‹ Matériaux pour l'étude des glaciers (volume 3)Chapitre 117 sur 216 · BLOCS ET CAILLOUX BURINÉS · texte numérisé non relu

BLOCS ET CAILLOUX BURINÉS

de molasse, provenant évidemment des collines molassiques situées dans le voisinage. J'en ai vu également dans les amas diluviens de la vallée de Gensbrunnen , entre la chaîne du Weissenstein et celle du Passwang. Enfin , tous ceux qui ont étudié le diluvium suisse savent que sur les flans du Jura occidental , dans les cantons de Vaud, de Neufchâtel ainsi que sur plusieurs points du Jura bernois et français, le diluvium alpin est mélangé d'une quantité considérable de galets jurassiques arrachés aux flancs des montagnes sur lesquelles il repose.

Loin donc d'infirmer la théorie des glaciers , ce mode de distribution des galets Tappuie au contraire, puisque nous voyons la même chose se produire sous nos yeux. De toute manière il doit être plus difScile d'expliquer des circonstances pareilles par les autres théories.

E. D. 21. Une circonstance dont on n'avait pas tenu compte jus- Lesbioc«cicaiiioax

.... • . II 1*1 1 «1 r • 1 1 • 1 . da diluvium sont buri-

qu ICI et qui est d un grand poids pour la théorie des glaciers, c est ^^^ comme les roches (ju'une grande partie des blocs et des cailloux du diluvium sont buri- *m icsqueius lu wriés^ comme les roches sur lesquelles ils reposent , avec cette difTérence ****""' cependant que les stries ne suivent aucune direction prépondérante. - J'ai vu plusieurs localités, dans la coupe du chemin de fer, prés de Copenhagen, où la majorité de galets et des blocs sont rayés absolument comme ceux qu'on trouve dans le diluvium de la plaine suisse et dans les Vosges. J'en ai recueilli de fort beaux échantillons à Faxoë et à Lellingen dans le Seeland. J'en ai aussi remarqué parmi les blocs de granit et de diorite accumulés devant le port de Kiel. Je les ai retrouvés dans le diluvium de Berg, près du lac Roxen dans l'Ostgothie , et j'ai fait la remarque que les blocs , dont on a construit les portes cyclopéennes des ailes du palais royal de Stockholm , sont en grande partie rayés , surtout les blocs de diorite. Le diluvium de Norwége n'en est pas non plus dépourvu ; j'en ai trouvé dans les talus limoneux des bords de la Drammen, à rentrée du fiord de ce nom, ainsi que près de Krogleben et dans les environs mêmes de Christiania. La seule différence qui existe sous le rapport des galets striés entre la Scandinavie et la Suisse, c'est c|ue dans ce dernier pays ce sont surtout les galets et les petits blocs qui sont burinés, tandis qu'en Scandinavie ce sont de préférence les gros blocs. 11 paraîtrait que, sous ce rapport, le diluvium II. -*'

Coquille!

dans le dilaTiam

tcsndiiMTe.

du Nord a plus de rapport avec celui d'Ecosse qu'avec celui de la Suisse et des Vosges.

Les stries des galets, comme celles des roches polies en place, sont tout à fait indépendantes delà nature minéralogique des roches. On trouve en Scandinavie des galets striés de granit, de syénite, de calcaire, de diorite et même de grés ; mais les mieux conservés soot ordinairement ceux de diorite ^

Les dépôts diluviens de la Scandinavie sont fréquemment stratifiés , mais d'une manière irrégulière. On n'y trouve que raremeo: de ces assises continues, s'étendant sur de grandes surfaces. Ce soot de petits bancs très-limités, d'une inclinaison et d'une épaisseur variables, qui indiquent une action inégaie des eaux, comme ceui que l'on a désignés sous le nom de stratification torrentielle dans le diluvium suisse.

E. D. 22. Mais il est une particularité qui distingue le diluvium Scandinave et qui ne se retrouve pas en Suisse , c'est la présence de coquilles marines. On en a recueilli au milieu des dépôts les plus variés , dans le sable , le limon et même au milieu des cailloux. II y a certaines localités en Norwége où ils sont tellement nombreux, que les indigènes ont désigné la couche qui les renferme sou£ K nom de couches à coquilles (skalenskigl).

Ces coquilles appartiennent , sans exception , à des espèces qi.i existent actuellement ; mais toutes n'habitent pas le littoral de In Scandinavie. Parmi celles que Hll. iLellluMi et l«oiréB ont recueillies en Norwége et en Suède , il en est un grand nombre qui vivent exclusivement sur les côtes du Groenland et de l'Islande, d quand on examine une collection de ces coquilles , on s'aperçoit bientôt qu'ils ont un caractère plus arctique que la faune actuelle des côtes de la Suède.

Ce résultat est important en ce qu'il prouve qu'à l'époque où et? animaux vivaient sur les côtes de Scandinavie, la température y était sensiblement plus basse que de nos jours , ce qui confirme \^ conclusions que 9E. AgmMis avait tirées de l'étude des fossiles récoltés par JH. Smitli , de Jordan-Hill, dans l'argile des bonis de la Clyde , et d'où il avait conclu que pendant l'époque glaciaire

r a fait voir à la Société des échantillons de ces différentes roches rev^

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