‹ Matériaux pour l'étude des glaciers (volume 3)Chapitre 143 sur 216 · NATURE DE LA GLACE · texte numérisé non relu

NATURE DE LA GLACE

€ SOUS mes pieds à plusieurs reprises ; en même temps je vis qu'il cse fendait. La. fente s'avançait souvent de 10 à 20 pieds (3 à 6 c mètres) dans un instant; je pouvais à peine la suivre. Parmocments elle semblait vouloir s'arréLer; ou bien sa progression tt élait fort lente ; puis la masse entière paraissait frémir, et la fente € courait plus loin. Plusieurs fois je la devançais pour pouvoir me c coucher sur le glacier à l'endroit où elle devait passer. Une fois «je fus violemment ébranlé et la glace se fendit sous moi. Je suivis € ainsi la crevasse pendant un quart d'heure jusqu'à une moraine c centrale où elle s'arrêta. Sa largeur était d'un pouce et demi c(40 millimètres); la surface intérieure , rude, inégale, laissait

< voir des cristaux de glace en partie rompus, en partie désagrégés ;

< sa profondeur ne dépassait pas 4 à 5 pieds (1°i,30 à lin,60). Quel-

< ques jours après je visitais de nouveau le glacier ; la fente avait c6 pouces {(y^yiQ) de large et sa profondeur était considérable. € Une nouvelle fente parallèle à la première et profonde de 6 pieds c (2 mètres) s'était formée pendant mon absence ^»

C. M. 15. Nature de la glace. — La glace dont se composent les Nature glaciers du Spitzberg rappelle en tous points celle des glaciers su- *** '"^^"'.^^^^^^^ périeurs des Alpes. A la surface elle est ruguefise , inégale ^ jamais glissante. Les crevasses sont souvent teintes du plus beau bleu d'azur , de même que les cavités des glaces flottantes qui en proviennent. Celles-ci paraissent quelquefois striées. En les examinant de près, on reconnaît que cet aspect est dû à une multitude de petites bulles d'air allongées et piriformes. Dans d'autres glaçons ces bulles sont arrondies. Be i^auiisiupe* et Scoresliy' ont fait des observations analogues. Cette glace n'est point formée par la réu- LMcri.i«nxdegi.oe nion de cristaux ou de fragments intimement unis comme celle des «J" «•■«•« <»'™î»«'"»

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glaciers de la Suisse, nn. Hagi ^ et KemtE ^ qui les ont très- quon remonte le «i.bien décrits , insistent tous deux sur cette particularité que ces "" **'"• **■ ^'p"cristaux diminuent de grosseur à mesure qu'on remonte le glacier. Ils disparaissent tout à fait dans la région des mers de glace. Il ne faut donc point s'étonner s'ils n'existent pas dans la glace du Spitz-

* Ko^ , loe, et7., p. 851.

* Loc, cit., § 5S5.

*Loe. dL, t. L, p. 341*.

' UhHmch der Météorologie^ t. II , p. 160. 1882.

berg. Toutefois j'ai observé à Bell-Sound et à Hagdalena-Bay des ForaulUoni formations cristallines très-singulières. A Bell-Sound c'était sur les

cruUllinet siagolièrec.

bords d'une petite rivière; à Magdalena-Bay, près d un faible ruisseau , entre le glacier de la Pointe aux tombeaux et la mer. Ces deux endroits étaient parfaitement plans et recouverts d'une coucLe peu épaisse de glace et de neige. Çà et là on rencontrait certaines places de plusieurs mètres carrés, en général un peu bombées, et qui étaient entièrement pavées par des prismes placés verticalemest les uns à côté des autres. Leur longueur variait entre 14 et 30 centimètres. La plupart avaient 1 à 2 décimètres. Leur diamètre était de 1 à 2, rarement de 3 centimètres. Leurs surfaces supérieures étaient parfaitement de niveau. Presque tous se rapprochaient , pi: la forme, de celle d'un prisme à base carrée ou hexagonale; mais leurs faces et leurs arêtes étaient inégales et mal accusées. ÉiaDt simplement juxtaposés , quoique très-serrés les uns contre les autres, ils tombaient d'eux-mêmes dès que la brèche était faite. Ce^ prismes ne reposaient pas sur la terre, mais étaient implantés dans la masse de glace dont nous avons parlé. A Bell-Sound, mon ami m. BraTAls a observé deux étages de semblables cristaux suptrposés l'un sur l'autre et séparés par un plan de glace ; l'étage inf-^rieur, moins régulier, se composait d'aiguilles plus confuses*. La glace de ces prismes était légère et remplie de bulles d'air; sa couleur souvent azurée. Ces réunions de cristaux de glace se trouvaient dans les plaines parfaitement horizontales, où l'eau séjourne et imbibe lentement la neige qui recouvre le sol. Leur formation peut s'expliquer (en la comparant à celle des sels cristallisés qu'on lais5^ séjourner longtemps dans leurs eaux mères) par la juxtaposition successive de nouvelles particules de glace chaque fois que la neige fondue passe à l'état solide , ou plus simplement par des effets de retrait analogues à ceux auxquels les basaltes doivent leurs formtn régulières. Les cristaux de glace qui entrent dans la composition des parties les plus déclives des glaciers helvétiques, atteignent souvent la grosseur d'une noix sur une longueur de 54 millimètres '.

explique leur origine de la même manière '.

* Le colonel SmtÊuÊom a observé des cristaux semblables sur la Neva (\*oy. Joumsi of ihe royal geographical Society, vol. V, p. 19. 1835. '■«si) loc. cit., p. 341.

' Vorlesungen iiber Météorologie, p. 261. 18i0.

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