‹ Matériaux pour l'étude des glaciers (volume 3)Chapitre 81 sur 216 · ANCIEN GLACIER DE LA MOSELLE · texte numérisé non relu

ANCIEN GLACIER DE LA MOSELLE

moyenne du point de départ, un bloc entraîné y après être descendu dans le fond de plusieurs vallons très-profonds , se serait relevé à la cQte 7i0 mètres au Girmont d'Omous^ serait redescendu etc. jusqu'à ce profil.

S. G. F. 3. H. CHm HEartliui rend compte à la Société des obser-

*^ moutonnéei et (triées.

valions recueillies dans ses courses du 15.

Le mercredi > 15, la Société s'est rendue à Rupt^ dans la propriété de M. Ford |. où elle a reconnu la roche moutonnée et striée décrite par H. MogiuNl. Les membres de la Société qui ont eu l'occasion de voir les roches striées des environs du Grimsel , en Suisse y ont été frappés de l'identité parfaite qui existe entre ces deux manifestations du même phénomène.

De Rupt la Société s'est rendue au lac de Fmdroméy lac barré par une ancienne moraine semi-circulaire, comme une haute digue qui en retient les eaux. Un large créneau donne issue au ruisseau actuel. Ce lac et cette moraine ont été l'objet d'un travail de n. Mogard (1840-1842).

S. G. F. 4. H. c^oiioMib» secrétaire^ résume à son tour les oh- Grande monine

.• 'Il* 1 1 • p tenninale de l'ancien

servaUons recueilhes dans la journée. ^^^„^, „^,.,„,.

Le 16, une pluie diluvienne n'a pas permis à la Société de fah:e des courses un peu longues, cependant quelques membres se sont transportés à 4 kilomètres en aval de Remiremontj sur la route à'Épinaly pour examiner la grande moraine terminale de V ancien glacier de la MoseUe. Cette moraine correspond à l'époque de la plus grande extension des anciens glaciers; elle est située à 40 kilomètres des sommets du Hoheneck et du Drumont, qui envoyaient les matériaux arrachés de leurs flancs jusqu'au UUus terminal, à Longuet, comme nous venons de le dire, à 4 kilomètres en aval de Bemiremoni. Cette moraine barre la vallée transversalement sur une ligne de 200 mètres environ; elle forme une série d'ondulations ^ de petits m^mticules àSlougés ^ dont l'axe principal est perpendiculaire à l'axe de la vallée de la Moselle; elle a 80 mètres de hauteur verticale au-dessus du lit de la Moselle. Les matériaux accumulés sur ce point sont entassés sans ordre , sans triage y selon le volume; les sables y les graviers et les gros blocs sont confondus dans le même amas. Les blocs et les galets sont presque tous arrondis et usés; cependant quelques->uns d'entre eux ont conservé la vivacité de leurs

angles. Quant à la nature pétrographique des matériaux , on trouve sur cette moraine des échantillons nombreux des roches qui fuiit partie du bassin supérieur. Néanmoins HH. cat. ]llMrtiBs,H«- 0ard et C^oUontli ont fait remarquer que les roches provenant des points les plus éloignés de ce bassin y les schistes de Btissang et les syénites du Ballon ^ manquent, ou du moins y sont fort rares. Cette absence de roches qui devraient se trouver sur la moraine terminale inférieure du grand glacier, d'après les lois connues du mouvement des matériaux à la surface d'une mer de glace, n'est pas une exception particulière à la moraine dont il est question ; elle se remarque sur presque toutes les moraines inférieures des grandes vallées des Vosges. Ce fait s'explique en admettant qu'à une époque de grande extension les glaces n'encombraient pas seulement le fond Giicier moniire. ^cs vallécs , mais qu'ellcs couvraient tous les sommets élevés de k

chaîne. Si les glaces formaient une calotte par-dessus tous les ballons * , il est évident que les moraines superficielles devaient être à peu près nulles^. Dans l'état actuel des choses, sur les principaux glaciers des hautes régions de la Suisse, on en remarque quelquesuns dont la surface est presque en entier couverte de débris de roches, qui s'allongent, s'étalent et se tassent vers les talus terminaux. Ces glaciers sont dominés par des pics abruptes de 1000 mètres d'élévation , et quelquefois au delà ; ces pics sont en général formés de roches granitiques ou schisteuses, qui se détachent en fragments et se séparent facilement de la masse principale. C'est ainsi que les moraines superficielles se trouvent abondamment pourvus de matériaux.

Mais si , par hypothèse , nous supprimons les pics abruptes , et que nous les remplacions par un système de montagnes aux formes arrondies et moutonnées, par les ballons des Vosges, et que, par-

* L'hypoUièse d'une calotte de glace couvrant les points culminants d'une chaîne n est pas si loin de la réalité qu'on pourrait le supposer; il existe dans les Alpes des exeni[>le3 pareils. En 1844, HUH. Desor et DoUfta* ayant entrepris l'ascension du Galenst<xl, pic situé en amont du glacier du Rhône , éprouvèrent les plus grandes difficultés pour arriver au sommet ; le pic supérieur était en entier couvert de glace, non point de ce>c durci , mais de véritable glace de glaciers.

*D. A. Les glaciers monstres (époque maxima d'extension) couvraient toutes les nxhes et tous les pics , et ne portant à cette époque point de matériaux sur leur dos , ib ne pouvaient pas en déposer.

Page 1