GLACIER DU FAULHORN
été, il n'est plus protégé contre les grands froids ni contre les chaleurs. Celles-ci agissent avec d'autant plus d'efficacité que , dans celte saison , les rayons du soleil tombent sur le glacier depuis le moment de son lever jusqu'à cinq heures après-midi. Pendant les étés de 1841 et 1842, les températures extrêmes observées ont été — 40,88 et + 13%72 à l'ombre ; et au soleil 15o,80.
La glace, comme on le sait, émet des vapeurs d'autant plus abondantes que l'air est plus sec et plus chaud ^ Aussi les indications hygrométriques ont-elles une grande importance. L'humidité relative des étés de 1832, 1833 et 1841 a été en moyenne de 75,9, ou , en d'autres termes , l'air contenait en moyenne 76 pour cent de la quantité de vapeur d'eau nécessaire pour le saturer. L'air est rarement calme au sommet du Faulhorn , et on sait que son agitation favorise aussi l'évaporalion.
Parmi les causes qui peuvent influer sur la fusion du glacier je
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négligerai complètement la chaleur du sol sur lequel il repose ; car peu d influence .« ie«
M. Sisciioir a fait voir*, en s'appuyant sur des expériences, qu'un ï'»»"»-
glacier ne saurait fondre sous l'influence de la chaleur du sol, quand
la température moyenne de la terre qu'il recouvre est égale à zéro.
Or il a montré que dans les Alpes on trouve déjà cette moyenne à
2002 mètres au-dessus de la mer', et, par conséquent, à 600 mètres
au-dessous de notre glacier. Comme il est d'ailleurs flanqué de deux
grandes masses de neige qui se confondent avec lui et s'étendent à
une grande distance, il faudrait, avant d'agir sur sa face inférieure,
que le sol échauffé fondit d'abord cette couche de neige ; or celle-ci
ne disparait jamais entièrement, même vers la fin de l'été. Le glacier
est donc à l'abri de cette cause de fusion. L'influence de la chaleur
centrale peut aussi être négligée sans inconvénient ; en effet, IH. Élie
de BeMimoiit^ a prouvé, par le calcul , que le flux de la chaleur
intérieure du globe ne peut fondre qu'une quantité de glace très-
' Die Wœrmelehre des Innem unseres Weltkôrpers , p. 103 et 225.
*D. A. 2002 mètres altitude au-dessus de la mer est une altitude trop basse pour la température du sol à zéro.
*D. A. L'eau gelée à TéUt de neige, névé, glace ou glacier s'évapore lorsque lé point de rosée de l'air ambiant est à une température inférieure à celle des matières gelées; mais il y a condensation, augmentation de poids , lorsque le point de rosée est à une température au-dessus de la matière gelée.
*Annaleà des sciences géologiques, juillet 1842 ; ou t. i•^ p. ttSS.
minime y en comparaison de celle dont la fusion est le résultat des agents atmosphériques. Pour que Ténumération de toutes les caost^ fût complète, il faudrait aussi connaître le rayonnement de la gljce comparé à celui du sol ; nous n'avons fait aucune expérience à ce sujet, et je ne saurais tenir compte de cet élément dont l'importance réclame l'attention des géologues et des physiciens.
Tout le monde connaît une opinion très-accréditée parmi les montagnards suisses, et suivant laquelle le glacier rejette tous les corps qui pénètrent dans son intérieur. Cette opinion a été acceptée par les savants, car le fait est incontestable. En effet, d'un côté on voit des pierres , des morceaux de bois , des cadavres , en un mot tous les corps d'une certaine dimension qui tombent oc qu'on ensevelit dans le glacier, remonter en apparence à la surface , et de l'autre , la glace des glaciers est toujours à l'intérieur d'une pureté proverbiale. Plusieurs hypothèses ingénieuses ont été émises pour expliquer celte prétendue ascension des pierres ; on a été jusqu'à douer les glaciers de véritables propriétés vilale.s et on assimilait l'expulsion des pierres à celle des corps étrangers introduits dans l'économie vivante. IHfli. Toussaint #e Cluirpentier^ etlUeinte* furent les premiers qui soupçonnèrent que la fusion superficielle du glacier joue un rôle important dans ce phénomène. Pour arriver à un résultat positif, je cherchai à résoudre ce problème par l'expérience directe, et constatai qu'en été la surface supérieure des glaciers s'abaisse considérablement , par suite d'une fusion et d'une évaporation superficielle. Le. maiériaux en- Q. j|. 2| , Voici Ics expérieuccs qui m'ont conduit à ce résultaL ment dan. le glacier ^c 21 juillct, a uuc hcurc , jc crcusai daus le glacier un puits de rcTicDneDiàUsarf.ce'is ccutimètres dc profoudcur. Une pierre fut placée au fond, puis fonie'dJh .arf«!r° ' Tccouverte avec la glace concassée qui avait été retirée du trou. Le
25 juillet , à 5 heures du soir, ou soixante-six heures après, la pierre était à nu et à 3 centimètres seulement au-dessous de la surface do glacier. Celte première expérience ne prouvait absolument rien, sinon le fait de l'apparition assez prompte à la surface des glaciers d'un corps logé dans leur épaisseur'.
* GilberVs Annalen der Physik, t. XLIII, p. 388. 1809.
■ Einige Bemerkungen iiber die GleUcher {Schweiger's Journal fur ChemieumdPk^, t. XLVn, p. 249. 1833).
' D. À. Apparition assez prompte à la surface par suite de journées chaudes , sereis«s et d'un soleil splendide.