‹ Matériaux pour l'étude des glaciers (volume 3)Chapitre 159 sur 216 · LAC SUPÉRIEUR · texte numérisé non relu

LAC SUPÉRIEUR

[leux ou trois, distantes de SO ou de 50 pieds (6 à 16 mètres). Âudelà se trouvent de gi*andes plages unies s'étendant jusqu'à un banc taillé à piCj qui forme le bord le plus élevé , sur lequel on compte 6 y 16 et même 15 terrasses , placées les unes au-dessus des autres, comme autant d'escaliers d'un amphithéâtre gigantesque. Le plus remarquable de ces amphithéâtres a été dessiné par H. Cabot, et forme le frontispice du volume. Sa hauteur a été déterminée par M. Iiogam, dans sa Description géographique du Canada ^ P- 10, où il le décrit avec beaucoup de soins. Je renvoie à ce travail pour de plus amples détails, et je dirai seulement qu'à la base de ces gigantesques escaliers se trouve une plage constamment exposée aux atteintes du lac et composée de sable très-fm formant une bande étroite et inculte.

En nous éloignant du lac, nous trouvons une pente d'environ 10 degrés , dominée par une terrasse plate qui s'étend sur une longueur de 50 pas à peu près, jusqu'à une pente d'environ 26 à 30 degrés d'inclinaison ; au delà de cette pente on rencontre une terrasse de 80 à 100 pas, ayant une inclinaison de 16 degrés; audessus s'élève une pente de 20 degrés, au delà de laquelle est un replat étendu de plusieurs centaines de pas et couronné à son som* met par des digues irrégulières , situées le long des récifs de roches qui forment la base sur laquelle repose l'ensemble de toutes ces terrasses. Nous devons considérer ces terrasses lacustres comme étant analogues à celles de rivières. Ces dernières cependant ont la même inclinaison que le cours de l'eau , et c'est le seul caractère qui les distingue des terrains lacustres ; elles sont aussi composées de diluvium glaciaire remanié. — Les cailloux de ce diluvium , par le fait qu'ils ont roulé et qu'ils ont été soumis à l'influence des eaux, ont plus ou moins perdu leurs stries et leur poli , mais ils sont encore doux au toucher. On voit plusieurs terrasses semblables entre les nombreuses iles du Lac supérieur ; quelquefois elles forment des espèces de langues de terre peu élevées , qui rattachent ces iles à la terre ferme, montrant ainsi , sur une petite échelle, comment, par l'accumulation de matériaux erratiques, plusieurs petites îles ont pu être réunies de manière à en former de grandes, et comment , à des époques reculées , elles ont pu être jointes aux continents.

Les bords du lac offrent , près de l'embouchure des grandes rivières, une autre série de faits intéressants. Ce sont des barrières parallèles de matériaux erratiques, amenés par l'action de ses eaux, qui opposent des obstacles successifs à leur cours. La partie inférieure de la rivière Michipicotin est bordée de cette manière , sur une étendue de plusieurs milles % par des murs concenlriqaes, à travers lesquels elle a creusé son lit. Elle a également changé de direction en se frayant une issue à travers les diverses barrières autour desquelles elle* circule. La plus grande est située en aval ; c'est une espèce de terrasse fluviatile placée près de la limite du lac ; elle sépare maintenant une factorerie de son bord immédiat , ainsi que de celui de la rivière, qui s'est frayé un passage entre les rochers et la barrière, uterrei'eitéietée. A. 36. Après avoir considéré ces faits, nous devons nons denun- ^s eaux n son ^^^ commcut CCS chaugements successifs dans le niveau da lac et

de ses rives ont eu lieu. L'eau s'est-elle graduellement abaissée on le sol s'est-il élevé à diverses reprises? D'après ce que j'ai dit cidessus des changements qui ont eu lieu entre la terre et la mer, je serais tenté d'admettre que c'est la terre qui s'est élevée et non les eaux qui se sont abaissées ; d'ailleurs les environs du lac fournissent des preuves qui ne me laissent pas de doutes.

Je suppose qu'une fois le lac ait été aussi élevé que les plus hautes terrasses ; il sera nécessaire d'admettre , dans cette hypothèse, ou que les bancs occupaient le pourtour de ces rives en ayant une assez grande élévation pour contenir les eaux à ce niveau , ou au moins qu'il y avait , à l'issue des eaux du lac , des bancs de cette même hauteur qui auraient été enlevés peu à peu. Or la terre ferme n'est pas assez élevée à l'extrémité occidentale et le long des rives méridionales du lac pour admettre une telle hypothèse ; il n ? a non plus à son issue , entre Gros-Cap et le cqp Iroquois, aucune trace indiquant la présence d'une ancienne barrière. Là, comme sur toutes les rives du lac , les matériaux dispersés se composent da même diluvium, dont nous avons expliqué la présence à des niveau différents.

Si nous regardions ce diluvium comme ayant formé une barrière sous l'influence de laquelle le lac aurait façonné les autres parties

« D. A. Un roiUe = lk"o»,609».

Page 1