VITESSE DU RHIN
La vitesse du Rhin à Bâle est de 2™,25 aux eaux moyennes et de 4™,16 aux hautes eaux * , et c'est plus qu'il n'en faut pour rendre son action redoutable aux riverains. Mais avec une vitesse de 15 mètres au moins, que serait devenue la symétrie de la plaine? Quels affbuillements n'aurait-il pas produits sur un dépôt aussi meuble , que de proéminences n'eût-il pas élevées dans cet ancien lit qui présenterait aujourd'hui, et sur une large échelle, ce qu'offrirait en tout petit son lit actuel s'il venait momentanément à se trouver à sec? Et de plus on y rencontrerait une certaine quanlité de blocs de dimensions souvent considérables, et quelle que soit rénormité des résultats auxquels cette hypothèse conduit, il faut non-seulement les admettre dans le système diluvien, mais les exagérer encore si l'on veut expliquer la présence des cailloux à 465 mètres, puisqu'il y a eu transport sur ce point, opération qui ferait supposer au courant assez de force et par conséquent une lame d*eau d'une certaine importance.
Mais, d'un autre côté^ le fleuve coulant des Alpes et inondant le bassin du Rhin , n'aurait pu sufQre à lui seul pour compléter l'œuvre ; les secours d'aifluenls non moins formidables devaient lui élre nécessaires. En effet, la présence de cailloux vosgiens, associés aux galets alpins et mêlés à ces derniers, prouve qu'il y a eu transport du massif du Ballon jusqu'aux terrasses placées à l'entrée de la plaine ; or voici le trajet le plus direct et le plus facile que le torrent aurait dû suivre en quittant le bassin de réception d'où s'échappe aujourd'hui un cours d'eau plus modeste, la Doller (fig. 3, pi. 1). Il fallait, tout d'abord, qu'il fût assez puissant pour franchir, et avec force, la côte de 455 mètres ou le plateau de Folgens- v»uon de Hundsbwh. berg , qu'il pût rejeter ses galets de la vallée de la DoUer dans celle de Sultzbach (le contrefort qui les sépare près de Lauw n'a que 164 mètres au-dessus de ce dernier village), et les faire descendre jusqu'à la rencontre du bassin de YIll, pour les pousser ensuite, en remontant 187 mètres, par le vallon de Hundsbachy au-dessus du plateau de Folgensberçy puis enfin pour les laisser descendre près de Heilingen îusqu' an pied des terrasses, au sommet desquelles ils devaient encore remonter avant de s'arrêter.
Vallée
de la Doller et de
Sultibach.
9 Annales des ponts et chaussées, 1833.
Batt»! d« BAIe.
Avec un cours d'eau, il n'y a pas d'autre voie plus directe ou plus facile : le terrain est ainsi disposé. Et ce qui est plus extraordinaire encore, c*est que les deux courants auraient dû agir simultanément , et que le torrent vosgien serait même parvenu jusqu'au coBur du courant principal , en remontant vers l'amont sous un angle d'environ 70 degrés , et quand je dis simultanément , c'est qu'on en a la preuve certaine, le fait, non de la superposition, mais du mélan^rt des cailloux des Alpes et des Vosges.
Pendant que les plateaux étaient ainsi submergés , les torrents diluviens devaient nécessairement se trouver en communication avec le Doubs, et ils auraient certainement pu y exécuter quelques comblements. Les cailloux et le lehm débordent l'arête séparative de VIll et du Doubs, et s'élèvent à 105 mètres au-dessus du col, ei cependant il ne semble pas que les galets alpins aient pénétré dans le bassin arrosé par cette dernière rivière ; c'est une anomalie que je signale en passant, sans m'arrêter à en rechercher l'explication.
Le mélange des galets dans les buttes de Baie est un fait qu'il est nécessaire de rapprocher de divers autres documents contradictoires, en apparence, mais qui cependant pourra, selon nous, recevoir une explication toute naturelle.
GdeudeiAipei. H. 14. Aiusi, Ic loug dc la chaîne des Vosges ^ le comblement des Vosges et de k g^ipjjj ggj pecouvcrt par une nappe parfaitement raccordée de galets
Bine. wieM. ^c ccttc chalnc. A l'amont de Bâle ' , les dépôts de la vallée de la Birse et des Alpes sont juxtaposés (pi. i , fig. 5). Celui de la Wùsi provenant de la Forêt^Noire est supérieur, ou, pour mieux dire, dans un encaissement ouvert dans le dépôt des Alpes (pi. i , fig. G; ; et ces dispositions prouvent évidemment que ces accumulations nr se sont pas produites sous l'influence de courants qui auraient favorisé le mélange de matériaux de diverses provenances , amenô sur un même point simultanément, ou tout au moins un mélange moins complet, mais partiel, si les courants avaient opéré successivement, par les remaniements inévitables qu'auraient subis ics terrains meubles dans lesquels leurs lits se trouvent encaissés. Moraine profoode H. 15. Daus Ics dlspositious géuéralcs du terrain et dans tous desaneieiugiAdinda ccs détails, OU uc saurait méconnaître la moraine prof onde de r ancien glacier A\x Rhin, terrain évidemment erratique et qu'un iiii-
Rhin.
9 Mémoire cité.