‹ Matériaux pour l'étude des glaciers (volume 3)Chapitre 144 sur 216 · MORAINES ET BLOCS ERRATIQUES · texte numérisé non relu

MORAINES ET BLOCS ERRATIQUES

C. M. 16. Les glaciers du Spitzberg sont dominés par des mon- Homines (agnes presque verticales , dont les sommets se composent de blocs *' **" *"*«»q"*« qui ne sont point intimement unis entre eux , parce que Teau provenant de la fonte des neiges les a séparés au moment de sa congélation. Aussi leurs flancs sont-ils couverts d'un nombre immense de débris.

Entre l'extrémité inférieure du glacier et la montagne il existe souvent un intervalle , un petit vallon, au fond duquel coule un faible ruisseau. Le grand glacier de Bell-Sound était séparé de chacune des chaînes latérales qui l'enclavaient, par un des vallons. Au nord du glacier terminal de Magdalena-Bay , un ruisseau coulait entre la moraine et la montagne. Ceux de l'Entrée et de la Pointe aux tombeaux s'appuyaient des deux côtés sur les montagnes environnantes, excepté par leur extrémité inférieure, qui les débordait un peu.

Les voyageurs qui nous ont précédés n'ont pas porté leur atten* tion sur les blocs de pierre qui peuvent se trouver à la surface des glaciers. Voici ce que j'ai observé à cet égard.

Le glacier principal de Bell-Sound était seulement souillé de terre sur ses parties latérales. Ceux de Magdalena-Bay étaient tous les deux couverts de pierres à leur extrémité inférieure. Ces pierres occupaient environ la huitième partie de la largeur du glacier terminal ; mais il n'y en avait pas au milieu y ni sur celui-ci ni sur aucun autre. Non-seulement on observe des blocs à leur surface supérieure, mais on les trouve encore enchâssés dans la glace*. J'en on ne iroove pti d« ai compté un assez grand nombre sur toute la hauteur des murs la- l'a^'^acrà ii*l?nte û"! téraux des deux glaciers principaux de Magdalena-Bay, mais jamais minaie. je n'ai pu en découvrir sur la face qui regarde la mer. Je ne puis pas croire qu'il en existe, car j'ai passé des heures entières devant

* D. A. Au glacier inférieur de l'Aar, à la pente terminale , nous voyons beaucoup de blocs et galets ou sable ench&ssés , enfermés , emprisonnés dans la glace à différentes hauteurs, qui, par l'ablation, la fonte, la diminution de surface de la glace, sont dé^ Ç^^^ gUssent sur la pente et roulent au bas du talus, comme leurs confrères qui se trouvent sur le dos du glacier et qui manquent de base par ablation. Le glacier de TAar ne fait pas exception : tous les glaciers à long parcours , chargés de matériaux et crevassés, offrent des spécimens semblables. Ces matériaux, placés primitivement sur la surface du glacier, sont tombés accidentellement dans des crevasses profondes; ces crevasses se sont refermées, et l'ablation n'a pas été assez forte pendant la marche du glacier pour les mettre à jour.

les glaciers des deux baies que nous avons visitées , pour des expériences de températures sous-marines. J'ai pu voir ainsi un grand nombre de coupes comprenant toute l'épaisseur du glacier , à mesure que celui-ci s'écroulait dans la mer. Afin de m'assurer do fait, j'ai longé en canot le glacier de Magdalena-Bay, je suis entré dans les petites criques formées par l'éboulement des glaces , et nulle part je n'ai vu de blocs ni même de sable dans l'épaissear de la glace : partout elle était parfaitement pure et transparente. Avant d^ passer à l'explication de ces faits , examinons d'abord comparative ment comment les blocs erratiques se comportent sur les glaciers de la Suisse.

Tous les géologues sont d'accord pour affiirmer qu'on ne Toi: point de blocs à la surface des glaciers supérieurs (Fime). Sani doute, le hasard peut y faire apercevoir quelques blocs isolés qni viennent de rouler des hauteurs voisines ; mais jamais la surfa.> entière ne disparaît sous une couche de pierres et de sable, comme on le voit sur les glaciers inférieurs. La raison en est facile à comprendre. Quand un bloc tombe sur un des glaciers supérieurs , il s'enfonce dans la neige ; comme celle-ci ne fond jamais entièrement, mais se convertit en glace et se recouvre de couches successive de neige nouvelle , il en résulte que le bloc est bientôt enterré dani la glace. Mais le glacier ayant un mouvement de progression continu y descend incessamment dans la plaine ; et tandis qu'il marche sur une pente plus ou moins inclinée , le bloc marche horizonulement, et se trouve bientôt à la surface du glacier. Telle est du moins l'explication donnée par H. or. de caiarpcnticp^ De là Texistence d'un grand nombre de moraines centrales (moraines médianes , Gufferlinien) qui sont la réunion des moraines terminales de plusieurs glaciers convergents en un seul, et qui rejettent i leur surface les blocs qu'ils transportaient dans leur sein.

Mais, dira-t-on , personne en Suisse n'a jamais vu ces blocs de piem codùscs dans r épaisseur des glaciers supérieurs'; cela est vrai. Mals On Oublie que Ic5

' GilberVs AnnaUn der Phyaik, t. XUU , p. 388. 1819.

* D. A. Les matériaux qui tombent sur les surfaces des petits glaciers supérieurs naer, souvent sur la surface du névé qui les couvre, ou bien tombent dans une crerase jo fonde, ou bien , s'arrêtant là dans des parties moins abruptes par rablation. la kmie ^ la surface, ils se trouvent dégagés et roulent sur la pente avec une vélodlé tnè»>

Page 1