Groupe de Paris
Le groupe de Paris comprend encore quelques carrières de marbres, comme celles de Château-Landon ; mais elles
1 fille ; Notice minéralogique sur la province d'Alger.
MARBRES
donnent des marbres qui ont des couleurs sombres et qui sont très-peu répandus. Ce groupe renferme surtout un grand nombre d 'usines dans lesquelles s’élaborent les marbres, les serpentines et toutes les pierres dures qui servent à la consommation de Paris. Les marbres qu’on y travaille proviennent de l’Italie, de la Belgique et de toutes les parties de la France.
Plusieurs des marbriers, desquels nous avons parlé antérieurement ont, d’ailleurs, des usines à Paris : nous citerons notamment MM. Dervillé , Deconchy, Michel et Cantini.
Séguin (n° 10162). — M. Séguin dirige à Paris deux ateliers de marbrerie qui sont importants.
Le premier de ces ateliers, situé rue d’Assas, occupe l\l ouvriers marbriers, sculpteurs, polisseurs, manœuvres. Les machines employées sont : une machine à raboter le marbre, une machine pour faire la sculpture.
Le deuxième atelier, qui se termine seulement en ce moment , est situé rue de Rennes; il occupe 20 ouvriers le jour et 9 la nuit. Le moteur est une machine à vapeur d’une force de 12 chevaux ; il donne le mouvement à 8 châssis de 250 lames , à 8 scies dites découpeuses , à 2 machines à raboter le marbre, à 1 machine à polir les pierres dures.
18 ouvriers marbriers et polisseurs travaillent, en outre, au dehors.
— Les ateliers de marbrerie de M. Séguin sont, avec ceux de M. Geruzet, les plus importants que nous ayons en France. On y travaille non-seulement le marbre proprement dit, mais aussi les granités et les pierres dures. En ce moment , par exemple , M. Séguin fait scier 900 mètres carrés du granité d’Algaïola (Corse) , qui, débité en tranches, doit servir à daller les vestibules et les portiques du nouveau Louvre.
C’est également dans ses usines que l’on a exécuté le sciage et tout le travail des pierres dures employées dans le monument de l’empereur Napoléon Ier aux Invalides : ces pierres dures sont le porphyre vert de Ternuay (Vosges) , et le grès rouge de Finlande. Une machine à vapeur, montée aux
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Invalides, a permis de faire le sciage plus économiquement.
On peut admettre que pour le mètre carré du porphyre de Ternuay la dépense est, à Paris, de 70 francs pour le sciage, et de 120 francs pour le polissage; soit 190 francs.
Pour le grès de Finlande , elle est encore beaucoup plus considérable ; elle revient, en effet, à 160 fr. pour le sciage, et à peu près à 200 fr. pour le polissage ; soit 360 fr.
Dans les usines de Servance et d’Épinal, les porphyres et les roches granitiques des Vosges sont d’ailleurs travaillés beaucoup plus économiquement qu’il n’est possible de le faire à Paris, où la main-d’œuvre, pour les ouvriers marbriers, est comprise entre 3 fr. 25 c. et 6 francs.
— M. Séguin emploie encore les serpentines des Alpes françaises et surtout celles de l’Italie. Le prix de la serpentine en tranches peut s’élever jusqu’à 60 francs par mètre carré poli. On admet que la dépense de sciage dépasse d’un tiers celle à laquelle donne lieu le marbre blanc de Carrare.
— Parmi les calcaires , il travaille surtout les marbres blanc, blanc veiné, bleu turquin et bleu fleuri, qui proviennent d’Italie. Leur prix varie de 38 à A3 francs le mètre carré poli. Enfin il travaille aussi quelques marbres remarquables de France, mais spécialement ceux de Cannes, du Jura, des Pyrénées, du nord de la France et de la Belgique. Le prix du mètre carré varie , pour les marbres de France, de /|0 à 60 francs; pour les marbres de Belgique, de 28 à Æ5 francs; ce dernier prix est atteint , par exemple , par le marbre de Dinan , lorsqu’il a une belle couleur noire bien uniforme.
La proportion de marbres d’Italie qui est consommée est très-considérable, car elle est à peu près les 2/3 de la quantité totale livrée à la vente. Pour d’autres usines de Paris, dans lesquelles on élabore les marbres, la proportion est encore plus grande.
Les principaux exploitants desquels M. Séguin reçoit ses marbres, sont MM. Henraux, Dervillé, Deconchy, Cantini et M. le sénateur Sapey.
A l’Exposition de 18Aà, M. Séguin a reçu une médaille
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d’argent, et à l’Exposition de 1849, une médaille d’or. 11 a introduit successivement dans son usine tous les progrès réalisés dans son art; en sorte qu’elle est à la tête des usines de ce genre qui existent à Paris ; le travail mécanique du marbre, la sculpture et la gravure y sont exécutés avec une grande perfection ; en conséquence , le Jury lui a décerné une médaille de lre classe.
MM. Michel et Gantini (n°4303). — MM. Michel et Gantini exploitent, comme nous l’avons vu, la serpentine de Maurins. Ils travaillent aussi différents marbres des Alpes et surtout les marbres d’Italie, qu’ils importent sur une assez grande échelle; ces marbres d’Italie sont ceux qu’on consomme le plus habituellement en France , c’est-à-dire le blanc , le blanc veiné , le bleu turquin , le bardiglio et le portor. Ils dirigent deux usines, l’une à Paris, l’autre à Marseille. Chacune de ces usines a un moteur de 25 à 30 chevaux. Les machines mises en mouvement par ces moteurs permettent de scier le marbre et de le travailler sous toutes les formes.
