BLOCS ROULÉS
noire lac. Une parlie de ces eaux se jetait dans ce puits et en ressortait par l'ouverture inférieure.
S. 306. Les fragments des rochers des Alpes que Ton trouve dis- ^'•"'** wocroaiés perses sur le coteau de Boisy ^ sont remarquables à bien des égards. Le plus grand de ces fragments , qui est même le plus grand que j'aie jamais rencontré à cette distance de sa source y est situé dans un champ au nord-ouest du château. On le nomme la Pierre-à- Martiii* La forme régulière dont cette énorme pierre approche le plus est celle d'un parallélogramme rectangle. Sa hauteur à l'angle le plus élevé au-dessus du terrain est de 22 pieds (l^^ib) , sa plus grande longueur de 26 (8°',45) et sa plus grande largeur de 18 (5™, 85) [353 mètres cubes]. La matière de ce grand bloc est une roche de eorne 9 mêlée de stéatite 9 de mie» et de quarts. On y distingue des couches qui ne sont pas planes ^ mais dont les inflexions sont parallèles entre elles. Ces couches, épaisses de 3 à ' 4 pieds (0",975 à 1nï,3) , ne se séparent pas aisément les unes des autres , parce qu'elles sont soudées par un gluten quartzeux. Elles sont traversées en quelques endroits par des fentes qui leur sont perpendiculaires , et ces fentes sont aussi soudées avec du qiiartz. On verra dam mes voyages sur les Alpes avec quelle exactitude tous les caractères de ce fragment se retrouvent , tant pour la matière que pour la forme , dans les motitagnes dont il a été détaché.
Au reste, tous les angles de cette pierre sont émoussés, quoiqu'elle soit dure et compacte , et que son tissu ne paraisse point sensible aux injures de l'air.
On en a séparé , par le moyen de la poudre , des éclats qui se sont levés par feuillets , à peu près parallèles aux couches qui s'y observent. Ces feuillets ont servi à couvrir des aqueducs et à d'autres ouvrages de ce genre.
S. 307. On trouve sur ce coteau des blocs et des fragments d'au- ^"*"' "^«
. 11^^ roches feuiUetéPB.
très espèces de roeltea feuilletées , d un moins grand volume , coteau de Bo»y. mais en très-grand nombre. L'espèce la plus commune est assez remarquable ; elle ressemble beaucoup à celle qui forme la matière des rochers du grand Saint-Bernard , au-dessous du Plan de Jupiter. C'est une espèce de roche de corne vei^te^ remplie de petits points de quartz blanc. Chacun de ces points, qui ont au plus une demi-ligne (i'°°',13) de diamètre , est composé d'un nombre de petits cristaux
disposés en étoile autour d'un centre commun. Cette pierre est mêlée de grandes veines d'un quartz dm- et difficile à tailler ; maii^ comme le reste de la pierre obéit bien au ciseau, on en fait des chambranles de porte , des marches d'escalier et divers autres ouvrages.
Blocs de granit. g gQS. Lc cotcau (k Boisy est aussi parsemé d'un grand nombre
Coteau de Boity.
de fragments de granit. Un des plus grands est à lest-sud-est au-dessous du château ; on le nomme la Pierre du gojkté % il est, comme la Pierre-à-nartin , d'une forme à peu près rectangulaire, de 10 pieds (3^,25) de hauteur, sur 45 à 20 (5 mètres à 6%50) [90 mètres cubes] dans ses autres dimensions. Il est composé de quartz gris y de feldspath Mane et de ntiea neirAtre % on n'y voit aucun indice de couches ni de fentes.
IJn Moe de granit , moins grand, mais qui m'a présenté une particularité intéressante, est dans un champ peu éloigné du précédent, près du sentier qui conduit à Chérabois. En examinant attentivement ce bloc de tous les côtés, je découvris des restes de couches de 2 à 3 pouces (5 à 8 centimètres) d'épaisseur, d'une roche mélangée de grains presque imperceptibles de quartas Mane et de niiea noir. Ces couches étaient restées adhérentes au granit % je les détachai à coups de marteau pour les mieux observer, et je vis que les gros grains du granit se mêlaient par gradations avec les très-petits grains de cette roelie feuilletée.
