SABLES ACCUMULÉS
S. 1375. A quelques minutes d'Alaasio, on voyait sur le rivage vonMaox d« nbie des monceaux de sable de 40 à 12 pieds de hauteur. '•'"7**; ^' ^' 7*
'^ sont des formes régu-
Ils avaient été accumulés par le vent de mer, et leur régularité ww». était vraiment admirable; ces monceaux étaient composés de Génckwice. couches minces y continues et concentriques , comme des voûtes paraboloîdes superposées les unes aux autres ; ces voûtes étaient convexes du côté du ciel et du côté de la mer ; c'étaient donc de petites montagnes en pente douce du côté du vent qui les avaient formées et escarpées du côté opposé.
J'ai déjà fait (S. 4229) la même observation sur les terres et les graviers accumulés par le débordement des rivières ; l'air et l'eau donnent donc la même structure aux montagnes formées par leurs dépôts.
Ce sable , observé au microscope , paraît en grande partie composé de grains de quartz blancs on jaunâtres l On y voit aussi d'autres parties de différentes couleurs , dont quelques-unes sont calcaires et se dissolvent dans les acides; enfin, il y a des parties attirables à l'aimant, dont les unes paraissent des mines de fergriseSy les autres des stéatites jaunâtres demi-transparentes.
Les grains de quartz de ce sable sont tous ou presque tous angu- certain, sabies tcm letix; souvent même on y reconnaît des indices de cristallisation. Je ^.'*"?'** d-one cmsuis bien porté à croire , comme m. de Iiuc , que les sables ne rée da» le «ein det sont point tous des produits du brisement ou du détritus des pierres, *•"** mais qu'il y en a beaucoup qui sont le résultat d'une cristallisation qui s'est opérée dans le sein des eaux. Je montrerai même ailleurs un sable quarlzeux produit artificiellement par une opération de ce genre.
S. 4164. En sortant d'Annecy, on se trouve dans une petite pi«»« plaine horizontale qui est la continuation de celle que l'on traverse "'^''Y^^/" * en venant du pont de Brogny à Annecy (S. 1161). Il parait hors de doute que cette plaine a été abandonnée par le lac et que celuici s'étendait anciennement beaucoup plus loin qu'il ne le fait aujourd'hui.
On traverse ensuite des collines dont la base est un grès tendre ^ ^^ argileux y disposé par couches peu inclinées et couvert de cailloux ^linée.. roulés de tout genre.
Blocf de granit roolés.
Montagne de Saint-Georf es
Ceilloax roolée trèe-baot.
Caillou rooléf .
Snpergue.
i06 PHÉNOMÈNES ERRATIQUES DANS LES ALPES.
S. 1204. En montant la montagne de Saint-Oeorycs , nous remarquâmes depuis le bas jusqu'à la moitié de sa haatear des cailloux roulés y dont plusieurs avaient plus de 2 pieds de diamètre et qui étaient étrangers à cette montagne. La plupart étaient des granits et précisément de l'espèce de ceux que j'ai décrits (S. 4195), remarquables par les grands cristaux de feldspath et par le peu de quartz qu'ils renferment. Comme la montagne de gnint Gcsi^gca n'en produit aucun de ce genre , il est indubitable que ceux-là ont été charriés par la grande révolution et que les eaux descendaient alors en remplissant la vallée de l'Arc jusqu'à la hauteur de SOO ou 300 toises (390 à 585 mètres).
S. 1290. L'observation la plus intéressante que j'aie faite sur cette montagne, est celle des cailloux roulés que je trouvai jusqu'à la hauteur de l'Abbaye. Malheureusement je n'avais pas apporté mon baromètre ; mais je ne^m'écarterai pas beaucoup de la vérité en la supposant de 250 ou 300 toises (487 à 584 mètres) au-dessus de Saint- Ambrolae. Ces cailloux sont de différents genres : on y voit des granits en masses y et plus souvent encore des granits veinés^ des pierres calcaires , des roches de hornblende , des roches grenatiques eic. Plusieurs de ces cailloux sont d'un volume considérable; il y en a même, et assez haut, que l'on peut nommer des blocs; toutes ces pierres arrondies, étrangères entre elles et au sol qui les porte , sont bien certainement roulées; elles sont même accompagnées dix sable et du gravier qui complètent la preuve de leur origine.
On ne saurait douter que ces cailloux n'aient été déposés par un courant d*eau sur les flaucs de cette montagne. Or il faut que ce coanni ait été bien considérable pour avoir pu s'élever jusqu'à cette hauteur et remplir toute la largeur de cette vallée qui est de plus d'une demi-lieue. 11 n'est pas nécessaire de dire que ce ne sont pas les eaux des plages qui produisirent un courant d'un aussi grand volume et doué d'une impétuosité assez grande pour charrier des blocs de pierre d'un poids aussi considérable. La nature de ces mêmes Mocs, dont la matrice ne se trouve que dans des montagnes assez éloignées, atteste la force de ce courant.
