‹ Matériaux pour l'étude des glaciers (volume 3)Chapitre 33 sur 216 · COLLINES DE SABLE · texte numérisé non relu

COLLINES DE SABLE

et des grains irréguliers de quartz blanc y laiteux, demi-lransparent. Celle pâle grise est très-dure, elle a un grain très-fin, un commencement de demi-transparence; elle donne contre Tacier de vives étincelles; elle est d'une fusion difficile , et se comporte au chalumeau comme les pétrosilex les plus réfractaires. Celte pâte parait donc composée du mélange des éléments du quartz et du feldspath, donl les parties se présentent réunies çà et là sous la forme de grains dans l'intérieur de la pierre. Dans tous ces cailloux, je n'ai pu en apercevoir aucun qui eûl essuyé l'action des feux souterrains.

S. 1329. Entre Pavle et utotI nous traversâmes le Pd et la supaiion des cou- ScriVîla qui s'étaient débordés et avaient causé d'affreux ravages ; débôrdcmllû.^ ' les eaux venaient de se retirer , mais en divers endroits elles avaient laissé les campagnes ensevelies sous des amas de sables et de gravier. Pour tirer quelque utilité de ce triste spectacle , j'observai avec soin la situation qu'avaient prise les couches dont étaient composés ces amas. Je vis que sur des terrains unis , ces dépôts formaient des espèces d'ondes en pente douce du côté d'en haut^ ou du côté d'où venait le torrent , et escarpées du côté opposé. Cette obsei^vation me donna la clef de la situation des bancs de nos collines tertiaires, ou de celles qui sont composées de sable, de gravier et d*autres débris accumulés paries eaux. Dans les lieux où ces eaux n'ont rencontré aucun obstacle, ces collines sont toutes escarpées du côté des plaines, et descendent en pente douce du côté des montagnes d'où sont venus les courauts qui les ont formées.

Mais lorsque le courant avait rencontré quelque obstacle invincible, tel qu'une grosse pierre OU un buisson élevé et touffu, alors le monlicule de dépôts se terminait en pente douce , au-dessous de l'obstacle. J'ai fait aussi dans nos montagnes l'application de ce phénomène.

S. 1572. De litirron à Talence on voyage continuellement dans des chemins qui paraissent d'abord se distinguer par leur largeur, leur rectitude, et par les arbres qui les bordent , mais ils sont fatigants par leurs profondes ornières , et mortellement ennuyeux par leur monotonie.

Toute celle plaine est couverte de cailloux roulés , moins nombreux auprès de UTron , dont la colline , qui se prolonge au nord du village , a préservé les environs des cailloux qui venaient des Alpes ; mais ensuite ils sont extrêmement abondants.

Cailloux roQléa de risèr«.

Lirron à Yalenct.

Entre Lortol et la Paillasse , on commence à voir dans les champs et sur le chemin même, les cailloux roulés , de VIsère, reconnaissablés à la quantité de hornblende noire qu'ils renferment dans les schistes de différentes espèces , et surtout à une espèce de vanolik dont je parlerai plus bas, et que Ton nomme variolile du Drac. Le Rhôjie charrie bien ces mêmes espèces à de plus grandes distances de Y Isère, et on les trouve ainsi sur ses bords fort au midi de la colline de Livron; mais dans les champs un peu élevés au-dessus du lit du fleuve , je n'en ai reconnu qu'au nord de cette colline. Coltines Cette plaine est bornée à droite ou à Test par des collines de cail-

de cailloux roulis, i >, , , ,, . iii**

taux roules, par-dessus lesquelles on voit, comme dans le bassm de notre lac , la première ligne des monlagnes calcaires des Alpes. Terre rouge. 3 J573 Qj^ obscrvc sur la TOutc dc nentelimar à Valeace.

MoDtélimart. Talence. a n 1

Taû. 6t même sur celle de Valenee à Tain , un fait assez remarquable. C'est que la partie du terrain la plus voisine de l'air on de la surface est d'un rouge de brique très-marqué, jusqu'à une profondeur qui varie , mais qui en général passe rarement un pied, tandis que l'intérieur est gris ou blanchâtre. Ce n'est point une terre qui paraisse essentiellement d'une nature différente : la partie rouge , de même que la grise, est un mélange de sable et de caillonx roulés; ce n'est point non plus un lit ou une couche distincte , qui indique une reprise ou un changement dans le dépôt de graviers qui couvrent ces plaines; la même couche, dans le vrai sens de ce terme , a sa partie supérieure rouge et sa partie inférieure grise.

