EN AMÉRIQUE
n. AgMMdB a fait paraître » il y a quelques mois , un volume ^'^^^«^^ contenant la description du Lac supérieur (Amérique). — La première partie de cet ouvrage » rédigée par M^CMb^t, est une narration descriptive du voyage, entremêlée de résumés scientifiques, dans lesquels le professeur Agasala exposait chaque soir à ses compagnons de route les observations de la journée.
La seconde partie est l'œuvre du savant naturaliste lui-même, qui nous initie aux recherches variées que son esprit investigateur et ses connaissances étendues lui ont permis de faire. Il s'occupe :
l"" De la végétation du nord comparée h celles des Alpes et du Jura;
9® De la végétation de la rive septentrionale du Lac supérieur ;
3<> De la classification des animaux dans ses rapports avec leur
développement embryonnaire et avec leur histoire paléontologique S
4^ Des reptiles du Lac supérieur ;
5* Des poissons de ce même lac comparés à ceux des lacs canadiens.
Quelques études de détail relatives à d'autres animaux , tels que des coléoptères et des lépidoptères, une nomenclature de coquilles accompagnée de la description des espèces nouvelles et quelques mots sur les oiseaux du Lac supérieur sont encore dus à ses compagnons de voyage. Les deux derniers chapitres traitent de la con-
* D. A. Extrait des Archivée det sciences physiques et naturelles de Genève. Phénomènes erratiques dans les environs du Lac supérieur {Amérique) , extrait de Touvrage ayant pour titre : Lake superior^ par liovUi fkgmimiu. Boston 1850, in-S».
« Voy. Archives , t. XV, p. 190.
figuration du lac et des nombreuses mines de cuivre placées sur ses bords. Ce volume contient huit planches figurant divers animaai nouveaux, une carte du Lac supérieur et plusieurs jolies vues.
Nous arrivons enfin au fragment dont nous donnons la traduction ; c'est la description du phénomène erratique dans le nord d<r l'Amérique et particulièrement sur les bords du Lac supérieur. Cciir partie de l'ouvrage nous a paru offrir un intérêt particulier en et qu'elle se rattache à cette théorie du transport des blocs erratiquti par les glaciers^ au développement de laquelle m. Aja— !■ a si puissamment contribué, et qui , depuis plus de douze ans « est k sujet de discussions animées entre les géologues éminenls. II e^t remarquable aussi de voir comment ce savant qui, pendant longtemps, n'a étudié le phénomène erratique qu'en Europe, se confirme dans son opinion en étendant le champ de ses recherches.
Cette théorie, à laquelle il a été initié par H. de CAMrpcaiicr, avait été conçue d'après l'observation de faits pour ainsi dire 1> eaux; maintenant H. AgaMds a porté ses recherches dans les contrées les plus variées : il a exploré le nouveau monde ; il y a étmi^ le phénomène erratique du nord , qui est la pierre angulaire du système des diluviamstes , et loin d'être ébranlé dans sa conTiction, nous le voyons au contraire s'y affermir toujours plus. Toutes ses nouvelles observations ont été pour lui autant de preuves qui sc iit venues appuyer ses idées théoriques et lui ont permis de les géiiéraliser en les étendant des faits locaux aux phénomènes erratiques de l'Ancien et du Nouveau-Monde, phénomine erratique A. 1. Dcpuis quiuzc ans OU a déjà tant parlé et tant écrit sur la m nque. ^ispcrsiou dcs blocs erratiques et sur celles du diluvium , soit en Amérique, soit en Europe, que je n'aurais pas entrepris de publier quelque chose de nouveau sur ce sujet, dit le professeur Jk^p^Hii, si je n'avais eu le désir de faire connaître quelques observaticcs nouvelles et importantes.
Ceux qui ont suivi les discussions relatives au mode de transport des matériaux erratiques, voudront bien remarquer que toutâ^ les recherches qui s'y rapportent sont dues aux géologues partisans de la théorie de l'ancienne extension des glaciers , tandis que c^ui qui regardent les courants comme la cause de ce transport ont adopté un rôle négatif; c'est-à-dire qu'ils se bornent à nfer la nou-
velle théorie et ses conséquences > plutôt qu'ils ne cherchent à éclairer leur opinion et à l'appuyer sur de nouvelles observations*.
Je crois pouvoir insister sur cette différence sans risquer d'être taxé de parlialité. En effet , depuis la publication du mémoire de SefMnBHi sur le diluvium , dans lequel il donne de précieux renseignements sur le phénomène erratique de la péninsule Scandinave , et depuis les observations de mu. de Vemeuil et Hur- «lAiflom sur le même pays et sur les plaines de la Russie ^ terrain classique du phénomène erratique , ce sujet n'a été traité que par des glaciéristes.
