‹ Matériaux pour l'étude des glaciers (volume 3)Chapitre 118 sur 216 · CHANGEMENTS DE NIVEAU DU SOL · texte numérisé non relu

CHANGEMENTS DE NIVEAU DU SOL

la température moyenne de l'Europe doit avoir été d'environ 8 degrés plus basse que de nos jours.

E. D. 23. Après avoir fait ressortir dans les pages précédentes les **pp°" ^"' "••*• analogies qui existent entre le terrain diluvien du nord et les phé- emtique du nord «t nomènes glaciaires des Alpes, il me reste maintenant à traiter *""°^*^«'»*"**<*«'* des caractères propres du phénomène Scandinave dont on ne retrouve pas de trace en Suisse , parce qu'ils se lient de la manière la plus directe aux changements de niveau que le sol de la Scandinavie a éprouvés pendant l'époque diluvienne et qui continuent encore sous nos yeux.

Voici d'abord quelles sont ces particularités :

lo Le fait que les sulcatures plongent sous le niveau actuel des eaux.

2° La présence de coquilles marines fixées sur les roches polies à une hauteur bien supérieure au niveau actuel de la mer.

30 La présence de coquilles marines dans l'intérieur du diluvium jusqu'à une hauteur de 800 pieds (260 mètres).

40 Enfin les œsars ou chaussées de géants qui renferment des coquilles de la Baltique.

Parmi ces phénomènes , qui sont autant de preuves de l'instabi- R^ik^emem lité du sol de la Scandinavie , il en est qui témoignent d'un relève- de il s^diniTie. ment du sol, et d'autres qui attestent au contraire un abaissement. Ainsi on ne saurait imaginer une preuve moins équivoque d'un relèvement, que la présence, à de grandes hauteurs et à une distance considérable des côtes, de coquilles appartenant à des espèces Wvant aujourd'hui dans les mêmes parages , et dont l'état parfait de conservation ne permet pas de douter qu'elles n'aient vécu en place. Aussi bien , si elles avaient été transportées par un courant ou quelque autre agent violent , elles seraient sinon brisées , du moins roulées en grande partie. Mais à supposer qu'on voulût néanmoins contester leur autochthonéité , on ne pourrait en aucune manière récuser le témoignage des serpules de Christiania et des balanes d'Uddevalla, dont les tests sont encore aujourd'hui adhérents aux rochers.

En opposition avec ce témoignagne du soulèvement du sol, nous De.sirie.eidMc«ntrouvons cet autre fait non moins significatif des stries et des cane- Zu^Zi^^e^rZ^'t lures se prolongeant sous les eaux de la mer y non-seulement sur quel- »"

ques points isolés de la côte, mais sur tout le pourtour du littoral, et nous fournissant ainsi la preuve qu'à une certaine époque le sol de la Scandinavie a dû être plus élevé qu'il ne Test maintenant. En effet , c'est un point sur lequel les partisans des différentes théories sont à peu près d'accord que le phénomène erratique n'a pu s'effectuer que sur un sol émergé. Les glaciers en particulier ne peuvent avancer qu'à la condition de reposer sur le sol , et nous savons par les observations de JH. llwrtiiui ^ que même les glaciers du Spitzberg ne se prolongent pas sous la mer ; car, comme la mer est en été à une température supérieure à zéro , elle les fond à leur base par son contact , si bien qu'à la marée basse le glacier est séparé de la surface de l'eau par un espace qui correspond à la hauteur des marées*.

Lei pou« du nord E. D. 24. Or si , commc jc crois l'avoir suffisamment prouvé, les , . polis du nord ont été occasionnes par d immenses glaciers qui oui

d'immenses glaaen ^ roi

qui ont transporté an trausporté au lolu Ics blocs erratiques de la Scandinavie et fourni loin les blocs errati- |gg matériaux du diluvlum et des œsars, il en résulte que toutes

qnes de la Scandma- '

vie et fonmi les maté- Ics coutrécs qui portcut dcs traces de sulcatures doivent avoir été rianx du diiuTiom et exoudées lorsquc les glaciers ont façonné leurs reliefs et v ont

des œsars. r i • i • i *

gravé les stries et les sillons que nous y voyons, et par conséquent que le sol de la Scandinavie était à cette époque plus haut que maintenant de toute la quantité dont les stries plongent dam k mer.

Ces résultats y quoique opposés, ne sont pas contradictoires, comme on pourrait le croire au premier abord , et c'est ici que l'observation des coquilles vient compléter l'étude des phénomène^ erratiques proprement dits en nous montrant l'ordre chronologique de ces événements. En effet, si les balanes d'Uddevalla et les serpules de Christiania , qui se trouvent , les unes à 70 mètres , les autres à 55 mètres au-dessus de la mer, démontrent d'une manière indubitable que la côte s'est abaissée en ces points , le fait que ces

* Bibliothèque univ. de Genève, juiUet 1840.

* E. D. Pour que les glaciers pussent avancer sur le fond de la mer, il tendrait q(M la température de Teau fût pendant toute l'année inférieure à zéro. Or un climat pareu rendrait impossible la formation de glaciers. Ce qu*il faut aux glaciers, ce n'est pas iw température excessive , mais avant tout un cUmat humide. Or de pareilles c<màiùc^ sont incompatibles avec une température de la mer qui se maintiendrait constammei:! au-dessous de 0 degré.

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