Il parait que cette couleur tient à du fer qui se colore en s*oxydi* fiant par le conlacl de l'air, et peut-être aussi par l'action de quelqu'un des produits de la végétation. Et ce qui démontre que ce n'est pas un dépôt de terre originairement rouge, c'est que dans les endroits où l'on a enlevé la première surface, et où Ton a misa découvert la partie grise, on voit celle-ci prendre à la longue la même couleur rouge auprès de la surface. Cette couleur réside dans les parties si fines qu'elles s'attachent à la surface des caiU loux , et teignent d'une manière durable le dehors de ceux qui se trouvent renfermés dans l'épaisseur de cette terre.

On peut encore confirmer dans ces plaines les observations que j'ai faites dans le Piémoiit (S. 1317) , sur le peu d'épaisseur de la terre végétale.

par le frottement.

La route de Iiyon laisse à gauche la ville deTalenee, bâtie dans une situation avantageuse sur la rive escarpée du RhAne, et on voyage ensuite dans une plaine toute couverte de cailloux de divers genres , et surtout de ceux de l'Isère 9 que Ton traverse dans un bac a une lieue de Valence.

S. 1572 bis. Je m'arrêterai quelques moments à décrire les ctaioux cailloux roulés les plus remarquables de TliereJ Comme elle prend sa source dans les Hautes-Alpes, et qu'elle reçoit le tribut des eaux de divers torrents qui en viennent aussi, ces cailloux présentent, ju$qu'à un certain point, une collection faite par la nature de la lithologie de cette partie du Dauphlné.

40 Le plus caractérisé de ces cailloux est une roche glanduleuse à v«riouteduDm. grains blancs. On a donné à cette roche le nom de variolitedu Drac, parce que le Drae, torrent qui se jette dans l'Isère un peu audessus de Grenoble, eu charrie une très-grande quantité.

Ces cailloux an*ondis par le froUemenl paraissent au dehors , les c«flioux trrondit uns d'un gris tirant sur le violet, les autres d'un gris verdâlre, d'autres enfm d'un assez beau violet, qui tire sur le rouge, avec des taches le plus souvent blanches, d'autres vertes, et quelques cavités produites par la destruction de la matière qui formait ces taches.

Je parlerai d'abord de ceux qui sont d'un gris violet ou rougeâtre. Leur surface extérieure parait à l'œil et au tact, assez unie, sans être précisément douce au toucher, mais quand on la voit de près ou à la loupe, on reconnaît qu'elle est inégale et qu'elle a un aspect terreux et sans éclat. Au dedans, la cassure montre d'abord que la pâte même de la pierre est une substance composée; on y distingue des parties lamelleuses àlames planes, blanches, brillantes, demi-transparentes, dispersées sur un fond brun, dont la surface parait ici un peu écailleuse, là terreuse sans éclat, et partout opaque. Ce fond brun est demi-dur, se raie en gris, donne après le souffle l'odeur de l'argile, et se fond au chalumeau en un verre noirfitre fortement attirable à l'aimant, tandis que la pierre crue ne l'est pas. Ce même fond n'a aucune apparence schisteuse ni lamelleuse. C'est donc certainement le même genre de pierre que, d'après Wallerius, j'ai nommé pierre de corne. Mais je crois aussi reconnaître cette pierre dans la wake de n. Haraten {Hœpfner Ma-

gazin, t. III , p. 233), et il dit lui-même que ce qu'il décrit sous le nom de wake, ressemble beaucoup à la pâte de quelques pierres glanduleuses*.

