ALLUVIONS
beaucoup plus considérable qu'il ne Test aujourd'hui , et ses limites sont marquées par les terrasses ouvertes dans la portion du comblement, comprise entre Bâle et Neuf-Brisach ; au delà de ce dernier point, l'inclinaison de la nappe se rapprochant de plus en plus de la pente maximum que le fleuve pouvait prendre, il a cessé d'encaisser son lit et il a pu exercer son action sur un terrain plus étendu et exécuter des remaniements, des atterrissements que l'on considère comme des alluvions modernes.
H. 17. Mais ces alluvions ne représentent pas des dépôts récents AiiuvioM. et entièrement nouveaux, comme les cônes de déjection répandus sur les terrains erratiques anciens et modernes.
On sait que les eaux du Rhin sont chargées d'une quantité assez considérable de détritus, de boue glaciaire qu'il dépose sur les terrains submergés et sur les points où ses eaux peuvent séjourner ou couler très-lentement; et ces petits dépôts sont les seuls que Ton doive considérer comme des alluvions modernes. Quant aux atterrissements de sables , de menus graviers ou de galets , ils proviennent en totalité des anciens dépôts.
Le Rhin, à sa sortie du lac de Constance ^ à l'exception d'une trèsfaible partie de la boue glaciaire ^ n'est plus chargé d'aucune des matières plus lourdes qu'il entraine dans ce vaste bassin ; et tous les cours d'eau qui s'échappent de la région des glaciers actuels ren^ contrefit également des lacs de Wallenstadt, de Zurich, de Zug, des Quatre-Canlons, de Brienz, de Thun, passages que les galets alpins ne sauraient évidemment franchir.
Les galets , les sables , en un mot tous les matériaux dont se !••• ««"vions »ont
^ ■^ f. 1 11 • 1 .1 1 > /i • des débris renaniét do
composent les prétendues alluvions modernes, sont donc les débris ^^^^ erratique. htcessamment remaniés du dépôt erratique situé à l'aval de ces lacs , et ne constituent pas une formation nouvelle ; et ces alluvions actuels sont au dépôt erratique ce que les couches des dépôts stratifiés attaquées par le Rhin sont aux couches placées en dehors de ses atteintes.
Mais s'il n'existe pas de dépôts récents et en voie continuelle de formation, qui donnent une idée en petit de ce que le Rhin, à une autre époque et avec une masse d'eau plus considérable, paraissait avoir exécuté plus en grand, comment pourrait-on encore lu\ attribuer la création d'un comblement général qu'un cours d'eau , et
quelle que fût sa puissance , ne produirait pas plus en franchissaui
les lacs qu'en remontant sur les plateaux situés entre VIU et le lOtitr
Les court d'eaa ne H. 48. Lc cours d'eau actucl , pas plus que le courant diluvien.
•ont pas la eaase do ^9^^^ ^^^^ ^^ cause à laquelle la création du comblemeut i.
comblement do banm ^ ^ ^ *
daRhui. bassin du Rhin puisse raisonnablement être rapportée ; ce que Tul
observe ici n'a aucune analogie avec les faits que révèle Tobsenition du régime des eaux, tandis que l'on trouve à chaque pj' l'identité la plus frappante, la plus complète, avec les résuit v.réels et parfaitement appréciables de l'action des glaciers actucL^. dernières ramifications de l'ancienne mer de glace du Rhin. Leiehm Lc Ichm cst la boue des anciens glaciers y ainsi que n. W^mmmré
est la boue des ancien. ^N^uomb l'a établi dans un mémoire inséré au Bulletin de la Suu-
glaciers.
géologique de France , 2© série , t. VI, p. 497 , séance du 7 mai IS 4" De mon côté , j'avais émis la même opinion à l'égard de ces dê{ '"s dans mon Mémoire sur le terrain erratique des Vosges y anléritur ment à la date du 27 septembre 1848, et, sur ce point, il panit : peu près probable qu'on sera d'accord, puisque l'accumulalioD i. lehm ne peut être attribuée qu'à l'action des eaux.
