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MATÉRIAUX QUI COUVRENT LES MORAINES PROFONDES

Il fallait bien reconnaître la séparation et la superposition des comblements alpins et vosgiens , puisqu'elles sont visibles , incontestables çt nettement tranchées; et ces relations, qui s'expliquent naturellement dans le système erratique , ne se présenteraient pas dans des dépôts formés par des cours d'eau à une époque d'inondation générale.

II. 23. Les torrents des Alpes élèvent journellement leurs cônes .

*■ ** qui couvrent Ips mo-

de déjection sur les moraines profondes; aux points où ils débouchent lainrs prorondet.

dans les vallées on voit le dépôt alluvien superposé au dépôt erratique, mais dans des conditions qui ne se rencontrent plus dans le bassin du Rhin, entre Bâle et Mayence.

Les surfaces unies et régulièrement dressées des moraines profondes sont recouvertes d'accumulations formant des bourrelets coniques, des délias inclinés j et non de nouvelles nappes stratifiées parallèlement aux plans inclinés qui les supportent. Les coupes longitudinales et transversales font voir ces renflements successifs dont j'ai donné plusieurs exemples dans les croquis joints à mon mémoire sur la vallée du Rhin postérieur; dans ces circonstances, la confusion n'est pas possible , les dépôts alluviens et erratiques sont parfaitement distincts.

En suivant chacune des chaînes des Vosges et de la Forêt-Noire , on rencontre une tout autre disposition , et la régularité de la nappe n'est interrompue nulle part, soit transversalement, soit longiludinalement, non-seulement à la rencontre des vallées dans lesquelles cette nappe se prolonge, mais encore d'une vallée à l'autre aux pieds des proéminences qui les séparent , bordent le bassin , et se relèvent brusquement au-dessus de la surface unie du comblement qui dessine à leurs bases une ligne parfaitement tranchée et paraissant de niveau.

Mais la supperposition en deux nappes dressées et parallèles des dépôts des Alpes, des Vosges et de la Forêt-Noire, qu'il s'agissait d'expliquer en faisant intervenir successivement un courant principal suivant la ligne de plus grande pente de la vallée , puis des torrents sortant latéralement de ces deux chaînes, n'est pas le seul fait à considérer dans le comblement du bassin du Rhin.

A la rencontre de deux vallées principales, le comblement n'offre pas un mélange confus de matériaux provenant de Tune et de

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Taulre, comme cela serait dans les alluvions aux confluents (I^-s cours d'eau. Il se compose de deux nappes distinctes appuyées Tuik contre l'autre , juxta-posées , et se prolongeant séparément en se raccordant sans inflexions à un môme plan incliné ; ailleurs , d quand le comblement latéral provient d'une vallée secondaire peu étendue > il y a encaissement et superposition , mais toujours séparation et absence complète de remaniements. L'explication que j'ai donnée de ces faits , je l'ai trouvée en quelque sorte écriie sur U mjI en étudiant le régime des glaciers , et je l'aurais inutilement cherchée en observant le cours des torrents et des rivières , agissant suivant des lois souvent mal interprétées et comprises , mais dont li^ plus savantes hypothèses ne sauraient entraver le cours.

Le comblement diluvien qui sort des bassins de réception se prolonge dans la plaine du Rhin. Toutefois il offre les mêmes caractères dans les cirques élevés, dans toute l'étendue des vallées et dani la grande nappe : les cailloux roulés y arrondis et poUs se retrouvi-nt partout indistinctement, aux pieds mêmes des rochers qui en vf*i fourni les éléments, à quelques mètres des sources des cours deon . aussi bien qxCaux points extrêmes des comblements ; et c'est une observation que j'ai faite et consignée depuis longtemps.

