‹ Matériaux pour l'étude des glaciers (volume 2)Chapitre 113 sur 261 · IV. | VI | VI. V. | VI INT Te · texte numérisé non relu

IV. | VI | VI. V. | VI INT Te

Heures du jour.

nt | mms mme | mms a. | uen | mme mem” Col du Géant.| 15,6 | 27,0 | 29,2 | 31,0 | 31,0 18,7 | 5,5 | 31,0 | 5.5 25.2 Chamounix. .| 14,7 | 15,1 | 17,2 a 19,8 | 16,4 | 19,9 | 14,7 18.0 Genève ...| ? 114,7 | 21,0 | 22,6 | 22,5 16,3 | ? 122,6 | 14,7 20,

Couleurs du ciel à L’horizon à différentes heures.

8,4 | 9,17! . ne 4,7 | 0,0 Fe a. ‘1 8,3 . 9,11 9,31 8,8} 8,41 5,0 1 9,3 | 5,0 8.1

Col du Géant.

Chamounix . .

La couleur moyenne de toute la journée qui, au zénith, a été plus foncée qu'au col, se trouve à l'horizon plus foncée à Chamounix, parce que, dans cette vallée, on ne voyait pas l'horizon; les points les plus bas où l’on pôût découvrir le ciel étaient encore élevés de 4 ou 5 degrés, tandis que, du haut du col, on voyait même plus bas que l'horizon , et qu’ainsi l’œil plongeait dans les régions de vapeurs.

Gradation des nuances (tons) entre l’horizon et le zénith au col du Géant.

Le 14 juillet à midi, par très-beau temps :

DEGRÉS A L'HORIZON. CYANOMÉÊTRE.

0°,0 il 10° 20 20 31 30 34 40 37 40° jusqu'au zénith, 37° sans variation sensible. ®

DA. 5. Mes observations nombreuses et comparatives de bleu avec dégradations de tons que j'ai été à même de faire à diverses altitudes en hautes régions, confirment pleinement les recherches exactes et très-détaillées entreprises par de Saussure.

LI eût été, certes, chose facile à un ex-illustrateur d’étoffes de faire une gamme de tons bleus dégradés et des observations cyanométriques exactes, d'autant plus que je connaissais parfaitement le travail à cet égard du savant et illustre naturaliste de Genève. Je me suis amusé purement et simplement à agir sous ce rapport à vue de pays. — Au Pavillon de l’Aar, par des journées splendides, j'ai broyé dans une soucoupe de tasse ou sur une assiette en faïence une tablette de bleu de Prusse foncé, et dans un autre vase du blanc; puis j'ai tâché d’imiter sur du papier-carton collé la nuance exacte de la couleur du zénith, en répétant cette manière de faire lorsque les circonstances météorologiques étaient favorables. — Je consulte, au moment de tracer ces lignes, les divers papiers du glacier de l’Aar, du Faulhorn, du col du Saint-Théodule, ceux du Grimsel, ct un grand nombre de Mulhouse, et je trouve que ceux du Saint-Théodule (3500" alt.) dépassent en intensité tous les autres ; en les rapportant à l'é-

chelle cyanométrique de de Saussure, ils correspondent approximativement à 37, égal au maximum du col du Géant, qui se trouve à la même altitude.

La clarté du ciel en hautes régions, certes, n’est pas toujours couleur de Gentiana acaulis, et les rayons solaires fort souvent absents. — « Papa DBolifus, me dit un jour l'ami Besor au Pavillon de l’Aar, «voilà dix mortelles journées que règne par intervalle le féroce gougr «(vent impétueux); il neige, il pleut, et nous appelons beau temps «un brouillard à ne pas voir à deux pas.» — Je lui ai répondu : «Ces «journées, nous les rayons du calendrier, et dès que l’ami Soleil sera «de nouveau une vérité, on n’y pensera plus.» — Deux jours plus tard nous avons fait l'ascension au Rosenhorn ! par un temps magique, et l'ami Desor est retourné au Pavillon pour achever les observations glaciaires.

Dix accablantes journées de mauvais temps au glacier de l'Aar ont été, dans certaines années, remplacées par le même nombre de jours réjouissants sous tous les rapports. Du matin au soir, zénith sans le moindre nuage, atmosphère calme, interrompue par vent faible. Le matin, clarté hors ligne dans tout le bassin du glacier. . .. — «Fa- «buleux, fabuleux! me dit l'ami Michel (professeur) ; demain encore « beau temps, ce sera la onzième journée : le brouillard monte depuis «le Grimsel ce soir, tel que nous le voyons monter depuis dix jours.» — Je lui réponds : «Il monte, mais il a changé d'’allures: il envahit «la moraine et le glacier reste découvert : il va s'établir plus tard sur « les rochers de rive gauche, et demain pluie.» — Le lendemain le porteur de vivres arrive du Grimsel, trempé jusqu'aux os, et nous dit : «L'auberge est remplie de touristes, et personne ne s’aventure «à se mettre en route; il fait un temps atrocement mauvais.»

A la suite de belles journées chaudes (12 à 14° à l'ombre dans l'après-midi) et calme plat, j'ai été à même d'observer que, dans le bassin du glacier de l’Aar, du côté du massif du Finster-Aar, et même dans la direction en aval , on voyait du hâle dans l'atmosphère du bassin et les montagnes dans le lointain voilées.

Dans de certaines matinées, par zénith dégagé, températures d'air ambiant au-dessous de zéro, huinidité relative de l'atmosphère très-

* Un des trois pics du massif des Wetterhærner.