Il reste toutefois à rechercher dans quelles conditions elle a } . avoir lieu.
Francken k Hniboose. Lc Ichm rccouvraut Ics sablcs et les galets est par conséquj
la couche la moins ancienne du dépôt erratique; il existe en di\ -^ lambeaux aux pieds des deux chaînes et recouvre les plateaux ! Francken à Mulhouse y à 400 mètres au-dessus du niveau de h nappe, et constitue sur la rive droite des collines ou mamel i.isolés , qui atteignent quelquefois près de 100 mètres de puissan.' Lehm. H. 19. Le lehm est un sédiment dont le dépôt n'a pu avoir L v
que dans les eaux parfaitement calmes; il ne s'accumule dam 3>cun des cours d'eau qui en sont chargés aujourd'hui, et rien i le régime des rivières ne permet de supposer qu'il a été ch.*::dans la plaine du Rhin, où il aurait non-seulement recouvert premiers atterrissements, mais encore produit un exhausson. tout à fait anormal dans le lit du Rhin et de ses affluents*.
* D. A. Le lehm , boue glaciaire , en suspension dans rAar, qui inonde risi^x ' * aval du glacier de l'Unteraar, se dépose sur les deux rives, et le lorrent a une per;:^ ^--' forte. Nous observons le même fait au Grimselboden , au Rœderichsboden et dxos C ^^- localités.
BOUE GLACIAIRE (lEHM). 327
En le reli^ouvant à diverses hauteurs au-dessus du lit actuel du Rhin, on serait naturellement ramené à supposer de nouveau une inondation générale de toute la contrée , et à rétablir un grand lac occupant tout le bassin , quoique Ton n'aperçoive nulle part des traces du barrage nécessaire pour retenir les eaux et les faire refluer jusqu'aux sommités des prééminences du Kaiserstuhl et des ^■*'*'"^^- ""**»*»"■• environs de Mulhouse; car, si cette inondation paraissait impossible, il faudrait, à l'idée non moins inadmissible d'un courant passant à la côte 455 mètres et ayant une vitesse tellement considérable, que le lehm eut été entraîné au loin avec la plus grande masse du dépôt de comblement.
Si l'on jette les yeux sur une carte géologique de la vallée du Rhin, on remarque tout d'abord l'absence du lehm dans toute l'étendue de la partie centrale du bassin , où cependant on devrait le retrouver, au moins sur quelques points isolés, surtout si la surface de la plaine se trouvait entièrement dressée et dégagée au moment où le dépôt de sédiment a eu lieu.
Nous ne trouvons aucune indication à cet égard : tout ce qu'on nous apprend , c'est que le lehm a été entraîné par les courants sortant des anciens glaciers, mais il n'est fait aucune mention du volume des eaux , de leur régime, de l'étendue du dépôt et de l'enlèvement de sa masse principale ; les surfaces de terrain qu'il recouvre actuellement ne comprenant qu'une très-minime fraction de la surface totale du comblement.
Le lehm, formant de petits dépôts isolés, morcelés ultérieurement par les divers cours d'eau qui les traversent, s'est placé dans des lacs , dans des bassins séparés , diversement étages et alimentés par les eaux des glaciers , pendant que le surplus du comblement était encore recouvert par les glaces : dans les environs de Mulhouse , par exemple , le terrain occupé par les glaciers est indiqué par la nappe de galets de la Harth , les pUUeaux recouverts de caU^ Umx des Vosges à Bâle , par le Folgensberg et par la plaine stérile de rOchsenfeld.
Si le lehm avait occupé toute la plaine, et sur une épaisseur de 60 à 100 mètres, aussi bien que les points où il existe, on verrait infailliblement les traces du courant qui l'aurait balayé , en ouvrant des canaux, des fouilles d'autant plus profondes à la surface de la
nappe que sa force eût été plus considérable et proportionnée à la hauteur de la lame d'eau ; ce courant aurait dû au moins atteindre une partie du dépôt et une élévation de plus de 80 mètres audessus du niveau actuel du fleuve, à Kembs. Mais on chercheraii inutilement le moindre indice de l'agent d'une aussi immense destruction.