On verra dans la suite l'importance de ces transitions pour démontrer que le granit n'est point une eoagulation inforMie, comme le pensent quelques naturalistes , mais qu'il est le produit régulier des cristallisations et des sédiments des eaux , tout comme les pierres que l'on trouve disposées par couches horizontales.
D'autres bloes de granit , composés de très-gros grains de feldspath, entremêlés de feuillets de ntiea brillant et doré avec très-peu de quartz , ressemblent exactement à ceux qui ont roulé dans la vallée de Chamounix , auprès du Prieuré , après s'être dédétachés du haut des Aiguilles qui font partie de la chaîne du Monî- Blanc. C'était surtout au-dessus de Senoches que l'on voyait de beaux fragments de cette espèce de granit ^ mais on les a employés dans la construction des celliers que l'on vient de bâtir au bas du coteau de Crépi. Il en reste cependant encore un Mœ dans une vigne.
J*ai vu enfin dans le même endroit de grands fragments d'un
granit Jaunàtife , rempli de petits cristaux hexagones de sclierl ii«lr«
S. 313. En continuant de remonter le lac de Genève au delà du coteau de Cologny^ on traverse de petites plaines couvertes de cailtouiL roulés. A trois quarts de lieue avant d'arriver à Thonon , petite ville, capitale du Chablais, on rencontre un nombre de grands blocs roulés de granit.
S. 319. Entre la Tour-Ronde et Meillerie on passe au-dessous de l'extrémité la plus élevée de la haute colline dont j'ai déjà parlé , qui se prolonge par-dessus Evian^ et va, en diminuant graduellement de hautenr, se terminer à l'embavichure de la Drance.
Celte colline, entièrement composée de grès, de saMe, d'argile et de eaillouiL roulés , parsemée de M«»es de granit et d'autres pierres alpines, a été manifestement formée par l'accumulation des dépôts du courant, qui« lors de la grande débâcle, sortit de la vallée du Rhône et vint descendre par celle de notre lac.
Lorsqu'on a l'esprit rempli des preuves que nous avons vues de l'existence de ce courant, et que de Lausanne ou des hauteurs voisines on observe cette colline , on ne peut pas se refuser à l'évidence de cette origine. On voit que les eaux du grand courant, resserrées par les rochers verticaux de Saint-Gingouph et de Meillerie , conservaient vis-à-vis d'eux toute leur vitesse et ne pouvaient point y former de dépôts ; mais que dès qu'elles ont dépassé ces rochers et qu'il s'est ouvert un large bassin , ces eaux se sont extravasées , ont perdu leur vitesse et ont déposé les débris qu'elles charriaient. On voit même la colline s'abaisser à mesure qu'elle s'avance dans la vallée du lac , parce que les matériaux dont elle est formée diminuaient en quantité à mesure que les eaux les déposaient sur leur route.
La haute colline du Jorat , sur le penchant de laquelle est bâtie la ville de Lausanne, a été formée par la niéme cause sur la rive opposée de ce même courant.
J'ai observé des collines semblables et également situées à l'entrée de toutes les grandes vallées des Alpes, lorsque des causes locales ne se sont pas opposées à leur formation. Nous en verrons plusieurs exemples dans la suite de cet ouvrage.
Cailloux
et blocs rooléi.
Thonon.
Colline
de Saint-Paul.
Meillerie.
Honiariet de M eii. g. 325. Je fcrai obsciTer enfin que les montagnes de Meillerie ei
rie et de Saint-Gingvaph très-escarpéet.
•int- m- j^ Saint' Gingouph sont beaucoup plus escarpées et moins régulières
dans la situation de leurs couches que celles de Salève et de Voirons.
La raison de celte différence est que celles-là sont beaucoup plus voisines du centre des Alpes (S. 287); le lac, en se retournant à l'est , se rapproche considérablement des chaînes centrales. Je serais même porté à croire qu'il manque dans cette partie quelques-uns des gradins inférieurs du grand amphithéâtre des Alpes , et qu'ici le lac y qui est l'arène de cet amphithéâtre, occupe la place de ces marches qui ont été détruites par quelque révolution.
Ce qui me fait avancer celte conjecture, ce n'est pas seulement la rapidité des escarpements et l'irrégularilé des couches de ces montagnes ; c'est encore leur grande hauteur , parce qu'il est trèsrare de voir les chaînes de montagnes se terminer par des sommités si élevées.