Cependant la présence de ces galets dans les comblements des hautes vallées indique beaucoup plus sûrement l'intervention de la glace que celle de l'eau ; aussi mm. €%• Hartâiia et Clartalii ont-ils commencé à admettre, dans les limites des anciens glaciers et jusqu'aux moraines frontales conservées , des moraines profondes recouvrant un diluvium plus ancien, et c'est un premier pas vers la réforme complète des alluvions anciennes , antérieures à Tépoquo glaciaire. — II n'y a pas de terme moyen , et les nappes dont il est question sont ou des moraines profondes ou des allumons. Nappes H. 34. J'ai surabondamment expliqué pourquoi je ne pouvais v

de comblement imn.- rcconnaître dcs dépôts formés par des courants , et déjà , en 18 y,

portées par les ., . . 7 ^ »

glaciers. j ^1 émis ccttc opiuion , dans laquelle tout ce que j'ai observé depuis me porte à persister formellement , que le transport des matérionr composant ces nappes avait été effectué par des glaciers * .

mu. cit. nmrUnm et c^iMifiadl admettent , avec moi , dans ks vallées de la Suisse , des moraines profondes jusqu'aux moraines

* D. À. El après avoir été déposés , souvent pdrlièllement remaniés par les eain.

frontales les plus avancées. Ce point établi et constaté , que devien* dront les comblements inférieurs dans les contrées qu'ils considèrent comme l'ancien domaine des glaciers ^ et ceux qui forment les prolongements de ces mêmes dépôts jusqu'aux limites beaucoup plus reculées que j'ai cru devoir admettre et indiquer?

Évidemment des moraines profondes !

....Si la nappe supérieure, entre la chaîne du Mont-Blanc et Turin, est une moraine profonde, tout le comblement fait partie d'un seul et même dépôt, et c'est en vain qu'on y chercherait des limites séparatives; la couche supérieure, la surface étant incontestable* ment erratique , le masse entière à laquelle elle se lie intimement est évidemment erratique.

Et s'il en est ainsi, le prolongement au delà de la moraine fron* taie de Turin ayant les mêmes allures , les mêmes caractères , la même composition , les mêmes formes, la même régularité , est encore la nappe ou moraine profonde , et sa limite marquera le terme d'extension glaciaire à une certaine époque.

Enfin dans le bassin du Rhin, dans la Forêt-Noire et dans les Vosges, le comblement rentrera dans le même ordre de dépôts; et attendu qu'il n'a d'analogues que dans la région des glaciers anciens et actuels , qu'il n'offre aucun des caractères des formations ducs à l'action des cours d'eau , qu'on ne peut établir aucune différence entre la moraine profonde actuelle et les diverses paities de ce comblement, il n'est plus possible aujourd'hui de leur appliquer la qualification de diluvium.

On pourrait encore supposer, surtout si l'on ne voulait tenir aucun compte des formes et de l'arrangement des galets , que la régularité de la surface des nappes des hautes vallées est due à l'action glaciaire, et que cette action s'est produite en second lieu quand déjà les bassins avaient été comblés par des torrents. Il faudrait alors admettre que toutes les parties nivelées de ces nappes ont été soumises à la même cause , et finalement reconnaître l'extension des glaciers jusqu'aux extrémités de ces nappes aussi correctement dressées , entre Bàle et Mayence , que dans les cirques des hautes vallées : le diluvium deviendrait alors une conception inutile, surabondante, à laquelle on n'a renoncé que partiellement jusqu'ici , parce qu'on a voulu arbitrairement fixer les limites des anciennes régions

des glaces , avant d'avoir pris la peine de les rechercher et de les étudier convenablement.

Mais les faits géologiques ne sauraient se restreindre suivant notre volonté : les glaciers ont imprimé sur le sol des traces irrécusables de leur passage et de leur séjour, et cependant quand tous les géologues n'admettent pas encore* les roches polies et striées y preuve que l'on peut voir, toucher et comprendre sans peine , est-il donc surprenant que le diluvium conserve encore de fervents partisans? Les accumulations erratiques offrent des caractères saillants qu'on ne pourra pas toujours nier, et on aura beau faire , on ne parviendra pas plus à démontrer que le comblement de la vallée du Rhin est un dépôt fluviatile qu'à rendre compte du transport des blocs alpins dispersés sur le Jura* par des courants boueux.

