‹ Matériaux pour l'étude des glaciers (volume 3)Chapitre 187 sur 216 · ACTION DES COURS D*£AU · texte numérisé non relu

ACTION DES COURS D*£AU

ment qaartzeux. On le trouve couronnant des plateaux élevés , jusqu'à l'altitude de 400 mètres^ c'est-à-dire dominant les vallées de 200 mètres.

c Cette mâme argile se trouve cependant aussi dans le fond des vallées, mais mêlée alors, non pas seulement de cailloux quartzeux y mais de cailloux granitiques ou autres, ^propres à ces vallées; dans ces conditions le terrain superficiel a reçu la dénomination de dilutnum des vallées.

H. 35. Tels sont les faits sur lesquels nous sommes tous d'ac- condosioni. cord , et qui ont été constatés et vérifiés à diverses reprises. On sait n^tl^yo"^ ^^"Z donc que des cailloux provenant des Vosges se retrouvent dans les trooTent dut les tbi. vallées de la Meuse et de ses affluents , ainsi que sur des plateaux '*** 1* ^ "*"" ** **'

' ^ '^ sei affluenu, ainsi que

élevés ; que dans la Meuse et sur les plateaux jusqu'à la Moselle , lar dei piatetas éie. ces cailloux sont exclusivement quartzeux, tandis que dans le"^* fond de celte dernière vallée, et dans toutes celles qui viennent s'y jeter, les cailloux représentent toutes les roches propres à ces vallées , les quartzites , les granits , les dioriles etc. Enfin que sur la rive di'oite de la Moselle , aussi bien que sur les plateaux qui dominent la Meuse on remarque des dépôts d'argiles mêlées de cailloux exclusivement quartzeux.

Aussi a-t-on divisé ces dépôts en deux étages , l'un nommé dilu* vium des plateaux , et l'autre diluvium des vallées.

H. 36. Les cours d'eau actuels n'exécutent aucun travail ana- Action logue > les matériaux qu'ils déplacent ou qu'ils charrient et déposent, sont tous con/ti^^m^nf entassés et mélangés; et la Moselle d'aujourd'hui , parcourant une contrée dont la constitution géologique n'a pas varié depuis l'époque dite diluvienne , n'a pas la propriété de séparer les cailloux provenant de la destruction du grès vosgien , de les rejeter seuls sur ses rives, et de ne conserver dans les limites de son lit que les galets granitiques et toutes les autres roches cristallines du bassin. Que sa puissance et sa force viennent à augmenter, et elle exécutera sur une grande échelle ce qu'elle produit en petit , en raison de sa force actuelle ; et qu'elle parvienne à s'élever à l'altitude de 400 mètres et à transporter des galets sur les plateaux des environs de Toul , de Verdun et des Ardennes , ou dans le bassin de la Meuse , ses déjections alluviennes ofi'riraient un mélange de toutes les roches d'amont.

des coun d'eaa.

Cette différence essentielle entre les dépôts des plateaux et ceni des vallées , sur le versant de la Moselle , et l'identité des ans et des autres, dans le bassin de la Meuse, sont des caractères qui révèlent, d'une manière certaine , le mode de production de ces prétendues alluvions , et la nature de l'agent sous l'influence duquel elles ont eu lieu.

Col de Fong jj^ courant diluvien franchissant le col de Foug ou du val de

ou da val d'Ane

(Vosges) l'Ane , passages les plus déprimés entre la Moselle et la Meuse , aurait eu une puissance et une vitesse très-grandes pour agir encore dans la basse Meuse ; et cependant les dépôts dont il s'agit , ainsi que l'ont fort bien fait remarquer les auteurs de la statistique géologique des Ârdennes, ont l'aspect de dépôts tranquilles. Sur les plateaux, les cailloux sont associés à des argiles qui n'auraient pu s'accumo- 1er sur des lieux élevés , si elles avaient été entraînées ainsi que les galets par des courants violents.

S'il y avait eu inondation du bassin de la Moselle , et seulement déversement du trop-plein dans la Meuse, un lac d'une très-grande étendue aurait existé à l'amont de Toul ; à partir des environs d*Igney , dans les Vosges , les eaux auraient été stagnantes , et le transport des matériaux de la région du grès des Vosges n'aurait pas êiê possible au travers des eaux tranquilles du lac , et jusqu'aux plateaux élevés de ses rives (pi. 4, fig. 7).

Épinai. A Épinal même , le courant agirait dû s'élever à la cote de 468

mètres, puisque l'on rencontre sur les plateaux voisins de cette ville, à cette hauteur, des dépôts de galets quartzeux transportés, c'est-à-dire à 168 mètres moyennement au-dessus du lit actuel de la Moselle ; ér droite et à gauche , sur toutes les proéminences qui bordent cette vallée , on retrouve ces mêmes dépôts , tandis que les galets granitiques constituent le comblement inférieur ; enfin un courant aurait entraîné hors du bassin de la Moselle un mélange de tous les matériaux constituant le comblement, jusqu'à la hauteur de Toul ou de sa dérivation présumée vers la Meuse.

J'ai déjà eu occasion de signaler les différences qui existent entre les dépôts du fond de la vallée et ceux qui couronnent les plateaux, en suivant le cours de la Moselle au-dessous d'Épinal , et d'insister sur la nécessité de chercher une autre cause à leur formation , à la translation et au triage des matériaux qui les constituent.

Page 1