Les monugnci vont • H. le général Pfyffer a fait cetle observation importante , et en •âb.i.iMi depuis j^ ^^^^ j^^^ j^g ^l yoisiues dc Luccme , qu'il a exécuté en re-
leur centre Jutqn à la ^ ' *
plaine. Ucf , mct sous Ics ycux cetle même observation : c'est qu'à l'excep-
tion de quelques irrégularités locales , les montagnes vmii en s'abaissant graduellement depuis leur cetitre jusqu'à la plaine ^ en sorte que si l'on comblait toutes les vallées , on pourrait monter par une pente douce et presque insensible jusqu'au sommet des plus hautes cimes des Alpes.
Lors donc que l'on voit des chaînes se terminer brusquement par de hautes montagnes , on doit croire que quelque puissante cause , ici , par exemple , le grand courant qui descendait par la voilée du Rhône, a renversé et détruit les marches les plus basses de l'amphithéâtre.
Recherches S. 352. J'ai chcrché sur les flancs du Jura qui bordent la vallée
des anoent couranu j^ j^qi^q ]^q \q^ vcstigcs du graud courant Quî a coulé aulrcfois dans
dans le Jura. oc i
cette vallée. J'espérais d'y trouver des sUlena correspondanits
à ceux que j'ai découverts sur les flancs du Mont-Salève. Mais jus> qu'à ce jour mes recherches ont été infructueuses. Il est vrai que les flancs du Jura, du côté du lac, ne sont pas favorables à cette observation; ce ne sont pas, comme sur le Salève, des rochers nus et coupés à pic ; ce sont des pentes couvertes de forêts et de prairies qui ne permettent que rarement d'observer la surface du roc.
Entre
COURANTS d'eau. 87
En revanche , dans rintérieur du Jura, j'ai vu en divers endroits des traces d'anciens oouranu d'un grand volume et d'une grande force; il est évident, par exemple, que la profonde vallée dans laquelle est située la ville d'Ornant, a été en entier creusée par des AOrntn«. couranu qui Ont dû être très-considérables. On voit de tous côtés, sur les flancs des rochers nus et escarpés qui bordent et dominent cette vallée , de grands et profonds siUons parallèles à l'horizon , et d'aulres exca^atieiis dans lesquelles il est impossible de méconnaître l'action des eaux; le petit ruisseau de la Loue, qui serpente paisiblement dans de jolis vergers et de belles prairies au fond de cette vallée, ne parait pas capable d'avoir formé et rempli tout le vide qui règne entre les rochers qui la bordent.
De même sur la route de Belfort à Porentrui , à deux petites lieues . .,
' 7 .r Belfort et Porentini.
de Belle ^ on suit une jolie vallée qui est une des premières de cette partie du Jura. Cette vallée est bordée de r^elters calealres, coupés à pic, à la surface desquels on voit un grand nombre de ces exeair»ttoii0 que je regarde comme des vestiges des anciens courants, et plusicurs d'entre elles sont à des hauteurs fort au-dessus de celle où peut atteindre le ruisseau qui coule actuellement dans la vallée.
De même enfin , le courant auquel j'attribue la formation du pas- a Pierre-Pertuis. sage de Pierre-Pertuis (S. 331), a dû être anciennement beaucoup plus considérable que le ruisseau qui y coule ; ce ruisseau , tel qu'il est aujourd'hui , n'aurait pas besoin d'une aussi grande ouverture.
S. 353. Enfin , pour donner encore des preuves d'un autre genre coiune. de ctuioux des courants considérable» qui out anciennement coulé dans les i;^f. «>»**• :•«*«■ p'*"^"
* dei ancieni courants.
lées du Jura , je ferai observer des amas de •ailloux roulés jum. jougne. cuorqui composent des collines entières , élevées à des hauteurs dont '■"■ les rivières actuelles, même dans leurs plus grands débordements , n'atteignent pas la dixième partie : au-dessous de Jougne y au-dessus de Clairvaux et en bien d'autres endroits. Les cailloux roulés que l'on trouve dans l'intérieur du Jura ^■<"'« **" «"*<>«
dans rintérienr du Ju-
sont presque tous ealealres^ je dirais tous , si , à force de cher- n.Dtntrintérieurda
1 , ,, . 1 ... ,, .^ 1 Jura on ne trouTe que
cher dans 1 amas immense de ces cailloux que Ion voit au-dessous deseuuouxeaicftiretet Ae Jougne, je n'y avais pas trouvé un fragment de stéatlte dure, S,7tift;krTanéèiexet un autre fragment d'une espèce de granit veiné. Mais, comme t*rieureiioni remplie.
