ACTION DES GLACIERS. ACTION DES EAUX
le plus élevé ; le Rhin s'élant abaissé au-dessous de la cote 672 , après avoir partiellement creusé son lit^ n'avait plus d'autre passage que le défilé bordé par les rochers escarpés de l'éperon du Bonaduzy et il devait y acquérir une vitesse plus grande , la section de son lit en cet endroit étant beaucoup plus faible qu'à l'amont. A la sortie de ce défilé il est très-probable qu'il aurait exécuté des remblais latéralement , plutôt que de corroder le comblement à une assez forte distance sur la gauche , où l'on retrouve la nappe profonde régulière et nivelée.
H. 67. Veut-on maintenant admettre que la nappe de comblement Aeuon d» giacie» à l'amont, à l'aval et sur le sommet du plateau est telle que le Rhin ^ *" "" ''"^.
' * * de» eonranls d etn.
l'a établie, et que le comblement n'a pas rempli toute la profondeur Bonadai et tqiîii. de la cavité supérieure entre Bonaduz et Tusis? Examinons ce qu'eussent été la vitesse et le débit du courant. La pente de la nappe étant de 0,0044, la section moyenne de la vallée, en supposant un cours d'eau passant à la cote 706, c'est-à-dire ayant 104 mètres de profondeur dans le bassin d'amont, serait de 104000, le périmètre mouillé de 1208. Dans ces conditions, la vitesse serait de 30 mètres par seconde, et le débit, dans le même temps, de 3,224,000 mètres cubes ^ Avec une telle vitesse le plateau eût inévitablement été balayé, et l'on n'y retrouverait aujourd'hui pas plus de traces de la nappe que des cônes. — Ces cônes ne sont pas des proéminences provenant d'un remaniement de la nappe , des renflements de ses matériaux produits par le mouvement d'un courant dans le lit d'un fleuve ; ils reposent sur cette nappe et se relèvent brusquement audessus d'un plan régulier sur lequel ils ont été déposés par un agent qui , en exécutant ces remblais, maintenait et préservait leur base; et l'on trouve des exemples de faits analogues dans la région des glaciers actuels.
Rarement une moraine frontale entoure complètement le front Monanei rroBuies. d'un glacier et forme au pied du talus terminal un cordon continu d'une égale puissance.
Les moraines superficielles étant inégalement réparties à la surface Moniiiea nperfleieiie. de la glace et oflrant sur divers points des lacunes ou des accumu-
*Par minute, de 193,440,000 mètres cubes; par heure, de 11,606,400,000 mètres cubes; par jour, de 278,553,600,000 mètres cubes, soit une lame d'eau de 1 mètre de hauteur sur 27,855,860 hectares par 24 heures, •
frontale da RbAne.
lations plus considérables de débris, les déjeclions frontales fonneni des groupes irréguliers , des remblais mamelonnés et souvent des buttes coniques réunies à leur base ou entièrement séparées et isolées, et dans le cas où il y a abondance de boue glaciaire, de sables ou de menus graviers fortement imprégnés d'eau , ces matières forment des espèces de coulées que les filets d'eau sortant da glacier délaient encore et entraînent , tandis que les sables mêlés à de^ galets et à des blocs demeurent en place et constituent des mamelons coniques. Aux glaciers de l'Ôber-Aar, de Viesch, de Zmutt, da Rhône on voit de nombreux exemples de ces dispositions. En amont de ce dernier, les anciennes moraines offrent plusieurs cônes isolés, résultant soit de l'inégalité des déjections, soit de l'action des eaux dont le cours se déplace incessamment et qui sillonnent la nappe profonde en diverses directions.
Moraine La fig. 6, pi. 19, rcpréscntc l'un de ces cônes de la deuxième mo-
raine frontale du Rhône. En 4848, les eaux qui s'écoulent en partie par la coupure A se jetaient dans le courant principal, en amont, et l'espace compris entre les deux tronçons de la moraine était à sec. Aujourd'hui elles ont de nouveau pris cette direction et elles tendent à réduire la longueur du mamelon B. Au pied du talus terminal il y a un grand nombre de petits cônes qui seront réunis en une ceinture circulaire ou séparés suivant le nombre et le régime des ruisseaux sortant du glacier.
L'action de ces ruisseaux est marquée sur la surface de la momoraine profonde ; leur passage est indiqué par des canaux peu profonds, mais comme la nappe n'est jamais entièrement recouverte par les eaux, son nivellement général ne subit aucune altération, et il demeure dans son ensemble tel que le glacier l'a exécuté. Ces petits canaux sont ordinairement comblés par des sables entraînés et déposés quand la vitesse des eaux diminue et quand elles vont se retirer. Aussi , à l'exception du lit principal du Rhône creusé plus profondément , la moraine n'offre-t-elle que quelques dégradations à peine sensibles.
Des canaux semblables ont nécessairement existé sur le plateaa du Bonaduz, mais sur un terrain meuble et cultivé ils ont dû facilement et promptement disparaître. Toutefois une partie des eaux de fonte, les seules qui aient touché ce terrain élevé, que jamais le Rhin