L'assise n^ 3 ou supérieure du terrain de comblement de la vallée du Rhin est composée de lœss ou lehm ', limon argileux , parfois chargé de particules très-fines de mica; sur quelques points, le sable quartzeux très-fin y devient prédominant. — Quelques géologues (non glacialistes) prétendent que le phénomène qui a donné lieu à la formation de l'assise supérieure du comblement , composée de matériaux distribués de telle sorte qu'on ne pourrait guère , selon eux , en rapporter le mode de transport qu'à des courants violents, ayant perdu de son énergie, aurait été remplacé immédiatement par un autre phénomène prenant derechef son centre d'activité dans les Alpes. Et le Rhin prédominant de nouveau, par sa force locomotive, sur ces affluents latéraux , aurait inondé alors la plaine de la masse de ses eaux boueuses (mais cependant , malgré cette force de locomotion , il ne charriait plus de graviers ni de galets) , et le lehm se serait déposé et consolidé dans tord l'espace compris entre les Vosges et la Forêt-Noire.

Ainsi le lehm et les moraines (frontales) étant superposés à tous les dépôts antèriexirs , seraient les représentants du dernier terme Je la série.

' D. A. Les uns ne veulent pas voir. — D'autres ne sont pas asses indépendants /x*r

our voir.

* D. A. Et partout ailleurs.

' D. A. Boue de glacier.

LEHM. 613

Le Uhm est évidemment là boue des anciens glaciers ; on ne peut pas le considérer comme un dépôt distinct et séparé de la masse du terrain erratique.

Lorsqu'il recouvre une nappe de galets , son dépôt évidemment a eu lieu postérieurement, m^is cette relation, cette superposition ne prouve nullement que le lehm n'a commencé à se produire qu'en second lieu et à une époque plus récente.

H. 25. Le lehm^ dont nous voyons des amas isolés à la surface du comblement et sur les sommités des diverses proéminences , est mêlé visiblemefU et incontestablement aux matériaux dont se compose ce comblement. La boue qui enveloppe les galets des moraines frontales de la vallée de Wesserling, enveloppe également les galets , les sables et graviers de la plaine du Rhin , dans la m4isse entière du dépôts

Le lehm , qui continue à se produire comme toutes les autres parties du terrain erratique , ne forme cependant pas de couches dans les nappes profondes ; la boue glaciaire se mêle aux matériaux de ces nappes ; mais pour que cette boue s'accumule et donne lieu à des dépôts d'un limon argileux, il faut qu'elle soit lavée, que ses parties les plus tenues soient transportées par les eaux jusque dans des bassins où le sédiment puisse se déposer lentement , et , on le comprend , il faut en même temps que les eaux soient calmes ; la moindre agitation retarderait ou empêcherait même les éléments du lehm tenus en suspension , de se séparer et de se précipiter.

Le lehm ne se dépose dans aucune des rivières des Alpes ; on voit seulement quelques couches boueuses sur leurs rives quand les eaux ont été momentanément retenues, tandis qu'il s'accumule journellement au fond du lac de Genève, dans lequel le Rhône vient jeter ses eaux boueuses, qui, après un assez long trajet, en sortent pures et limpides; ddns les lacs moins étendus il ne se dépose que partiellement.

Le Rhin, dont la vitesse est moins grande que celle d'un fleuve inondant toute la plaine, entre les Vosges et la Forêt-Noire, ne forme plus de nouveaux dépôts de lehm , quoiqu'il soit chargé de boue, et il en serait autrement s'il se dérivait et se reposait dans

* D. A. Dépôt non remanié par les eauic

Lphm (boae glaciaire).

des bassins convenablement disposés. L'étage supérieur n'est donr pas un dépôt fluviatile, puisque nous n'en retrouvons pas le moindre exemple dans un fleuve coulant avec moins de rapidité que ses grands courants descendant des Alpes. La plaine d'Aitaoe La ploinc d'Alsdcc a-t-cllo été occupée par an grand lac au mo-

pârun ^ndUTil ^^^^ ^^ ^^^^ ^^ lehm? Je ne le pense pas et je ne vois pas de mo moméiit da dépôt du tifs pour Ic supposcr *; cependant il faudrait bien revenir à cette hypothèse si Ton admettait que le lehm a rempli tout FintervaUe (mipris entre les Vosges et la Forêt-Noire. Mais viendrait ensuite la difficulté d'expliquer le morcellement de ce dépôt et sa complète dispa*

