GROUPE DE BLOCS
et sa largeur comparativement fort petite (200 à 300 mètres) prouvent que ces blocs ont formé une moraine superficielle qui , à la fonte du glacier, a été déposée sur le flanc de la montagne où elle existe aujourd'hui.
C. 51. Nous allons faire connaître les positions singulières de
, . ,, ^. .,. „ . ■ «ngolière de platienr»
plusieurs gros blocs erratiques, positions que Ion ne saurait ex- wocs emuquei. pliquer par les hypothèses les plus généralement reçues sur le mode de leur transport, sans tomber dans les plus grandes invraisemblances. Ainsi par exemple, la Pierre-à-Bot , au-dessus de Neuchâtely se maintient en équilibre sur la plus petite de ses faces. C'est un bloc, comme nous l'avons déjà dit(C. 44), qui, d'après H. de Buch » à 16°» ,2 de longueur , (5^,5 de largeur et de 13 métrés de hauteur (1369 mètres cubes). Il semble, en le voyant, qu'un léger eflbrt suffirait pour le renverser sur une de ses faces qui, en effet, surplombe deS"»,! à 9™,7. Aucune des hyjiothèses proposées jusqu'à ce jour pour expliquer le terrain erratique , ne saurait faire concevoir comment il a pu prendre cette position et s'y maintenir.
La Pierra-Bessa , près de ma demeure , présente une pyramide de 19°i,8 de hauteur, dont la base est un triangle isocèle. Les deux côtés longs ont environ iS^fi chacun , et te côté court, 10«",3. Elle est fendue verticalement du sommet à la base. La fente est assez large pour qu'un homme puisse s'y introduire. Un fragment de moyenne grosseur, détaché de la partie supérieure est resté pris entre les parois de la crevasse. Cette rupture est évidemment le résultat d'une chute que le bloc a faite au moment où il a pris place. Cependant il n'est pas dominé par des rochers d'où il eût pu se détacher. Nous montrerons plus loin (C. 80) comment cet accident à dû arriver, et comment les deux moitiés , quoique n'étant pas appuyées par les côtés, ont pu rester debout.
J'ai déjà fait connaître plus haut (C. 50) la singulière position de la Pierre-à'Dzo , près de Monlhey , je n'y reviendrai donc pas. Mais je mentionnerai un gros bloc calcaire de 3°^,2 à 4™,8 de diamètre situé sur le flanc méridional du monticule de Tourbillon, tout près du magasin à poudre de la ville de Sion, Il a une forme irrégulière- Bioopr^sioB. ment arrondie, quoique sa surface ne présente pas de marques évidentes de frottement. Son diamètre est de trois mètres. Il se trouve
Piem-Beua.
presque sur le bord d'une pente excessivement rapide , et n'est appuyé que par trois points. L'un des appuis est un coin saillant de la roche en place, qui est un schiste talqueux fort quartzeux. Le second est également un bloc de schiste talqueux fendu du haut en bas et évidemment détaché de la roche en place. Enfin le troisième appui est un grès quartzeux , caractérisé par quelques grains de quartz rose, et que je ne connais en place qu'à cinq lieues en amont de Sion , sur la rive gauche du Rhône, en face de la ville de Louëche. Le bloc calcaire est pareillement fendu dans toute sa hauteur ; l'écart entre les deux moitiés n'est que de quelques centimètres.
La situation de ce bloc sur le bord d'une sorte de précipice , la manière dont il est retenu en place et la direction verticale des ruptures soit du gros bloc lui-même, soit de l'un de ses appuis, toutes ces circonstances réunies prouvent jusqu'à l'évidence qu'il n'a pas été placé là par un courant , ni brisé par un choc horizontal ; mais qu'il est tombé sur la place qu'il occupe, et que c'est en tombant qu'il s'est fendu, et qu'il a cassé l'un des blocs qui le soutiennent*. Bioe Je ne saurais passer sous silence un très-gros bloc de granit qui
près «J'o™*"«- se trouve près d'Orsières dans une localité appelée la Li-blanche
Pierro de la Li-blanehe . '^ * ^
(125 mètres cubes). Ce bloc est situé presqu'au sommet d'une pente rapide de calcaire talqueux, à environ 487 mètres au-dessus du sol de la vallée. Il repose comme sur une console^ sur une saillie du rocher qui est à peine aussi large que le bloc. Quelques petites pierres lui servent de cale du côté du précipice et empêchent ainsi qu'il ne tombe. On le voit très-bien du village d'Orsières, où tout le monde le connaît sous le nom de la Pierre'de-'la'Li'blanche* .
'C. Ce bloc, très-curieux par sa position , n'est qu'à un petit quart de lieue de la ville. Les personnes qui voudraient le voir, n'ont qu'à demander le chemin de la Poudrière de Tourbillon,
' C. J'ai reçu aujourd'hui (9 novembre) une lettre de M. le ehaoolne BUielx , actuellement curé à Orsières, qui est si avantageusement connu des physiciens et des géologues, et qui, en 1829, présida de la manière la plus distinguée la Société helvétique des sciences naturelles, réunie à l'hospice du grand Saint-Bernard. Cette lettre contient des détails très-intéressants sur ce bloc erratique. Je m'empresse de les communiquer à mes lecteurs. Voici comment s'exprime cet exact observateur :
«J'arrive aujourd'hui d'une visite que j'ai faite au bloc de granit de la Li^blanche. Sa «hauteur au-dessus du fond de la vallée, pris au niveau de ma cure, est de 529 mètres. « Le volume approximatif de ce bloc est de 125 mètres cubes. Ce qui distingue particu- « lièrement cette pierre , c'est son gisement ; elle est située sur un rocher de 45 degrés de