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ANCIEN GLACIER DE LA MOSELLE

dessus ces ballons , nous construisions une calotte de glace correspondant à une époque de grande extension de nos anciens glaciers, nous aurons pour résultat d'un système pareil des moraines superficielles tout à fait nulles à l'origine du glacier ; elles ne commenceront à se montrer à la surface qu'à la distance de plusieurs kilomètres en aval y et elles ne seront alimentées que par les matériaux arrachés par le glacier sur son fond et sur ses flancs ; les débris provenant des points culminants de la chaîne seront rares sur les moraines frorUales inférieures. Ainsi s'explique l'absence de fragments de syénite du ballon , et de schistes de Bussang, qu'on remarque parmi les débris de roches de la moraine de Longuet.

Une autre conséquence à tirer de cette extension des anciens glaciers par-dessus les sommets élevés de la chaîne des Vosges^ et du mode d'alimentation des moraines superficielles à cette époque, est relative à la /orme des matériaux. Sur la moraine de Longuet presque tous les débris sont arrondis et usés , les blocs d'un fort échantillon manquent, ceux mêmes mesurant un mètre cube y sont rares , et ceux dont les angles ont conservé leur vivacité y sont distribués avec parcimonie. La grande masse des débris se compose de sable et de galets quartzeux, provenant de la désagrégation des roches cristallines , et surtout du grès vosgien. Si l'on compare cette moraine avec celles en activité de la Suisse , qui sont formées presque en entier de matériaux anguleux , on est frappé de la différence , et Ton serait tenté de donner à nos moraines vosgiennes une origine diluvienne. — Mais si l'on prend en considération le moyen de transport employé par la nature ; si , avant d'arriver au point de débarquement où nous les retrouvons aujourd'hui, ces débris ont effectué leur voyage en partie emprisonnés dans l'intérieur des masses de glace , et ensuite seulement à la surface du glacier , on comprendra que, pendant toute la première période, ils auront été broyés et usés , et qu'ils n'arriveront au terme de leur course que réduits à l'état de sable , ou fortement écornés et usés ^

Un autre caractère négatif de cette moraine, et qu'il n'est pas inutile de signaler , parce qu'il s'applique à la plupart des dépôts erratiques du versant occidental des Vosges, consiste dans V absence

' D. A. Les matériaux qui se trouvent sur le dos des glaciers et ceux qui forment moraine latérale n'y restent pas à poste fixe. Voy. Glaciers en activité , paragraphes D. A.

Absence de ftleu rayé».

complète de galets rayés; on en chercherait en vain à la moraine ^ Longuet; on y trouve des galets quarlzeux couverts encore d'un». poussière impalpable entremêlée de grains de sable , qui n'est autj>; chose que la boue du glacier, mais de rayés ou striés, poiul. H. Celleinb, qui s'est occupé en 1846 de la distribution des galets rayés dans les dépôts erratiques , et qui a fait à cet égard des recherches comparatives en Suisse et dans les Vosges , est arrivé i cette conclusion: que les galets ne conservent le trait de burin imprimé sur leur surface que lorsque le galet est formé d'une roche doru le degré de dureté est tel qu'il se laisse facilement entamer, c Pour « que le galet se couvre de stries , il faut nécessairemeni admettre dain « le terrain erratique V existence simultame de deux rocties (fun dejn ^ de dureté différent: l'une faisant V office de burin j et l'autre as^ez f tendre pour recevoir l'empreinte. »

Ainsi donc, si dans les dépôts erratiques du versant occidental on ne rencontre pas de galets rayés, ce fait provient de ce que la roche de sédiment est fort rare dans les bassins supérieurs, sauf le grès vosgien et le grès bigarré, qui se rencontrent en masses considérables dans les environs de Remiremonty mais qui ont été désagrégés et non rayés par le mouvement des anciens glaciers ; les massifs se composent de granit, de granit porphyroïde, de syénite, de différentes variétés de porphyres j d'eurites, de serpentines eic, toutes roches trop dures, trop compactes pour que ks galets qui en proviennent aient été susceptibles de recevoir dei empreintes burinées.

Génrdmer. S. G. F. 5. A Gérardmcr ^ m. Hagard a rendu compte de la

partie de la course relative aux phénomènes erratiques. Il s'est attaché à démontrer et à faire sentir les différences qui existent entre les terrains de comblement des vallées des Vosges et les amas de Morainef fu>tiiiéei. débris transportés par les glaciers. — Moraines stratifiées. — Il a

fait remarquer que les moraines présentent fréquemment dan^ leur intérieur des traces de stratification grossière. Ce fait, signalé par n. de Cltarpeittier dans le bassin du Rhône, se représente quelquefois dans les moraines que la Société a été appelée à visiter dans les Vosges. L'explication qui en a été donnée est le résultat des observations faites sur les glaciers en activité ^ appliquées aui dépôts erratiques anciens. Ainsi, dans la saison chaude, la surface

