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IV' — V. |o lOc.
II' chapitre d'Aggée v. 7* 10*.
Dans les Psaumes le trop grand nombre de citations, ayant rapport k la très-sainte Vierge, empêche de rien indiquer ; aussi saint Hoiiaventure a-t-il composé un Psautier en l'honneur de Marie. Ce qui est dit de Jésus, il le dit de Marie avec une grâce et un charme parfaits.
Le saint Évangile, lu devant Mater-Admirnbilis, prend, pour râine qui le inédile, des clartés nouvelles dans tout ce qui a rapport à la vie de Notre-Seigncur et de sa divine Mère.
On peut encore méditer à ses pieds, avec profit, les prières liturgiques, composées en son honneur, ainsi que roflice de ses fOtes.
chaste Enfant, qu'on voit là filer dans le Temple, prend des proportions prodigieuses et apparaît dans une splendeur inouïe. Parce qu'elle est la tige de Jessé sur laquelle la fleur éternelle doit éclore ici-bas, parce qu'elle sera la Mère de Celui que tout regarde et qui doit tout sauver, elle est aussi un centre à qui tout se rapporte : Dieu et le monde convergent vers elle et se touchent en elle. C'est en elle, en son trèssaint Cœur, en son sein virginal qu'ils doivent se réconcilier et s'embrasser : c'est là son titre, la forme de sa prédestination, le sens de sa création, l'idéal de sa vie, la suprême vérité de son être. On comprend donc pourquoi cette Enfant de treize ans est déjà appelée la Mère Admirable; elle est cela pour Dieu. Aux yeux du Créateur, ce paradis terrestre est déjà habité par le nouvel Adam ; cette arche contient déjà la manne ; cette toison de Gédéon est déjà baignée de rosée , ce temple est déjà hi résidence de Dieu ; cette Vierge a déjà enfanté le Sauveur, et le Fils la salue dès maintenant en lui disant : « Mon Admirable MÈRE ! »
Nous ne pouvons ici, on le conçoit, que mettre sur la voie et encourager au voyage. Qu'on l'entreprenne humblement et avec conliance ; qu'on essaye de lire la Ihble aux pieds de la douce et sainte Madone ; qu'on y médite surtout les passages qui la regardent plus dlrectcmonl, nous n(^ doutons pas ([u'apivs un peu de temps on ne soit dans le sentiment des gens de Samarie, disant à leur heureuse et zélée concitoyenne : « Ce n'est plus à cause de vos paroles que nous
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<( croyons, car ce que vous nous annonciez, nous « l'avons vérifié par nous-mêmes *. »
DEUXIÈME PRÉSENT DE 3IATER-ADMIRAB1L1S.
li'amour de l'oraison.
L'intelligence des saintes Écritures est une seriienco génératrice, une grdce mère qui en produit bien vite une autre : la gbace de l'oraison. Ce que l'œil a lu dans les textes sacrés, ce que l'esprit a conçu, le cœur fidèle le repasse; « il le rumine, » dit David; il s'en nourrit, il s'en rassasie.
Ainsi fit toujours la sainte Vierge. L'Évangile raconte par deux lois que ce qu'elle entendait dire de divin, elle en coulerait dans son cœur''.
Cette grâce , que la très-sainte Adolescente a reçue en plénitude, elle la donne à ses amis. Que de fois n'a-t-on pas vu les Ames qui s'étaient converties aux pieds de Mater-Admirahilis devenir, en peu de temps, liabiles dans la science de la méditation I
Ne nous en étonnons pas, et essayons de raconter les chemins que la Vierge du I «s fait parcourir à ses privilégiés.
Quand une âme commence à être replacée dans la droiture et la simplicité de sa création, par lu grâce
' s. Jean, iv, 42.
* S. Luc, II, 19, 51.
44i TROISIÈME PARTIE.
des sacrements, ses puissances intellectuelles se dégagent peu à peu des ténèbres qu'elles avaient contractées dans l'état du péché. ..A cette clarté nouvelle, l'âme distingue un monde nouveau : le monde spirituel, le monde de l'oraison. Au début,râme s'étonne, elle appréhende de marcher; elle cherche, elle prie... Bientôt la Très-Sainte Vierge vient à son secours, et lui offre de la guider dans ces régions qu'elle-même a si souvent parcourues. Elle prend , pour arriver à ce but, la route qu'elle a déjà prise pour convertiid'abord cette âme à l'ordre et à la pureté. Elle se fait voir méditant, faisant oraison, comme elle s'est d'abord montrée ordonnée et pure. Elle donne avec la lumière, la grâce de l'imiter dans ses habitudes méditatives, ainsi qu'elle a déjà donné celle de régler les affections désordonnées de l'âme.
