‹ Matériaux pour l'étude des glaciers (volume 3)Chapitre 38 sur 216 · BLOCS DE GRANIT · texte numérisé non relu

BLOCS DE GRANIT

peuvent avoir des sommités ou plates ou arrondies, et nous en verrons des exemples dans ce même voyage.

S. 1709. Mon cfuide de Thospice du Grimsel me proposa de me ****"

^ ^ . à l'hospice daGrimMl.

ramener par une route nouvelle, et je Tacceptai avec plaisir. Il me fil tirer à Test et traverser les tristes et sauvages pâturages de TlMerAlpy qui, brûlés alternativement par le soleil et par la gelée blanche et étouffés par les lichens coralloïdes , se brisaient en craquant sous nos pieds. L'unique habitant de ces solitudes est la perdnx blanche y qui se nourrit des bourgeons du Salix herbacea, Irés-abondant dans ces prairies. Une de ces perdrix se leva sous nos pieds , de son nid construit sur la terre , sans autre abri qu'une pierre, au nord de laquelle il était placé. Ce nid renfermait huit œufs d'un brun clair, tachetés d'un brun plus foncé : j'eus bien soin d'empêcher qu'on ne les dérangeât.

Je ne vis dans ces pâturages élevés qu'une seule plante un peu rare , c'est YAjithericum seivtinum. HE. de BLaller fait observer avec bien de la raison, que l'épithète de tardive ne convient point à cette plante, puisqu'elle est une des premières à fleurir sur les terrains que la neige abandonne.

Au sortir de ces prairies , j'eus pendant près de deux heures à traverser des entassements de blocs de granit , dont plusieurs s'étaient détachés de la montagne dans le cours de celte même année. On reconnaissait très-bien les vides qu'ils avaient laissés. C'est une fatigue et un ennui, dont on a de la peine à se faire une idée, que de faire deux lieues de suite au travers de ces grands blocs , dont les faces planes, lisses et inclinées dans tous les sens, vous jetteraient, si le pied vous glissait, contre les angles tranchants d'un autre bloc; et où il faut ainsi avoir une altention continuellement soutenue, pour ne pas se casser les jambes ; cependant, quoique encore indisposé et bien fatigué, j'eus le bonheur de ne pas faire un faux pas. D'ailleurs, ces fragments ne présentent aucune variété intéressante; ce sont tous ou des granits veinés ordinaires, ou des granits veinés avec des rognons de quartz, comme ceux de Vabrsine (S. 590).

J'avais sous mes pieds , dans cette route , la vallée de l'iJiiterfiary dans laquelle l'Amr serpente ' et se divise de manière à former un

* D. A. Dans rAarboden.

point (le vue très-agréable. Et comme j'allais du côté du ayant toujours les yeux fixés sur la chaîne qui borde son passag^e , je confirmai, et bien en détail, mon observation sur les cimes crénelées et aiguës de ces montagnes à bases arrondies, et je vis enfin que de VHospice même on en voit assez pour se convaincre de la justesse de celte observation.

Le glacier S. 4722. Avaut dc terminer ce chapitre, je dois consigner ici une

Monines. obscrv^tiou qu'a faite M. Bessen , sur le glacier du Rhône, et qui m'avait échappé. J'ai souvent parlé des cailloux et des rocliers que les glaciers charrient^ qu'ils déposent ensuite sur leurs bords et à leur extrémité, et qui forment ainsi des espèces d'enceintes* marquant les limites que les glaciers ont atteints. WL. HewiOM observa , en 1777 , au bas du glacier du Rhône , trois de ces enceintes , dont l'une était à 34 toises (66^,2) de l'extrémité actuelle du glacier, l'autre à 85 toises {\6b^,&)y et la troisième à 420 toises (233°>,8). Il suit de là, qu'à trois époques différentes le glacier a reculé, et qu'il était alors diminué de 420 toises (233™ ,8). Les bergers assurèrent même à WL» Besaoït , que depuis vingt ans il recule continuellement. Cette observation et ce rapport viennent à l'appui de ce que j'ai dit ailleurs ; c'est que s'il y a des endroits où les glaciers s'avancent ^ il y en a d'autres où ils rétrogradent.

cooiiiet da débrit. S. 976. De iriTeron à CmiragllA on traverse de petites collines vienoa à catafiia. papggjjjées ct mômc à cc qu'il paraît composées intérieurement de

blocs et de débris roulés de divers genres, mais principalement de ceux qu'on nomme primitifs , de grandes masses de granits et de roches feuilletées , de roches de corne, toutes sans adhérence avec le sol qui les portait, mais reposant sur des amas de sable, de gravier, de cailloux arrondis et manifestement charriés et entassés par

les eaux.

Dans un autre voyage, que j'ai fait de Pnvle à Yvrée, j'ai vu que des collines semblables composées de débris , continuent jusr

* D. A. Sur leur dos , à leur surface.

* D. A. Moraines.

S. K. ■€■■■■ nomme ces enceintes nuuréaiM 9 mais il aura mal entendu nos Savoyards, le mot est ■ittnUacs. Cette expression n'est pas française sans doute, mais elle est reçue dans toute la Suisse romande, la Savoie et le Lyonnais, où elle désigne une petite montagne ou la pente rapide d'une colline.

RoDta

qa'ont raÎTie ees

débrii.

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