Le grand glacier en se retirant laissait ce terrain à découvert ei aux courants toute liberté d'action, et s'ils n'ont pas bouleversé la plaine de la Harth , dans laquelle on remarque des sillons foimis par le faible cours d'eau sortant du front du glacier par exemple, c'est qu'ils n'étaient pas assez puissants pour l'atteindre et franchir les limites de leur plus grande extension, limites sur l'emplacement BAie à Neuf.Briiach. desqucllcs Ics tcrrasscs de Baie à Neuf-Brisach ne laissent aucun
doute ; et l'absence du lehm sur la partie centrale de la nap[ »? prouve en outre qu'après la disparition de la mer de glace , les eaux du Rhin chargées de détritus glaciaires n'y sont parvenues à aucune époque. Huihoue. Une coupe des divers dépôts superposés à Mulhouse par exemple
(pi. i , fig. 4) , offre trois étages distincts , savoir : le corablemenl alpin , sous un comblement de galets vosgiens ; et enfin le lehm recouvrant ce dernier. J'ai cherché à expliquer le fait de la superposition des deux couches de galets , en insistant sur leur nivelif?> ment régulier, pour faire voir que le transport des matériaux doni elles se composent ne saurait être attribué à l'action de couranb agissant alternativement ou simultanément: des nappes également bien dressées occupent le fond des hautes vallées des Vosges et su[»portent les moraines frontales de Wesserlingy d'Urbès et de Grvth dans le bassin de la Thur, et il n'existe aucune séparation entre ces deux sortes de moraines formées simultanément ^ ainsi que jl'ai dit ailleurs.
Si l'on considère le lehm comme un dépôt appartenant à l'époqude la plus grande extension des glaciers des Alpes et corresponde Lt chronologiquement aux premières moraines frontales des vallêt> vosgiennes, les comblements inférieurs de ces dernières , aussi hu'i que la nappe du bassin du Rhin consitueraient un dépôt de transport plus ancien , un diluvium qui aurait précédé l'apparitiou é-s anciens glaciers : et dans cette hypothèse on n'expliquerait nulle-
BOUE GLACIAIRE (LEHM). 329
ment le fait de la constante séparation des nappes et de leur superposition à partir des bords du bassin , et encore moins la présence de la boue glaciaire dans toutes les parties d'un comblement qu'aurait précédé l'époque des glaciers.
\]n diluvium plus ancien que les anciens glaciers * serait un fait ^J»*"!'»^™?*""-
' den que les ghderi
aussi nouveau qu inexpliquable : les Alpes y les Vosges et la Forêt- moDitrei e«t on hn
inex-
Noire, entièrement dépourvues de glaciers, sillonnées par des cou-""~"'""'"' rants d'une puissance extraordinaire sortis de sources inconnues , ^ * n'ont conservé et n'offrent aucune trace de ces cataclysmes , tandis qu'à chaque pas on rencontre des preuves de Yexistence (Tanciens glaciers. Les nappes inférieures offrent d'ailleurs, à l'origine même des vallées aussi bien qu'à de grandes distances, non-seulement de la boue glaciaire f mais encore des galets arrondis j polis ou striés, et ayant toutes les formes que la glace seule peut imprimer aux matériaux soumis à son action.
H. 19. Le lehm du bassin du Rhin provient de ces anciens glaciers ei *-' |***" '*" **^" non des glaciers actuels , puisqu'il est situé hors de la portée des eaux ueiens giaden. qui coulent aujourd'hui dans un lit ouvert dans la nappe de comblement , à un niveau bien inférieur à celui qu'il atteint. Mais son dépôt a précédé de beaucoup l'époque pendant laquelle les premières moraines frontales de la vallée de la Thur, et les buttes de cailloux de Bâle, par exemple, se sont formées. Celles-ci appartiennent à la période de décroissement du glacier principal et de ses affluents qui, en se retirant, ont cessé de former la ceinture qui enveloppait le massif de collines de Mulhouse et de retenir les eaux dans le bassin où il s'accumulait et dont l'emplacement est marqué par le dépôt de lehm couronnant ces prééminences. A ce moment déjà la partie inférieure de la vallée était découverte , et il y a lieu de penser que les amas de lehm sont d'autant moins anciens qu'ils se rapprochent de l'amont , et que ceux des environs du lac de Constance, les derniers qu'on retrouve dans le bassin du Rhin , sont aussi les derniers qui se soient produits.
