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GROUPES DE BLOCS

explique pourquoi on ne trouve pas dans ces vallées de fragments de roches étrangères aux montagnes qui les bordent, comme c'est le cas dans celles où le grand glacier a pu pénétrer. C. 50. L'un des faits les plus surprenants du terrain erratique Groupe* de mocs

formés de la même

est sans contredit l'accumulation ou la réunion d'un nombre con- ^ ^ ^

espèce de roche.

sidérable de blocs, tous de la même espèce de roche. Ces blocs sont tantôt éparpillés sur le terrain, mais peu espacés (C. 47); tantôt groupés en forme de digues , de bandes ou de monticules (C. 48).

Le dépôt de ce genre le plus remarquable que je connaisse, se Bande de biocs, près trouve à 430 mètres au-dessus du Rhône, sur le flanc d'une mon- "**"'***y' '*""* **••

' montagnes de la Tal-

tagne calcaire (lias) , près de Monthey dans le Bas-Valais. C'est une i«e de perret (Massif batide de gros blocs qui a de 400 à 250 mètres de largeur, A kilo- ^» «»»'-»»•»«) mètres de longueur. Elle commence au-dessus de ce bourg, et s'étend horizontalement sur la pente de la montagne jusqu'aux précipices du Sex^ de Balme, de Collombey. Elle est entièrement formée de blocs de granit à gros cristaux de feldspath (c'est une roche très-caractéristique), venant tous de la haute chaîne de* montagnes qui borde la vallée de Ferret du côté nord-nord-ouest, et qui n'est autre chose que la continuation orientale de la chaîne du Mont-Blanc. Par conséquent ces débris se trouvent à 60 kilomètres au moins des montagnes d'où ils ont été détachés.

Ces fragments étonnent autant par leur nombre que par leur vo- Piem^es-iiarmettes. lume. — La Pierre-des-Marmeites (C. 44) en fait partie, elle a S027 mètres cubes ; d'autres blocs dans la même localité et de même provenance ont de 600 à 800 mètres cubes, et un très-grand nombre en sont de 200 à 400 mètres cubes.

Ces blocs ne sont pas moins remarquables par leur belle conser- tous ces uoes ont valion. Presque tous ont encore la surface raboteuse y les arêtes ^^^J^^^^^'^^^^l les angles légèrement écornés. Quelques-uns sont fendus, mais la i«9«Nment èeomés. direction des fentes prouve jusqu'à l'évidence que ces ruptures sont le résultat d'une chutey et nullement d'un choc horizontal.

Un énorme bloc de 20 mètres de longueur est connu dans la Pierre-k-Mourfoeu. contrée sous le nom de Pierre-à-Mourguets ; en tombant il a donné du coin sur un autre gros fragment, de manière qu'il s'est fendu horizontalement dans toute sa partie supérieure. Une partie de l'angle

est entièrement détachée , et les éclats se trouvent encore accumulés sur le bloc qui a reçu le coup.

Pi«rrc^.Dio. Uu très-gros bloc , appelé la Pierre-à-Dzo , d'une forme irrégulière, polyédrique, est perché sur un autre; mais il n'y est retenu que par un troisième bloc fort petit et fendu verticalement par la chute du premier ; sans cet appui il se précipiterait sur le bourg de Monthey. Il est absolument impossible qu'un choc horizontal ait produit de pareils accidents.

Bioct enttiquef Je uc crois pas commettre une exagération en comptant la bande d« Moouiey (Vttais). ^^^ ^^^ erratiçties de Monthey parmi les objets les plus curieux ,

les plus remarquables et les plus instructifs. Nous invitons les géologues *' qui visitent la Suisse occidentale à aller voir ce dépôt vraiment extraordinaire *.

Les environs de la saline de Devens présentent dans une localité appelée les Vignes-du-Chêne ^ et le long du village d'Antagney des dépôts erratiques en forme de digues ou de bandes composées uniquement d'un calcaire noir et compacte appartenant à la craie qui forme les hautes sommités du fond deh vallée deFAvançon. Les blocs sont anguleux , peu usés , et les plus gros atteignent à peine 340 mètres cubes.

Un groupe peu étendu de blocs de la même nature et de la même localité, est situé en face de ceux du Chêne sur le flanc septentrional de la petite montagne de gypse appelée le Montet. Ce gi^oupe , Bioe-Moattre. pkm- d'uuc formc irrégulièrc, se distingue par le volume des blocs. Le

BhoMonsire et la Pierra-Bessa (C. 44) en font partie. Ces dépôts

*D. A. Les géologues qui veulent voir, les ingénieurs des mines qui sont assez indépendants pour oser voir dans la disposition de ces blocs , un transport sur le dos des glaciers et non une locomotion inventée sans garantie des lois physiques et naturelles.

*C. M. Semm'Anéré de liuc a visité les blocs de Monthey et les a le premier mentionnés dans son mémoire : Plusieurs espèces de roches éparses dans le bassin de Genève » p. 21. Malgré cette visite, il s'efforce encore de défendre l'hypothèse des courants.

D. A. Dans les i4c/e» de la Société helvétique des sciences naturelles réunie à Genève, 11, 12, 18 août 1845, p. 260. H. S. Jk. Detae dit : U en résulte que la théorie glaciaire ne repose que sur des suppositions plus inadmissibles les unes que les autres, en sorte qu'elle ne pourra pas se maintenir. J'ai toujours considéré le terrain erratique qui recouvre le petit Saléve comme étant descendu en entier par les vallées de l' Arve ; mais divers faits sur la nature des roches et sur leur arrangement me feraient croire qu'une partie est descendue par la vallée du Rhône. Dans ce cas , les difficultés pour l'hypothèse du transport par les glaciers sont encore plus insurmontables.

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