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DISTRIBUTION DES FRAGMENTS ERRATIQUES

C'est ce fait remarquable qu'il nous importe d'expliquer. Voyons si nous y parviendrons par Thypothèse des glaciers.

On sait que les plus grandes accumulations des débris transportés par un glacier ne peuvent se former que le long des bords , et qu'on les désigne par moraines (C. 18). Elles se produisent pendant tout le temps que le glacier avance, ou reste stationnaire. Lorsqu'il va en diminuant , les matériaux éparpillés sur son dos ne peuvent pas s'accumuler. Ils tombent à mesure qu'il fond, et se répandent sur le terrain qu'il vient de quitter. Par conséquent, lorsqu'un glacier se retire sans oscillations , il ne peut pas former d'accumulations : il ne laisse sur son lit que des débris épars. * Il va sans dire que non-seulement toutes les vallées du Valais ont été occupées par des glaces jusqu'à une certaine hauteur , mais que toute la portion de la Basse-Suisse dans laquelle on trouve le terrain erratique venant de la vallée du Rhône, a été également recouverte par le même glacier. Par conséquent toute la contrée située entre les Alpes et le Jura , et entre les environs de Getiève et ceux de Soleure , a été lit de glacier.

Il résulte de là que nous ne devons y trouver que des débris épars. Il n'a pas pu s'y former de dépôts accumulés, puisque, comme nous l'avons fait voir plus haut, le glacier s'est fondu dans la Basse-Suisse sans éprouver d'oscillation. De plus, il n'y avait pas là de moraines superficielles (C. 20) dont les débris, venant à tomber sur le lit du glacier, eussent pu donner lieu à des bandes. En effet , il n'a pas pu y avoir de ces sortes de moraines dans la Basse-Suisse, parce qu'elles ont dû se disloquer aussitôt que le glacier, ayant quitté la vallée, a eu atteint la plaine, où, n'étant plus gêné dans son mouvement latéral, il a pu s'étendre librement à droite et à gauche. Les débris de ces moraines superficielles , se répandant ainsi sur la surface du glacier, n'ont pu former, lors de sa fonte, que des dépôts éparpillés. Cet énorme glacier se terminait au Jura, contre lequel il s'appuyait; la moraine frontale (C. 18) a donc dû se déposer sur le flanc de cette chaîne de montagnes. Par conséquent il n'est pas étonnant d'y rencontrer une accumulation de débris plus considérable, que dans aucune autre localité située entre les Alpes et le Jura. Nous indiquerons plus loin (C. 80) la cause pour laquelle le glacier s'est plus élevé en face

32 PHÉNOMÈNES EtltUTlOUES DANS LES ALPES.

de la vallée du Rhône que partout ailleurs, et y a déposé une quantité plus considérable de débris que sur les autres points du tlanc du Jura (C. 80 n.).

La cause pour laquelle on ne trouve pas de fragments erratiques dans la vaste plaine qui s'élend depuis le lac Léman jusque près du défilé de Saint-Maurice, est facile à concevoir. En effet, tout indique que cette plaine n'a été formée que par le remblai d'une portion du lac qui jadis s'étendait jusques à peu de distance de ce défilé , et qui a été comblée tant par les débris erratiques que par le diluvium, comme nous le ferons voir plus loin (C. 84). Il résulte de là que le terrain erratique ne manque pas dans cette plaine , mais qu'il y est entièrement enseveli dans le diluvium , et recouvert par l'alluvium qu'ont déposé le Rhône et les divers torrents qui s'y jettent dans cette localité. La preuve évidente que ce terrain ne manque pas dans la contrée, est fournie par les dépôts erratiques qu'on trouve sur les buttes de monticules de cette plaine, par exemple sur les buttes de Saint-Triphon et de Charpigny, et sur le monticule appelé le Montet. On rencontre aussi beaucoup de ces débris le long des bords de la plaine, mais seulement dans les localités où la faible pente des montagnes qui la bordent, indique que le lac n'a pas été profond.