M. Lebrun (n° 4396). — M. Lebrun possède à Paris un grand atelier pour le travail et pour la sculpture des marbres. 11 n’exploite lui-même aucune carrière, mais il achète les marbres qu’il emploie à MM. Dervillé et Deconchy. Il occupe 45 ouvriers, qui sculptent le marbre à la main, sans le secours des machines. Il fabrique surtout des cheminées, et il en avait envoyé plusieurs à l’Exposition, qui étaient fort belles. C’est dans ses ateliers notamment que l’on a travaillé les cheminées d’albâtre algérien. La valeur des produits qu’il fabrique est à peu près de 120,000 f. , dont un tiers environ est exporté en Angleterre et en Amérique. M. Lebrun a obtenu une médaille d’argent à l’Exposition française de 1849 et une médaille de prix à l’Exposition de Londres. A cause du petit nombre de récompenses accordé aux marbres à l’Exposition Universelle de 1855, le Jury a dû se borner à lui donner une mention honorable.
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M. Millardet (n° 4319). — M. Millardet dirige deux usines dans lesquelles on travaille le marbre. L’une est à Paris, l’autre à Valenciennes. Chacune d’elles occupe 40 ouvriers et met en mouvement 150 lames. A Valenciennes, le mouvement est donné par une machine à vapeur de 15 chevaux.
M. Marc a (n° 42). — M. Marga n’exploite pas de carrières de marbre; il dirige, à Paris, un atelier de marbrerie qui occupe une quarantaine d’ouvriers. Il emploie, d’ailleurs, un nombre égal d’ouvriers qui travaillent au dehors.
Une machine à vapeur, de la force de 4 chevaux, met en mouvement des machines à raboter, à tourner, à évider et à percer le marbre.
Il façonne des marbres sculptés , spécialement destinés à la consommation de Paris.
Les marbres qu’il travaille proviennent surtout de l’Italie, et aussi du Jura, des Pyrénées, des Alpes.
M. F. Grandpierre (n° 7854). — M. Grandpierre, à Paris, travaille, d’une manière remarquable, les marbres qu’il façonne en pendules, coupes et garnitures de cheminée. Il fait des incrustations et des mosaïques; il imite également les mosaïques en relief de Florence. Les marbres et les matières qu’il emploie sont d’ailleurs très-variées; il taille même quelques pierres dures. Ses modèles sont légers , gracieux et très-élégants.
TOSCANE
Institut technique de Florence (n° 2). — Le directeur de l’Institut technique de Florence, M. le chevalier Corridi, a présenté une collection remarquable des marbres des Alpes Apuennes.
Tout le monde sait que les Alpes Apuennes renferment les gisements de marbres les plus riches que l’on connaisse ; c’est en effet de leurs flancs qu’on extrait le marbre statuaire de Carrare qui est employé presque exclusivement dans le monde entier. Les couches de Carrare se prolongent d’ailleurs jusque dans la Toscane et près de Serravezza
MARBRES
elles forment l’Altissimo, qui est une énorme montagne de marbre statuaire.
Une étude du marbre statuaire ne peut donc pas séparer le duché de Modène de la Toscane ; il importe , au contraire, d’étudier simultanément toute la chaîne des Alpes Apuennes.
Marbre statuaire. — Considéré géologiquement, le marbre statuaire est supérieur au verrucano, et il paraît résulter du métamorphisme du lias inférieur. Il» forme une grande bande continue qui s’allonge du nord-ouest au sud-est, dans la direction des Alpes Apuennes. Ensuivant cette bande, on rencontre successivement les localités les plus célèbres par le marbre statuaire qu’ elles fournissent. Dans les environs de Carrare, ces localités sont : Crestola, Miseglia, Torano, Poggio Silvestro, Betogli, Cageggi et Ravaccione. Le marbre statuaire des environs de Massa est moins connu : mais plus au sud-est, on trouve, dans la Toscane et aux environs de
Serravezza , le monte Altissimo, le monte Corchia, Trambis-
sera, la Costa, Solaio, Ceragiola, Stazzema ; puis, sur une ligne plus au nord, Pizzo del Sagro, monte Grondicci, monte Rotondo. Ces marbres de la Toscane ne sont pas inférieurs à ceux de Carrare ; ajoutons même qu’il existe dans la Toscane un marbre statuaire supérieur aux plus beaux marbres du duché de Modène.
Le marbre statuaire pourrait s’exploiter sur toute l’étendue du calcaire saccharoïde dans la chaîne des Alpes Apuennes ; mais on comprpnd cependant que les carrières de marbre statuaire , de même que celles de tous les marbres , ne peuvent être ouvertes qu’ autant qu’ elles sont à proximité de voies de communication suffisamment faciles. Les carrières de marbre statuaire de la chaîne des Alpes Apuennes sont groupées sur le versant méridional de cette chaîne, et nous venons d’indiquer celles qui sont les plus connues.
Le marbre statuaire donne lieu à un commerce très-important, et l’on a été conduit à le distinguer en plusieurs qualités. Ces qualités sont rapportées à des types fournis
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par des carrières célèbres ; elles sont basées sur des différences minéralogiques extrêmement légères qui échappent au premier abord , même à une œil exercé ; toutefois , elles sont bien appréciées par les sculpteurs, et elles exercent une grande influence sur le prix du marbre.
Yoici , ds après M. H. Cocchi , quel serait l’ordre de classement adopté par le commerce pour les marbres statuaires de l’ Italie.
A Carrare, aussi bien qu’à Serravezza, on distingue trois qualités principales de marbre, et chacune d’elles comprend elle-même des variétés.