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BLOCS ET MORAINES

glaciers supérieurs de la Suisse s'appuient des deux côtés de la montagne , et ne permettent pas d'examiner leurs parties latérales dans toute leur hauteur. Ceux du Spitzberg, au contraire » se dégagent des montagnes environnantes en s'avançant sur le rivage , et l'on peut étudier leurs flancs aussi bien que leur surface.

Quelques savants, HoAnami^ entre autres, soutiennent encore l'opinion émise jadis par de BiMimnire. c Gomme les vallées , dit ce grand observateur', ont toutes plus ou moins la forme d'un berceau , que leurs fonds sont plus excavés que leurs bords , les glaces se resserrent et se pressent vers le milieu des vallées : celles qui sont sur les bords s'éloignent de ces bords , glissent vers le point le plus bas , et entraînent avec elles , vers le milieu des vallées , les terres et les pierres dont elles sont couvertes. »

Qu'on adopte l'une ou l'autre de ces deux théories sur l'existence des blocs de pierre au milieu des glaciers , qu'on les considère comme des moraines centrales ou comme des blocs erratiques transportés transversalement du bord vers le centre du glacier, peu importe, car il est facile de prouver que ces blocs ne sauraient chemimer ainsi sur les glaciers du Spitzberg. A ceux qui regardent comme des moraines centrales les blocs situés au milieu des glaciers , je dirai que les mers de glace du Spitzberg sont rarement formées de la réunion de plusieurs petits glaciers convergents. Placées au fond des baies, elles reposent sur un amphithéâtre de montagnes parfaitement fermé; par conséquent elles ne sauraient avoir de moraines centrales (moraines médianes). Cependant le glacier du fond de Magdalena-Bay est formé de la réunion de cinq petits glaciers secondaires , mais ceux-ci sont très-courts et les sommets qui les dominent peu élevés. Il en résulte que peu de pierres tombent sur ces glaciers supérieurs : inférieurement, au contraire, la montagne se dégage du glacier , et tous les blocs qui roulent sur ses flancs tombent sur la glace.

Les partisans de l'explication donnée par de Bmnmiiire trouveront aussi des arguments dans les phénomènes des glaciers du Spitz-

Cprande ; ce sont de vrais projectiles qui cassent bras et jambes. Jamais guide ni glacialiste n'aborde les petits glaciers que le matin de bonne heure, par une température froide et la surface du glacier gelée.

* Physikalische Géographie ^ t. !•% p. 287.

*Loe. cit., § 637.

berg. En effet , ceux-ci ne fondant pas par leur surface inférieure , ainsi que j'essaierai de le prouver , il en résulte qu'ils ne s'excavenl pas en dessous , et que la cause principale de l'affaissement dont parle de SauMraire n'existant plus par conséquent , les blocs ne sauraient ôtre transportés ainsi perpendiculairement à l'axe du glacier. N'oublions pas que le point le plus déclive de ces mers de glace correspond à la ligne qui sépare les glaciers supérieurs des glaciers inférieurs de la Suisse. Or c'est précisément à ce niveau que le^ blocs commencent à se montrer sur la surface des glaciers alpins, par exemple à la partie supérieure du glacier inférieur appelé à tort mer de glace à Chamounix. Au Spitzberg, c'est au bord de la mer, plus bas que le point où ils ont été enfouis, mais à la même distance de l'axe du glacier , c'est-à-dire sur ses parties latérales , que les blocs commencent à surgir à la surface. Lei glaciers simples C. M. 17. Eu résumé , Tcxistence des blocs sur les côtés, leur sans.fflueDunontque ^bseuce sur la parlic médiane sont deux faits incontestables *. Il eo

des monunes latérales '^

dans les Alpes et aa résultc quc Ics glaclcrs du Spitzbcrg sont flanqués de moraines laspiuberg. lérales , en général peu élevées et toujours en contact immédiat avec

la glace. Les blocs n'étant placés qtie sur les côtés, sont rejetés à droite et à gauche. J'en ai vu qui étaient simplement posés à la surface : d'autres, à moitié enfouis dans la glace des murs latéraux, faisaient saillie à l'extérieur; d'autres, enfin, roulaient du haut du glacier sur la moraine. Je me rappelle entre autres un bloc de trois mètres cubes au moins , qui était suspendu pour ainsi dire sur la pente fort inclinée du glacier terminal de Magdalena-Bay. Les matelots de la Recherche crurent qu'il suffirait des efforts de quelques hommes pour le faire rouler en bas ; mais ils s'aperçurent bientôt qu il était gelé par sa base sur le glacier, et il fallut le détacher d'abord de la glace avant de le précipiter. Comme il n'y a point de blocs au milieu des glaciers du Spitzberg, ceux-ci n'ont pas de moraines terminales. C'est d'ailleurs au fond de la mer qu'il faudrait les chercher ; mais les profondeurs considérables qu'on trouve dans leur voisinage (64 à 110 mètres) doivent faire rejeter cette supposition.

* D. A. Les glaciers simples, les glaciers qui ne se composent pas de plusieurs alDorflts n'ont jamais de moraine médiane sur le dos ; toutes les roches qui tombent sur k ^ cier des parois latérales donnent lieu à de moraines latérales qui n'ont pas an K^Rf parcours.

Glacier dn Faolhorn (Suissp).

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