A. 2. Pour justifier cette assertion , j'indiquerai les travaux de ^"^"" '^'» ^"P"'^-
, Itnt relatif au trana-
JII9I. de Cnharpenliery Esclier wonder lîlnUi et Studer , les po,tdc«maténauxcr-
études étendues et minutieuses de H. Guyot, mes propres re- «»^<!°" «» suisse na cherches et celles des géologues étrangers à la Suisse , tels que , ^^.^fj^," ^'^^^^ mm. WLaaUnmj J. Forbes etc.; tandis qu'aucun fait important recherchesdedesausrelatif au transport des matériaux erratiques en Suisse n'a été in- "'deB^r cliqué par les diluviatiistes depuis les recherches de de Saussure 9 de de Iiue, d'Eselier et de Bueli.
A. 3. M. le professeur Guyot a montré de la manière la plus évi- d«" chaque bauin dente que les bassins erratiques de la Suisse sont non-seulement "™^^"* * " """f
^ A les maténaax erroti-
distincts les uns des autres, ce qui avait déjà été entrevu; maisques sont amogés encore que dans chacun de ces bassins les matériaux erratiques f*"'""°"*'*'*^*^'*''
bien déterminé, en re-
sont arrangés dans un ordre régulier, bien déterminé, en relation i.uon arec le. centres avec les centres de distribution d'où ils ont été enlevés. Il a prouvé, dedi'trîbuiiondoùiu en outre, que cet arrangement est semblable à celui des fragments dispersés à la surface des glaciers , et qu'aucune cause agissant d'une manière convulsive ne peut avoir produit ce mode de distribution'.
Il résulte des recherches de^ divers savants que nous avons nommés, que les blocs trouvés à une grande distance des Alpes centrales proviennent également des vallées et des sommets les plus élevés de cette chaîne; qu'ils ont été transportés successivement et qu'ils
* D. A. Un grand nombre de géologues ne veulent pas voir et d'autres n*osent pas voir.
* La comparaison des cartes indiquant l'arrangement des moraines sur les glaciers de l'Aar, publiées dans mon système glaciaire, avec la carte que M. le professeur Ciayoi va publier sur la distribution des blocs erratiques en Suisse , montrera d'une manière très-claire ridentité des deux phénomènes,
forment des espèces de digues ou moraines non inlerrompues depuis leur point de départ jusqu'à leur distribution périphérique extrême.
Mêmes faiu dans les A. A. J'ai fait counaitre des centres de distribution semblables en Iles britinnique. d.ns ^ ^^ Angleterre et en Irlande. Depuis lors le docteur «Mk-
les Pyrénées el 11 Fo- ' *' *
rèt-Noire. laiidy si'r CliArle« Ijyelly TÊËM. llMrwIiiy H. ïi«»fcla« et le pro-
fesseur c ll« Worhem etc. ont fait de nouvelles observations dans différentes parties des îles Britanniques , et ont démontré que les principaux groupes de montagnes sont autant de centres locacii de dispersion d'où sont partis les matériaux erratiques.
Des faits analogues ont élé observés dans les Pyrénées el dans la Forêt'Noire; ainsi donc , quelle que soit la cause de la dispersion des blocs erratiques, nous devons reconnaître qu'ils ont en Eurofie plusieurs centres de dispersion distincts les uns des autres.
Il y a encore une autre question relative à la distribution locale
des blocs , sans l'étude de laquelle on ne saurait faire des progrès
réels dans cette partie de la science.
BiocsdciaRas«ie. A 5. Ou Sait quc l'Europc septentrionale est parsemée de blx^
gne^iTHoUtndoâs'é tendant sur la Russie, la Pologne^ V Allemagne septentrionale, la
Belgique. prorcMut Hollaiide ct la Belgiçue y et provenant des pays les plus septenlrio-
ie*^iriir«urd^eit'Nlr- "^"^ ^^ TEuropc, tcls quc la Norwége, la Suède y la Laponie el la
«ége, Suède. Lapo. Livouie, lls sont répandus dans les immenses plaines à l'ouest des
niee ivonie. f^outs Oural, ct Icur distribution est telle qu'il est difficile de leur
attribuer un seul et même point de départ; mais ils proviennent incontestablement des pays situés dans les régions arctiques. Ces blocs ootiis élé A. 6. Ces blocs ont-ils été transportés par le même agent que transportés par e ^^^^ . ^^^^ sortis dcs ceutrcs locaux épars à la surface de FEu-
mème agent que ceux ^ *
qui sont sortis des ropc? Tcllc cst la qucstiou sur laquelle nous devons nous arrêter tasIi^aVeTe"rE!!!"e? ^^^^'Q^^s momcuts. La principale objection à la théorie du transport des blocs erratiques alpins par les glaciers est venue de ce que nos études nous ont conduit à adopter cette même théorie pour expliquer le transport des blocs erratiques du nord. De leur côté , ceux qui regardent la distribution de ces blocs comme plus facile à expliquer, au moyen des courants, ont trop abondé dans leur sens. Ils font intervenir cette action dans des localités où les glaciers donnent évidemment l'explication la plus naturelle et la plus satisfaisante du phénomène.