Les parties lamelleuses et brillantes que renferme cette pâte sont, les unes du spath calcaire, que l'acide nitreux fait disparaître , les autres des cristaux très-minces et très-allongés , qui présentent des lames planes brillantes, perpendiculaires aux grandes faces des cristaux, et qui, soit par cette forme, soit par leur fusibilité, prouvent qu'ils sont de feldspath, La pâte de cette varioUle est donc une wake ou une pierre de conie compacte qui contient des cristaux de spath calcaire et de feldspath. Les variolites à pâte verdâtre ont essentiellement la même composition; seulement cette pâte parait un peu plus dure , et sa cassure plus écailleuse. Les grains que renferment ces différentes pâles, sont ou arrondis, ou ovales, ou amygdaloïdes ; les plus grands ont un pouce de diamètre, mais il est rare de les voir de cette taille ; leur grosseur la plus ordinaire est celle d'un pois , et ils descendent de là jusqu'à celle d'un grain ae mil. La plupart sont d'un spath calcaire blanc , ou légèrement teint de couleur de chair; leurs parties discernables sont des lames rhomboïdales , planes et brillantes. La structure de ces grains n'a donc aucun rapport avec celle des cellules qui les renferment, puisqu'ils ne sont composés ni de couches concentriques à ces cellules ni de rayons convergents à leur centre.

Mais lorsqu'on a fait dissoudre dans l'acide nitreux la partie calcaire de ces grains, on voit quelques-unes de leurs cellules tapissées de cristaux blancs d'une tout autre nature. Ces cristaux ont la forme de ceux qu'on nomme en crête de coq; ce sont des arêtes saillantes appliquées aux parois de la cellule , et chargées de cristaux brillants extrêmement petits. Cette forme et leur fusibilité les placent dans le genre du quartz. Les grains verts que renferment. quelquesunes de ces pierres sont plus petits et plus rares que les blancs , et sont de la nature de la stéatite , quelques-uns aussi sont de la terre verte de Vérone {Grûnerde de Werner) .

' s. n. de VM^a» la considère comme un trapp, de même que H. de DeleBilev ^ dans sa savante dissertation (Journal de physique, t. I*^, pi. V^, p. 258, note/ Pour moi , je crois pouvoir me passer de la dénomination de Impp dans Tordre des pierres simples et devoir la réserver pour un genre de pierres composées.

VARIOLITES. 419

S. 1573. On voit aussi dans ces variolites des veines d'une stéatite stéatite itmeii^ase. qui présente là tous les caractères de la stéatite lamelleiisey très-bien décrite par n. Karaten (dans le Muséum Leskianum , t. II , p. 214), sous le nom de blœttriger Speckstein, J'ajouterai qu'elle se durcit beaucoup au feu , et que ses angles se fondent avec peine au chalumeau en un verre gris verdâlre, demi-transparent. On trouve aussi dans ces pierres, quelquefois dans le même morceau, la stéatite sans aucune apparence de forme schisteuse ni lamelleuse. Là , sa cassure est compacte, parfaitement unie, sans aucun grain , et son éclat faible, mais doux et uniforme. On voit cependant de loin en loin quelques écailles qui paraissent demi-transparentes et d'un vert clair sur leurs bords, tandis que le fond moins écailleux est d'un vert presque noir. Elle durcit au feu, y devient rougeâtre, et se fond plus difficilement que la feuilletée. Quelquefois aussi la stéatite ne fait que recouvrir les grains blancs, qui sont purement calcaires dans leur intérieur.

S. 1574. C'est à m. le cheTalier de liamanen que l'on doit la connaissance des montagnes dont ces variolites sont les débris. 11 regardait ces pierres comme des laves, et il fut bien confirmé dans cette opinion, lorsqu'il vit dans les rochers où elles ont leurs sources , des colonnes polyèdres , taillées par la nature , en forme de basaltes. L'annonce d'un volcan éteint, découvert au milieu des Alpes du Daupltlnéy fit avec raison une grande sensation parmi les naturalistes de cette province , et comme on n'avait vu ni lave ni aucune autre ^ToàncXion volcanique dans les Âlpes du Dauphiné, et que d'ailleurs ces variolites ne paraissaient pas avoir les vrais caractères d'une lave y on résolut d'aller vérifier sur les lieux les bases de l'assertion de ni. de Iiamanon. Ainsi , avec un zèle vraiment admirable, bravant les intempéries d'une saison déjà avancée pour une expédition de ce genre, m. Prunelle de Uerre, H. TlUara, le célèbre botaniste, le P. du €roz, savant bibliothécaire, partirent ensemble pour ce voyage, le 28 octobre 1783. Je ne rapporterai point le détail de leurs observations. M. Prunelle en a fait un rapport très-mtéressant dans le Journal de physiqnede i78A, t. XXXV, p. 174. Il me suffira de dire que ces savants naturalistes trouvèrent à une hauteur de 1200 à 1400 toises au-dessus de la mer, la pierre vanolite reoosant sur une base de granit

Rochers d'où viennent cei

variolites.

