VOUTES DES GLACIERS DE LA SUISSE
70 II est facile de se rendre compte pourquoi les glaciers n'entrent pas dans la mer, si l'on a égard à la température de la surface de Teau en été. A mesure qu'ils descendent (et ce mouvemenl se fait très-lentement), ils se trouvent en contact avec un liquide dont la température, à Bell-Sound, n'a jamais été au-dessous de +1^,45, et en moyenne de + 3o,5. A Magdalena-Bay , le minimum a été de + 0^,9, la moyenne de -4- 1^34. A mesure que la glace est baignée par de l'eau à ces températures, elle fond ; cependant le glacier continue à descendre en s'appuyant sur les deux côtés de la baie. Cela est si vrai que les glaciers qui sont au bord d'un rivage rectiligne ne s'avancent que peu ou point dans la mer. Tels étaient le glacier de l'Entrée à Magdalena-Bay, et le bras méridional V de celui du fond de la baie ; ils ne dépassaient pas le rivage et ne se sont point démolis pendant notre séjour.
Si l'on demande comment il est possible que ces masses immenses restent ainsi suspendues^ je répondrai qu'elles reposent sur les côtés et en arrière sur le rivage, qu'elles tiennent à la partie supérieure du glacier qui s'enfonce profondément dans les terres. De plus , quand la marée est haute , la mer qui vient baigner leur face inférieure les soutient de la manière la plus efficace , à cause de la légèreté spécifique de la glace et de la densité de l'eau salée. Dès que ces dilTérents points d'appui sont insuffisants , les parties les plus avancées et séparées des autres par des crevasses s'écroulent : de là ces éboulements continuels dont nous avons été témoins.
C. M. 29. La formation de ces voûtes de glace qu'on admire à l'extrémité inférieure des glaciers de la Suisse est un phénomène tout à fait analogue à celui dont je viens de parler. Ces grottes n^existent pas en hiver, mais au printemps , dit EiielS les eaux résultant de la fonte des neiges pénètrent dans les crevasses du glacier , puis sortent par son extrémité , et fondent quelquefois une masse de glace de 30 mètres de haut sur 15 à 25 de large. Ces voûtes se soutiennent pendant tout l'été. Les glaciers du Spilzberg ne sauraient durer aussi longtemps; à mesure qu'ils s'avancent, ils s'affaissent et s'abîment dans la mer. De là ces quantités immenses
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des glaciers de la
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{Glrltckerlhor).
* Anleitung die Schwei% %u berei$en , t. III , p. 120.
523 GLACIERS DU SPITZBEBG.
de glaces flottantes qui couvrent la mer Glaciale et s'avancent quelquefois jusqu'au Ab^ degré de latitude. Comment pourrait-on expliquer leur nombre prodigieux par la simple érosion des glaciers, situés la plupart au fond des baies où la mer est calme et à Tabri des vents et des vagues de la pleine mer? Mais si Ton réfléchit que pendant Tété une partie des glaciers du Spilzberg s'écroulent dans la mer, on comprendra aisément d'où proviennent ces champs de glace d'eau douce qui nagent dans l'Océan glacial. Chaque jour les baies que nous avons visitées étaient entièrement couvertes de nooveaux glaçons que le reflux entraînait vers la mer. Lorsque le thermomètre s'élevait à quelques degrés au-dessus de zéro, et que Tair était rempli de brume, alors des masses énormes se détachaieo! des glaciers et se précipitaient avec fracas dans les flots , qui imprimaient à la corvette de grands mouvements de roulis , el sYlevaient de plusieurs mètres sur le rivage comme dans un raz de marée.
Gitees ooiiantes C. M. 30. Ou sdit quc daus la baie de Bafiin les glaces flottant. 's e • aie e a 11. g^j^^ p]yg élcvécs quc daus les mers du Spitzberg; elles forment
de véritables montagnes. Scoreaby^ parle de glaces flottantes qui avaient 45 mètres de haut. Ces montagnes de glace sont très-souvent échouées sur le fond , el M* A. de liuc pense avec raison qu'elles ne peuvent pas fondre au fond parce que la température «le la mer y est inférieure à zéro. En effet, d'après les observations du capitaine lioaa' il y a dans ces parages des glaciers dont la ha*!teur est de 300 mètres au-dessus de la surface de l'eau. Un fragment détaché d'un tel glacier pourra encore former des montagn-'^ élevées de 73 mètres au-dessus de l'eau. Il n'est donc point nécessaire de supposer , avec H. de lîne , que les glaciers glissent sar le fond de la mer, pour expliquer la hauteur des montagnes de gla :e dans ces parages. Mais des considérations tirées de la température de la mer pourraient faire pencher vers son opinion. En efiet , dans ces parages, les températures sont presque toujours au-dessous i^c zéro, même à la surface. Reaaa donné des tableaux météorcil> giques à la suite de la relation de son voyage sur VIsabdU et
* Journal of voyage to ihe nothem Whale/Uhery, 1823.
* Loc. cit., p. 141.
Cioseg