‹ Matériaux pour l'étude des glaciers (volume 3)Chapitre 125 sur 216 · ACTIONS LOCALES ET GÉNÉRALES · texte numérisé non relu

ACTIONS LOCALES ET GÉNÉRALES

tiie couche de sable , de graviers et de cailloux bien arrondis , les uns de micaschiste et de gneiss , les autres de granit , et il s'y trouve aussi des blocs erratiques de granit. Quant aux stries que j'ai vues sur cette montagne et à son pied^ elles sont toutes disposées à peu prés parallèlement à l'axe, ou coupent l'axe sous un angle de 45 à 20 degrés , mais je n'en ai vu aucune qui soit disposée dans le sens des ravins ou transversalement, et que l'on puisse rattacher aux actions locales qui ont formé les dépôts de débris remplissant le fond de ces ravins.

Ainsi le phénomène des sulcatures et des dépôts de transport est complexe: il y a eu des actions locales, resserrées dans des ravins ou des vallons étroits, et des actions générales, qui se sont développées d'une manière continue le long des vallées , sur les plateaux ondulés et sur les collines mamelonnées de la Scandinavie ; c'est à celles-là que se rattachent les grands systèmes d'érosions, qui se sont étendus , comme nous l'avons fait voir, sur d'immenses surfaces, en suivant des directions généralement constantes.

J. D. 51. Objection à l'hypothèse des glaciers qui auraient couvert toute la Scandinavie.

En décrivant quelques-uns des caractères des érosions et des dépôts de transport du nord de l'Europe, j*ai montré que la théorie glaciaire ne peut pas en rendre raison ; je vais indiquer ici quelques autres objections reposant sur ce principe que la Scandinavie n'a pu offrir l'ensemble des conditions que nécessitent la formation et le développement des glaciers actuels.

J. D. 52. Deux caractères essentiels aux phénomènes erratiques du nord de l'Europe. — Deux caractères essentiels spécifient les phénomènes erratiques du nord de l'Europe , et les distinguent de ceux des Alpes et des Pyrénées :

l"* Leur développement principal a eu lieu non au sein d'une région montagneuse, mais sur des surfaces plates, ondulées, mamelonnées, et jusqu'à des distances de plus de 300 lieues des hautes montagnes (en Finlande) .

2^ Dans beaucoup de régions , ainsi dans la partie de la Suède qui est située au midi du 64® degré de latitude, et dans certaines parties de la Finlande, le mouvement général des agents erratiques ne s'est pas fait dans le sens des pentes suivant lesquelles coulent les fleuves actuels, mais dans un sens oblique ou presque transver-

sal, et souvent il a eu lieu en remontant; nous allons citer pl> sieurs exemples de mouvements ascensionnels sur des distances considérables.

J. D. 53. Difficultés relatives au développement des glaciers en Stud* et en Finlande. — Jusqu'à présent on n'a observé de glaciers qor dans des régions montagneuses ; cependant des géologues fort distingués , et entre autres M. de CViMiieittler, prétendent que les montagnes ne sont pas nécessaires à la formation des glaciers : ( " n'est , suivant lui , que leur climat froid , neigeux et pluvieux qui ttermine la formation, le développement et le mouvement des glacim» Mais cette manière de voir me parait incompatible avec les faits q^ j'ai observés dans les contrées boréales : ainsi sur le plateau de Fil Cherry (ile de l'Ours), à l'ile d'Amsterdam , à l'ile des Danois etc.. qui se trouvent à peu près à la limite des neiges perpétuelles , on u: voit pas de glaciers^ bien que leur climat puisse être pris pourt\]: des climats insulaires ou maritimes , bien qu'il soit aussi neigeux d aussi humide que celui d'aucun lieu du monde ; ces iles ont ce[tcdant une assez grande étendue , et il s'y trouve même des cimes qu! ont jusqu'à 300 mètres de hauteur (à l'ile Cherry). Dans mon dernier voyage en Norwége j'ai encore eu l'occasion de me convaîDtr

que sur les terrains plats on ne voit pas de glaciers susceptibles de se monvoir et .i transporter au loin des débris de roches, que la présence de SOmmités isol'é^

est même insuffisante pour leur formation, et qu'elle n'a li:u que là où se trouve un groupe de rochers ou un massif décou[.' en plusieurs parties laissant entre elles des gorges ou des impressions. Les glaciers étant dans l'origine d'épaisses accumulations de neige qui, en descendant vers des zones atmosphériqjr' de plus en plus chaudes , se changent peu à peu en glace f >' rimbibition de l'eau et la congélation % il est évident que des gûi^^^ environnées de pics , et emmagasinant toute la neige qui tombe autour d'eux, et qui glisse suivant les pentes du terrain, de m^s.^ que l'eau pluviale et celle provenant de la fonte superficielle, c-^ gorges doivent offrir les conditions les plus favorables à la formaii.: des glaciers. Si la couche de neige tombée pendant l'hiver à la sujface d'un sol plat, et incomplètement fondue pendant l'été^ pouM'

* D. A. Les glaciers en activité nous disent que ce n'est pas de cette nuuiière quùi ^ forment et se développent.

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