‹ Matériaux pour l'étude des glaciers (volume 3)Chapitre 151 sur 216 · DÉMOLITION ANNUELLE DES GLACIERS · texte numérisé non relu

DÉMOLITION ANNUELLE DES GLACIERS

40 Ces masses étant sans cesse poussées en avant par celles qui les dominent, pourquoi s'arrêteraient-elles précisément au bord de l'eau qui n'oppose aucun obstacle à leur progression?

50 Les profondeurs considérables de la mer , variant entre 32 et 123 mètres, que l'on trouve près de l'escarpement des glaciers, prouvent qu'il est fort éloigné du rivage.

G. M. 28. Il me reste à démontrer que la partie la plus déclive , . .

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des glaciers du Spitzberg s'avance sur la mer , et ne glisse pas sur giisient pa» sar leor son fond, en un mot, qu'elle forme un segment de cercle dont l'arc '°"** ainsi que les deux extrémités de la corde reposent sur le rivage.

io Si les glaciers descendaient dans le fond de la mer, on devrait en rencontrer dont la surface supérieure serait baignée par les flots ; cette surface formerait un plan incliné qui ferait avec celle de la mer un angle plus ou- moins ouvert. Or c'est ce qui ne se voit jamais ; le glacier se termine toujours par un escarpement vertical d'une hauteur considérable.

2^ Lorsque la marée est basse, on ne distinguerait pas un intervalle entre la glace et l'eau , intervalle qui règne tout le long du glacier. Mais, pourrait-on dire , le glacier repose sur le fond de la mer, et le mur vertical qui le termine est seulement creusé au niveau de la surface de l'eau par l'action des vagues. Si cette hypothèse était vraie , on verrait au pied des glaciers des cavités hémisphériques analogues à celles de' toutes les glaces flottantes , où l'on aperçoit toujours la glace submergée au-dessous de la vague qui la creuse. Or il n'en est point ainsi pour les glaciers. La ligne qui termine leur surface inférieure est parfaitement droite, conlinue, horizontale , et par conséquent parallèle au niveau de la mer. Je m'en suis assuré en longeant le glacier de Magdalena-Bay. Je suis entré avec le canot dans les cirques formées dans le glacier même par l'éboulement des glaces , et nulle part je n'ai vu de glace sousmarine.

3** Quand une masse considérable se détache du glacier, elle comprend toujours toute sa hauteur; c'est pour ainsi dire une portion du glacier qui se sépare du reste. Si elle touchait au fond, elle glisserait ou culbuterait seulement; mais on la voit le plus souvent plonger presque verticalement et rester quelques secondes sous l'eau avant de revenir à la surface,

¥ En monlant sur le glacier terminal de Magdalena-Bay, j*ai vo distinctement qu'il était affaissé vers le milieu et fortement concave dans toute la partie qui sm^plombait la mer.

5^ À mesure que le glacier se démolit, Tescarpemenl qui le termine tend à décrire une courbe de plus en plus parallèle à celle du rivage, parce que les parties médianes, qui ne sont pas soutenues, se démolissent les premières.

6» Un autre argument se tire de la hauteur des glaces qui se détachaient des glaciers du fond de l'une et de l'autre baie, et venaient flotter autour du navire. Jamais leur hauteur au-dessus de Teaa n a dépassé celle des bastingages de ta Recherche^ c'est-à-dire environ 4 mètres. Par conséquent la partie plongée sous l'eau ne pouvait avoir plus de 28 mètres, même en admettant la donnée Je H. liyellS celui de tous les savants qui donne le chiffre le plus fort, en admettant que les 7/8 de la glace plongent sous l'eau. Ainsi le bloc de glace le plus élevé n'avait en tout que 32 mètres de haut, élévation qui est précisément celle des deux glaciers du fond de Bell-Sound et de Magdalena-Bay , au-dessus du niveau de la mer. S'ils reposaient au fond il en serait tout autrement. H. Fnctel, enseigne de vaisseau , a sondé par 32 et 64 mètres au pied même du grand glacier de Bell-Sound. A la distance de 80 mètres de celui de Magdalena-Bay j'ai trouvé constamment entre 102 et 123 mètres. En supposant que la base des glaciers reposât au fond de l'eau , il en résulterait, pour Bell-Sound , des glaçons flottants dont la hauteur totale eût été de 80 mètres , savoir, 40 mètres au-dessus et 70 mètres au-dessous de la surface, et alors ils seraient presque tous restés échoués sur le fond, ce qui n'avait pas lieu. A Magdalena-Bâ^ les glaces flottantes auraient eu une hauteur totale de 145 mètres, savoir, 18 au-dessus et 127 au-dessous de l'eau. Elles auraient presque toutes atteint la hauteur de la grande hune du navire, et aucune d'elles n'aurait pu sortir de la baie. Or les glaces flottantes n'échouaient que par des profondeurs de 5 à 10 mètres environ: elles entouraient souvent la corvette, autour de laquelle il n'y ar<iit nulle part plus de 21 mètres de fond. Enfin le reflux les entraînait toutes hors de la baie, et elles passaient dans tous les endroits dont la profondeur était de 15 mètres environ.

HofToMun, Physikalische Géographie^ t. I«r, p. 298.

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