A. 7. Pour embrasser la question dans tout son ensemble, il faut !-«« muqoes da
1* «1 .• 1 1 . t.» . .r nord ont ils été tnnt-
savoiT, en premier lieu , si les erratiques du nord ont été transportés p^^^^, ^ ,, ^^^^ ^^^ à la même époque que les blocs alpins, et, dans le cas où ces deux q»« qn« im bioes ai. phénomènes n'auraient pas été contemporains, lequel est antérieur ^"" à l'autre.
A. 8. 11 faut rechercher encore si le même agent a été employé Lemémeigcntt-t.
. n été employé dins Irt
dans les deux phénomènes erratiques, ou si chacun a eu son agent deux phénomènes er. particulier. L'examen du phénomène erratique du nord de f Ame- '■«îq»" • rique nous parait décider la question , car il occupe une bien plus grande étendue qu'en Europe. Je l'ai déjà suivi depuis le bord oriental de la Nouvelle Ecosse , en traversant la Nouvelle Angleterre , les États du nord-ouest de l'Amérique et le Canada y jusqu'à l'extrémité occidentale du Lac supérieur ^ ce qui embrasse une région d'environ 30 degrés de longitude.
A. 9. Certains renseignements nous permettent de croire que le '•" ""»^q"** *
1 » « 1 1 • it 1 . If r 1 1 l'onesl du continent
phénomène se prolonge encore plus a 1 ouest dans toute 1 étendue du américain prorienn^nt continent américain , et partout la nature des blocs indique évidem- d" régions sepient^io-
... . . . , . . . • 1 nales comme cens dis-
ment qu ils proviennent des régions septentrionales , comme ceux ^„j„^, j.„ ,. ^^.^
disséminés dans le nord de V Europe. Les blocs disparaissent, engé- deiEnrope.
néral, à environ 38 degrés de latitude.
Il nous semble que, pour qu'une théorie du phénomène erratique soit satisfaisante , elle doit pouvoir s'appliquer également au grand phénomène erratique du nord et aux phénomènes plus locaux de l'Europe centrale.
A. 40. Voyons maintenant si l'Amérique présente, comme l'Eu- LAmériqucprésenrope, des centres spéciaux de distribution. Il semblerait, d'après quel- ^^^'J^^^ dl\hu^x!^ ques faits observés dans les Montagnes blanches ^ que cette chaîne, non? ainsi que les montagnes du nord-est de l'État de New-York ^ n'ont pas été soumises à l'influence du transport des matériaux erratiques aussi longtemps que les autres régions de Y Amérique du Nord. Quoi qu'il en soit , je maintiens que la cause qui a transporté ces blocs dans le continent américain doit avoir agi simultanément sur toute l'étendue que ces blocs recouvrent, puisqu'ils forment à travers le continent une couche non interrompue de matériaux de même nature, distribués et amoncelés d'une manière semblable et évidemment dispersés à la même époque. Je dirai , en outre , qu'il n'y a aucun motif de douter de la dispersion simultanée des blocs erra-
tiques dans le nord de rAmérique et dans le nord de TEarope. U cause qui les a transportés a donc agi simultanément sur tout Tespace situé à l'ouest des monls Oural et à Test des Montagnes rocheuses (nous négligeons TÂsie septentrionale ^ qui n'est pas eooi': connue sous ce rapport), c'est-à-dire que cette cause s'est étend .e sur 200 degrés de longitude.
La force avec laquelle cette action s'est développée doit avoir tii
d'une nature telle (et j'insiste sur ce point) qu'après avoir été mise
en mouvement dans le nord, avec une puissance suffisante pour
transporter les grands blocs sur cette immense étendue de pa;5.
elle a été arrêtée où s'est arrêtée d'elle-même en atteignant le 3>
degré de latitude nord. La physique et les mathématiques doi\>L!
décider si un courant d'eau, après avoir été mis en mouvement a^^.
une rapidité suffisante pour produire des effets si gigantesques.
peut s'arrêter avant d'avoir inondé la surface entière du globe.
Hydrognpbie. A. 11. Quclqucs mots sur l'hydrographie de la terre, sur kf
courants actuels, sur leur rapidité, leur puissance, leur dîstributî*^
et leur action pourront jeter du jour sur cette grande question. Ld
courants , existant maintenant dans les deux hémisphères et qui s^
dirigent des pôles vers les latitudes inférieures , n'occupent que la
dixième partie de l'espace qu'auraient dû recouvrir les anciens coj-
rants dans l'hypothèse du transport des blocs erratiques par les eauv.
Lepiageontidérd>ie Lc plus considérablc des courants actuels est dans la partie occi-
e" dM^'u Vtiè"oc* dentale de l'Océan pacifique; il court d'Orient en Occident paraltle-
cidentaie de l'Océan mcut à l'équatcur, au travcrs de toute l'étendue de cette mer. Sa
îilmirocdZi^^ P^"^ grande largeur est à peine de 50 degrés. Il est alimenté par y
courants antarctiques et par ceux qui viennent du détroit de Behring en suivait la côte de l'Amérique. Il met en communicaiivi d'une manière permanente les eaux des pôles et celles des aotr::: latitudes.
