‹ Matériaux pour l'étude des glaciers (volume 2)Chapitre 112 sur 261 · FE LOCALITÉ · texte numérisé non relu

FE LOCALITÉ

Profon- Tempé- AUTRE EMPLACEMENT,

Jours. | Heures | deur, |rature. À Jours. |Heures.| Prof. | Temp.

deur, la neige est en - é 0,10 16,04 » . 0,10 | —4,0 méme température, contact avee Le gla-| * | " |0,20/—3,0) » | » |0,20 [3,0 |, 6 où de profon-

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» » 10,70! 0,01 » » 0,70 | 0,0 glacier est humide et ” » 0,80 O,0E » » |0,80| 0,0 salie par des parcelles » » 0,90 | 0,0 ë . 0.90 | 0,0 de schiste et de la 2 poussière, » » 1,00 | O,0E » » 1,00 | 0,0 | 2,00 | 0,0

Dans le parcours de 1" de profondeur (6 matin), nous avons reconnu deux couches de neige ancienne. Dans celui de 2 de profondeur (11 matin), nous avons observé trois couches. Cette neige ancienne tassée avait , dans tout le parcours, la cristallisation de sucre

raffiné, se coupant en tranches compactes, absolument de même aspect que celle observée au Faulhorn en mars 1862, qui couvrait le glacier de 6" de hauteur (voy. t. V, I" partie de nos Matériaux).

Nos observations nombreuses de 1844 à 1864 nous disent que les neiges ou nevés qui couvrent les glaciers à toutes les altitudes ne sont pas éternelles; elles sont temporaires, plus ou moins persistantes. Les diverses couches tombées successivement se reconnaissent généralement parfaitement. Mais en comptant ces couches il ne faut pas en conclure qu’elles représentent les chutes successives tombées d'années en années. La raison en est bien simple. Supposons un glacier dont la surface est découverte fin septembre 1846 (peu importe l'altitude) : Au printemps 1847, par suite des chutes de neige de l'hiver, la neige aura 3% de hauteur, et en automne cette neige aura complétement disparu par fusion; et le glacier sera de nouveau à découvert. En 1848, en automne, il restera, supposons, une hauteur de 0",20, qui sera couverte par de nouvelles chutes d'hiver ; en 1849, au printemps, la hauteur sera de 2,20, et en automne de 0",70, composé de la chute de 1847 à 1848, de 3" réduite à 0",20, et de celle de 1848 à 1849, de 2" réduite à 9,70, qui couvrira le glacier, et qui proviennent de trois chutes, dont chacune peut avoir eu 3" de hauteur en neige tassée, et nous ne voyons et reconnaissons que deux chutes. On voit, d'après ces citations, que la neige peut présenter sa surface successivement pendant plusieurs années, et alors elle sera très-reconnaissable par la saleté qui se trouve à la surface : saleté qui représente toutes les parcelles de roches et de poussière qui se trouvaient sur la surface des diverses couches qui ont disparu par fusion et qui ont laissé en dépôt cette saleté.

Les saletés qui couvrent les glaciers à toutes les altitudes sont la somme de toutes les poussières et parcelles de roches déposées par les forts vents directement sur leur surface ou sur les neiges qui les couvrent. Ce sont des preuves évidentes que ni la neige, ni la nwige grenue (nevé) ne s'ajoutent à la surface des glaciers à aucune altitude.

Une seconde preuve : Nous ne voyons nulle part des matériaux rocheux engagés partiellement dans la surface des glaciers. Exceptionnellement des roches ou parcelles, tombées dans une crevasse qui se referme, sont engagées dans l’intérieur ; mais il est facile de reconnaitre cette exception, qui se manifeste surtout à la surface du talus terminal des glaciers.

J'rngage tous les nbservateurs sérieux à vérifier le fait capital :

À aucune altitude la neige ou le nevé (neige grenue) ne s'ajoute comme matière adhérente à la surface des glaciers. — Cette couverture protège le glacier sous-jacent contre l’ablation, et par la fusion fournit de l'eau que le glacier élabore, et dont il profite.

Pendant notre séjour au Saint-Théodule, fort souvent, nous avons vérifié dans diverses expositions locales, si le sol couvert de neige ancienne ou de glace de glacier découvert et de glace d’eau ordinaire était gelé, et toujours, sans aucune exception, dans les journées les plus chaudes, et dans les moments de grands froids nous avons reconnu que le sol sous-jacent était fortement gelé, et la glace adhérente solidement gelée au sol.