Notre hypothèse explique également pourquoi le flanc de la montagne qui fait face à l'entrée d'une vallée latérale, ne présente pas de débris venant de cette vallée. En effet , le glacier de la vallée latérale a été empêché par celui de la grande vallée de traverser cette dernière ; par conséquent il n'a pas pu atteindre le flanc de la montagne qui lui faisait face , et y déposer des débris. Cet accident se présente fréquemment dans nos glaciers actuels. Ainsi, par exemple, dans les environs de Zermatt^ les glaciers à! Ob-dem-See , deSchwarzi, de Klein-Triftig ^ et de Gros-Triftig ^ descendant du massif du Mont-Rose y viennent tous rejoindre le grand glacier de Gomer par son côté méridional. Les trois derniers y aboutissent à angle droit. Mais les débris qu'ils charrient ne traversent point le glacier de Gomer; on en chercherait donc en vain sur son bord septentrional c'est-à-dire sur le flanc de la montagne de Eiffel qui fait face à ces glaciers. Ces débris donnent lieu à des moraines superGcielles, remarquables par leur régularité, et qui, parfaite-

ment parallèles entre elles et à la direction longitudinale du grand glacier, s'étendent jusqu'à son pied sans le traverser nulle part.

C. 53. Nous allons maintenant indiquer la hauteur à laquelle le Hntenr où •uêini lo terrain erratique s'élève sur les flancs des montagnes, tant dans les **^" «"«««i»»- Alpes que sur le Jura.

Si nous commençons notre recherche par l'extrémité supérieure sitrémité npiMnn du Valais , connue sous le nom de vallée de ConctieSy nous trouvons viiiée de conchei. des débris erratiques déjà dans la région des glaciers , où ils se confondent avec les moraines et les lits de glaciers.

La limite du terrain erratique ne devient distincte que dans les ^" •' ^"*" "-"

, r\/\rk ^ biMin» de Brigue,

environs de Lax et ajEmen , où elle est à environ 909 mètres au- viége. sion etMertidessus du Rhône. Vers le bassin de Brigue^ elle descend peu à peu «"yjusqu'à la hauteur de 812 mètres. Elle conserve à peu près cette élévation jusqu'au-dessous de Martignyy car c'est à JSiVcAen , audessus de Viége y kAyent, au-dessus de Sion, à Revoièrey au-dessus de Martigny, que nous trouvons les débris les plus élevés. Mais dès cette dernière ville , la vallée se resserrant derechef un peu , les débris erratiques ne tardent point à s'élever davantage sur les deux côtés de la vallée; au-dessus d'Âlesse ils atteignent presque à 974 mètres d'élévation. Ils se conservent à cette hauteur jusqu'aux montagnes de Morcle et de Saint-Maurice, où, la vallée venant Morde. saint-Mwà s'élargir considérablement, la limite de ce terrain descend rapide- ™* '^'"J"*^^^^^^^ ment. En effet, déjà au-dessus de VérossaZy à Chessières et entre mw. cheieupuytu. Nère et les Quaonvaz (au-dessus de Monlhey)^ elle n'est plus qu'à^*'~*"' 747 mètres au-dessus du Rhône. Elle se maintient à cette hauteur, des deux côtés de la vallée , jusqu'au bassin du lac Léman. Là , sur la rive droite elle s'élève presque tout à coup aux chalets de la Playau au-dessus de Vevey h 847ni,8*, tandis que sur la rive gauche , aux rochers de Mimise , elle descend jusqu'à 650 mètres. De là, continuant toujours à baisser, elle atteint le niveau du lac à quelque distance au delà de Thonon.

Dans les vallées latérales du Rhône , le terrain erratique se pré- ▼•»*•• sente de la même manière que dans la grande vallée. En effet, vers leur naissance et en général dans toute leur partie supérieure , le

*G. Les chalets de la Playau sont à 1222 mètres au-dessus de la mer, d'après les mesures barométriques de M. BMsp.

Si PHÔ0]fÈ5ES ERRATIQUES DA5S LES ALPES.

teiraio erratique atteint les glaciers, et se coorond avec les moraines et les lits de glaciers. Ce n'est qu'à mesure qu'on s'éloigne des hantes montagnes et qu'on s'approche de la grande vallée, que l'on troure quelque r^larité dans la manière dont le terrain erratique se termine sur le flanc des montagnes.

Ainsi y la Umite du terrain erratique de la vallée d'Entreroont ne commence à prendre un certain niveau qu'au-dessus à'Orsières. Là , jtfnmtrmiqwemrelle s'élèvc SUT la moutaguc de Plan-y-Beuf {C. 50) à 877 mètres ^»^r!^7 .^,^ au-dessus du sol de la vallée. De là, elle baisse peu à peu en M-i^rmm 4« mj 4e b s'approcfaant de la grande vallée , à la rencontre de laquelle elle

se trouve à 812 mètres au-dessus du Rhône. Celte même disposition se reproduit près de Stalden dans la vallée de la Viége, où s'opère la jonction de cette dernière vallée avec celle de Saas. TE. Pi*. 4« 8i«i- La limite du terrain erratique s'y trouve à 812 mètres au-dessus de dehriéfe. Id Viége, et se maintient à cette hauteur jusqu'à la grande vallée. i«r<«M. nijé« Dans la vallée de FAvançon, cette limite se rencontre sur la mon-

'^"'" tagne de Jorogne à 747 mètres au-dessus du sol de la vallée.

