ÉLÉVATION DE LA TERRE
de ses rives , nous devrions encore trouver la cause capable d'avoir enlevé cette digue ; or il n'y a dans la structure géologique du pays aucune indication qui puisse autoriser cette hypothèse. Si , au contraire, nous supposons que le lac lui-même ait renversé la barrière, il ne reste plus aucune bonne explication de l'accumulation du diluvium, de l'origine des terrasses et des changements survenus dans le niveau de la terre ferme ; d'ailleurs les niveaux des terrasses comparés les uns aux autres sont tellement inégaux que l'on ne peut les expliquer par un abaissement graduel des eaux du lac détruisant une digue de matériaux erratiques placée à son issue. Mais ce que l'on peut supposer, c'est que les innombrables filons qui traversent dans toutes les directions les roches métamorphiques formant les bords du lac , les ont soulevés à des époques différentes ; nous avons ainsi tout à la fois l'explication du changement qui a eu lieu dans le niveau relatif du lac et des terrasses , celle de la modification apportée à son niveau absolu et celle de la manière dont les masses de matériaux accumulés à son extrémité orientale ont été remuées.
Le fait que ces filons ont pu produire de tels changements , ne sera mis en doute par aucun de ceux qui étudieront l'origine de la configuration actuelle du lac. Nous conclurons donc que , de même qu'il y a eu un changement graduel général entre le niveau de la terre ferme et celui de la mer, il y a eu aussi un changement local graduel entre le niveau relatif des eaux du lac et celui de ses rives, et le phénomène local vient ainsi confirmer l'induction tirée de faits plus généraux.
Boston 1850. L. âgassiz.