‹ Matériaux pour l'étude des glaciers (volume 3)Chapitre 189 sur 216 · ANCIENS GLACIERS DES VOSGES · texte numérisé non relu

ANCIENS GLACIERS DES VOSGES

avaient été charriés avec une certaine vitesse , qu'il faudrait bien admettre dans Thypolbèse diluvienne.

Des glaciers seuls ont pu favoriser la production du dépôt de Villars, au sommet d'un mamelon situé au confluent de deux vallées; déposer sur les escarpements de Rebeuville des galets , des blocs et des sables de trituration ; fournir les éléments des nappes stratifiées de lehm et en même temps des amas de détritus identiques sur les lieux élevés.

Les eaux auraient pu détremper les formations argileuses et calcaires d'amont, charrier et abandonner, sur les plaines basses, dans des ciixoDstances données , les éléments d'un lehm diluvien ; mais celui des plateaux non-seulement ne se serait pas déposé et mêlé à des galets entraînés des faîtes secondaires des Vosges , mais il eât été infailliblement entraîné avec ces galets si, à une époque quelconque , des courants avaient atteint les sommités qui en sont recouvertes ; et faut-il encore répéter que des courants auraient en« combré le lit de la Meuse et les terrains submergés de toutes les roches de la haute vallée de la Moselle indistinctement ; que nulle pai*t , dans le régime des rivières , on n'observe un seul fait , un seul exemple à invoquer à l'appui des opinions que je cherche à réfuter, tandis que, dans la région des glaciers en activité on retrouve une foule d'exemples des effets produits autrefois dans les Vosges et dans la Meuse, et l'indication précise, formelle , de la seule , de la vérilable cause à laquelle ils doivent être rapportés ?

Dans la formation de la partie superficielle des comblements des vallées de la Meuse on ne saurait nier l'intervention de l'eau ; et les nappes superficielles, ainsi, que je l'ai dit, continuent encore à s'élever graduellement ; mais les sédiments anciens sont recouverts par les déjections torrentielles qui s'étalent à leur surface ; tandis que les bases de ces cônes s'unissent aux alluvions modernes et récentes , et marquent , par leur réunion , la limite des formations de l'époque erratique.

Les eaux ont aussi laissé des traces visibles de leur action , pendant c^tte dernière époque, en dehors des nappes sédimentaires recouvrant, selon toute probabilité, des accumulations plus ou moins puissantes de graviers.

En sortant de Saint-Mihiel , on aperçoit plusieurs rochers cal-

caires faisant saillie et coupés verticalement sur le flanc da coleaa bordant la rive droite de la vallée. Ces rochers offrent des traces éTh dentés d'usure, de véritables karren que les eaux seules ont dû produire (pi. 4, fig.).

Roehm eonronnAi H. 38. Ccs rocbcrs sout prcsquc tous couronnés par un chapeao par nn ebapean for- fQ^^fj^p^ saillic , UHC sortc dc comiche séparéc du surplus de la

mant lailue. La baie ' r r

délitée par lei agenu mdssc par uu sillou arroudi , plus ou moins profond, résultant non atniosphéri<|ii«t. j^ l'actiou d'aucieus courants, comme on l'avait présumé, mais de

la décomposition d'une couche moins résistante et que les agenU atmosphériques continuent d'attaquer et de corroder. Comme ces sillons paraissent être horizontaux ou peu inclinés parallèlement an cours de la Meuse, on aurait pu penser qu'ils avaient été creusés par les eaux de la Meuse , élevées extraordinairement à Fépoqne diluvienne.

Mais en examinant attentivement les sillons, on voit qu'ils suivent rigoureusement le parallélisme des couches calcaires ; que ces couches ne sont pas exactement dans le prolongement l'une de Faotrc suivant un plan incliné régulier, et qu'il y a eu déviation parsuiie de légers plissements. Ainsi le rocherjle plus éloigné de Saint-liihiel, au sommet duquel on remarque un chapeau en forme de table (table du diable) posée sur un pied qui semble s'amincir tons les jours davantage , offre , sous cette table , un sillon incliné de un degré vers l'amont ; au troisième rocher, en remontant , le sillon plonge de 4 degrés à l'aval ; celui du quatrième de 1 d^ré seulement, tandis qu'au sixième l'inclinaison est de i degré à l'amont. Enfin les sillons que l'on remarque en outre sur les faces de ces rochers, à diverses hauteurs , ne sont plus parallèles à ceux de la partie sapérieure, et ils ont au premier rocher, et vers l'aval, comme les couches dans lesquelles ils sont ouverts, 8 à 13 degrés d'inclinaison (pl.4,fig,6).

Mais sur divers points on voit d'autres sillons irréguliers et diversement inclinés dont les parois offrent des traces d'usure, et l'on remarque , principalement sur les faces verticales regardant le talas du coteau , des cavités circulaires nombreuses creusées plus uu moins profondément , ayant tous les caractères des karren et des marmites, et qui prouvent que les eaux ont exercé leur action sar ces rochers (pi. 4, fig. 5).

eaux.

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