ANCIENS GLACIERS DES VOSGES
En jetant les yeux sur la carte géologique des Vosges , on voit que la région granitique ou des montagnes est séparée des formations calcaires et des contrées où les galets quartzeux se retrouvent exclusivement y par le grès des Vosges formant une large ceinture autour de ces montagnes , et qui s'étend au loin à droite et à gauche des vallées de la Moselle et de la Meurthe.
Cependant aucune des coupures ou vallées secondaires ouvertes dans cette masse arénacée n'est en communication directe avec la Meuse et n'a pu fournir les éléments des comblements qu'on y observe ; tous les cours d'eau aboutissant à la Moselle mêlent à cette rivière leurs eaux et leurs alluvions, et ce n'est que hors des limites des plus hautes crues que l'on aperçoit ces bandes parallèles de galets, constituant les terrains de transport, offrant un triage que les eaux auraient troublé et non produit.
H. 37. Sur cette carte , et suivant les limites tranchées de chacun ^""•■* des dépôts , si l'on rétablit les anciens glaciers des Vosges S d'abord jusqu'aux accumulations de blocs erratiques les plus anciens, jusqu'aux premières moraines frontales , on comprend le mécanisme de la formation et du transport des différentes parties des terrains superficiels.
Le glacier* sortant de la région granitique jusqu'à la rencontre des premiers lambeaux de grès, ne transportait que des débris de roches cristallines , dont les moraines frontales , latérales et profondes sont exclusivement formées dans la haute vallée, tandis que, dans la région arénacée et au-dessous , des galets quartzeux sont venus s'y ajouter.
Mais les glaciei*s latéraux provenant des vallées du grès des Vosges , joignant le glacier principal et cheminant latéralement avec lui , ne pouvaient fournir que des débris de ce gi^ès , et mélanger aux argiles et aux marnes provenant de la destruction des calcaires , que des galets quartzeux , les mêmes dispositions , les mêmes causes , dans diverses vallées, ont dû produire les mêmes effets; et c'est ce que Ton observe dans le bassin de la Meurthe , et dans tous ceux qui ont leur origine dans la région granitique, aussi bien que dans celui de la Moselle.
* D. A. A une certaine époque.
* D. A . Toujours à une certaine époque, où ils n'étaient pas au maximum de leur puissance.
634 DÉPÔTS ERRATIQUES DE LA YALLiS DE LA MEUSE.
La moraine profonde du glacier principal , que ne pénétraient et ne pouvaient pénétrer les glaciers secondaires, comprend un mélange de tous les matériaux d'amont : aussi la différence s^lée entre les comblements des plateaux et ceux des vallées est-elle parfaitement motivée.
Que ce glacier se soit étendu au loin , jusqu'aux linûtes extrêmes de la nappe de comblement et des déjections latérales sur les plateaux f on ne saurait en douter, si l'on veut tenir compte de Tordre et de la distribution des dépôts.
A la hauteur des premiers plateaux couronnés de cailloux qoartzeux y les glaciers latéraux se sont déversés sur les proémioences bordant le bassin , et ceux de la rive gauche ont pu franchir ces mamelons aussi bien que les cols pour se répandre dans la Meuse, et entraîner au loin avec eux les débris dont ils sont diargés , et consistant exclusivement en sables , en galets quartzeux mélaiigés ii la boue glaciaire et aux détritus argileux et calcaires provenant de la trituration des formations locales.
La boue glaciaire s'est alors déposée soit dans le fond des vallées sur les moraines profondes , soit sur les plateaux ou sur \té flancs des coteaux. Dans le premier cas elle constitue des nappes sédimentaires produites dans des bassins inondés ; et dans le second, des amas qui n'offrent plus les caractères des dépôts lacustres et de sédiment.
La boue glaciaire ou le lehm qui se dépose journellement dm les lacs alimentés par des courants sortant de la r^on des ^ciers en activité y peut aussi s'accumuler sur certains points sans le concours des eaux; on voit, à chaque pas, dans les Alpes, de^ exemples de déjections ou de coulées boueuses , sur des plans iDclinés , dans l'intérieur et jusque sur les crêtes des moraines anciennes et actuelles , dans des défilés , où des courants ayant acquis une excessive vitesse s'ils étaient sortis de leurs lits actuels , se l'auraient pas laissée en place.
Les faits observés dans la vallée de la Meuse , loin de révéler Yattervention de courants diluviens, semblent donc prouva Tacti.^ d'anciens glaciers dans la production des dépôts superficiels, de ces accumulations de sables et de galets placés lentement et swxessir^^ ment sur des plateaux élevés, où ils n'auraient pu s'arrêter s ib