Enfin quant au Jura, la limite du terrain erratique y décrit une

courbe dont le sommet se trouve en face de la vallée du Rhône , sur

le flanc méridional de Chasserons à une élévation, qui, d'après

les mesures de M. deBuelty est de 1007 mètres au-dessus de la

plaine. Les extrémités de cette courbe atteignent la plaine , l'une du

côté de Soleure^ l'autre du côté de Gex. Si nous suivons la limite

TE.im ra bcadu tcrralu erratique dès le Chasseron en npjus dirigeant vers l'est,

mu^it^n*?^ "^"^ trouvons que , jusqu'à MorUbourgel, elle se maintient en géné-

■ièiM«tiiHi4>iMtd«bral à la hauteur indiquée. Là elle commence peu à peu à descendre

piâîM. gjj passant au-dessus de Bonvillars, de CorceUes et de Concise,

d'où , en contournant le Mont (TAubert , elle se dirige contre Moutrus et Provence. Au-dessus de ce dernier village, elle atteint presque les Prés Mourons au faite du chaînon de montagnes qui sépare le bassin Axx lacde Neuchâtd du val de Travers. Mais elle ne le dépasse ni là ni dans aucune autre localité entre Bullel et Boudry.

C'est à Boudry que le val de Travers débouche dans le bassin du lac, et c'est par conséquent près de ce bourg que les débris erratiques sont entrés dans cette vallée et y ont pénétré jusqu'au-dessus

de Couvel el deMotiers. Au Chaumontçvès deNeuchâlel, la limite Temin tmtiipia « de ce terrain est, d'après M. de Bueit, à 119^ fi au-dessus du lac. î^^"!!^»^^^^

nous apprend qu'il y a encore des blocs erratiques ï»c de Nenehâtei.

sur le revers septentrional du Chassei^al à 4100 el même à 4200 mè- ch.Me«i t. e. eis

t y nrrv « 1 wj r- i * ^^^ mêles au-dee-

tres au-dessus de la mer, par conséquent a 650 et même à 715mè-^,„d„i,çdeNeuchitres au-dessus du lac. Cette limite n'est du côté d'Orvin qu'à 227m,4. t«i. De là, elle descend peu à peu en passant au-dessus de Bienne, de Grenchen, et par Oberdorf, d'où elle atteint bientôt la plaine audessous de Soleure.

Reprenons maintenant notre limite à son point culminant sur le Teminemtiqnenir revers du Chasseron , près de BuUet^ el suivons-la du côté de l'ouest. vmro'ue«t. De BnUet DeBullet, elle se dirige vers Sainte-Croix y sans cependant atteindre * stime-croix . 975 ce village, et, à plus forte raison, sans s'élever jusqu'au col de "^*^|^^7deVugn" Nervaux, qui sépare le vallon de Sainte-Croix du val de Travers, ci? mètres ao-deMus Les galets de roches alpines que l'on trouve entre ce village et ce^° ^^^ ^® '^*'**'"^^ col, appartiennent audiluvium. Conservant une élévation d'environ 975 mètres au-dessus du lac de Neuchâtel, elle passe de là audessus de BeaulmeSy de YAbergement, de LigneroUes et deBallai- (jfues jusqu'au-dessous du village de Jougne, où elle n'est plus qu'à 647 mèlresau-dessus de ce lac , soit 683n»,4f au-dessus du lac Léman. A l'ouest de Jougne, les débris erratiques entrent dans la petite vallée de Vallorbe , mais ils ne pénétrent pas jusqu'au fond. Us ne dépassent guère la Jougnenaz^ torrent qui vi^nt du vallon de Jougne. Cet accident est fort remarquable et nous tâcherons de l'expliquer plus tard (G. 80 a). Depuis la vallée de Vallorbe, la limite du terrain erratique passe sur les monts de la Bretonnière^ à la hauteur de Premier, au-dessus de Bomainmotiers et deJuriens. De là plus à l'ouest, elle suit le premier plateau, qui longe le flanc du Jura au-dessus de la Praz, de Mont-la-ViUe , de Bière, jusque près de Saint-George. De Jougne à Saint-George elle a baissé de 445 mètres , i. b. jongne à car près de cette dernière localité sa hauteur n'est plus que de *"»»-<^~'»«» *«8-.4