Tariélét de cette roche.

TarioUtei k base de pétrosUez.

Variolitei k base de hornblende.

feuillelé et disposée par des couches régulières , qui faisaient avec l'horizon des angles de 50 degrés. Ces couches sont coupées par des veines de spath qui , décomposées en quelques endroits , ont laissé en place des espèces de prismes irréguliers , que l'on a pris pour des colonnes basaltiques . De toutes ces observations, tant générales que particulières, II. Prunelle conclut que la varioliie du Drac n'est point une lave, mais une pierre formée par un mélange simultané de cristallisation et de dépôts ; je suis absolument de son avis.

S. 1575. I. Une variété bien remarquable de celte pierre, dont j'ai trouvé des échantillons sur les bords du Drac, et qui n'a pas non plus échappé à M. Prunelle, c'est celle dont le spatli calcaire forme le fond , tandis que la partie brune forme les grains.

J*en ai aussi trouvé dont les cellules ne renferment que du quariz sans aucun mélange de spath calcaire. De ces cellules, les unes sont pleines, les autres vides, avec leurs parois tapissées de pyramides de cristal de roche. La pâte de cette variété est plus dure, l'acier en tire quelques étincelles; sa nature est cependant essentiellement la même.

S. 1576. II. Mais on trouve encore au bord de l'Isère des vario-^ lites ou roches glafiduletises qui paraissent d'une nature différente de celle du 9r9ke\ l'une a une pâte de pétrosilex brun , écailleux et dur, mélangée de très-petits cristaux allongés àe feldspath et de lames de ferspathiqu£. Les glandes, qui ont de 1 à4 lignes de diamèlre, sont, les unes, savoir les plus petites, entièrement de spath, et les autres ont leur noyau de spath calcaire blanc, enveloppé de fer spathique jaunâtre qui tapisse les parois des cellules.

S. 1577. 111. Une autre varioliie des bords de l'Isère a une pâte de hornblende lamelleitse à lames planes, brillantes, souvent un peu striées, d'un noir terne tirant sur le vert. Dans cetle pâte sont parsemées quelques lames de feldspath et même quelques parties calcaires, qui font avec les acides une effervescence passagère, mais qui sont trop petites pour que l'œil puisse apercevoir les vides qu'elles laissent après leur dissolution.

Les glandes d'une ou deux lignes de diamètre sont , les unes arrondies, les autres tendant un peu à la forme rhomboïdale: elles sont d'un blanc sale, pointillé de vert, surtout vers le centre. Leur matière est d\x feldspath grenu ou confusément cristallisé. Lespoinls

VARIOLITES. i21

verts sont de hornblende. On y voit aussi quelques glandes, dont la cassure présente une substance très-brillante, translucide, d'un jaune citrin, qui dans quelques places parait grenue, et dans d autres ofTre au microscope des surfaces parfaitement lisses , brillantes et conchoïdes. Cette substance bouillonne très-promptement à la flamme du chalumeau, s'y boursoufOe et se change en une scorie noire , qui demeure ensuite très-réfractaire. Ces caractères paraissent convenir au schorl vert ou delphinile.

Cette pierre contenait donc tous les matériaux du granit oculé de Corse (S. 4479), et même déjà une disposition a la forme glanduleuse. Il ne lui a manqué que plus de régularité dans la cristallisation pour produire cette belle et singulière roche.

S. 1578. IV. Ce porphyre a pour base un pétrosilex d'un gris ver- poiphyre fiandnieiu. dâlre ti'ès-écailleux, à écailles grandes et petites, presque demitransparentes. Ce pétrosilex donne des étincelles contre l'acier, mais se laisse rayer en gris et entamer à la lime. Il blanchit et se fond au chalumeau en un verre huileux. Celte pâte forme au moins les neuf dixièmes de la pierre, et ne renferme qu'un petit nombre de petits cristaux allongés et rhomboïdaux de feldspath, d'un gris blanchâtre, qui se distinguent à peine du fond de la pierre.