MORAINES STATIFIÉES. 275

des glaciers est sillonnée de ruisseaux et de ruisselets provenant de la fonte superficielle ; le glacier est en même temps couvert de particules innombrables de sable et de gravier. Ces petits cours d'eau , en circulant suivant la pente générale du glacier, entraînent les sables qu'ils rencontrent sur leur passage ; il les rassemblent , les accumulent sur certains points et finissent par les entraîner jusque sur la moraine terminale. Si ces cours d'eau ne changent pas trop brusquement de direction et qu'ils persistent pendant une saison tout entière , ils accumulent une quantité suffisante de sable pour former une petite couche qui, étant ensuite couverte par les matériaux que le glacier apporte par son mouvement propre, donne lieu à Torigine d'une stratification grossière. Dans les matériaux des moraines il faut donc distinguer ^ :

l"* Ceux qui ont été transportés par le mouvement du glacier sans l'intervention de l'eau.

30 Et ceux qui ont été transportés par le concours des ruisseaux qui circulent à la surface des glaciers.

Ces derniers sont généralement fort menus et ne se composent que de sable fin. Les premiers affectent de préférence la forme de blocs. Et comme le transport de tous ces débris est simultané, il en résulte qu'on rencontre quelquefois sur la tranche verticale d'une moraine des masses considérables de sable fin reposant sur des plans de stratification grossière , dans lesquelles se trouvent des blocs métriques à angles vifs , disséminés à distance les uns des autres, ou plutôt empâtés. Dans la course du 42 septembre la société a pu examiner une moraine de cette catégorie sur la route du Thohj à Remiremont , à Saint- Amé. Elle barre la vallée dans un sens transversal; elle a 15 à 20 mètres de hauteur verticale^ elle est presque en entier formée d'une accumulation de sable fin et d'une petite proportion de blocs empâtés.

< D. A. L*eau qui coule à la surface des glaciers s'engouffre dans les puits, moulins, crevasses ou fentes. Au talus terminal les matériaux tombent sur le sol au fur et à mesure de leur ablation, les uns après les autres à tour de rôle, suivant la place qu'ils occupent. La surface chargée d'une certaine étendue de sable fin glissera sur la pente terminale et formera nappe de sable dans le bas. Puis ce sera le tour de matériaux plus volumineux , dont ceux de petite dimension glisseront de même, ceux plus gros feront des bonds et dépasseront cette nappe de sable du bas; la stratification sans mélange sera établie. Voy: GUtâers ta aclivitéf paragraphe D. A.

coDciiuions. S. G. F. 6. m. Hagard, tout en provoquant une discusâioo à

Glaciariates et dilu- d r i i • i • *. ' « \-r

Tionnutci. * égard des moraines, pour engager la société a se prononcer dclinitivement sur l'origine qu'il leur attribue, cite Topinion de H.ie Billy qui pense que dans quelques-unes des accumulations placées en aval du lac de Gérardmer, il a cru reconnaître plutôt Taciiou des eaux que celle des anciens glaciers {Annales de la société Simulation des Vosges), m. Hogard demande à H. de Blllj quelles sont dans les Vosges les moraines sur lesquelles ses observatioo^ portent le plus particulièrement.

H. de Billy répond qu'il a examiné avec attention les blocs erratiques disséminés sur toute la ligne orientale du Jura, et les m<h raines décrites par m. Collomb dans la vallée de Saint-Amarin (Haut-Rhin) ; qu'il serait disposé à attribuer leur mode de transpoi i et de dépôt à l'existence d'anciens glaciers ; toutefois il a aussi e^^aminé certains dépôts du versant occidental des Vosges, dépôts dont l'origine lui parait problématique, n. deBllly croit devoir se ranger à l'opinion d'esprits éminents qui doutent encore. — H. I«vaUoia ajoute qu'il ne pense pas que la question puisse se décider dans une course rapide dans les Vosges; il ne la trouve pas suffisamment approfondie pour qu'on puisse lui appliquer une solution immédiate.

M. Hogard ne croit pas devoir insister, l'hypothèse du diluvm de Gérardmer^ ressemblant parfois aux moraines , ayant pu ctrepm pour ces dernières , paraissant une question jugée. Mais cependant il ne peut se dispenser de faire remarquer à la Société :

40 Que le premier il a décrit et figuré les moraines de la vallée de Gérardm^r;

^ Que ces moraines ont ensuite été visitées et reconnues par divers géologues ;

30 Que les expressions employées pour rendre compte des résultats des observalions récentes de m. de BUly dans les Vosges sont fort précises, et que, tandis qu'aujourd'hui il déclare que le momcnl de se prononcer définitivement n'est pas encore venu, on lui a fait dire formellement, dans le passage cité des Annales y que nosnicraines sont des dépôts de diluvium ;

40 Que les points ou la prétendue confusion introduite dans la séparation des dépôts formés par les eaux courantes et de ceux fur-

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