S. 1304. La pente de la montagne, près de Supergue*, et sa
est une très-belle église (sur le haut d'une montagne voisine de Turin i ,
sommité même sont couvertes de gravier, de cailloux et même de blocs roulés de granit , de porphyre et surtout de serpentines , qui sont là très^abondantes et très-variées. Plusieurs de ces serpentines tombent en décomposition. Il y en avait même qui se seraient entièrement décomposées sans le fer qu'elles contiennent et qui , en s'oxydant par l'action de l'eau et de l'air, était devenu un gluten qui avait lié les parties extérieures de la pierre et en avait formé une croûte solide , épaisse de 1 ou de 2 pouces (0>i^,027 à 0iny054). Cette croûte renfermait les parties intérieures de la pierre , qui étaient incohérentes, parce que le fer qu'elles contenaient , privé de l'accès de l'air extérieur, n'avait pu s'oxyder. Ces pierres avaient au moins 1 pied (0"",32) de diamètre, et comme leur forme était à peu près spbérique, celles qui étaient brisées ressemblaient, les unes à des éclats de bombe et les autres à ces boules basaltiques à couches concentriques y que l'on rencontre fréquemment dans les pays volcaniques. J'en avais vu plusieurs, et je les ai décrites dans mes deux premiers voyages de 1772 et de 1780 ; mais dans le dernier, que je fis en 1787, je cherchai ces boules pour les montrer à mon fils, et il me fut impossible d'en retrouver une seule : elles avaient sans doute achevé de se détruire.
S. 1315. On compte de Turin à nuaii 30 lieues, que Ton considérations gé. peut faire en douze heures en poste. Cette route est en entier dans Je u" ô^die ""'* les plaines , et ne peut intéresser le minéralogiste que par quelques considérations générales, et par les cailloux roulés qui (otment le fond de ces plaines.
Plus on s'éloigne des Alpes et plus les couches de cailloux roulés paraissent enfoncées au-dessous de la surface du terrain. Dans les plaines des environs de Turin, on voit les cailloux immédiatement au-dessous de la terre végétale; tandis qu'auprès de nilan , on les trouve recouverts de couches épaisses et redoublées i' argile, de sable et de gravier. Il y a quelques exceptions locales ; les rivières, les torrents ont, en quelques endroits voisins des Alpes , charrié et amoncelé des sables par -dessus les cailloux roulés; et d'autres fois, dans des endroits éloignés des montagnes, ces mêmes courants ont entraîné ces mêmes matières atténuées , et ont mis à
bâtie par le roi TlcUir Amédée) en accomplissement du vœu qu*il fit en 1706 pour obtenir du ciel la levée du siège de sa capitale.
découvert les cailloux qui en étaient anciennement recouveils. Mais le phénomène est vrai dans sa généralité, au point qu'au bord de la mer Adriatique on fait quelquefois plusieurs lieues sans voir une seule pierre , même dans les endroits où la terre est ouverte à une assez grande profondeur.
Ce phénomène n'appartient point exclusivement aux plaines du Piémont et de la Ijontliardie. Il est commun à toutes les grandes plaines connues sur notre globe , et il est par cela même d'une très-grande importance pour la théorie. Il prouve en effet, que les couches fondamentales de toutes ces plaines ont été déposées par des courants, dont la force dans les premiers temps, fut assez grande pour charrier des cailloux jusqu'à de grandes distances des montagnes dont ils avaient été détachés, mais qu'ensuite la violenre diminua graduellement, en demeurant cependant toujours assez grande auprès des montagnes pour ne déposer que des cailloux dans leur voisinage, et pour soutenir pendant un long trajet, les argiles et les sables dont ils étaient chargés.
S. 1316. Celte gradation n'est cependant pas sensible entre Turin et San-C^ennane , quoique la distance soit d'environ 10 lieues ou de 5 postes et un quart. Dans tout cet espace, partout où des causes locales n'ont pas changé l'état naturel du terrain, on ne voit que peu ou point de sable ou d'argile à sa surface, et la terre végétale repose immédiatement sur les cailloux roulés.
Mais la raison de cette exception saute aux yeux. On voit que cette plaine est proprement une vallée resserrée entre les Alpes et les collines du niont-Ferrat , et on comprend que ce resserrement a dû conserver au courant une vitesse suffisante pour l'empêcher de déposer du sable et de Y argile. Mais au delà de San-Gennan« , où les Alpes fuyant à l'est, donnent à la plaine une largeur considérable, les eaux commencèrent à a6arido72ner les sables, et on commence effectivement à en voir des couches entre les cmlloux et la t^rre végétale.
conudémiioBf S. 1317. Eu fdisaut cette route de Turin à San-Gennan«9 **" ** 't^^'**^* ^^ j'avais presque continuellement sous les yeux cette terre végétale, à san-Germano. rcposaut immédiatement sur les cailloux roulés, j'eus une belle occasion de réfléchir sur les idées relatives à la théorie de notre globe , dont cette Csspèce de terre a été le sujet.
Elle