‹ Matériaux pour l'étude des glaciers (volume 3)Chapitre 7 sur 216 · II · texte numérisé non relu

II

sionné des amas d'eau, dans lesquels les débris de roches qu'il avait amenés , se sont déposés en se mêlant avec ceux qu'avaient charriés les torrents. À la fonte du glacier, ces lacs se sont écoulés, emportant avec eux la plus grande partie de ces débris , dont le restant fournit encore aujourd'hui la plupart des matériaux que les torrents de ces vallées charrient dans leurs crues.

D'autres vallées latérales , mais plus grandes que celles dont nous venons de parler , et prenant naissance dans les montagnes plus élevées, ont eu chacune leur glacier'. Mais l'accroissement de ces glaces n'a pas été assez prompt pour qu'elles atteignissent la grande vallée avant qu'elle fût occupée par le glacier qui venait du fond du Valais. Celui-ci passant devant les entrées de ces vallées , y a également pénétré jusqu'à la rencontre de leurs propres glaciers, auxquels il opposait ainsi une barrière insurmontable. L'expansion de la glace ne pouvant plus les allonger, soit les faire mouvoir en avant, les a fait augmenter en épaisseur. En effet, les glaciers de ces vallées ont acquis ainsi la même épaisseur que le grand glacier qui les barrait , comme on peut le voir par leurs moraines les plus élevées , qui se trouvent à la même hauteur que celle du grand glacier. Ce n'est qu'après la retraite de ce dernier qu'ils ont pu atteindre la plaine de la vallée du Rhône , où ils ont déposé des moraines considérables , lesquelles reposent même fréquemment sur des débris amenés par le grand glacier*. Ces vallées ayant été occupées par des glaces dans toute leur longueur, il n'a point pu s'y former de lacs, ni par conséquent de dépôts stratifiés.

Il en a été de même de toutes les vallées latérales en amont de Saint-Maurice. L'élévation plus grande de ces vallées , et surtout la hauteur et l'étendue considérable des montagnes qui les encaissent, ont fourni des conditions si favorables à l'accroissement de leurs glaciers, que ceux-ci ont pu atteindre la plaine de la grande vallée avant l'arrivée du glacier qui venait du fond du Valais. Cela nous

* C. Ces vallées sont le val d'Dliez, près de Monthey, sur la rive gauche du Rhône, et celles de l'Avançon, de la Grande-Eau et de la Tinière sur la rive droite.

'C. Ce fait s'observe très-bien dans les moraines déposées par le glacier de l'Avançon, entre les salines de Bexvieux et de Devens, et par celui de la Tinière, entre Valaire et Plan-Coudray, près de Villeneuve. Ces moraines reposent toutes sur des débris de roches venant des montagnes du Valais.

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