Mais outre ces cristaux, cette pâte renferme encore quelques grains arrondis d'une à deux lignes de diamètre. Le centre de ces grains est de quartz ^ ou du moins d'une pierre transparente , sans couleur, dure, réfractaire, à cassure lisse, brillante et conchoïde. Ces grains sont renfermés dans des cellules dont les parois intérieures sont tapissées d'une matière grise, tendre, un peu écailleuse, qui fait une vive effervescence avec les acides, et où l'on distingue ensuite les pores irréguliers qu'occupait la matière calcaire. La présence de cette matière dans le porphyre dur est un phénomène assez rare.

Cette pierre est encore remarquable en ce qu'elle a des fentes qui la traversent de part en part, et qui sont remplies de pétrosilex^ le même qui forme la pâte du porphyre y mais qui a pris là une forme schisteuse, à feuillets très-minces et un peu ondes.

S. 1579. V. La pâte de cette roche est un mélange de mica noi- ^^^^ réUre, très-brillant et de petites pailies de jade vert. Dans cette k gtwdei de jade.

Porphyre k btBe d'argile.

pâle sont renfermés des grains d'un^ade vert glauque , très-bien caractérisé , et quelques cristaux de hornblende grise et réfractaîi^e.

S. 1580. VI. Extérieurement la pâte de ceporphyre est d'un brun jaunâtre et un peu rude au toucher. Dans sa cassure, si on la distingue soigneusement des parties étrangères qu'elle renferme, on verra qu'elle est terreuse, opaque et de couleur de rouille. Elle e^l assez tendre, se raie facilement, et la raie est à peu près de la même couleur. Elle exhale assez fortement l'odeur de l'argile. Au chalumeau cette pâte est très-réfractaire , et se couvre cependant d'un émail noir et brillant qui la rend attirable à l'aimant. Cette pâle est donc indubilablement une argile ferrugineuse.

Les cristaux qu'elle renferme sont aussi très-remarquables. Les grands ont jusqu'à dix lignes de longueur sur sept à huit de largeur. Leur forme est généralement rhomboïdale ; on en voit cependant d'émoussés et d'irréguliers. Leur cassure est lamelleuse ; cependant elle présente un mélange de parties, les unes blanches , presque opaques, écailleuses comme du quartz gras y les autres conchoïdes, transparentes, donnant au soleil, et même au grand jour, les couleurs de Vopale. Toules ces parties sont à peu près aussi réfractaires que du quartz. Ces mêmes cristaux sont disséminés en très-petites parties dans la pâte brune et terreuse qui forme le font! de celte pierre.

Porphyre tendre. S. 1581. VIL lluc pieTTe (k come verte, tendre , à cassure inégale

et presque terreuse , forme la base de ce porphyre. Les grains sonl de petites masses arrondies de feldspath fauve qui tombe en décomposition , donl la cassure est presque terreuse , et dont on reconnaît à peine la structure.

Porphyre gris. S. 1582. VIII. C est uxïpétrosikx qui forme la base de ce porphyre. Ce pétrosilex esi gris ^ homogène y sa cassure est très*écailleuse, el ses fragments minces sont presque demi-transparents. Il est plus que demi-dur, donnant quelques étincelles conti*e l'acier. Il renferme beaucoup de cristaux de feldspath sec , irréguliers dans leur forme générale, mais composés de lames bien caractérisées. Leur couleur est d'un blanc grisâtre, mais on en voit quelques-uns d'un beau noir.

Porphyre S. 1583. IX. J'ai trouvé aussi an bord de l'Isère unporphyre abso-

h cristaus ?■««*»«• lumcut Semblable au précédent, soit pour la pâte, soit pour les

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cristaux ; mais la plupart des cristaux allongés sont situés parallèlement les uns aux autres, ce qui prouve une tendance à la forme schisteuse que n'a point le précédent. D'ailleurs , le tissu de la pâte ne donne aucun indice visible de cette tendance.

Ces passages nuancés de la classe des roches en masse à celle des roches feuilletées y sont intéressants pour la théorie , surtout quand c'est précisément le même genre de pierre.