* Point de rosée observé au roséemètre. - Vase métallique dont les surfaces sont refroidies par un mélange frigorifique d’azotate (nitrate d’ammoniaque cristallisé et glare pilée on neige.

faible (on peut dire hors ligne), le point de rosée à — 15°2, par 2° — température, les roches et les glaciers du bassin de l’Aar se voient à l'œil nu dans tous leurs détails. Avec une bonne lunette acromatique on voit positivement aussi bien à de grandes distances que si l’on était à quelques pas. Dans de pareilles circonstances , le guide-chef Jaun, intrépide chasseur de chamoiïs, braquait la lunette, vissée à un poteau , et la dirigeait successivement sur les roches gazonnées , et lorsqu’il découvrait des chamois en pâturage, c'étaient des cris de joie, et chacun de nous, à tour de rôle, les voyait : on distinguait parfaitement les cornes.

Cette clarté hors ligne, signalée dans le bassin des glaciers de l’Aar se produit-elle à une grande distance des Alpes, et placé sur un pic très-élevé, comme le Finster-Aarhorn, par exemple, voit-on d'une manière claire et nette l’ensemble et les détails du panorama qu’on domine et dont on occupe le point culminant? — Certes, tous les grimpeurs diront : On voit les glaciers environnants parfaitement, mais à de grandes distances, monts, vallées et plaines sont voilés, couverts d'une espèce de brouillard sec.

La réponse négative à la question s'explique parfaitement : il y a hâle dans l'atmosphère. Pour jouir de la vue splendide du panorama il faut deux choses : circonstances météorologiques favorables, telles que nous les avons citées, et de plus se trouver au pic (point culminant) le matin à soleil levant ou au plus tard en été avant 8 heures du matin. — Ces deux conditions sont difficiles à remplir. Les circonstances météorologiques hors ligne, pendant les trois mois que se font les ascensions, ne se présentent certes que deux à trois fois; puis, pour jouir de la vue dans ces moments, il faut se trouver au pic avant 8 heures du matin.

Dans mes ascensions nombreuses !, par des journées splendides, arrivé aux points culminants, je n'ai jamais vu l’ensemble du panorama autrement que fortement voilé dans le lointain. Je ne puis citer qu’une seule exception. — Pendant un séjour de dix jours au Faulhorn, un matin, l'atmosphère était d'une transparence telle, qu’à l'œil nu on voyait parfaitement tous les détails de la chaine des Vosges

' Ascensions au Rosenhorn (massif des Wetterhærner), au Galenslock, dans les glaciers de l'Aar, au col du Lauter-Aar. à l’Ewig-Schneehoru, au col de l'Oberaar. au col de la Strahleck, au Sidelhorn, au Rothhorn, au cui des Fenêtres (Saint-Beruard). au Mythen (Schwytz), au Pilate, au Weissonstein, au Righi. aux points cu'minants des Vosges et de la Forét-Noire, au Pic-Veleto ‘Andalousie, Espagne). etc.

Bronillards,

Brouillard normal,

Rrouillard squeus.

de la Forêt-Noire (Schwartzwald). Au Weissenstein on pouvait compter le nombre de croisées de l'auberge, et au Righi on voyait les touristes circuler. Par suite de mauvais temps, il avait neigé faiblement la nuit, les hauteurs environnantes étaient saupoudrées de neige fraiche, l’air ambiant à + 1° et le point de rosée à —16°.

DA. 5. Brouillards. !

En hautes régions nous désignons par brouillards un air saturé d'humidité dans lequel nous nous trouvons; nous appelons nuages un air saturé d'humidité dans lequel nous ne nous trouvons pas, et mer de nuages les brouillards que nous voyons au-dessous de nous.

Classification des brouillards.

a) Brouillard normal (air saturé d'humidité).

b) Brouillard aqueux (air sursaturé d'humidité).

c) Brouillard sec (air sous-saturé d'humidité).

d) Brouillard de fumée ? (air tenant de la fumée en suspension).

e) Mer de nuages (brouillards au-dessous de la station que nous orcupons.

f) Nuages (brouillards au-dessus de nous).

A. Brouillard normal.

Air saturé d'humidité. Dans ce brouillard ordinaire la boule mouilléee du psychromètre indiquera la même température que la boule sèche. — Sur le roséemètre (parois d’un vase métallique refroidies par un mélange frigorifique), la rosée commencera à se déposer à.la température de l’air ambiant. Ce point de rosée sera égal à la température de l’air et l’humidité relative 100.

B. Brouillard aqueux.

Air sursaturé d'humidité. De certains brouillards, à toutes les altitudes, de même que les nuages, sont surchargés d'humidité. Dans cet état ils déposent sur les corps, qui ont la même température que l'air ambiant, une partie de ce surcroît d'humidité. A toutes les stations dans les Alpes, et à ma maison de campagne à Riedisheim. près Mulhouse (qui est située sur une colline à 10" altitude au-dessus de la grande plaine d’Alsace), j'ai souvent observé ces brouillards sursaturés. — En 1864, pendant mon séjour de quinze jours. dans la dernière décade d'août, au col du Saint-Théodule (3500" alt.),

‘ Voy. comme complément : Hygrométrie.

* Rauch-Nebel.

s Ncbel-Meer.

dans la même journée, j'ai observé des moments où le brouillard était normal, sursaturé et sec. Dans les moments où il était sursaturé, la rosée se déposait sur le roséemètre à une température des parois refroidies avant qu'elles n'étaient à la température de l'air ambiant. La température de la boule mouillée du psychromètre était de plusieurs dixièmes de degrés plus élevée que la boule sèche. L’étoffe du drapeau et les parcelles de bois étaient non-seulement très-humides, mais tapissées de gouttelettes d’eau qüi se sont évaporées plus tard par un brouillard sec. Ces brouillards sursaturés sont généralement très-intenses.

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