Le Gair.stream Lc Gulf-StreaM , au coutrairc , se dirige de l'ouest à l'est, et x se dirige de l'ouest h jj,.jgg coutrc Ics côtcs dc l'Europc et de l'Afrique. Les eaux qu'il eih
traîne sont remplacées par celles qui viennent de la mer de 6a£: et du Spitzberg. Lorsque ces courants rencontrent des continecb ils ne s'arrêtent point , mais ils poursuivent leur route en se i^y tournant, lors même qu'ils s'étendent sur des centaines de degrés :•: latitude , comme le Gulf-Stream.
A. 12. Après ce court exposé je m'adresse aux hommes qui ont i'W«oii»iitidew étudié sans prévention la distribution des blocs erratiques du nord, '^""'î^woci'*" "" et je leur demande s'il a jamais existé de barrière capable de limiter les prétendus courants auxquels on veut attribuer le transport de ces blocs y et de les leur faire déposer dans un ordre aussi remarquable que celui qu'ils présentent dans le nord de l'Europe. Leur direction du nord au sud y est constante. Us s'arrêtent au midi, au 50« degré de latitude , en laissant entre l'espace qu'ils couvrent et la grande barrière des Alpes une zone où ils n'ont pas pénétré.
On ne trouve également aucune barrière semblable dans les plaines immenses qui s'étendent des mers arctiques au golfe du Mexique, et si les blocs erratiques devaient leur transport aux courants , pourquoi seraient-ils limités aux régions septentrionales de la zone tempérée? Cette étonnante circonscription, qui est la même dans l'hémispbère méridional, ne démon tre-t-elle pas évidemment que la cause du transport est liée aux températures et aux climats des pays dans lesquels le phénomène s'est reproduit? S'il en était autrement, les systèmes de blocs erratiques auraient une direction est et ouest, en rapport avec celle des grands courants marins de l'époque actuelle.
Un fait incontestable, dont la théorie doit tenir compte, c'est que la distribution générale des blocs erratiques est en rapport direct avec les régions polaires, et qu'elle est circonscrite dans les portions les plus froides des zones tempérées. Il est également vrai que la distribution locale des blocs est en rapport avec les chaînes de hautes montagnes et avec les massifs de terre fortement élevés audessus du niveau de la mer , dont la température est inférieure à celle des plaines environnantes; en outre, les blocs qui ont une distribution locale atteignent dans leur extension des niveaux dont la température moyenne annuelle correspond d'une manière surprenante avec celle de la limite méridionale des erratiques du nord.
A. 13. Ne doit-on pas trouver dans cet accord une forte présomp- te. mêmes cédmi tien en faveur de l'opinion qui attribue à une même cause les deux «n» p«»<»«>i« i~ p"»*-
-, , . i-i i«»* T^ mènes erraliquet au
phénomènes erratiques : celui du nord en Amérique et en Europe, nord «n Amérique et et celui qui est restreint à certains groupes de montagnes? •■ Europe, et celui
La principale difficulté de la théorie est d'expliquer la formation 2^1g'^7j^.T^ œT»"^ d'une couche de glace assez grande pour transporter les blocs <•»»«•
erratiques du nord jusqu'aux limites de leur distribution actuelit.
mais cette explication est facilitée par le fait observé dans les AI[a
où Ton voit des traînées de blocs ayant le même aspect qui >'*-
tendent des glaciers actuels jusque dans les régions où les glaci ^
n'existent plus, mais où les blocs et d'autres phénomènes atteste:
positivement leur ancienne présence.
L>.n ne diipoM ^ ^^ Jq terminerai cette ai'gumentation en faisant remarquer :>.
d!!rr*e eu "^mortile! ^^^ diluviauistes u'out jamais tenté de prouver que les courants p>l-
rAguiièret. scut reproduirc les différents phénomènes qui sont toujours liés dr:
les Alpes, au transport des blocs, et qui sont encore de nosjour^.: résultat des petits glaciers qui y existent. Au contraire , on naji^ mais observé que Teau dispose les blocs qu'elle charrie en mord^ {watts) régulières, composées de matériaux de grosseur variée, c que les courants aient jamais produit sur les roches dures va si'. les raies et les marques que nous voyons partout sous les gladerî dans les limites de leurs oscillations ordinaires. L'action de rean A. 15. L'cau pcut poHr Ics roches , mais elle ne laisse pas a 1- r dîftreliT^de rMilr surface des marques en ligne droite ; elle peut les sillonner, il- ^ des glaciers sur eeiro- ces sillous sout slnucux; cllc agit plus puissamment sur les parties tendres des roches et dans les ûssures déjà existantes, taoïj que les glaciers , en polissant et nivelant uniformément les pari les plus dures, comme les plus tendres y usent les surfaces desrocbr^ et les rendent parfaitement unies.
PMnomftues A. 16. Rcvenous maintenant à notre sujet spécial, le phènoff^'^ erratique dans l'Amérique du Nord.
Le diluvium est plus compliqué dans les environs du Lac supèri^' que dans d'autres régions , la présence du lac lui ayant fait subir des modifications qu'on ne peut remarquer dans les contrées où Jti grandes étendues d'eau ne se sont pas trouvées en contact arec k phénomène erratique. Nous y voyons, en premier lieu^ une granit étendue de roches polies, sillonnées et striées^ semblables à ce qu ek sont partout ailleurs.