Cette grâce d'oraison, si éminente dans l'ordre spirituel, n'a ordinairement rien de sensible; elle descend doucement dans l'esprit et dans le cœur de celui qui devient l'ami de Mater-Admirabilis, comme la rosée pénètre la terre desséchée par les ardeurs du soleil. La contemplation de la pieuse image est singulièrement propre à favoriser cette grâce d'oraison. Cette vue sépare, isole, élève, transporte... On respire un autre air; on est dans un autre pays, aride pour les sens, merveilleusement fécond et riant pour l'esprit. On dit à Marie : «Où est votre âme, A célest(> Enfant? (i Vos mains sont au repos; vos lèvres sont nniettes; « vous êtes immobile ; mais il est impossible de ne « pas voir que c'est ù force d'ôtre occupée et active an
(i dedauï;. Que faites-vous? A qui parlez-vous? Que (( voyez-vous? Vous êtes seule ; aucune voix, aucun « bruit n'arrivent jusqu'à vous. Si quelque souvenait « frapper votre oreille, tout nous donne à penser que « vous ne l'entendriez pas ? Qu'écoutez-vous donc et « qu'entendez-vous? Al> ! quand me direz- vous quel- « que chose de votre secret? Quand me sera-l-il donné u d'entrevoir ce que vous voyez ou de saisir quelce ques-uns des actes divins qui vous charment? »
La paix que l'on goûte en s'identifiant, ne serait-ce que quelques minutes, au délicieux recueillement de Marie, laisse toujours un besoin de récollectiou habituelle. Retrouver le sentiment de cette paix divine, écarter ce qui y met obstacle, amoindrir ce qui peut l'altérer, c'est le désir ardent et continuel de l'Ame ; elle y travaille presque instinctivement. Elle pourra bien se distraire, s'éloigner même du centre où la lumière lui a apparu... Mais Marie la poursuit, et, un jour, vaincue par cette miséricordieuse insistance, elle se fixera, pour n'en plus sortir, dans ce saint exercice dont Marie est la maîtresse.
Que la sainte Vierge est humble dans la direction qu'elle prend alors de l'âme! Elle veut bien la guider, mais non en être le terme... la porter en ses bras, mais non pas l'arrêter... Conduire lésâmes, c'est, pourMarie, les faire passer à Jésus... c'est les remettre à son divin Fils; car dès qu'elle les voit éprises de lamour de l'oraison, cette Mère très-prudente efface peu à peu le sentiment de sa propre présence, et c'est Jésus-Christ qu'elle nomme à son amie... c'est Jésus-Christ qu'elle
lui montre... Elle lui apprend aie connaître, et elle déroule à ses yeux les mystères de la vie humaine du Fils de Dieu; mystères dont elle fut la confidente, le témoin, la coopératricc et la première adoratrice. Conduite ainsi par Marie, lame habite successivement Nazareth, Bethléem, les routes de l'Egypte, Nazareth encore, Gana, les bourgades de la Judée illustrée par les pas du Sauveur...; plus tard, elle ira jusqu'à la Cène, jusqu'à Gethsémani, jusqu'au Calvaire, jusqu'au sépulcre..., et à chaque mystère qu'elle médite, elle trouvera les grâces de pureté, de détachement, de sacrifice, qui y correspondent, et que Marie aura disposées pour elle.
De cette douce tranquillité, savourée devant l'image de Mater-Admirabilis , aux travaux douloureux du Calvaire, il y a des abîmes à franchir. Mais cette longue route qui s'étend du lieu des saintes préparations à celui des suprêmes immolations , du Temple au Golgotha, de l'oraison au sacrifice, Marie l'a suivie la première. Elle y conduit donc ses amis, et quand ils sont fidèles, il n'y a pas à craindre qu'elle les laisse en chemin. Ses conduites sont sûres, fermes, vaillantes, et cependant elles conservent ce caractère de simplicité facile et do douce paix qui semble le signe propre de l'action de Marie.
L'important est de commencer à méditer, en esprit de foi, près de la très-sainte Adolescente, de s'exercer sous ses yeux dans cette science dont elle (^strenseignement vraiuient sensibb'. H faudra s'abandonner ensuite à elle pour recevoir, de sa main, les épreuves de
tout genre sans lesquelles on n'arrive point à la perfection de la vie intérieure, c'est-à-dire à la plénitude de la vie de Jésiis-Glnist et à la ruine de la vie propre.