En nous rendant au Breuil, vallée de Valtournanche, en descendant par le glacier, nous avons vérifié le même fait, et nons avons reconnu que le glacier est adhérent au sol (solidement gelé au sol) aux altitudes au-dessus de 2600", et à des altitudes plus basses il n’est plus adhé rent. — Au-dessus de 2600" alt., dans les Alpes, on ne trouve nulle part des surfaces de roches moutonnées ou polies , nouvelle preuve que le glacier est adhérent à ces altitudes. Dans les altitudes où le glacier est adhérent, le sol sous-jacent est fortement gelé et s’entame difficilement avec la pioche. Nous avons essayé de pénétrer dans ce sol : nos recherches ont été vaines. Nous ne parvenions qu’à détacher des parcelles de sol, qui, exposés au soleil, se sont, après un certain temps, mouillés et convertis en bouillie dégelée. |

Pour le détail de ces observations glaciaires et le complément, consultez les tableaux qui précèdent.

DA. Î. Météorologie.

semblent pas.

Au Pavillon de l’Aar, les amis M. Hogard, Ed: Collomb, H. Otz (ingénieur), Dardel fils (photographe) et Bollfus-Ausset décidèrent que le soir on prendrait gîte dans la cabane du berger de l’Ober- Aar. — Le lendemain on se rendra dans le Valais par le glacier à Viesch, puis à Zermatt. On passera le col du Saint-Théodule, et plus tard le col du Géant, pour explorer la vallée de Chamounix.

La veille, temps splendide, la hauteur du baromètre normale, le vent N-0 faible constant. Le lendemain, le soleil se lève radieux, zénith outremer, et le soir on est installé dans la cabane de l'Ober- Aar. Le soleil se couche à l'horizon découvert, sans nuages ni vapeur. À dix heures arrivent des porteurs de provisions et nous disent : «L'intendant du Grimsel vous souhaite bon voyage et vous «prédit le beau temps pour plusieurs jours.»

A trois heures du matin, le guide chargé de préparer le déjeûner nous transmet : « Messieurs, restez couchés jusqu'au jour, le sol est «couvert de dix centimètres de neige fraîche, le vent souffle dans « toutes les directions, et toujours il neige par brouillard intense ; on «ne voit pas à dix pas. Impossibilité de passer le col de l’Ober-Aar. » — On décide qu'on se rendra dans le Valais par les hauteurs au Sud. Le soir la caravane est arrivée à Munster par pluie battante, fatiuée, mouillée jusqu'aux os. Le maître-d'hôtel nous dit : «Messieurs, « le mauvais temps est établi pour plusieurs jours.» — Le lendemain le soleil se lève radieux, la journée était pense et suivie de plusieurs autres sans pluie ni neige

Dans les courses en hautes régions, et pendant nos séjours à diverses stations : au Pavillon de l’Aar, au Faulhorn, au col du Saint-

Théodule, etc., chaque soir je me suis amusé à inscrire sur la minute.

Méteorologie.

En hautes régions les jours se suivent, et fort souvent ne se res- introduction.

PRE RRRES

Esceptions.

Précurseurs du beau temps.

des observations météorologiques faites dans la journée la prévision de l’état atmosphérique du lendemain, en écrivant : Demain beau temps. — Mauvais temps. — Le vent change. Il nous amènera le beau, le mauvais temps. — Je dois avouer franchement que les conjectures faites pendant les courses, ainsi que celles au Faulhorn et au Saint-Théodule, ont pleinement confirmé que je ne possède pas le savoir-prédire l'état atmosphérique du lendemain.

Fort souvent j'ai ajouté aux notes la manière de voir du guide-chef Hans Jaun, intrépide chasseur de chamoiïs, et ses prédictions et les miennes , fort souvent d'accord, maïs dans certaines journées en opposition, ont conduit au résultat final, et en moyenne (in medio weritas) nous nous sommes trompés tous les deux autant de fois que nous avons deviné juste, et j'ai ajouté à la récapitulation de ces notes :

J'ai tant prédit que je crois ne pouvoir mieux faire que de ne plus rien prédire en hautes régions.1

A toule règle générale, des exceptions. Il en est de même en météorologie. En hautes régions, à de certaines stations, par suite de séjours nombreux, on finit par être assez osé pour prédire exceptionnellement l'état atmosphérique du lendemain d’une manière assez certaine, mais nullement infaillible.

Le Pavillon de l’Aar est situé à 2400" altitude; sur rive gauche du grand glacier de l’'Unter-Aar, à 100" approximativement au-dessus de la surface du glacier. L’horizon est borné au Nord par le Rothhorn, au sud par l’Escherhorn, le Silberhorn, le Desor-Stock, le Zinkenstock ; à l'Ouest par le massif du Finster- Aarhorn et des Schreckhærner; à l'Est par le Sidelhorn et les hauteurs du Grimsel. Toute la superficie que l’œil embrasse est approximativement de 30 kilomètres d'Ouest à Est et de 10 kilomètres de Nord au Sud; soit approximativement de 3 à 400 kilomètres carrés; horizon de peu d'étendue.

DA. Précurseurs de beau temps.

