces, et un mot suffit pour le faire connaître. Sous chaque parole du Livre, Marie montre Jésus. Elle fait comprendre que toutes ces paroles divines ne disent que la parole de Dieu, et que cette parole de Dieu, c'est son Fils, c'est le Verbe !

Ici, comme dans l'univers, c'est de lui que tout part, à LUI que tout revient, en lui que tout consiste, se développe et se consomme. Si Marie ne donne pas toujours la vue claire de ces choses, elle en donne du moins un pressentiment qui, à raison de son objet, vaut infiniment mieux que toutes les évidences de la terre. C'est ce qui fait que l'âme qui a reçu cette grâce, môme en ses moindres degrés, trouve dans les saintes Lettres une nourriture qu'elle n'a nulle part ailleurs et une sorte de seconde Eucharistie. Elle ne peut pas toujours s'expliquer comment cela se fait; car si on l'interroge ou si elle s'examine, quand elle a déposé son Livre, elle ne peut pas dire que sa lecture lui ait précisément donné des idées bien nouvelles. Cependant, après avoir lu, elle est plus apte à tout comprendre, les choses divines principalement; elle est plus proche de Dieu, plus calme, plus forte, meilleure ^'t renouvelée jusque dans son fond.

Puis, comment la très-sainte Vierge ierait-elle si bieit connaître Jésus sans se manifester aussi elle-même? Car elle est, comme dit le Psalmiste, son témoin fidèle dans le ciel, sa lune, son miroir, son écho. Dieu, dit la Genèse, ne troma pas qu'il fût bon à l'homme d'être seul. C'est bien plus vrai encore de Jésus que d'Adam ; car l'un est bien plus l'homme que l'autre, et le premier dans l'ordre des temps n'est que le second dans l'ordre des desseins. Donc l'homme n'est seul ni dans la grâce, ni dans l'Écriture ; l'Adam nouveau et l'Eve nouvelle, Jésus et Marie, y sont unis partout. Ils ne vont pas seulement l'un à côté de l'autre ; ils s'impliquent l'un l'autre ; ils sont le principe l'un de l'autre : Jésus le principe divin de Marie, Marie le principe humain de Jésus. Ils ne sont ni séparés, ni séparables ; à tel point que dans le sens et la langue de l'Église, beaucoup de choses que l'Écriture dit expressément de Jésus doivent s'entendre pareillement de sa Mère. Qui ignore par exemple l'appropriation que la sainte liturgie romaine l'ait à Marie du chapitre vin' des Proverbes et du xxiv" de l'Ecclésiastique ' ?

' Dans la Geniso, les chapitres i, ii, m, eu révclaiU l'i'lut piiiiiilil d'innocence, ne iieuvent-ils pas s'appliquer égalenicnl ii Marie dans la nu'ditation ?

Dans l'Exode, si l'on prend les chapitres xxv, xxvi*, xxvir, xxx', xxxvu', XI/, on trouvera de merveilleux détails sur les prOparations que Dieu exigeait dan» tout ce qui touchait au culte divin ; en les nx'ulitant devant la très-pure Adolescente du Temple, il sera facile de découvrir que toutes ces mafjnificcnces n'étaient qu'une similitude p.ir laquelle le Seigneur disposait iMaric U l'Ire son tabernacle vivant. Il en

Marie se montre tiussi dans le Livre divin; elle s'y montre afin que l'on voie mieux son Fils, car c'est pour Lui qu'elle vit; 11 est la fin de tous ses actes. On ne peut dire alors l'étendue et la beauté des horizons que l'àme a parfois devant elle : formes de la religion, sacrifices, sacrements, cérémonies, symboles, figures, événements, prophéties, miracles, révolutions, tout s'explique, tout est à sa place, tout a sa raison et sa portée; tout conspire à un but unique. Dans ce système vivant où entre l'univers entier, cette humble et

est ainsi du chaiiilie xxix* des Paralipomènes , livre I", cl des cli;ipilres 11% III', IV", v', vi', vir livre II.

Si l'on inédite le chapitre xxv de l'Ecclésiastique ; le vu' de la Sagesse; les vin* et xxxi* des Proverbes, le Cantique des caniiqucs tout entier, et les chapitres xxi' et xxiie de l'Apocalypse, on entrera en (juelquc sorte dans l'intérieur du Cœur de ilater-Admirahilis pour y contempler l'ensenihle et le détail de toutes ses vertus.

Les passages suivants du livre d'Esdras et d'.Aggée sont la description réelle des lieux habités par la trcs-sainle Enfant, dans le TenipI» (le /orol)abel.

1" chapitre d'Esdras du v. 1" au 10', livre T'. Il' — v. CS'et f)9'.

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