' r ^ aa-deinu da lac Lé-

568™,4 au-dessus du lac Léman. Elle continue à descendre sous man. ▲ Anier. seo Arzier, et, à peu de distance au sud de Givrins, elle n'est qu'à "*""•• ^"**^*''^* 260 mètres au-dessus de ce lac. Mais de là elle remonte rapidement mitres et descend raet atteint, près des Chalets du Baule au-dessous de laDdfe, uneP'^*"""'^*"*'^'^' élévation d'environ 650 mètres. Elle ne se maintient pas longtemps à cette hauteur, elle descend rapidement vers la plaine du pays de

Gex y oit elle est effacée par le mélange qui s*y opère entre les débris erratiques et le vaste dépôt de diluvium qui longe le pied du Jura dès le lac de Neuchâtel jusqu'au Fort-de-V Écluse.

Les débris erratiques les plus élevés sur les flancs des montagnes ont élé déposés à l'époque d'un grand développement des glaciers diluviens. Ces dépôts ne sont autre chose que les moraines que ces glaciers ont formées lorsqu'ils avaient acquis leur plus grande épaisseur. Par conséquent, l'élévation de ces débris nous indique le maximum de l'épaisseur de ces glaciers. Ainsi , TeiTtiiiefTtiiqa* de- depuis ^Hi^n, dans le Haut-ValaiSy jusqu'à Brigue y le glacier pou fmen joaqo^fc ^ ^^ conslammcut 910 mètres d'épaisseur, car c'est la plus grande

«,9IOiiiètret(

hMteor. hauteur où l'on trouve les débris erratiques sur les flancs des

Tmtin «ritikia* moutagnes qui bordent la vallée. Mais à Brigue y la vallée venant

M^^^^^. i s'élargir, le glacier a dû s'élargir égalemeni , ce qui l'a fait diminuer d'épaisseur. En effet, dans les environs de ce bourg, les débris ne s'élèvent qu'à 840 mètres au-dessus du Rhône, De là jusqu'à Martigni/y la vallée conservant une largeur sensiblement égale, le glacier n^a pas varié non plus dépaisseur, car dans tout ce trajet, qui est cependant de 17 lieues, les fragments ne montent guère à plus de 810 mètres au-dessus du sol de la vallée. Entre

rnTÊmnnûqa9 9n- j^fartigny et Saint-Maurice y la vallée se resserre derechef, et le 975*'.^] glacier, en se rétrécissant, a dû augmenter d'épaisseur. Aussi

dthavtear. etiive CCS dcux vilIcs , la limite du terrain erratique se trouve pres-

que à 975 mètres au-dessus du Rhône. Mais à peu de distance en T. B. SttM.Mao-aval de Saint-Maurice y la vallée s'élargit considérablement, et

îTuIir^Twlè^^^'^s^^^'® ^^^ évasement jusqu'au bassin du lac Léman. Celte cîrbtt d« kMtoar. constance a dû produire une diminution dans l'épaisseur du glacier, et en effet les débris les plus élevés des deux côtés de la vallée ne sont qu'à 750 mètres au-dessus du niveau du Rhône. T. B. BtMia do ke Après avoir atteint le bassin du lac , le glacier a bientôt rencontré "/J^*" le plateau du Jorat qui, gênant sa marche progressive , l'a fait augmenter d'épaisseur du côté de l'est, où la chaîne des Vcrreaux l'empêchait de s'étendre latéralement. En effet, il s'y est élevé jusqu'à la hauteur de 845 mètres, comme on le reconnaît par les débris qu'il a déposés sur la montagne de la Playau. Mais vers l'ouest s'ouvrait le vaste bassin du lac où aucun obstacle ne gênait le mouvement latéral du glacier ; il s'est donc étendu de ce côté en dimi-

Duant d'épaisseur, de manière qu'au delà de ThonoUf son bord latéral est descendu jusqu'au bord du lac. Lorsqu'une fois il a eu dépassé le plateau du Jorat, le glacier n'a plus trouvé de montagnes à franchir jusqu'à la rencontre du Jura, qu'il a atteint entre Vinttebœuf et BonviUars. Cette chaîne de montagnes a opposé une barrière infranchissable à son mouvement progressif. Il a dû "««me fronuie k