H. 20. Si nous examinons attentivement les dispositions du sol, les Exien«on relations des divers dépôts, leurs formes extérieures, leur distribu- ^^^^^^^yj^^^*^ lion , la nature et les matériaux caractéristiques qu'ils renferment le régime des eaux et des glaciers , en un mot, si nous notons avec
' D. A. Glaciers monstres.
soin les causes et les effets qu'elles produisent réellement, nous arriverons sûrement à des conclusions entièrement opposées à celW que Ton a formulées jusqu'ici à Tégard du comblement dont il s'agit, et nous finirons par reconnaître que le Rhin exerce incessamment une action de destruction , moins grande aujourd'hui qu à l'époque où il recevait une alimentation beaucoup plus considérable ; qu'il n'entraine actuellement aucun débris des Alpes dans le bassin inférieur , séparé des hautes régions par des lacs profonde : enfin qu'à aucune époque il n'a pu avoir une masse d'eau suffisante pour atteindre les sommités entre Bâk , Valdieu et Mulhons<. Extention H. 21. La préscucc du terrain erratique vosgien à Bâle et sur Ie>
sommités du Folgensberg démontre que les glaciers des Vosges , pas plus que ceux de la Suisse, ne sont restés enfermés dans les hautes vallées des montagnes. La moraine frontale de Wesserling , considérée comme la limite de la plus grande extension des glaciers de la vallée de la Thur , est débordée cependant par une moraine latérale parfaitement caractérisée et qui existe, sur la rive gauche, eih tre Saint'Amarin et Mosch, La nappe profonde se prolonge sans in> terruption jusqu'au comblement (TOchsenfeld^ (pi. 2 ; fîg. 6 et 7), et quels que soient les étranglements de la vallée (fig. 8, 9 et 10, pi. 2). La vitesse d'un courant aurait inévitablement varié dans ces divers passages , ayant 300 mètres, 1600 à 4500 mètres de largeur : et les déjections, loin de former une nappe bien réglée, aundeut pris les dispositions de la fig. ii, pL 2, si différentes de celles qu? nous offre le terrain.
Dans la vallée de la Thur, des terrasses indiquent, comme dans le comblement du Rhin , les limites de l'ancien cours d'eau sortant du glacier. Entre ces terrasses parallèles supérieurement , le tei i*ain accidenté conserve les traces évidentes de l'action des eau\ Mais nulle part on ne rencontre ces dispositions indiquées dars les écrits et dans les figures destinées à expliquer les retraites successives des rivières.
* D. A. A l'époque de la plus grande extension des glaciers des Vosges, ceftes U p^i :>: terminale ne se trouvait pas à la moraine frontale de Wesserling, ni entre Saint-Aif-t'~% et Mosch , ni dans la plaine de rOchsenfeld. Les galets vosgiens à Bàle (H. 19) ne »o'î pas tombés du ciel, et à Bâle, pas plus qu'ailleurs, les galets ne se forment pas d2*s la terre comme les truffes, n. de SAïuHnire (S. 219) dit : Les naturalistes sa^iect t ^ que les granits ne se forment pas dans la terre comme des truffes et ne croisseot ; ^ comme des sapins sur les roches calcaires.
Nulle pari on ne voit un terrain de comblement disposé comme dans la iig. 5, pi. 2, en terrasses parallèles et étagées, marquant des retraites successives et des sections régulières, comme on l'a dit et figuré. A cette coupe Ihéorique et imaginaire , il faut substituer les fig. 1 , S et 3 de la même planche , puisqu'elles font connaître, non ce que Ton suppose, non ce qu'il faudrait pour étager la théorie diluvienne, mais bien ce qui existe et le travail réel des cours d'eau, en un mot ce qu'il faut considérer quand on veut étudier les faits et en déduire des conséquences rigoureuses.
