‹ Matériaux pour l'étude des glaciers (volume 3)Chapitre 6 sur 216 · PYRAMIDES OU CYLINDRES DE DÉBRIS · texte numérisé non relu

PYRAMIDES OU CYLINDRES DE DÉBRIS

sont parfailement dégagées. Mais ce sont les environs d'Useigne, en face du village de Sainl-Martin , dans la vallée d'Hérens, qui présentent le mieux cet accident , lequel , du reste , ne peut se rencontrer que lorsque les dépôts glaciaires sont composés principalement des mêmes débris légèrement aglutinés par un ciment provenant de la dissolution de matières calcaires , et lorsque les gros blocs ne s'y trouvent que disséminés en petit nombre. Les colonnes d'UseignCy comme on les appelle dans le pays , se trouvent précisément à Tendroit où le glacier de Lénaret se joignait jadis à celui de Ferpècle*.

Lorsque ces dépôts renferment beaucoup de fragments de roches calcaires, la chaux carbonatée, qui se dissout par l'infiltration des eaux y donne lieu à un ciment assez abondant pour cimenter les débris et pour changer toute la masse en une espèce de brèche caverneuse assez solide pour résister remarquablement bien à l'action destructive des agents atmosphériques. Les dépôts glaciaires de Stalden, deSierre, de Chamoson, d'Orsière, de Lavey etc. présentent fréquemment ces sortes de brèches.

Les dépôts erratiques stratiGés correspondent exactement aux dépôts d'alluvium glaciaire que nous avons décrits (C. 24). En effet , ces dépôts ne sont autre chose qu'un diluvium glaciaire, c'est-àdire que les matériaux amenés par les glaciers diluviens ont été déposés dans des amas d'eau y où ils se sont mêlés avec des matériaux apportés par les torrents. L'hypothèse rend très-bien raison de la disposition de ces dépôts qui se trouvent à l'entrée des petites vallées latérales , et y pénètrent quelquefois assez avant. Ces vallées, comme par exemple celles de la Griotvne, de Panex, de VAUiaz, de la Veveyse etc. , prennent toutes naissance dans des montagnes qui , vu leur peu d'élévation , n'ont pu former des glaciers assez considérables pour atteindre la grande vallée du Rhône. Elles étaient donc vides , c'est-à-dire plus ou moins dégagées de glace , lorsque le glacier de la grande vallée est arrivé devant leurs entrées. Ne rencontrant aucun obstacle, il a dû y pénétrer par l'effet de son expansion latérale. En y barrant les torrents , il y a occa-

* c. Le dessin que H. Vroebel a donné des colonnes d'Useigne présente très-bien cet accident.

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