^ r •» 'de oulloax roulés , de
deux individus sur plusieurs millons font une exception peu sen-fmnit, porphyre «te.
Gimel.
Cailloux roulés.
Gros bloc sur le Jur».
sible, et que d'ailleurs ceux-ci peuvent être entrés par la vallée qui s'ouvre du côté des Alpes, immédiatement au-dessous de Jougtie, on peut dire qiCil ne se trouve point ou à peu près point de fragments de roches primitives dans l'intérieur du Jura.
Au contraire, les vallées extérieures, celles qui avoisîneni ou les Alpes ou les Vosges et qui ne sont pas séparées de ces bb^mtiignea primUived par des montagnes élevées et continues , sont remplies de cailloux roulés de granit ^ de porphyre ou d'autres roches primitives.
S. 369. Après avoir traversé ces prairies, on monle au Gimel , village situé sur le penchant d'une colline de sable et de cailloux roulés, semblable et parallèle à celle de la côte. Nous y arrivâmes de bonne heure, car il n'est qu'à 2 lieues de Rolle; cependant comme on ne trouve aucun autre gîte de ce côté-ci du Jura, il fallut terminer là celle journée.
Pour tirer parti du reste de la soirée, nous allâmes nous promener sur les hauteurs qui dominent le village. Les cailloux roulés dont ce pays est couvert me parurent composés des mêmes espèces que j'ai décrites dans les chap. IV et V; j'y trouvai les stéaMtco en nioooe et feuilletée*, les roelies de eorne, plusieurs espèces de granit, et entre autres celui qui est composé de Jade et de seliorl opathique , des roeKeo grenatiques m liaoe de «eliorl et à base de pierre de eorne etc.
Un beau blœ de granit d'environ 9 pieds (2°*,90) de longueur sur 6 1/2 (2 mètres) de largeur et 5 (1™,60) [10 mètres cubes] de 'hauteur, composé de quartz transparent, de feldapmtk blaneliàtre et de roche de eorne verte , fut le terme de notre promenade. Nous nous assîmes sur ce rocher et nous y jouîmes de l'aspect singulier que présentent les Alpes, lorsque les derniers rayons du soleil teignent leurs neiges en couleur dû rose; nos lunettes nous faisaient distinguer les glaces resplendissantes dont plusieurs de leurs cîmes sont couvertes.
Le lendemain, 14 juillet, nous partîmes de bonne heure de Gimel, après avoir observé le baromèlre. Le résultat de cette observation donna 1080 pieds {SbS^,l) pour la hauteur de ce village audessus du lac de Genève.
S. 889. De Valorbe nous remontâmes à Balaigre, En approchant de ce village , nous commençâmes à revoir les Alpes , ^ui , dans les vallées de Joux et de Valorbe y nous avaient toujours élé cachées par la haute ligne du Jura que nous avions à notre droite , mais qui se montrent ici à découvert par une interruption de cette même ligne. H. Pletet, qui les vit le premier, me les montra; je voudrais, lui dis-je, pouvoir vous montrer dans ce même instant quelque fragment de roche primitive, introduit dans cette vallée par la même échancrure qui nous laisse voir les montagnes de ce genre: nous n'eûmes pas fait vingt pas, que nous en trouvâmes , et bientôt ils devinrent très-abondants sur notre route. Or il faut observer que depuis les hauteurs au-dessus de Gimel, nous n'en avions pas vu le plus petit fragment , quoique pendant tout le voyage nous eussions été, et moi surtout, continuellement attentifs à examiner toutes les pierres qui s'étaient trouvées à la portée de nos veux.
S. 394. Sur les bords du lac de Neuchâtel, on trouve, comme sur les bords du lac de Genève y des cailloux roulés de diiïérents genres , et des blocs considérables de granit et d'autres pierres alpines. On en voit beaucoup entre Yverdun et Granson.