Comme les géologues ont en général peu de dispositions à observer les faits tels qu'ils sont quand il s'agit du diluvium, je ivf'êterai ce que j'ai déjà dit, et ce que j'ai encore observé ici sur an espace de quelques centaines de milles , c'est que les roches soc' partout polies y arrondies ^ rayées et siUonnées dans une même direc-
erratiques dans l'Àmé rique du nord.
ttoo.
tioD. Les matériaux hétérogènes qui constituent ces roches sont nivelés d'une manière uniforme et continue.
Ainsi donc la dureté plus ou moins grande des matériaux qui les forment n'a apporté aucune différence dans leur usure et dans leur poli y mais le frottement continu , auquel elles ont été soumises^ a enlevé toute aspérité , en se conformant cependant sur les ondulations générales du sol et en montrant, dans cette sorte de moulage, une continuité très-remarquable.
A. 17. La direction nord-sud de l'agent qui a produit ces phéno- ^**°'" '•• ~'"°"
. V ^ r *^ ont on c4lé cboqoé et
mènes est mdiquée d'une manière positive par la forme des collines m côté préwrré. qui offi*ent des pentes abruptes et des angles vifs du côté du sud, et des formes arrondies du côté du nord ; par conséquent, ici, comme en Narwége et en Suède j toutes les collines ont un côté choqué et un côté préservé^.
A. 18. LepoU est aussi parfait et aussi brillant à plusieurs en- ,n.„Vei"hce méÛN droits que celui d'une surface métallique, et partout les surfaces ï*q"«. «i^é et «Jioimé polies sont plus ou moins striées et siUonnées. " • m ne «o-
Les stries et les sillons sont rectilignes, ils se croisent les uns les autres sous des angles divers. Cependant leur direction ne varie jamais it^eaucoup dans un même endroit. La manière dont elles sont tracées montre en général que les déviations de la direction principale tiennent à l'influence de la configuration du sol.
J'ai dit que cette direction principale est du nord-ouest et sudest; cependant je l'ai trouvée souvent aussi du nord au sud et même du nord-est au sud-ouest. Le résultat général de mes observations sur les stries est qu'elles ont été formées sous l'influence d'un mouvement dirigé du nord au sud, mais qui varia plus ou moins à l'est et à l'ouest, suivant les influences locales du sol. Il est remarquable de voir les stries qui semblent avoir été produites presque en même temps, n'être pas absolument parallèles , mais de diverger de dix, de quinze et même d'un plus grand nombre de degrés.
Ce fait présente un caractère dans lequel il n'y a jamais de variations, c'est la continuité des stries, qui est partout absolument la même; elles sont rectilignes, continues et ne peuvent mieux être comparées qu'à l'effet produit par des pierres ou d'autres matériaux
* D. A. StoweUt et UeuUe,
durs traînés dans une seule direction sur des surfaces plates oo ondulées. Ces stries forment des lignes longues de plusieurs yards*, cessant sur de courts espaces pour continuer plus loin en ligce droite dans la même direction ^ comme si elles avaient été interrompues par un saut.
strief profonde*. A. 19. Ou rcmarquc aussi des stries plus profondes, qui cod-
servent les mêmes caractères ; seulement on peut les suivre à une distance plus grande que celles qui sont plus fines. Ces stries , an lieu d'avoir l'aspect de la raie du diamant sur le verre, comnie ks premières, ont plutôt l'apparence d'une rainure plus profonde faii? par la pointe d'un graveur. Elles rappellent mieux encore la trate qu'une roue de char en mouvement produirait sur un marbre p^^li. si elle était enrayée et qu'on eût placé du sable à la surface do marbre.
L'aspect des roches calcaires qui ont été soumises à ce phénomène est différent , les raies y sont rarement franches , mais elles présentent l'apparence que produirait une forte pression proloo^* 't dans uue certaine direction , et offrent un caractère particulier q^:i frappe l'observateur habitué à ce genre d'étude.
u griTier entraîné ^ QO. Jc uc puis comprcudre sur quoi se base l'opinion des e^t»-
por l'eau ne produit r r ^ r ©
point de itriea. logucs qui prétendent que du gravier entraîné par l'eau peut prt-
duire de semblables effets lorsqu'il est soumis dans une eau courante à une forte pression*. Quoique j'aie beaucoup recherché d:: pareilles observations, je n'ai jamais pu voir que les graviers charriés par les courants aient produit autre chose que des surfect^ arrondies , présentant des sillons ondulés qui suivent les crevasse^ des roches ou qui sont creusés dans leurs parties les plus tendre?.
* Un yard = 0»«,914.
* D. A. ■« Collomb a prouvé par rexpérience faite sur des fragments de rocbes et if» galets striés, rayés, mis en contact d'une eau agitée, tenant du sable An et gros ea >&$> pension , effoce ces stries en usant la surface et la polissant lisse et unie.