Dans le bassin du glacier de l’Aar, lorsqu’à soleil couchant le brouillard monte depuis le Grimsel, par vent Est faible (qui corres-

‘ Dans la civilisation, au niveau des rails, les fils télégraphiques transmettent tous les matins les circonstances météorologiques d’un grand nombre de stations et permettent d'établir des conjectures qui ont souvent une grande valeur : ce sont des matériaux précieux, indispensables. En hautes régions ces renseignements se bornent à une étendue limitée.

rond au Nord-Est de la plaine), et qu'il couvre le glacier uniformément jusqu'à la ligne transversale du Pavillon au Grünberg, pronoslic de beau temps pour le lendemain.

Dans ces moments, l'horizon est découvert, le vent très-faible ou calme, les étoiles ne scintillent pas. Le lendemain matin le soleil se lève radieux, et le brouillard qui a persisté se dissipe vers dix heures du matin.

Baromètre, hauteur et marche normale dans la journée, vent conservant la même direction. Humidité relative de l’air au-dessous de zéro. Espoir de beau temps le jour suivant.

Si, à la suite de plusieurs jours de pluie et de mauvais temps, il neige dans la nuit par un abaissement de température, et que le matin les hauteurs du bassin sont argentées par une couche de neige fraîche, le zénith outremer et les nuages et brouillards dissipés, la température de l’air ambiant au-dessous de zéro, le beau est de nouveau une vérité pour plusieurs jours.

DA. 3. Précurseurs du mauvais temps.

Dans le bassin du glacier de l'Aar, lorsque à soleil couchant le brouillard monte depuis le Grimsel, et qu'il couvre seulement la moraine médiane jusqu’à l’Abschwung (emplacement de l'ex-hôtel des Neuchâtelois), laissant la surface du glacier à découvert, et s'établit partiellement dans les hauteurs sur les rochers de rive gauche, laissant les petits glaciers à découvert, le lendemain toujours mauvais temps. |

Le brouillard entrant dans le cirque du Finster-Aar par le col de la Strahleck, mauvais temps.

Nuages arrivant par. SO dans le bassin, mauvais temps. Ce transport d'humidité est de la pire espèce.

DA. 4. État du ciel.

M. de Saussure nous dit : 1

«C'est un fait connu de tous ceux qui ont atteint les cimes des «montagnes élevées que le ciel y paraît d'un bleu plus foncé que « dans la plaine. Mais comme les expressions de plus et de moins sont «relatives à des sensations indéterminées, dont il ne reste de traces «que dans une imagination souvent trompeuse, je cherchai un moyen

* Voyages dans les Alpes, t. IV, 8 2009, p. 197. — Journal de Physique, 1191, t. I, p. 199. — Voy. aussi Mafériaux pour lélude des glaciers, t. II, Clarié du ciel, p. 185 et suiv.

Précurseurs du mauvais temps.

État da ciel.

Cyanomètre.

«de rapporter pour ainsi dire un échantillon du ciel du Mont-Blanc, «ou du moins de la couleur que ce ciel m'aurait présenté. — Pour cet «effet j'avais teint avec du bleu d'azur ou du bleu de Prusse des «bandes de papier de seize nuances (tons) différentes, depuis la plus «foncée que j'avais marquée n° 1, jusqu’à la plus pâle marquée «n° 16. J'avais pris, sur chacune de ces bandes, trois carrés égaux, «et j'avais ainsi formé de ces nuances trois suites parfaitement sem- «blables entre elles; je laissai l’une de ces suites entre les mains de « M. Seuebier à Genève, l’autre à mon fils à Chamounix, et j'emportai «la troisième. À midi du jour où j'étais sur la cime, le ciel au zénith «à Genève paraissait de la septième nuance, à Chamounix entre la «cinquième et sixième, et sur le Mont-Blanc entre la première et la «seconde, c'est-à-dire tout près du bleu de roi le plus foncé.

« Depuis lors, considérant cette intensité de la couleur du ciel comme «un élément intéressant de la météorologie, j'ai fait un travail suivi «sur les variations, et j'ai essayé de les mesurer en les comparant «avec une suite de nuances dont l'intensité s'accroît par des degrés «déterminés avec précision. J’ai commencé par un bleu si pâle qu'il «se confond avec le blanc à une distance où l’on cesse d’apercevoir «un cercle blanc d’une grandeur et dans une situation déterminée; «j'ai passé de là à un bleu plus foncé, mais qui cependant ne diffère «du premier qu’autant que celui-ci diffère du blanc; et ainsi de «nuance en nuance jusqu'à un bleu mêlé de noir, et rendu ainsi tel- « lement foncé qu’il ne diffère du noir pur que par une nuance égale à «la première. Ainsi, l'intervalle entre le blanc pur et le noir pur «s'est trouvé divisé en 51 nuances (ou tons). A cet instrument‘j'ai « donné le nom de cyanomètre.»

Couleurs du ciel au zénith à différentes heures.

MOYENNES. MOTENNES

FATRENES. PAR LECTTAS

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