* D. A. Sur le versant nord des Alpes nous voyons, dans les vallées depuis kmsknîi'» abandonnées par les anciens glaciers, des lacs d*une grande étendue : lac de Oettési de Constance , des Quatre-Cantons , de {îeuchâtel etc. Sur le versant sud , les Uf< Majeur, de Côme etc. — Dans les régions plus élevées, à 1800 mètres altitude et plus, les lacs du Grimsel, de TEngstlen, le Bachsee au Faulhom , S300 mètres altitude; k Ut du Saint-Bernard , 2620 mètres altitude etc. Nous voyons aux pentes terminales «les glaciers en activité le lac Mârjelen (glacier d'Aletsch). Nous en voyons sur les me de glaciers , au glacier inférieur de TAar (rUnter-Aar) , à la base du Pavillon , 2300 mrtnf altitude. Nous voyons des lacs dans le glacier même de l'Unter-Aar, à la base doThierberg , lac d'une très-grande profondeur, d'une superficie de quelques hectares. — Par* tout il y a des lacs nombreux et à de grandes altitudes dans les Alpes, dans les P}Ttnées, dans les Vosges, dans la Forèt-Noire etc. — A l'époque des glaciers monstres, 13 plaine d'Alsace était couverte de glace de glacier (ce qui pour moi n'est nuflemeat hypothétique) ; il existait alors, sans aucun doute, un grand nombre de lacs partiels, panm lesquels il pouvait s'en trouver d'une grande étendue, dont les niveaux et les dimeofioai étaient très-variables. — Les eaux tenaient en suspension de la boue glaciaire. Ces bcs sont à prendre en considération pour expliquer certains dépôts de la»s ou lefam Vcf glaciaire). Des glacialistes (des collaborateurs même qui, depuis quelques années, od: renoncé aux souliers ferrés et à l'alpenstock) me (Uront : Vous accordes aux moeo glaciers des dimensions et des étendues hors ligne. Les limites des roches moutonnées, polies et striées, et l'absence de tous matériaux erratiques volumineux dans les fànna d'Alsace , et les matériaux alpins qui se trouvent sur le Jura , et les moraines dans les plaines suisses, et surtout les roches à arêtes vives dans les Alpes au-dessus des po!i«s n'autorisent pas à adntettre ce développement glaciaire. — Je réponds : des obsemtioos positives me disent qu'à une altitude de 2600 mètres (approxim.j, limite des roches dk«tonnées, polies et striées, les glaciers sont adhérents, solidement gelés au sol dans io\*ie< les saisons , et par conséquent ils n'ont pas d'action sur les roches qui les encaisseot. et ces polis ne sont pas les limites de l'ancienne extension des glaciers. Les gla.»^ monstres , couvrant à une époque tous les pics et crêtes des Alpes pendant des siéries . ces glaciers progressaient comme ceux qui sont encore en activité. Toutes les rocher ée^ Alpes, des Vosges, de la Forêt-Noire étaient couvertes de glaciers, et aucun fragment k roche ne pouvait tomber sur leur surface; à cette époque ils ne pouvaient déposer <^ des moraines profondes et de la boue glaciaire.

HYPOTHÈSE DES COURANTS d'eAU. 615

ri tien sur la plus grande partie de la surface du comblement, que des courants auraient entièrement bouleversée, et sillonnée de canaux d'écoulement dont on ne voit de traces sur aucun des points de celte immense plaine.

Si Ton considérait les amas isolés de lehm comme les témoins d'une ancienne masse , et en choisissant quelques cotes de hauteur, on arriverait à conclure que ce lehm s'élevant au plus haut à 450 mètres entre les Vosges et la Forêt -Noire, entre Heidelberg et Heilbronn à 260 mètres ; enfin aux environs de Bonn à 65 , la pente de la surface serait de 385 sur une longueur approximative de 400 à 120 lieues , soit 0,000808 à 0,00096 , ou un peu moins de 1 mètre sur 1 ,000.

