‹ Matériaux pour l'étude des glaciers (volume 3)Chapitre 94 sur 216 · MORAINE PROFONDE DES ANCIENS GLACIERS · texte numérisé non relu

MORAINE PROFONDE DES ANCIENS GLACIERS

niense glacier et ses affluents seuls ont pu produire et régler aussi correctement. Les points où se termine la nappe de cailloux des Alpes marquent les limites extrêmes de la pins grande extension.

On conçoit l'existence d'une masse de glace suffisante pour occuper toute la vallée du Rhin , quand on examine sur une carte l'immense étendue de terrain compris dans ces bassins d'alimentation; ainsi, même après l'époque pendant laquelle les glaciers du Rhône franchissaient la Meyenwang pour se déverser en partie dans le bassin de VAar , la mer de glace du Rhin était alimentée , savoir :

4® Par les glaciers du Bhin et leurs affluents, à partir du Saint- Merde gUce

f^ AAi. j È. A rt ' da Rhin tlimenté.

Gotthard et des Grisons;

2o Par les glaciers de la Birse et du versant nord du Jura;

3» Par les glaciers de VAar et de la chaîne de YOberland bernois j entre les Diablerels, la JungfraUy le Finster-Aar ^ le mont TitUs^ le Brunig etc. etc. ;

4o Par les glaciers de la Rems, des cantons de Lucerne, d'Unterwald , de Zug, de Schwytz et d'Uri etc. ;

5o Pai* les glaciers des cantons dé Saint-Gally de Glaris et d'Appenzell , et enfin par tous les affluents de ces glaciers principaux auxquels venaient se joindre ceux des Vosges ^ du Schwarzwaid et d'une partie de la Souabe etc.

Pendant qu'une masse de glace aussi puissante occupait la vallée du Rhin, les affluents des deux chaînes latérales venaient se terminer contre ses rives élevées et ne pouvaient parvenir jusqu'à la moraine profonde , alors entièrement composée des matériaux entraînés des bassins supérieurs ; relations qu'on observe dans les glaciers actuels, entre le glacier de VAar et ceux du Thierberg et du Silberbergy pour ne citer qu'un exemple, et ce n'est qu'à l'époque du retrait des anciens glaciers , la masse recouvrant le bassin diminuant progressivement, que les glaciers des Vosges et de la Forêt- Noire ont pu avancer davantage et étaler leurs moraines profondes sur la nappe partiellement découverte, et y ajouter une couche superficielle régulière et se raccordant par des plans inclinés à cette nappe principale : disposition entièrement différente de celle que les torrents auraient imprimée à ces remblais, qui seraient inévitablement disposés en cônes de déjection y s'ils avaient été transportés par les eaux.

^^' A Bâk même on voit les indices d'un premier temps d'arrêt dans

les hautes terrasses et dans les buttes de cailloux y à la formation desquelles le glacier du Ballon a évidemment contribué, et, à mesure qu'on remonte les vallées, on voit les dépôts de chacune d'elle> s'appuyer contre le dépôt de la vallée principale» comme les moraines latérales au pied des Abschwung^ lorsqu'elles forment les moraines médianes. Mais dans ces dernières la séparation des diverses branches finit par disparaître , par suite des mouvements de progression et d'ablation qu'elles subissent en suivant la marche des glaciers, et de l'influence des agents atmosphériques favorisaDt incessamment des déplacements , des chutes ; tandis que sous la pression de la masse glacée, toute déviation, tout mélange deviennent impossibles, ou du moins les mélanges ne peuvent se blu que latéralement et suivant les surfaces de juxtaposition.

Quani aux matériaux ^ — et j'insiste sur ce point — ils sont nidemment erratiquesy ils ont tous les caractères de galets façonnés par les glaciers ; ils sont absolument semblables à ceux que Ton trouie dans les moraines anciennes non contestées, aussi bien que dans les moraines actuelles dans toute l'étendue des bassins supérieurs. AbMOM H. 16 ^ L'absence de moraines frontales et de blocs erratiques

des noninei frontales gg^ ^^ f^^^ • s'cxpliquc cncorc. LorsQuc les glaciers monstm

et des blocs emtiqaes. Tri i ir

avaient envahi toutes nos chaînes de montagnes et les contrées voisines , ils enveloppaient les plus hautes sommités et toutes les roches étaient couvertes ; ils n'avaient alors ni moraines médianes ni matériaux quelconques sur leur dos (leur surface), et ne pouvaient créer des barrages marquant leurs stations , ou disperser des blocs \^\xt Gxer les limites de leurs rives ; ces témoins irrécusables de l'extension des glaciers nous manquent ici, mais la moraine profonde, sur une immense échelle , est une preuve suffisante et tout aussi incontestable.

KBtroBiieetifeiir- A l'époquc * OÙ toutcs Ics hautcs vallées étaient recouvertes de

Brisach les limites des

eux da Rhin sont glacc , au momcut où le glacier se terminait au point où la ville Je mu^oées pM des ter- ^^^ cst situéc, Ic volumc dcs catjx du Rhin était certainement

* D. A. J'ai fait quelques corrections au texte de Tami Hagard de ce pangraplM, n joutant : «Glaciers monstres ; toutes nos chaînes de montagnes ; toutes les roches étxicA couvertes; ni matériaux quelconques. 9

*D. A. A l'époque où les glaciers des Alpes se terminaient à Bâle.

Page 1