9r •. 1 iâ*jiri/VA ^7*^ mètres an-doMUf

s opérer sur ce pomt une grande accumulation de glace. En effet, ^^ ^ç ^^ weachàiei le glacier y a gagné une épaisseur suffisante pour déposer sa moraine frontale à 975 mètres au-dessus du niveau du lac de Neuchâtel. Cependant le long des bords latéraux, ne rencontrant aucun obstacle, il s'est considérablement élargi, et il a en même temps diminué d'épaisseur. De cette manière, le glacier étant parvenu au maximum de son développement , son bord frontal et par conséquent la moraine terminale qu'il a déposée, ont décrit sur le flanc du Jura la courbe surbaissée que nous y présentent aujourd'hui les limites du terrain erratique (C. 52).

Le mode de mouvement des glaciers nous explique facilement la piu grande acpourquoi c'est au sommet de celte courbe, précisément en face de ^"""^^^^ dlb!^ la vallée du Rhône ^ que se trouve la plus grande accumulation de lée do Rhône. débris. C'est parce que cette localité est exactement l'endroit vers lequel a dû se diriger le mouvement longitudinal du grand glacier, à partir de Martigny. Ce mouvement a dû être plus considérable que le mouvement latéral, tant que la largeur du glacier dans la plaine de la Basse-Suisse n'a pas égalé la distance de Martigny au Jura. Cette largeur n'esf devenue égale à cette distance que lorsque les bords latéraux du glacier ont atteint d'un côté le lac de Sienne , et de l'autre les environs de Nyon. Comme c'est dans la direction de leur mouvement longitudinal que les glaciers transportent toujours le plus de matériaux , nous ne devons pas être surpris de trouver les plus grandes accumulations de débris précisément en face des vallées qui débouchent dans le bassin de la Basse-Suisse, car ce n'est que dans le sens de la direction des vallées que le mouvement longitudinal peut avoir lieu.

Enfin, l'hypothèse des glaciers nous rend également raison de ce Le terrain erratique fait remarquable, que la limite du terrain erratique, au lieu je •**•»' '*•»*''•""

7 T » ohaleU du Boule.

continuer à descendre du côté de l'ouest, se relève assez brusquement près de Givrins, pour atteindre une hauteur de 750 mètres

aux chalets du Boule , depuis où ^ baissant derechef, elle se perd ensuite dans la plaine, se mêlant avec le diluvium et se confondant avec les débris erratiques sortis de la vallée de VArve. La cause de cet accident parait être due à la rencontre du glacier qui a débouché de cette dernière vallée et qui , empêchant celui du Rhône de s'étendre davantage dans une direction horizontale, l'a forcé à se dilater de bas en haut^ c'est-à-dire d'augmenter en épaisseur. Celte anomalie ne se trouve pas vers l'est, parce qu'aucun autre glacier de ce côté n'a atteint le Jura et n'a gêné la tendance de celui du Valais à s'élargir dans cette direction.

Mtnura C. 54. Nous devons encore dire un mot de la manière dont le

^^^''i'wlwt.*"" terrain erratique se termine^ c'est-à-dire de la forme sous laquelle

il se présente le long de sa limite. On remarque que ce terrain finit : 4^ Par une digue ou bande.

2° Par un dépôt éparpiUé.

3^ Par un mélange avec les débris évidemment déposés par les glaciers.

A^ Par un mélange avec le diluvium*.

Le terrain erratique se termine ordinairement de la première manière sur le flanc des montagnes, à moins toutefois que le degré de pente ou les torrents n'aient mis obstacle à une accumulation

DiffttM ou bandM. dc débris. Lorsque ces digues ou 6anc{e5 rencontrent une dépression dans le flanc de la montagne, ou quelque vallon, elles sont rompues ou disloquées par les eaux , et forment fréquemment ce genre de dépôt que nous avons décrit (C. 49) sous le nom de dépôt stratifié.

Mpduépwpuut. La seconde forme se présente aussi bien sur un terrain en pente

que sur un sol plat. On la rencontre fréquemment sur le flanc du Jura.

Mèiui* Nous avons déjà dit que , dans les hautes régions des vallées des

do terwin erfttiqM Alpcs , Ics débris crratiqucs se mêlent avec ceux que les glaciers ont

déposés, de manière qu'on ne peut plus les distinguer les uns des autres, ni reconnaître la limite entre ces deux sortes de dépôts. On ne saurait donc indiquer, ni où l'une cesse, ni où l'autre commence.

* D. A. Terrain remanié par les eaux (par érosion).

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