Mais il suffit de jeter les yeux sur la carte du bassin du Rhin pour comprendre immédiatement que le lehm ne se raccorde pas à ce plan incliné et qu'il est disposé en divers étages qui ne se rattachent pas les uns aux autres; ainsi, dans un espace très-resserré on le voit à Lutterbach , à la cote 255 , à Mulhouse à 243 ; sur les plateaux de Brubach à 340, de Walbach à 379, et de Francken à 413.

Le sol des Vosges se relève dans la direction des montagnes , en suivant une inclinaison moyenne , qui n'est pas de un demi-degré à l'ouest, mais qui, à l'est sur l'Alsace, dépasse 6 degrés. Mais on le sait, tous les terrains de cette contrée, loin de se rattacher uniformément à ces deux plans inclinés , offrent une suite d'étages successifs indépendants. 11 en est de même du lehm , dont chaque dépôt est une accumulation séparée, faite dans des conditions indépendantes d'un phénomène général de comblement boueux.

L'idée de soulèvements postérieurs destinés à produire le relèvement du lëhm au-dessus de la nappe de comblement et sa distribution par étages n'est pas souienabU.

H. 26. Quels que soient les caprices d'un courant qui , sur une Hypothfcw nappe de sables et de gravier, modifie et déplace son lit , il ne peut ^^ «»"«»«« d'"« s'élever ou s'abaisser qu'en raison du volume d'eau débitée ; que le Rhin se soit porté alternativement aux pieds de ces deux chaînes de montagnes , c'est une hypothèse qu'on ne peut admettre , puisque en dehors des terrasses bordant son lit on ne voit pas de traces de canaux d'écoulement, ni accumulations ni distributions de matériaux rappelant l'action d'un courant. Mais ce n'est pas de ces diva-

gâtions du Rhin qu'il s*agit ; pour expliquer la formation de dé(x^t5 de cailloux et de lehm sur les plateaux élevés , il faut aller plus loiu et admettre l'inondation de la plaine et des coteaux , une inondation générale du bassin: il le faut, puisque certains géologues reconnaissent que le lehm a pu se placer sur les points où il se trouve, sans qu'il soit nécessaire d'invoquer des soulèvements postérieurs.

Cependant le fleuve n'avait pas une largeur permanente de 10 à 12 lieues, et le Rhin ne pouvait recouvrir le Vogelberg, à la côte 455, monter de 222 mètres au-dessus de Kerabs, et laisser à sec la plaine de la rive droite ; et dans ce moment surtout couler avec moins de rapidité qu'aujourd'hui, puisque forcément^ eu égard à la pente de la nappe , il devait avoir (avec cette hauteur seulemetiC^ une vitesse de plus de 15 mètres et débiter 47,700,000 mètres cubes d'eau par seconde.

Maintenant, je le demande, les solutions proposées sont-elles sérieuses ? devons-nous croire sans examen et sans preuves :

lo Que le Rhin a coulé seul, à une certaine époque, et avec assez d'énergie pour combler le bassin entre les Vosges et ia Forêt- Noire ;

2<) Que, chargé de débris alpins , il a franchi les lacs de la Suisse qui , selon certains géologues , n'ont été recouverts par les anciens glaciers que bien postérieurement au comblement inférieur de k vallée ;

S^ Qu'ayant perdu momentanément de son énergie, des torrents latéraux et violents ont ensuite recouvert le diluvium alpiu d'uue nappe réglée longitudinalement et transversalement , et suivant ua plan continu de Bàle à Mayence, quoique débouchant sur divers points dans le bassin ; et que ces torrents , de volumes et par conséquent de forces diflerentes, ont cependant produit les mêmes effets , un travail uniforme régulier ;

4» Qu'ensuite ils ont eu aussi leur moment de repos pendant que le Rhin , reprenant une nouvelle énergie, est venu couvrir la plaioe de ses eaux boueuses ;

5<> Que ce fleuve , suivant son caprice , inondant tantôt une rive , tantôt une autre, a formé des dépôts de lehm d'une légèreté et d'une mobilité extrêmes à près de 200 mètres au-dessus du niveau de son lit actuel; qu'avec celte élévation le bassin n'était pas entièrement

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