S. 430. II ne faut pas confondre avec le raont JTura, la montagne sur le penchant de laquelle est située la ville de liausanne. Cette montagne se nomme le Jorat^ sa nature et sa position diffèrent entièrement de celle du Hont jrura; mais la ressemblance de leurs noms les fait quelquefois confondre.
De Saint-Gingouph , et mieux encore du haut de ses montagnes , on voit clairement le Jorat naître au-dessus de Yevey , à gauche de la Veveyse, ou sur la rive droite de ce torrent. On distingue au-dessus de Saint-Saphorin les bancs de cette montagne, qui montent vers l'ouest; on voit cette même montagne suivre la direction du lac, en courant à l'ouest-nord-ouest ; prendre ensuite, depuis Lausanne, une marche qui tire plus au nord , et aller se joindre au Mont Jura tout près du village de La Sarra.
On traverse la montagne du Jorat en venant de Berne à Lausanne; on commence à la monter à une demi-lieue en deçà de Moudon ; le plus haut point de ce passage est auprès d'une métairie qui porte le nom de Chalet-Gobet. H. de Iiue a trouvé que le point le plus élevé
Balaigre.
Cailloux
roolés de« Alpes.
Jura
Cailloux rouléi.
YTerdun. Gnason.
Le Jorat diffère du Jura.
Description
de cett« montagne ,
le Jorat.
Sa hauteur.
a 270 toises (526 mètres) au-dessus du lac (Recherches sur les modifications de r atmosphère y S. 753). L'observation de H. Pi«ic« donna 13 toises (^5°", S) de plus. Peut-être M. de Ime ne fii-ilpas la sienne exactement à la même place.
Le jorti s 431 Lq j0^Q^ paraît être en entier composé de grès ou de mo-
eil composé de grès. • i «*! * a
la^es, qm diffèrent entre elles pour le grain , la couleur et la dureté. Tous ces beaux grès ble^mtresj qui portent le nom de pierres de Lausanne, sont extraites dans cette montagne. Biocsdegniniieiaa- j'^i fait sur lu Jorat la même observation qu'au coteau de Baisy
lrc8 fragmenls de ro- .-,--,. , , . . ,
cbes des Alpes, jortt. \^' ^^4) ; c cst quc , bicu quc la montagne soit parsemée , et pour
ainsi dire couverte jusqu'à son sommet , de blocs de granit , de roches feuiUeiées et d'autres fragments de rochers des Alpes y cependant on n'aperçoit aucun de ces fragments dans les grès qui composent les couches intérieures de cette montagne. D'où il suit que les sables par Y agglutination desquels ces grès ont été formés , furent accumulés avant la débâcle qui a couvert toutes les basses montagnes des débris des rochers des Alpes.
Ravine de la Mé&offe. S. 438. IJuc demi-hcure avant d'arriver à Contamine (route de k la BoraJ-viiie Gcnève à \a Bonne-ViUe) on traverse une large et profonde ravine,
creusée par un torrent nommé Ménage , qui a sa source au pied des Voirons.
En descendant au fond de cette ravine , on voit que les lits du terrain ne se suivent et ne se correspondent pas d'un bord à l'autre. A gauche, du côté nord-est, ce sont de gros cailloux roulés^ entassés par. haiics très-épais , et entremêlés de sable qui leur donne l'apparence d'une muraille dégradée ; à droite de l'autre côté du ruisseau, on ne voit que àxi sable t\. de \ argile, dans une hauteur perpendiculaire de près de 100 pieds (32 mètres) ; seulement aperçoit-on dans ce sable deux ou trois files de hhcs arrondis , placés , comme avec la main, sur des lignes horizontales.
On s'étonnerait de voir une dissemblance aussi grande à une aussi petite distance , si l'on ne savait pas que des terrains de ce genre , élevés par l'accumulation confuse de divers matériaux charriés par des torrents , n'ont jamais la régularité de ceux qu'ont formés les dépôts ou les cristallisations des eaux de l'Océan. Colline S. 439. Au village de Contamine ^ qui se prolonge entre l'Arre
roaus!" *" et une colline appuyée contre le pied du MôlCy cette colline est en
Débris