H. Hesard et DoUfaa-AuMWt ont observé dans TAarboden, à 8 idlotnètre» «s aval de la pente terminale du glacier de l'Unteraar, la confirmation des faits rspf^vn'^ par E; Colloiiib. — Sur une paroi de granit poli , rayé par les glaciers, sur b p^rti qui est au-dessus de l'eau du torrent , et qui n'a jamais été atteinte par Veaa te^x'-t la boue glaciaire en suspension , on lit parfaitement les hiéroglyphes glaciaires qui >^«i distinctement tracées , burinées. Dans les parties atteintes par les eaux nous \o^ -* les stries et petites raies effacées et la roche unie , comme celles dont sont encûssrï us torrents qui lés baignent.
Jamais ils n'ont produit de lignes droites continues ou de sillons rectilignes.
A. 21. Nous connaissons l'action de Teau qui transporte la boue, ^" "^'*'" p°"" le gi-avier; nous la voyons sur tous les rivages et dans tous les cou- vem être produis*
itcien.
rants d'eau; nous pouvons suivre cette action presque partout et *i"® »*''••«* nous ne la trouvons nulle part semblable au phénomène décrit. Je ne puis donc concevoir d'après quelles données on veut encore attribuer ces phénomènes à l'action des courants ; c'est l'explication la moins rationnelle que nous ayons jusqu'à présent, puisque dans toutes les chaînes de hautes montagnes de la zone tempérée, d'autres agents, c'est-à-dire les glaciers, produisent les mêmes phénomènes avec des caractères semblables. Il seinble donc qu'une saine philosophie devrait rapporter, au moins provisoirement, les surfaces polies y les roches sillonnées et striées alpines, ainsi que celles du nord à l'action des glaciers. Elle devrait faire admettre que les effets produits par cet agent ressemblent beaucoup plus aux phénomènes erratiques que ceux qui résultent de l'action des courants. Mais malheureusement un gi*and nombre de géologues distingués ne peuvent renoncer à leurs préjugés lorsqu'ils s'occupent du phénomène erratique , et semblent être abandonnés dans l'étude de cette question de Vesprit de supériorité qui est leur apanage.
L'objection d'un vénérable géologue , qui prétend que la seule idée du froid nécessaire pour former et conserver des glaciers d'une si grande étendue, le gèle jusqu'à la mort, n'est qu'une plaisanterie; il pourrait craindre avec autant de raison que les immenses courants de l'Océan , dont il voit l'action partout, ne vinssent l'engloutir.
Maintenant que ces phénomènes ont été observés d'une manière générale , nous pouvons en tirer quelques renseignements utiles en examinant leurs limites géographiques.
A. 22. Voyons dotic où ces roches polies , st fiées et sillonnées ont *"<^«*
r » I » r-iii 11 1 ■ •tiiéea, tillonnées.
ete observées. Elles se trouvent partout dans le cercle arctique et dans les parties les plus froides de la zone tempérée. Dans l'hémisphère sud elles sont comprises dans les limites semblables, et on n'en trouve aucune trace dans les parties plus chaudes de la zone tempérée ] cependant il n'y a pas de raison pour que l'action
des courants n'ait pas agi dans ces régions aussi bien que dans y climats plus froids. Il est vrai que cette règle parait au premier coup d'œil offrir des exceptions, el que des phénomènes semblall;s s'observent dans la zone tempérée, en Europe, dans l'Asie central., et même dans les Andes de l'Amérique du Sud , mais ils s'y trou^iiii toujours dans des régions élevées , à des niveaux constants au-dessus de la surface de la mer^ indiquant un rapport entre leur étendue et la température plus froide des localités dans lesquelles oii les observe.
Des géologues ont A. 23. Réccmmeut les géologues, en attribuant le phénomtQj
attribué le pli énomèoe .. « /«... . o *. «»••
emuqnc k des glaces crratiquc Bux glaccs flottantes , ont fait un pas vei's I opinion ([k flotiantes. je souticus ; car dans leur théorie, comme dans la mienne , la gla< .
est la puissance agissante ; mais ils supposent que les glaces fl .•:• tantes ont nivelé et poli la surface des roches, tandis quejecicb que ces surfaces ont été formées par des glaciers terrestres. Pi ui établir celle différence, nous avons un témoignage qui eslau>H irrésistible que les autres arguments que j'ai déjà exposés. Exarainons , en effet, le mode d'action et le mode de transport des giace.^ flottantes , et voyons si cette action est suffisante pour produire i:? phénomènes qui lui sont attribués. Comme je l'ai dit ci-dessus, ki surfaces polies sont continues sur les collines et dans les dépressions du sol, et les stries dessinées sur ces surfaces ondulées s^JU\ également continues et en ligne droite.
Si nous supposons des glaces flottantes se mouvant sur des lasfonds, elles strieront et poliront les roches sans aucun doute à li façon des glaciers. Mais sur un terrain inégal , semblable à coI-j que je viens de décrire, elles seraient tôt ou tard échouées, et si elles étaient de nouveau mises en liberté, elles produiraient, («ar leur mouvement circulaire , des hgnes courbes et marqueraient ii traces particulières les places où elles auraient été arrêtées.
