MARAIS ET LACS
sur cette roche elle a l'apparence d'un v^ieux mortier solidement agglutinéy et cependant le calcaire y est tout à fait étranger; il faut croire qu'au moment de son dépôt elle n'avait pas encore le degré de solidité qu'elle a aujourd'hui.
Les galets mobiles rayés, si abondamment répandus dans nosdéi- ^)ôts erratiques, sont aussi fréquemment couverts d'une légère croûte de sable fin, et de fragments plus gros, incrustés solidement dans les parties creuses du galet, surtout si ces pierres sont extraites récemment de l'intérieur d'un dépôt dans une carrière en exploitation. Une longue exposition aux agents extérieurs finit par détruire ces incrustations. Elles sont tout à fait identiques à celles que m. Aga«màm a remarquées sur les roches striées de la Suisse, m. Agassfts, qui a visité nos dépôts des Vosges, y a reconnu la même source, la même origine et l'absence de calcaire. Ce ne peut être que ce sable fin qui, dans les temps erratiques, quand ces matériaux étaient doués «le mouvement, a fait l'office du burin. On retrouve dans le sillon le grain de quartz qui a rayé la roche. Ce grain, associé avec une poudre impalpable provenant de la décomposition des schistes argileux, a pris, à la suite des siècles, cette consistance de mortier adhérent.
C'est plus particulièrement sur les galets provenant d'une roche schisteuse qu'on trouve ces incrustations; les galets ou les blocs de granit et d'autres roches cristallines en sont rarement recouverts.
E. G. 22. Marais ei laes propres au terrain erratique. Marti» et lacs. Dans le nord de Y Italie, en Suisse, en Norwége et en Suède, la plupart des auteurs sont d'accord pour attribuer la formation d'un grand nombre de lacs à la présence des moraines, qui, par leur disposition naturelle à bander les vallées transversalement, retiennent les eaux supérieures et donnent lieu à l'existence d'un lac. Dans les Vosges le même phénomène se rencontre à chaque pas sur une petite échelle *.
Les lacs de Gérardmer, de Longemer, de Fondromé et un grand nombre d'autres doivent leur existenceà des moraines*.
■ H]». lie BlaDC et Howard sont les premiers observateurs qui aient éveillé l'attpiition des géologues sur ce sujet.
* D. A. Même phénomène dans les Alpes. Glaciers anciens et glaciers en activité.
Dans les localités où les lacs n'existent pins, parce que les coupures pratiquées dans les moraines, soit parla main des hommes, soit par la force des courants naturels, ont déterminé récouleraeni de la masse liquide tout entière, il reste toujours en amont de la moraine des traces suffisantes pour qu'on puisse y reconnaître un long séjour des eaux tranquilles. On peut en voir des exemples daii> la vallée de Giromagny, dans celle de Massevaux, dans celle de Saint'Amarin.
La formation frontale de la vallée d'Urhès a donné lieu à la formation d'un petit lac qui change d'aspect suivant les différentes saisons de l'année. En hiver, aux époques des grandes eaux, le lac se remplit ; il arrive presque au niveau de la roule * qui longe ses bords sur la rive droite. En été il est transformé en prairies marécageuses.
En automne les émanations qui s'en dégagent donnent lieu aux fièvres intermittentes dont les habitants riverains sont parfois affectés. Son niveau moyen est de 10 mètres au-dessus de la vallée de Saint'Amarin. Par des travaux d'art on parviendrait facilement à le dessécher en entier ; si l'on approfondissait le chenal actuel de deux mètres sur une longueur de 400 mètres , la section serait suffisante pour permettre un écoulement complet et rapide de toutes les eaux supérieures.
A Wesserling la moraine fermait si bien la vallée , qu'elle a évidemment donné naissance, dans les temps anciens, à l'existence d'une nappe d*eau, qui s'étendait à plusieurs kilomètres en amont jusqu'aux villages de Felleringen et (ïOderen; un souvenir vague en reste encore dans l'esprit des habitants , souvenir qui s'est transmis de générations en générations. Il ne reste du lac que quelques prairies marécageuses, mais en examinant le terrain avec attention . on trouve en effet que rien ne s'oppose à l'admission de cette hyj.othèse.
La moraine de Schliffels est précédée en amont d'une espèce d'entonnoir de 800 à 1000 mètres de diamètre, qui n'est autre chuso qu'un lac desséché; le sol actuel en est marécageux , tourbeux , et ce n'est que par un long séjour sous les eaux tranquilles que le? végétaux se transforment en tourbe.
' Roule royale n» 66.