‹ Matériaux pour l'étude des glaciers (volume 3)Chapitre 4 sur 216 · NATURE DES ROCHES · texte numérisé non relu

NATURE DES ROCHES

a conçu cette pensée; elle ne se trouve pas dans la première édition de WUhelm Meislers Wanderjahrey de Tannée 4821, mais bien dans la dernière, soignée par Gœthe lui-même en 1829.

C. 38. On donne le nom de terrain erratique à des fragments de Déinitioa dn temm roches que Ton rencontre à des distances quelconques des mon- «««"«ine. tagnes d'où ils ont été détachés.

C. 39. a) Blocs erratiques. Fragments de gros volume. Dénomination.

b) Gravier, sable y limon erratiques. Menus débris.

c) Terrain erratique. Ensemble de ces fragments sans égard à leur volume ni à leur nombre.

C. 40. a) Les débris qui constituent le terrain erratique * ne di- Diftwnce entre i« minuent pas de volume à proportion de V éloignement où on les trouve I^™,''^|^' '** des montagnes d'où ils ont été détachés; tandis que les débris desaiinnens. terrains transportés par les eaux augmentent de volume à mesure que l'on s'approche du lieu de leur origine.

b) Beaucoup de fragments erratiques, bien que transportés fort loin, ont néanmoins conservé la surface raboteuse y ainsi que les arêtes et les angles vifs et tranchants. Les débris transportés par les eaux ont la surface lisse, et leur forme est généralement arrondie. Lorsqu'on en trouve d'anguleux, ce qui n'arrive pas souvent, les parties saillantes en sont toujoui^ émoussées.

c) Les dépôts erratiques sont rarement stratifiés , tandis que les terrains transportés par les eaux le sont presque toujours. D'ailleurs les dépôts erratiques, lors même qu'ils sont stratiGés, se distinguent toujours des autres dépôts de transport par le nombre de fragments anguleux et bien conservés qu'ils renferment.

C. 42. Les débris qui constituent le terrain erratique de la plus f**^ «"•• ~<*" grande partie de la Suisse occidentale, proviennent de roches qui se 1!]^ m^a"* trouvent toutes en place dans la grande vallée du Rhône et dans les vallées latérales. Ainsi l'on reconnaît parmi ces débris les gneiss et les schistes talqueux et amphiboliques qui bordent le glacier du Rhône ; les granits talqueux verdâtres de la vallée de Binnen ; les schistes micacés avec grenat des environs du Simplon ; les euphotides ou gabbros de la vallée de Saas ; les serpentines et les gneiss à gros cristaux de feldspath des vallées de Saint-Nicolas et d'Hérens ;

* D. A. Terrain erratique non remanié par les eaux.

les schistes chloriteux de la vallée de Bagne et de celle du Saint-Bernard ; les granits à gros cristaux de feldspath de la vallée de Ferrel ; les grauwackes et les psammites rouges de la montagne de Foully ; les poudingues de Vallorsine; les gneiss de Catogne et de la montagne des Follaterres ; les calcaires des environs de Saint-Maurice et de Bex etc.

Le Jorat* même a fourni son tribut au terrain erratique, car on trouve des blocs de gompholite {Nagelfluh)^ près d'Âttalens, d'Écoteaux, d'Oron, de Rue et même dans les environs de Moudon et de Payerne.

Le terrain erratique de chaque grande vallée de la Suisse présente toujours la collection complète de toutes les roches qui constituent les montagnes de cette vallée et de celles qui y aboutissent. Il en eM de même des moraines et des débris de roches éparpillés sur les lits des glaciers. Us présentent les uns et les autres également la collection de Umtes les roches des mxmtagnes qui bordent le glacier. Forma det fraffmenu C. 43. La formc dcs fragments erratiques , dépendant principaleemtiqnet. meut dc la structure de la roche, n'offre rien de constant. Ainsi les roches schisteuses, comme les micaschistes, les stéaschistes , les gneiss, les calcaires micacés etc., se présentent ordinairement en fragments prismatiques aplatis. Les roches non stratifiées ou disposées par strates fort épais, comme les granits, les euphotides, les serpentines, les poudingues, les gompholites, les calcaires compactes etc., offrent des formes cubiques ou polyédriques.

L'état de conservation de la surface et des parties saillantes de ces fragments est plus important à connaître que leur forme. Les uns ont les angles emportés , les arêtes écornées et émou^ées et la surface plus ou moins frottée* ; les autres , au contraire, ont les angles et les arêtes parfaitement conservés, à peine y remarque-t-on quelque écornure; leur surface, également intacte, offre encore les aspérités de la cassure fraîche.

* c. Le Jorat est un petit système de montagnes ou plus exactement un plateau élevé appartenant à la foimation de la molasse. Il est situé au pied des Alpes, sur le bord septentrional du lac Léman. Son sommet le plus élevé, qu'on nomme le Pèlerin, est formé de i^mpholite, et sa hauteur au-dessus de la mer, est de 1072 mètres, d'après les mesures barométriques de mon excellent ami H. BAap. Le Pèlerin est par conséquent à 698 mètres au-dessus du lac.

*D. A. Surface frottée, polie, rayée, striée, burinée etc.

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