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PROGRESSION DES GLACIERS

YAlexandre. La température de la surface de la mer était notée quatre fois par jour. Résumant les observations faites par 63*,49' et 75%44' de latitude nord, pendant les mois de juin Juillet, août et septembre , je ne trouve que trente el un jours durant lesquels la température de la mer fut au-dessus de zéro ; tout le reste du temps elle se tint au-dessous. Le maximum a été de + 1**,11 G.; le minimum de — l"»,!!. Jamais dans les mers du Spitzberg, même sous 80 degrés latitude nord , je n'ai trouvé la température de la pleine mer au-dessous de-i-0%7 à la surface, et presque toujours elle était supérieure à + 1o,0. On aurait donc tort de conclure de la baie de Baffin à l'Océan glacial , et quand même les recherches ultérieures viendraient à prouver que les glaciers de la baie de Baf&n s'avancent dans la mer en glissant sur son fond, cela ne préjugerait rien contre ceux du Spitzberg , dont les côtes sont baignées par un courant équatorial d'eau chaude , venant du cap nord comme nous essaierons de le prouver ailleurs.

C. M. 30. Les glaciers de la Suisse descendent dans la plaine par .

^ * * de U profreuion

un mouvement progressif et continu ; c'est là un fait admis par tout dei

le monde. Ce mouvement, sensible surtout pendant la belle sai- «'•**•"**" ^p'*»*»*^'»-

son , ne cesse peut-être pas totalement en hiver ^ De SMumireS

Albert «e HaUer' l'ont affirmé , et la destruction du village de

Randa, dans le haut Valais, renversé par la chute d'un glacier du

Weisshorn , qui tomba de 2000 mètres environ , le 27 décembre

1819 , en a fourni la triste preuve^. Mais si l'on est d'accord sur le

fait, on ne l'est pas sur son explication. De SaumnireS Eeeher

wmm der Iiiiitlt% André de liue attribuent cette progression au

poids des glaces et à l'affaissement produit par la fonte de la face

inférieure qui repose sur le sol. Déjà du temps de Qmiter^ on

* D. A. Les glaciers de la Suisse nous disent qu'ils ne restent pas stationnaires en hiver.

*Loe. cit.^ § 538.

> Cité par A* de I«e i Note sur les glaciers des Alpes {Biblioth, univ. de Genève , mai 1839, p. 142).

* Bericht von der Zerstôrung des Dorfes Randa , von Venete (GilberVs Annalen der Physik, t. LXIV, p. 209. 1820).

•Loc. cil., g 535.

* Gilbert't Annalen der Physik , t. LXIX, p. 113. 1821. ^ Description des glaciers de la Suisse^ p. 327. 1770.

de la ient.

avait admis une troisième cause, la dilatation de l'eau passant à l'élat solide. Depuis , cette opinion a été formulée plus nettement par T« de C^arpentiep ^ et le prieur IMseliL*, discutée et admise par GiibertS et enfin reproduite, dans ces derniers temps, par H. AgMNiia*. Le poids des glaces , la dilatation de l'eau qui se congèle dans les fissures, et leur élargissement, qui en est la conséquence nécessaire, telles sont les trois causes qui me paraissent jouer le plus grand rôle dans la progression des glaciers da Spiiiberg. En effet , l'affaissement dont parle de toiuMnire ne saunit entrer en ligne de compte , car ces glaciers ne fondent jamais pai celle de leurs surfaces qui est en contact avec le sol. Voici mes preuves : à Magdalena-Bay , il y a ^ comme je l'ai déjà dit , deui petits glaciers qui s'arrêtent au haut d'un talus et ne descendent pas jusqu'à la mer. Je les ai examinés de près : pas le pins petit filet d'eau ne s'échappait de leur pied. Quant à ceux qui s'avaoceni dans la mer, il est impossible de s'assurer directement s'ils donnent naissance à des ruisseaux par leur partie la plus déclive, parce que ceux-ci se perdraient dans la mer au-dessous de la glace. Les ruisseaux qui coulent latéralement entre le glacier et la montagne doivent leur existence à la fonte des neiges.

Températarê C. M. 31. Lcs expéricnces que nous avons faites sur la tempéra-

ture de la lerre me paraissent démontrer également que les glaciers du Spitzberg ne fondent pas sous l'influence de la chaleur terrestre. A Bell-Sound , la terre était fortement gelée à moins d'un mètre de profondeur. On était forcé de jeter de l'eau chaude dans le trou pour continuer le forage. Le 3 et le 4 août 1838, un thermomètre enfonce à Oro,4S, et suivi pendant trente-trois heures, s'est tenu en moyenne à 4-2o,86 ; le maximum a été + 8",4', le minimum + (y»,2. A Magdalena-Bay un autre thermomètre, enfoncé de 0«n,35 et observe d'heure en heure pendant dix jours, se tint en moyenne à -hi<>,â5; le maximum fut + 2%40 , le minimum -f- 0o,40. Les variations

*Gilbert'i Annalen dtr Physik^ vol. LXIH, p. 388.

•GUbert's Annalen der Phytik, t. LXIV, p, 383, 1820; et Bibliothèque umwentlle et Genève , t. XI et XU (ancienne série).

'Annalen der Physik, t. LXIV, p. 188 (voy. les notes).

* Bulletin de la Société géologique de France, t. IX, p. 443; et Bibliotk. unn. et Genève, mai 1840, vol. XXVH, p. 134.

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