Dans les régions arctiques nous ne trouvons aucun fait semblable; les surfaces polies et striées y sont partout continues et en juxtaposition rectiligne. Ce n'est que sur les bords de la merqi^ l'on trouve des effets analogues à ceux produits par les glaces fl'.ttantes.
Pour que la théorie qui attribue V origine du diluvium à ces glacer fût vraie , il faudrait trouver sur tous les continents des traces d'an-
cienne plage de mer, s'étendant aussi loin que le phénomène erratique lui-même. Or rien de semblable ne s'observe dans l'espace occupé par les blocs erratiques du nord, en Amérique, en Europe, en Asie, et nulle part, depuis le cercle arctique jusqu'à la limite méridionale de la distribution des blocs, nous ne trouvons de preuve que l'action de la mer ait été en rapport avec le phénomène erratique. Partout où les dépôts marins reposent sur des surfaces polies et striées , on peut prouver qu'ils n'ont été formés que depuis le siriage et le polissage de roches.
Si nous considérons l'immense étendue de pays recouverte par le phénomène erratique, et que nous regardions ce phénomène comme étant un résultat de l'action des glaces flottantes, nous serons forcés de reconnaître que celles qui existent dans la période actuelle sont insuffisantes à l'expliquer, étant limitées à une zone trop res^ treinte. Pour qu'elles s'étendissent dans un espace aussi grand que celui qui est occupé par les blocs erratiques, il faut supposer que les champs de glace du nord dont elles se détachaient étaient infiniment plus considérables qu'ils ne le sont maintenant, c'est-à-dire que nous devons présumer que les deux pôles étaient recouverts de vastes calottes déglace. Ceci est la théorie que je soutiens, et, à moins que les partisans de celle des glaces flottantes ne retendent jusque-là, j'ose dire, sans crainte d'être contredit, que leur opinion est inadmissible , car ils n'ont aucun autre moyen d'expliquer l'origine de glaces flottantes assez nombreuses pour satisfaire à l'ensemble du phénomène erratique, tel qu'il est connu.
A. 24. Sans discuter davantage les vues théoriques de la ques- *■*"
1» . ... * 1 i» •. •> • i. » obiervé» au Uc
lion, je veux décrire minutieusement les faits que j ai observes sur lupéneur. le bord septentrional du Lac supérieur. Les surfaces polies sont trèsbien caractérisées : elles sont ondulées et se terminent toujours audessus du côté préservé tourné au sud , à moins que la pente de ce côté-là ne soit assez douce pour que la surface polie ne l'occupe de la même manière que la pente septentrionale.
Les vallées peu profondes dirigées de l'est à l'ouest sont aussi uniformément polies que celles qui sont dirigées du nord au sud. Ce fait est très-évident là où les stries et les sillons sont bien con • serves. Leur aspect peut servir à déterminer la direction du mouvement progressif de l'agent qui a produit l'ensemble du phéno- II. 3^
mène. Dans les vallées qui ont cette direction , nous voyons les stries traverser sans interruption les ondulations à angles droits, descendre le long de la pente méridionale d'une colline, traverser k fond plat de la dépression et s'élever de nouveau sur la colline placée au sud. Des exemples de cette espèce se voient partout dam les étroils canaux occupés par les eaux peu profondes qui séparent les innombrables petites îles des rives septentrionales du Lac supérieur. Là les stries et les siUons peuvent être suivis sous les eaux d'un bord à l'autre , et on les voit parfois gravir des collines qn iU traversent sans se détourner, quel que soit l'escarpement de hjn versant.
Les stries et les sillons sont en général dirigés du nord au sud, ne déviant que très-légèrement de l'est à l'ouest; cependant en divers endroits ils présentent des anomalies remarquables , partîcaiièrement le long du bord oriental du lac. Entre MichipicoUn et le Saut Sainte-Marie y la direction, au lieu d'être du nord au suJ, est en général déviée à l'ouest, tandis qu'elle est plutôt nonnak !e long du bord septentrional proprement dit , entre Michipicoiin a les autreis iles , et dans l'espace compris entre le pic et le fart William. La grande profondeur du lac formant une vaste cavité, où h masse de glace s'était accumulée pendant longtemps, est saos doute la cause de cette déviation.
Nous attribuons le croisement des lignes à angles aigus aux oscillations que la masse de glace a éprouvées en s'avançant vers le sud , oscillations dont la cause se trouve dans l'inégalité de la surface du sol. Ce même fait s'observe maintenant sous les gUciers quand ils s'avancent et se retirent dans les vallées alpines dont It fond inégal leur crée des obstacles. Il est naturel de trouver d? plus grandes déviations à la direction des stries dans certains déniés étroits et profonds, où de grandes quantités de glace ont dû s'accumuler et se mouvoir sous la double pression des parois latérales et des glaces arrivant du nord. Cette observation peut se faire ectr? Spar Island et la terre ferme opposée à Prince Location, au sud, e: le fort William y où les stries et les sillons sont dirigés à peu prè< de l'est à l'ouest* Mais ici également la continuité du phénom^u est toujours la même, ce qui n'aurait pas lieu si les masses de glace avaient flotté et avaient été repoussées contre la rite méritli-.-
nale. En effet , les surfaces polies avec leurs stries et leurs sillons continuent là comme partout ailleurs. Les angles que les stries forment les unes avec les autres sont tous aigus ; ils ne dépassent pas en général 10 degrés, rarement ils sont de 15, de 20 et de 25 degrés.
