‹ Matériaux pour l'étude des glaciers (volume 3)Chapitre 197 sur 216 · COMBLEMENT OU BASSIN DU PÔ · texte numérisé non relu

COMBLEMENT OU BASSIN DU PÔ

versant méridional des Alpes , et dont la surface, r^uUère en apparence y ne se raccorderait pourtant pas à un seul et même plao incliné, comme on le croirait à la première vue.

Ce que j'avais observé dans les comblements des grandes vallées du Rhin, du Rhône, de TÂar, ne pouvait manquer de me laisser des doutes à cet égard, et de me faire comprendre la nécessité de visiter le bassin du Pô, pour étudier cet immense comblement, et de rechercher s'il offre les caractères d'une formation alluviale , et uue distribution et des relations différentes de celles qu'affectent, sam exception , les nappes dont je m'étais plus particulièrement occupé jusqu'ici; et je me suis mis immédiatement en mesure d'aller sur les lieux , vériCer les faits et recueillir les observations dont j'anis besoin pour adopter ou discuter l'opinion émise par mes confrères. combieineut jj^ 53^ Du sommct de la colline de Turin, et de tous lespoinU depuis lesquels j'ai pu examiner le bassin du Pô , le combleffleot général m'a paru former un grand plan incliné d'une parfaite régularité, se dessinant au pied des Alpes, comme se dessinerait la surface unie d'un lac.

De plusieurs vallées sortent des torrents qui ont étalé autrefois ou qui continuent à jeter leurs cônes de déjection sur la surface dt ce plan, et à exécuter, en saillie, des remblais différant, soas tous les rapports, du comblement qui les supporte. Les limites de c^ cônes , dessinées sur la carte de l'état-major piémontais , sont toujours parfaitement visibles.

Deux ou plusieurs cônes peuvent se réunir et se toucher latéralement et constituer des accumulations ondulées assez considérables; et, dans ce cas, on pourrait supposer que la plaine est réellement la réunion des déjections produites par les nombreux cours d'eau qui viennent se jeter dans le fleuve. Mais en suivant le versant des Alpes , on rencontre à chaque instant , entre deux cours d'eau et au pied même des montagnes , de vastes champs de galeU parfaitement nivelés , dont la surface se raccorde exactement à celle de la plaine, en passant sous les alluvions des torrents toujours distribuées sur le plan incliné du bassin, comme les moraines frontales, les blocs et le terrain éparpillé (pi. 7, fjg. 1).

Cette superposition que l'on observe d'ailleurs dans toute Téleo' due du système des Alpes estparfaitement évidente, et suffirait pour

Terrain de comblement de

motiver, entre ces diverses parties du comblemenl , une dislinetion et une séparation, que Ton peut toujours comprendre, et dont la coupe (fig. 2 , même planche) , fournit une preuve incontestable.

Les arêtes supérieures des deux cônes A et B forment sur la surface de la nappe des angles plus ou moins inclinés, suivant la puissance des déjections, relevées à partir de leurs bases dans la direction des goulots d'écoulements ; mais elles ne viennent ni se toucher ni se confondre : dans Tintervalle qui les sépare, le comblement conserve son apparente horizontalité, tandis qu'il offrirait, comme dans la fig. 3, une dépression marquée par la rencontre des surfaces courbes, s'il faisait partie des déjections torrentielles.

H. 53. De Rivoli à Turin, et sur à peu près moitié de la distance, le terrain est ondulé, et offre en dessus du plan incliné quelques Riroii à lann. renflements qui de loin ressemblent à un grand cône sortant de la vallée de la Dora Ripaira : mais ce sont les premières rides concentriques formées par le glacier en avant de la grande moraine frontale placée au débouché de la vallée et à laquelle elles se lient intimement.

Au delà de Rivoli jusqu'à la moraine qui, de Rosta, se dirige vers Alpignano, et plus loin encore, au delà d'Avigliana, la moraine profonde se raccorde au plan incliné qui descend vers le Pô, comme je l'ai indiqué sur la coupe longitudinale et sur le croquis (fig. 4 et fig. 5).

S'il y avait eu un cône de déjection au sortir de la vallée, et sur-* tout une déjection diluvienne plus ancienne que les moraines , on devrait en retrouver encore des traces certaines. Le glacier en s'ayançant sur ce cône aurait formé une moraine profonde, soit à surface courbe et parallèle à celle de sa base , soit à surface plane , et ayant à chacune de ses extrémités une plus grande épaisseur que dans le milieu suivant l'arête du cône.

Cette moraine c, quelle que soit sa puissance et son inclinaison , formerait une saillie et une nouvelle nappe dont le prolongement b (fig. 6) passerait au-dessus du plan incliné a a, si elle avait une pente moins forte ou viendrait le couper sous un angle plus ou moins prononcé dans le cas indiqué (fig. 7), et il y aurait nécessairement une Réparation marquée entre les deux dépôts.

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