ROCHES ET GALETS NON GLACIAIRES STRIÉS
schùte argileux qui est sillonné de slnes ayant quelque rapport avec les stries glaciaires; on pourrait les confondre, si la position de la roche, relativement à celle qui la touche immédiatement, n'était point une raison suffisante pour rejeter cette hypothèse.
Les stries imprimées sur le rocher étant dominées en amont par le rocher, ont été évidemment à l'abri de l'action errosive erratique; elles sont donc dues à une autre cause.
Quant à la nature de la roche , nous choisirons dans nos environs poUs
quelques exemples de stries qui pourraient donner lieu à une''*""""*'"*'*^"""' erreur.
Sur la route d'Urbès à Bussang^ entre le kilomètre n° 4 et le kilomètre n® 5 , il existe une roche schistoîde sur laquelle des stries parallèles sont assez bien dessinées , et dont la direction dans le sens de l'axe principal de la vallée pourrait faire supposer qu'elles sont erratiques. Toutefois, si on l'examine avec attention, on s'aperçoit que cette roche , formée de feuillets ardoisiers superposés les uns aux autres en plaques presque verticales , présentent^ sur leur face plane, une infinité de cannelures dont le dessin, quoique exécuté avec moins de finesse, se rapproche beaucoup, pour la forme extérieure , des stries glaciaires. On peut s'assurer qu'elles proviennent de la nature feuilletée de la roche ; en cassant un échantillon dans l'intérieur de la masse, on s'aperçoit que chaque feuillet présente le même phénomène. Ces feuillets intérieurs ayant été jusqu'ici à l'abri des agents extérieurs, n'ont donc pas été striés par un fait erratique.
D'autres roches schisteuses, dont la structure a de l'analogie avec celle de V ardoise, offrent fréquemment la disposition cannelée, non pas sur la surface plane du feuillet, comme dans l'exemple précédent, mais sur les tranches de plusieurs feuillets réunis. On trouve des exemples pareils dans le fond de la vallée de Schliffels, derrière la moraine qui barre cette vallée. Les couches sédimentaires, aussi fines que les feuillets d'un livre, et relevées verticalement, ont, à la suite des temps, subi une action érosive qui leur donne l'apparence des stries erratiques.
Au débouché de cette même vallée de Schliffels dans celle de Saint-Amarin , en aval de la moraine , il existe de larges surfaces de roc cannelées. Par la position de celte roche, les cannelures pour-
Polit et stries de strates.
Polis et stries
de
Schliiten (traineiax).
raient tout aussi bien avoir été produites par un moteur erratiqui^ que par la force désagrégeante des agents extérieurs; mais comme elles correspondent exactement au sens de la stratification, il sVtait élevé des doutes dans mon esprit sur l'origine de ce burifiaye;'}^ consulté pour cet objet les autorités de la science*, qui ont été d'accord pour rejeter la cause que j'avais d'abord cru devoir admettre.
On remarque encore dans les Vosges des roches striées dont la structure est fort singulière. Elles existent aux points de contact de la roche de sédiment et de la roche cristalline; c'est la roche sédimentaire qui est striée. On aperçoit fort nettement cet effet dans qut^lques carrières où s'exploite le granit ou Yeurite, qui altemenl avec le schiste grauwacke; alors de larges surfaces de schiste étanl mises à nu, on voit qu'elles sont grossièrement striées ^ comme si les masses granitiques, lors de leur apparition, eussent glissé dessus pendant que les schistes étaient encore à l'état de pâte molle'. L'illusion est telle que ces surfaces ressemblent à une argile plastique qui aurait reçu fraîchement des moulures sous forme de stries rectilignes, par le frottement d'un corps dur contre la pâte.
Nous ne devons pas oublier non plus de dire en passant que les roues des voitures, et surtout les sabots que l'on introduit sous la roue à la descente, ont la propriété de strier fort nettement les roches. Il y a encore un autre véhicule, employé dans les pays d^ montagnes pour le transport des bois, qui donne lieu, sur les roches, à des stries rectilignes fort nettes. Ce véhicule est connu en Alsace sous le nom de Schlitten; c'est un traîneau en bois sur lequel on charge les bûches coupées à la longueur d'un mètre. Ce ti-aîneau, conduit par des hommes, circule sur un chemin à peute douce, construit pour cet objet seulement sur le flanc des raoniagnes, avec des traverses horizontales en bois, espacées les unes des autres de 30 à 40 centimètres. Lorsque le traîneau frotte les roches en place, il les use et les couvre de stries rectilignes y tout aussi bien que pourrait le faire un glacier*.
Il est moins difficile de se tromper lorsque c'est une roche grani-
* mH. itîe de BemunoBt et Aga— I».
* D. A. Polis de strates (Gangspiegel)^ qui fort souvent représentent un poli miroir. 'Nous avons eu Toccasion, mon ami PolIftoi-AïuiBet et moi, en parcourant lf<
Vosges , de recueillir des échantillons de roches polies et striées par les SchlUten , qui
Ébouleinent