S. 1584. X. Celui-ci est décidément schisteux; sa pâte est un schiste porphynqa*. mélange de petites lames de hornblende noirâtre et de petits cristaux confus de feldspath blanc. La cassure de la pierre montre à un œil attentif, un tissu schisteux, à schistes droits, mais dont les feuillets sont inséparables. Les grains enfermés dans cette pâte sont des cristaux de feldspath sec , blancs , situés presque tous dans la direction des feuillets du schiste.

S. 1585. XL Cette pierre roulée présente au dehors une surface ^'^^^ assez unie et presque douce au toucher , d'un vert glauque tirant sur le gris , avec des veines ramifiées , les unes blanches , les autres jaunâtres; sa cassure est schisteuse, à schistes droits, mais cohérents entre eux; il faut même de l'attention pour reconnaître sa structure : elle est écailleuse , brillante et d'un vert plus foncé que Textérieur. Le fond de la pierre est une hornblende lamelleuse dont les parties discernables sont de très-petites lames planes, brillantes, sans forme déterminée. Dans cette pâte sont disséminées de trèspetites lames de feldspath et quelques parties quartzeuses. Les veines jaunes qui parcourent la pierre sont de la delphinite confusément cristallisée , et les blanches sont du quarlz mêlé çà et là de quelques parties de feldspath.

S. 1586. XIL Le schiste composé de hornblende et de feldspath y schùtedehornest très-commun sur les bords de l'Isère, et cela n'est pas extra- ***" **'«•'•' *p«'*»' ordinaire, puisqu'il y en a et que j'en ai vu même des montagnes entières dans le Dauphiné. La fameuse mine d'argent de Challenetaesy dans laquelle je suis descendu, est dans une montagne de ce genre. Les variétés de cette roche sont extrêmement nombreuses ; on en voit à feuillets singulièrement contournés ou fléchis en zigzag. On en trouve à feuillets épais, d'autres à feuillets aussi minces que du papier. Dans quelques variétés les feuilles de hombletide pure et colorée alternent avec des feuillets de feldspath blanc

et pur; dans d'autres enfin , les feuillets sont interrompus ou abruptement, ou par gradations. On y voit aussi fréquemment des nœuds ou rognons de feldspath blanc , confusément cristallisé , et souvent mêlé de parties quarlzeuses. Il est curieux d'observer , quand ces nœuds sont de formes irrégulières , l'exactitude avec laquelle les feuillets schisteux suivent tous les contours de ces nœuds et forment autour d'eux des espèces de fortifications.

La hornblende varie par sa couleur; ici, noire et brillante, là, tirant sur le vert; là, brune ou grise; sa forme présente quelquefois des cristaux assez réguliers , surtout dans le schiste dont les feuillets sont droits ; el d'autres fois des lames minces, presque aussi luisantes que du micay sans aucune apparence de forme régulière. Elle est aussi plus ou moins fusible au chalumeau.

Le feldspath varie aussi par sa couleur blanche plqs ou moins

pure, et tirant quelquefois sur le vert ou le rose, et par sa forme,

qui tantôt présente des lames rhomboïdales assez régulières, tan-

' tôt une cristallisation tout à fait confuse en petites masses grenues,

comme le marbre statuaire. On le voit aussi quelquefois , dans les feuillets comme dans les nœuds, mélangé d'un peu de quartz. Le feldspath qui entre dans la composition de ce schiste est communément de l'espèce que j'ai nommée feldspath sec; j'en ai pourtant vu, mais un seul morceau, dont le feldspath était gras.

scbute frenatiqne. S. 4587. XIIL Lc scMstc dc hornbUnde et de feldspath renferme

aussi quelquefois des grenats. Ceux que j'ai vus sur les bords de l'Isère étaient d'un rouge terne, informes et mélangés des deux substances qui formaient la pâte même de ce schiste.

CfMiieiia. s. 1588. XIV. On trouve aussi sur les bords de cette rivière la

hornblende et le feldspath ^ réunis sous une forme qui n'est point schisteuse, et composant alors AesgraniteUes. J'en ai vu dont lefcUspath était couleur de chair, et la hornblende d'un noir verdàlre ; ceux-ci étaient assez durs; mais d'autres, très-tendres, étaient composés de feldspath rouge , et de hornblende dun gris tirant sur le vert.

jftde et loangdite. S. 1589. XV. J'y ai trouvé enfin, le granit de jade et de smarag-

dite parfaitement semblable à celui des cailloux de la Duratice (S. 4539 M.).

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