‹ Matériaux pour l'étude des glaciers (volume 3)Chapitre 27 sur 216 · BLOCS · texte numérisé non relu

BLOCS

l'on veut consulter l'expérience , que l'on Dbserve les bords de quelque rivière resserrée entre des rochers ; on verra sur ces rochers et des sillons allongés et des excavations arrondies , exactement •emUabies à ceUes que j'ai obscrvées sur le Mont-Salève ; on y trouvera même des cavités creusées dans une direction contraire à cette du courant.

S. 325. Ce que l'on nomme des grottes de l'Hermitage, ou ces ex- Aotm efeu cavations profondes de 30 pieds et huit ou dix fois aussi long^ues , " ÎJ!^^!^* produites par la destruction totale de plusieurs couches de rochers, derHenmia^. par quel agent pourraient-elles avoir été formées, si ce n'est par les

érosions de cet ancien courant T

S. Sâ6. La gorge même de Monetier^ ou cette grande échancrure ^

qui sépare le grand SaJève du petit et dans le fond de laquelle est ^^^ renfermé le joli vallon de Monetier^ paraît avoir été formée par un courant semblable qui , descendant des Alpes par la vallée de VArve , venait se jeter dans notre grand courant, car les couches correspondantes du grand et du petit Salève indiquent leur ancienne jonction et l'on ne comprend pas quel autre agent aurait pu détacher et emporter la pièce énorme qui manque en cet endroit à la montagne*

S. 227. Le fond même et les côtés de ce vallon sont parsemés de bioca grands blocs de granit et de roches feuilletées. Dès son entrée du côté * *' "*""" ^" de Genève, on trouve un bloc de granit du volume d'environ 1200 pieds cubes (411 mètres cubes).

On rencontre plusieurs de ces blocs , quand du haut du Pas de l'échelle on monte droit au château de l'Hermitage ; ils se présentent même là avec une circonstance bien remarquable.

Sur le penchant d'une prairie inclinée , on voit deux de ces grands sitnauon remaïquhlocs de granit élevés l'un et l'autre au-dessus de l'herbe, à la hau- e!*. tîi^**''"" °""** teur de 2 ou 3 pieds, par une base de rocher calcaire sur laquelle chacun d'eux repose. Cette base est une continuation des bancs horizontaux de la montagne , elle est même liée avec eux par sa face postérieure , mais elle est coupée à pic des autres côtés et n'est pas plus étendue que le bloc qu'elle porte. Comme le fond du terrain est composé de ce même rocher calcaire, et qu'il serait absurde de supposer que ce fond se fût soulevé précisément et uniquement audessous de ces blocs de granit , il est naturel de croire que c'est au contraire ce fond qui s'est abaissé autour d'eux , non pas en s'en-

fonçant y mais par rérouon continuelle des eaux et de l'air, tandis que la par*

tie de rocher qui a servi de base au granit y tenue à l'abri par cette couverture impénétrable, a conservé sa hauteur primitive. D'autres blocs soutenus par de semblables piédestaux dans des endroits où

le rocher est de tous côtés à découvert, démontrent la vérité de cette expU-

catfbn. Ces blocs Ont si parfaitement préservé les rochers qui les portent, que la surface de ces rochers est demeurée plane et horizotUale; et comme celle des fragments de granit est irrégulière, et qu'ainsi ils ne touchent cette surface plane que dans un petit nombre de points , on a la facilité d'observer cette surface. On voit que le rocher, bien loin d'avoir été rongé par les eaux, comme il l'a été partout où ces blocs ne l'ont pas tenu à l'abri, s'est plutôt augmenté par quelques feuiUets d'incrustations calcaires qui s'y sont formés en quelques endroits, lu occupent tncore Toutcs CCS circoustanccs me paraissent prouver que chacun de

dé|L!r/*' ' * ""* *** ^^^ ^'^^s occupe encore exactement la même place dans laquelle il

fut déposé par le courant qui les charria du haut des Alpes , lors de la grande révolution dont nous avons vu tant de vestiges. Cette pensée, lorsqu'elle me vint pour la première fois dans l'esprit, me remplit d'une sorte d'admiration respectueuse pour ces rochers qui, prései*vés pendant tant de milliers d'années, sont demeurés en silence, les monuments inconnus d'une des plus grandes catastrophes qu'ait essuyée notre globe. Je les examinai de toutes parts avec l'attention la plus scrupuleuse ; il me semblait toujours que je devais trouver, pour ainsi dire, quelque médaille ou quelque document qui m'apprendrait la date ou du moins quelque circonstance importante de ce grand événement. Un grain de gravier, de la grosseur et de la forme d'un œuf de pigeon , engagé sous un de ces blocs et quelques autres fragments de roches primitives engagés aussi sous un autre de ces rochers, me parurent être les derniers témoins du mouvement des eaux qui ont transporté ces grandes masses. A l'exception de ce gravier et de ces fragments , je n'ai trouvé aucun corps étranger qui accompagnât ces blocs de roches primitives; ils reposent sur le roc calcaire , absolument à nu et sans interposition d'aucune autre matière.

Kt e« Miiiief Miuqw Lcur positiou achève de démontrer ce dont j'ai déjà donné de bien im Mt déport*. fQpjgg pi'euves : c'est que ces blocs n'ont point été lancés au travers

Page 1