‹ Matériaux pour l'étude des glaciers (volume 3)Chapitre 9 sur 216 · POSITION DES BLOCS ERRATIQUES · texte numérisé non relu

POSITION DES BLOCS ERRATIQUES

de fragments calcaires reposent en partie sur des blocs de granit, de gneiss y de poudingues de Vallorsine^ et d'autres roches originaires du Valais.

L'énorme bloc Pierre-durTrésory 3400 mètres cubes , fait également Pierr«Hi»-Trtior. partie d'un dépôt erratique composé d'une seule espèce de roche. Cet amas de blocs de toutes les dimensions commence presque au sommet de la montagne de Plan-y-Beufy située au sud-sud-ouest d'Orsières^ à l'angle de jonction de la vallée de Ferret avec celle de la Drance du Saint-Bernard. Il descend de là en écharpe dans la direction sud-est , et se termine à peu de distance au-dessus du village de Liddes, Mais l'accumulation la plus considérable de ces débris se rencontre près de la sommité de cette montagne ; elle a 1 kilomètre de longueur , et une largeur de 100 mètres et plus. Elle présente l'aspect d'une montagne multiple. Les blocs dont elle se compose sont bien conservés; ils ont la surface raboteuse y les arêtes et les angles plus ou moins tranchants. Ils sont généralement très-gros.

Le plus gros, la Pierre-du-Trésor y a plus de 3400 mètres cubes. Ktiw-da-TréMr.

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S est brise en quatre fragments , mais qui sont a peine déplaces. ^^ ^^ ^ ^j^ ^^

La roche qui forme tous ces débris y est le granit à gros cristaux Feiret. de feldspath qui constitue la chaîne de montagnes située entre la vallée de Ferret et celle de Chamounix. La position de ces blocs li SST^jS au-dessus du sol de la vallée de Ferret, laquelle sépare la montagne de Plan-y-Beuf de cette chaîne granitique, est tout à fait contraire à l'idée de feu n, niurltli * , qui attribuait ces blocs à un éboulement parti de la pointe d'Orny , une des sommités de cette même chaîne.

Je citerai encore un dépôt erratique que m'a fait connaître biom d« Monuigny. H. Blameliet. Ces débris se trouvent dans une localité appelée le p^^^^- BoiS'de-la-Chaux et située sur le plateau du Jorat à 3 kilomètres audessus de Montagnyy près de Lutiy (Vaud). Ce sont des blocs calcaires, provenant des montagnes du Bas-Valais, et gisant sur un sol de molasse. Plus ou moins espacés, ils occupent une étendue de terrain d'un demi-lieue carrée. Ils sont anguleux et généralement bien conservés. Leur volume n'est pas considérable; les plus gros ont 100 à 130 mètres cubes.

*C. De Saussure, Voyage dans les Alpes, { iOSt.

Ut dépôu d« ro. Nous pourrions citer encore d'autres dépôts erratiques formés cfaet formés ^ "• d'y^e ^^\q espècc de roche: nous ajouterons seulement la re-

leale cfpiee 1001 ton- « ' J

joarfBMM eoBMrrét marque , que les dépôts d'une seule espèce de roche sont toujours ,oe ewi q«# tonMBt jjjigyj^ conscrvés que ceux qui sont formés de roches d'espèces

des rocbct d'espèces * * ^

divenes. dlvcrscs ct provcuant par conséquent de diverses localités.

Lorsqu'un éboulement tombe sur un glacier, les débris restent réunis et ne peuvent se mêler qu'avec ceux qui s'y seraient trouvés déjà au moment de la chute , ou qui les auraient atteints plus tard. Si ces derniers accidents n'arrivent pas, les débris peuvent être transportés à de gi*andes distances , sans éprouver aucun mélange. Lorsqu'enfin ils parviennent au bord du glacier, ils sont déposés peu à peu sur le terrain voisin , où ils présentent uue accumulation de débris d'une même espèce de roche.

Ainsi l'hypothèse des glaciers nous rend parfaitement raison des groupes de blocs erratiques bien conservés et appartenant tous à une même espèce de roche. Aucune autre hypothèse ne peut aborder l'explication de ce phénomène sans perdre toute probabilité. La grande étendue de quelques-unes de ces accumulations ne peut fournir une objection contre l'origine que nous leur attribuons. En eflet, si l'éboulement des Diablerets en 1749 et celui du Rossberg en 1806 étaient tombés sur un glacier, ils auraient donné lieu à des groupes bien plus considérables qu'aucun de ceux du terrain erratique. Le premier aurait présenté un groupe entièrement formé de blocs calcaires j et le second, un groupe de fragments de gompholite (Nagelfluh).

Le groupe granitique de la montagne de Plan-y-Beuf , ainsi que celui de Sleinhof^ ont été déposés à l'époque où le glacier diluvien du Rhône était à son maximum de développement, car l'un et l'autre se trouvent sur la limite du terrain erratique. Celui de Monthey ne l'a été qu'à une époque où le glacier avait déjà considérablement diminué, car ce groupe n'est qu'à 130 mètres au-dessus du Rhône, tandis que la limite des débris erratiques est à 717 mètres dans cette partie de la vallée. Le groupe calcaire du Devens a été transporté par le glacier de la vallée de l'Avançon , et n'a été déposé qu'après la retraite du grand glacier du Valais; en effet, il repose . sur des débris amenés par ce dernier.

La grande longueur du groupe de Monthey (3/4 de lieue.

Potitioii

Pierre-k-Bol.

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