Dans quelques localités j'ai trouvé ces stries se coupant sous des angles de 30 degrés , mais ce sont de rares exceptions. L'on voit quelquefois un système de lignes presque exactement parallèles entre elles, courant dans une certaine direction, traverser un autre système de lignes également parallèles les unes aux autres. D'autres fois un système de raies fortement tracées et presque parallèles semble passer sur un autre système composé de lignes formant entre elles des angles variés. Enfin, dans quelques endroits , et ce sont les plus nombreux, les lignes, sans être parallèles, présentent ce-* pendant une direction principale et sont croisées par d'autres lignes moins nombreuses, qui forment des angles plus ouverts. Ces différences indiquent sans aucun doute plusieurs oscillations dans le mouvement de la masse qui a produit ces lignes , et dénotent probablement une action variant d'intensité et s'exerçant sur un même point à des époques successives. Nous voyons encore aujourd'hui des variations semblables sur les bords des glaciers , causées par l'augmentation ou la diminution de la masse de glace et par les changements qui ont lieu dans sa marche ^
Les matériaux erratiques qui , sous la pression de la glace , ont donné aux roches un semblable poli et y ont creusé des sillons , étaient des blocs de dimensions variées , de petits cailloux et des graviers , ainsi que des sables, et même de la poussière de roche très-fine.
De semblables matériaux se trouvent partout sur ces surfaces usées, et dans leur arrangement ils présentent le contraste le plus frappant avec les dépôts accumulés par l'action de l'eau. Il est vrai que nulle part on ne trouve le diluvium glaciaire régulièrement sti*atifié ; partout il est composé de matériaux dispersés et éparpillés
1 ft. A. Des observations positives nous disent que les glaciers progressent dans tous les sens, suivant leur masse. Cette progression est d'autant plus grande que le volume, surtout en épaisseur, est plus considérable, et par ce motif, les stries ne seront pas parallèles entre elles.
au hasard el sans triage ; les roches les plus dures associées aui roches les plus tendres forment des amas tanlôl grands, tantôt petits^ où elles sont entassées pêle-mêle; les blocs les plus gros occ>> pant indistinctement le sommet, le centre ou la base, en étant irrégulièrement mêlés aux petits cailloux et aux sables impalpables.
Ces matériaux eux-mêmes sont polis, striés et sillonfiéSf et L-i stries et les silloiis sont rectilignes comme ceux des roches in siu sur lesquelles ils reposent. Ils ne sont pas seulement frottés comcie les matériaux charriés par les courants ou apportés contre les rivages par les marées, mais ils sont régulièrement stries comme d^ substances dures le seraient si elles étaient fixées et frottées les unes contre les autres. C'est précisément ce que nous trouvoD.- j la surface inférieure des glaciers, où tous les matériaux dissémii^? sont enchâssés dans la glace et sont frottés et usés contre les roclk? sous-jacentes. Mais cet entourage n'est ici que la glace , et ces matériaux disséminés y étant fixés , puis détachés pour y être ensuite attachés de nouveau et libérés plus tard, et cela à plusieurs n:prises, ont été frottés contre les roches sous-jacentes dans loatrf les positions possibles. C'est de là qu'est venue non-seulement Kur forme arrondie, mais aussi leurs stries rectilignes en divers sens Comment de telles raies auraient-elles pu être produites par Y^ktion des courants ? Je laisse aux partisans de cette théorie le stin de le démontrer dès qu'ils le pourront. Touiiesbiocicr;a. A. 27. Jc n'omcttrai pas de mentionner ici un fait qui, dans m n
■nordi." Ti^ié.*°ci ^P^"'^" > ^ ""^ grande importance, c'est que totis les blocs err> i»oii». tiques du nord, même ceux du plus grand volume, sont arrondis.
striés ei polis. Cet aspect se retrouve dans tous ceux qui ne sont [--^ dans le voisinage immédiat des hautes montagnes, ce qui prouvt: que les accumulations de glace qui ont mis en mouvement les bk^^ erratiques du nord ont couvert la totalité du pays. Celte opiaioo tïi appuyée par une autre série de faits également importants , savoii : que les chaînes les plus élevées et les montagnes les plus accidatées, du moins en Amérique , et celles qui sont situées au nord d.j Alpes , en Europe , sont aussi polies et aussi striées que la surû c des pays placés à un niveau plus bas. Il n'y a qu*un très-pti.nombre de points qui paraissent avoir été placés au-dessus dt j I couche de glace. Dans les Alpes, au contraire, les sommets di>