Le parallélisme des terrasses supérieures, les dispositions de leurs matériaux prouvent qu'elles font partie d'un seul et même dépôt, et non de déjections successives, partielles; l'irrégularité des terrains compris entre ces terrasses, révèle l'action des eaux à l'époque des plus grandes crues : sur tous les points qu'elles ont touchés l'harmonie du comblement a été troublée et détruite, et l'on observe un contraste frappant entre ces dispositions et celles des hautes terrasses; une seule et unique cause aurait-elle produit des effets aussi différents ?
Le parfait état de conservation des moraines frontales des Vosges et de la Forêt-Noire, ainsi que des buttes de Bâte y démontre clairement que les montagnes pas plus que les vallées n'ont été sillonnées ou parcourues par des courants diluviens, lorsque les anciens glaciers se sont retirés ; et le lehm ou la boue glaciaire se retrouvant dans toutes les parties de la nappe comme élément constitutif indiquant un dépôt glaciaire, ce serait à tort que l'on conserverait au comblement du Rhin la qualification de diluvium , et surtout de diluvium alpin antérieur à l'époque d'extension des glaciers, époque à laquelle il appartient incontestablement et qu'il n'a ni précédée ni suivie.
Enfin , si le bassin du Rhin au-dessous de Bâte a pu être fermé B^iren ei Bnabacb. sur un point quelconque , entre Bingen et Braubach, et être occupé par un immense lac , ce n'est assurément ni à l'époque de la formation du dépôt de comblement ni postérieurement.
La nappe de comblement , à la vérité , est interrompue à l'entrée wiué de Biar»du défilé de Biiigen, et elle disparaît dans tous les passages resserrés entre les escarpements bordant le Rhin et s'élevant contre ses rives; mais chaque fois que les montagnes s'écartent et laissent entre elles
un espace plus que sufGsant pour le lit du fleuve > le comblement, réglé comme à l'amont, réparait soit sur l'une des rives, soit sur les deux à la fois.
s«iug. Ainsi à Salzig ^ à BomhofeUj à Braubach^ dans la vallée et sur
les deux rives du Rhm, on voit un comblement régulier, compo^f de sables et de galets et recouvert de lebm : et chaque fois que les pentes des escarpements deviennent moins abruptes , à l'aval de Braubach par exemple, elles sont recouvertes de sables, de galets et de lebm formant le prolongement du comblement supérieur et s'y rattachant incontestablement.
Coblence. Cgg dépôts qui se continuent successivement jusqu'à la hauteur
de Coblence , où la nappe de comblement du Rhin réunie à celle de la Moselle se développe de nouveau^ prouvent qu'il n'y a pas eu interruption entre les dépôts de l'amont et de l'aval du défilé du Rhin, et que ces dépôts ne se sont pas formés dans deux bassins étages et séparés par un ou plusieurs barrages qui plus tard auraient é lé détruits.
Quelques atterrissements , quelques ilôts de sables et de galets et recouverts de détritus , dans le lit même du fleuve , rattachent en outre ces dépôts, dont l'extension plus ou moins grande a dû nécessairement varier en raison des dispositions du terrain ; et les dépôts de détritus , sur les flancs des montagnes , à une hauteur considérable au-dessus du niveau des plus hautes eaux du Rhin, ne pouvant être attribués à l'action d'un courant qui, à cette hauteur, aurait acquis une excessive vitesse et aurait entrain*; ces mêmes matériaux de transport constituant le sol cultivé , on est amené tout naturellement à admettre que la présence de ces matériaux, sur des pentes assez inclinées , est une preuve positive de l'ouverture du défilé , et négative d'inondations soit à l'époque des [comblements du Rhin, soit postérieurement: en effet, It-s dépôts qui existent sur divers point du défilé n'auraient pu s y établir ni avant qu'il fût ouvert ni au moment de la rupture du barrage d'un lac supposé , et avec un écoulement subit et trop violent pour permettre à de menus matériaux de s'arrêter sur les flani s des montagnes ou dans le fond du bassin.